dimanche 31 octobre 2010

Bernard Friot et les retraites

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Ainsi que je l'ai déjà dit, je n'ai pas pu me procurer le livre de Bernard FRIOT sur les retraites. Néanmoins, j'ai reçu avant hier le message d'un ami de POITIERS qui me demandait ce que je pensais des propositions de cet économiste qui lui avaient été transmises par un tiers. C'est donc sur ce message et non sur ce livre que je réagis, en faisant l'hypothèse de départ que ce sont bien les positions de l'éminent collègue qui a publié cette étude. J'espère répondre ainsi, au moins provisoirement, à POTOMAC.
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Bernard FRIOT est économiste ET sociologue. Il enseigne à l'Université de PARIS X (Nanterre ?). Il a donc une double formation. Avant de dire pourquoi cette analyse me paraît irrecevable, je vais m'efforcer de vous la transmettre, à partir de ce message, j'insiste bien sur ce point, et non à partir du livre. Ceci signifie que le message anonyme a très bien pu déformer les propos de l'auteur.
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Le message porte donc sur l'article qu'a publié Bernard FRIOT : "Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales." Il commence par en citer quelques extraits : "On oublie toujours, quand on raisonne sur l'avenir des retraites, que le PIB progresse d'environ 1,6 % par an, en volume, et qu'il double, à monnaie constante, en 40 ans. C'est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960."
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L'auteur du message s'indigne qu'une telle information ait été passée sous silence et s'en sert pour fustiger la reforme des retraites. Par un calcul (exact), il indique que dix actifs produisent aujourd'hui un gâteau de 100 et qu'ils ont à charge 4 retraités. Quatorze personnes se partagent donc un gâteau de 100, soit 7,14 par personne. Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu'ils ont à charge 8 retraités, ce sont 18 personnes, dit-il, qui se partageront un gâteau de 400, soit 11,1 par personne. Et l'auteur du message de poursuivre en prétendant que ce sont les patrons qui veulent faire des plus-values boursières sur les 40 % de part salariale qui représentent les "fameuses cotisations patronales" (dixit l'anonyme du message). Et de rager, en prétendant que les patrons veulent faire main-basse sur ce qu'il appelle des "salaires différés".
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Je ne vais pas faire l'injure à Bernard FRIOT d'avoir produit une telle analyse. Si c'était le cas, je douterais de ses compétences, ceci pour plusieurs raisons.
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(a) Les chiffres de références qu'il donne prennent pour point de départ l'année 1960, en pleine période des Trente Glorieuses, avec des investissements énormes liés à la reconstruction de la France (après la guerre), et la nécessaire industrialisation. L'auteur du message semble méconnaître ce point, et il fait l'hypothèse très hasardeuse que le PIB continuera de croître sur le même rythme. On peut penser que cette hypothèse est fausse ; (1) en raison de la concurrence internationale, de la mondialisation, du développement des pays émergents (Chine, Inde Brésil), les parts du marché mondial dont nous disposons ont toutes les chances de diminuer et ne pourront être compensées entièrement par l'accroissement de la population française ; (2) nous ne pouvons continuer de vivre sur un mode de développement qui épuise les richesses naturelles, les pille, et les gaspille, et on peut imaginer que les théoriciens de la décroissance vont sans doute faire valoir leur point de vue, un point de vue plus respectueux des générations futures et de l'avenir de la planète.
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(b) Le concept de 'salaire différé' en matière de retraite est une imposture. Si cela était vraiment le cas, cela voudrait dire que la retraite par répartition est en réalité une retraite par capitalisation, et que nous serions assurés de voir intégralement réparties, au moment de la retraite entre tous les cotisants, les sommes mises de côté pendant la durée de cotisation, et seulement aux cotisants concernés par cette période. Or justement, la retraite par répartition consiste à faire payer par les actifs les pensions des inactifs, en mutualisant totalement les cotisations (ou presque, car les régimes spéciaux échappent à ce système), et en faisant le pari que le renouvellement des personnes rentrées en "inactivité" sera assuré par celles qui rentrent dans "l'activité". C'est précisément parce que c'est un pari dont les termes initiaux ont grandement changé que le problème se pose. Il y a une solution alternative à cette solution. Elle consiste à ne plus payer de cotisations sociales, ni patronales, ni ouvrières, à verser la totalité du fruit du travail aux salariés, et à laisser à l'épargne le soin de régler la question ou à la solidarité celui de prendre en charge ceux qui, faute de ressources, n'auraient pu suffisamment épargner pour assurer leurs vieux jours. Est-ce cela que veut l'auteur du message qui joue entre les deux solutions, celle du salaire différé, et celle de la solidarité, pour étayer une démonstration boiteuse ?
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(c) Je ne sais pas où l'auteur de ce message a puisé ses renseignements sur la démographie prévisible des inactifs. Je sais simplement que j'ai vu récemment dans divers journaux, que la France comptera très vraisemblablement près de 200.000 centenaires au milieu du siècle. Je ne vois pas comment cet allongement de la durée de vie peut aboutir aux chiffres donnés par cet auteur.
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(d) Enfin et surtout, je constate que l'analyse est fortement idéologique. Cela n'est pas grave en soi. Tout le monde a le droit de penser que MARX a raison EN TOUT. Mais il serait plus honnête que l'auteur dise d'où il parle, et ne tente pas de faire passer pour information objective ce qui est une analyse fortement contestable sur le plan économique, fausse (pour ne pas dire plus) sur le plan intellectuel, et teintée très fortement de haine de classe.
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Je ne peux pas imaginer que le livre de Bernard FRIOT reprenne ces arguments sans les nuancer, sans marquer les hypothèses et leur niveau de vraisemblance, et sans comparer ses solutions avec des solutions alternatives. Voilà ce qui, intellectuellement, me paraît honnête.
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samedi 30 octobre 2010

Réponses à divers commentaires

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Sur les Lumières.
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Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai jamais dit. Je reprends donc ici mon argumentation, à l'intention d'un lecteur dont je lis seulement ce matin le commentaire et qui juge dangereux l'opinion (partagée par un nombre croissant de personnes, je le précise) que j'exprime dans le billet : "Il est temps d'éteindre les Lumières".
(a) Je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de valeurs universelles. J'ai dit simplement que les Lumières n'étaient pas porteuses de [la totalité de] ces valeurs et que leur niveau d'analyse est identique à celui des Chinois et de CONFUCIUS. J'ai aussi dit que la France s'est servie de ces idéaux prétendus universels pour tenter d'imposer sa prépotence culturelle et politique au monde entier. Et que cette prétention nous a valu d'être trouvés insupportablement arrogants aux yeux des autres peuples.
(b) Le seul message vraiment universel que je connaisse, et qui prouve son universalité par l'adhésion profonde, existentielle, d'hommes et de femmes de toutes races, de toutes cultures, de toutes conditions sociales, est celui de Jésus. J'ajoute que la prétention des Lumières à l'Universel s'appuie sur cette réalité christique, et qu'elles ne l'eussent jamais théorisé si Jésus n'avait dit : "Allez dans le monde entier. De toutes les nations, faites des disciples".
(c) Pour que ce message soit entendu, il faut rentrer dans un mode de relation très particulier avec l'autre : reconnaître en lui le visage de Dieu.
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Sur l'histoire et sur les contestations qu'a faites Rama YADE, à propos de "l'Afrique qui commence à peine à rentrer dans l'histoire".
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(a) J'ignorais que Rama eut fait cette remarque. Mais si elle l'a faite, c'est par méconnaissance de ce que signifie l'histoire, qu'elle assimile à la civilisation ou à la culture. C'est là qu'intervient la fameuse objurgation de CONFUCIUS sur la "rectification des noms". Pour comprendre ce qu'est l'histoire, il suffit simplement de s'interroger sur l'existence de la préhistoire, de se demander pourquoi l'on a cru bon d'isoler cette branche particulière du savoir, de l'histoire proprement dite et de la protohistoire.
(b) On constate alors que l'histoire commence avec l'écriture, à SUMER plus de trois millénaire avant J.-C., en CHINE à sensiblement la même époque, en ÉGYPTE également. Autrement dit, pour qu'il y ait histoire, il faut que des hommes aient relaté des faits qui leur étaient contemporains et qu'ils les aient datés (peu importe le calendrier utilisé). S'ils relatent des faits très anciens, on les soupçonnera d'avoir rédigé des écrits mythiques en les parant des couleurs de l'histoire. Ainsi en Chine, à propos des Empereurs mythiques, CONFUCIUS a-t-il paré YAO, SHUN, les Augustes Souverains, de couleurs historiques parfaitement controuvées. Les peuples qui n'ont pas d'écriture n'ont pas d'histoire. Mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de civilisation, de littérature (orale, transmise ainsi) ou d'art. C'est même le contraire, et c'est si vrai que les préhistoriens parlent de "culture" pour désigner un ensemble particulier de pratiques artistiques, artisanales, funéraires. On parle de la "culture des steppes", ou de la "culture azilienne", de la "culture de Bangpo" ou de "Longshan" [en Chine] ou de la "culture" de tel ou tel peuple.
(c) Sauf erreur ou ignorance de ma part, ce que j'admets tout à fait, peu de peuples africains ont connu l'écriture : les Égyptiens, plus tardivement les Éthiopiens, encore plus tardivement et avec l'arrivée des peuples arabes en Afrique du Nord, les populations du Maghreb. L'invasion de l'Afrique du Nord par les Vandales n'a pas été décrite par des Africains du Nord, mais par un auteur qui s'appelait PROCOPE et était de culture grecque. Assez curieusement, j'ai discuté pas plus tard qu'hier, avec un camerounais, homme distingué et cultivé, qui m'affirmait le plus sérieusement du monde que l'histoire de l'Afrique tropicale avait été écrite par des Africains sur des peaux d'animaux mais que le Portugais avaient falsifié ces documents. J'ai demandé des précisions que j'attends. Après tout, peut-être est-ce vrai. Mais il faut le prouver.
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Autres remarques.
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Une des remarques les plus fécondes que j'ai entendue, hier encore, est la suivante. Yves, un ami, me disait ceci : l'originalité et sans doute la supériorité longtemps maintenue de l'Occident sur le reste du monde tient à l'existence d'une double tradition, puisée à des peuples différents : la tradition philosophique grecque et ses nombreuses écoles (il n'y a pas qu'ARISTOTE et PLATON) et la religion chrétienne venue du judaïsme. Ces deux pensées se sont constamment frottées l'une à l'autre, sans jamais empiéter sur leur domaine respectif. Il en est résulté une stimulation réciproque et continue. Cette idée mériterait d'être creusée. Car abandonner un domaine (celui de la religion, par exemple ; même si je n'aime pas ce mot, dans le cas qui nous intéresse, il est opératoire) revient à marcher sur une jambe. Même remarque si l'on oublie la philosophie. Il faudrait voir comment cette stimulation réciproque s'est faite et en repérer les étapes. Mais cette remarque me paraît lumineusement juste. En somme l'erreur des Lumières seraient d'avoir voulu régenter un domaine qui n'était pas de sa compétence. Réciproquement, l'erreur du clergé, des théologiens, de l'Église-institution aurait été de vouloir régenter la pensée dans un champ qui n'était pas de sa compétence, celui de la société et de la politique.
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L'historiette promise hier vous sera relatée demain.

vendredi 29 octobre 2010

Femme politiquement incorrecte, suite

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Je vous promettais hier de vous donner la suite de l'interview de madame Malika SOREL. La voici. Et comme promis, je vous raconterai une petite anecdote dont j'ai été le témoin avant-hier. Pour les références de ma source, reportez-vous au billet d'hier.
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"Question 4 : Qu'opposer aux doctrines que vous dénoncez ?
Réponse : Rien d'autre que le modèle d'intégration républicain qui fonctionnait très bien ! On doit doit accueillir les gens dans la communauté française et non l'inverse. Ils doivent respecter le système français. Si on avait fait ça, on aurait suscité le désir d'intégration. Mais comment y parvenir quand on injecte 200.000 nouveaux entrants par an dans une société en proie à des des difficultés majeures ? C'est irresponsable, grave et fondamentalement dangereux. Il est évident que là réside le défi des prochaines années : si l'on continue comme aujourd'hui, nous irons vers des troubles majeurs. Trop de gens arrivés récemment n'éprouvent plus le besoin de respecter la loi de la République, et reconstituent leurs sociétés d'origine sur le territoire français... Si rien n'est fait pour y mettre un terme, la pression va devenir rapidement intenable.
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Question 5 : Quelles pressions, justement, exercent ces sociétés reconstituées ?
Réponse : Dans les cultures maghrébines et africaines, le groupe prend possession de l'individu. Or, plus la société est déstructurée et permet des accommodements, plus les membres des groupes mieux structurés sont tentés de bafouer les règles françaises, qu'on peut défier à moindre risque. La culture de l'école de la République est aussitôt rejetée parce qu'elle ne correspond pas aux normes culturelles d'origine. Le racisme antiblanc est une réalité. L'insulte suprême utilisée, c'est "céfranc". Les professeurs nous le disent : être sérieux en cours, c'est déjà, pour certains, vouloir devenir français : une honte, car assimilé à une traîtrise. Les bons élèves sont, de ce fait, de plus en plus soumis à des pressions par les enfants de la même origine culturelle.
Le fait que les institutions françaises - la police et l'école - soient attaquées - n'est évidemment pas anodin. Or on continue à excuser les auteurs de ces attaques, à les déresponsabiliser en invoquant leurs conditions sociales. Or, ces mêmes populations, avec des conditions sociales nettement inférieures, ne se comportent pas ainsi dans leur pays d'origine. C'est bien la preuve que l'attitude de notre société a joué un rôle déterminant dans l'apparition des problèmes que nous connaissons.
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Question 6 : Vous accusez le droit du sol. Pourquoi ?
Réponse : Devenir français est un processus qui doit être personnel, car il faut être prêt à assumer d'inscrire ses propres descendants dans un nouvel arbre généalogique qui n'est pas celui de ses ascendant biologiques et culturels. Il y a là une véritable rupture, très difficile à assumer. C'est pourquoi aujourd'hui, pour une multitude de raisons, peu de gens ont le désir de devenir français. Ils prennent les papiers parce qu'ils savent que c'est le sésame avec lequel ils n'auront plus jamais faim. Ils sont honnêtes et ils l'avouent : je ne suis pas français, j'ai juste les papiers. C'est la classe politique, dans son ensemble, qui ment et occulte ce que signifie l'identité française. La communauté française reste pour l'instant silencieuse car elle est bâillonnée mais, comme dans tous les pays du monde, elle n'est pas prête à accepter comme françaises des populations étrangères à son identité. Il y a aujourd'hui, en France, une négation fondamentale du droit des Français à être français.
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Question 9 : Que pensez-vous de la déchéance de la nationalité ?
Réponse : Il faut la mettre en place. Et il faut cesser de donner la nationalité à tout le monde. Les gens qui risquent aujourd'hui la déchéance de la nationalité n'auraient jamais dû l'obtenir. Il faut vraiment que les politiques s'occupent de toutes ces questions très rapidement. Beaucoup, parmi eux, sont habités par la peur car les populations de l'immigration leur apparaissent comme ayant facilement recours à la violence. Il va pourtant falloir avoir le courage de traiter toutes les dimensions de ce sujet. C'est dans l'intérêt de tous. Notre société est chaque jour plus déstabilisée. C'est la cohésion nationale qui est désormais en jeu ! Tout accepter met la France par terre !"
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Je rappelle à mes lecteurs que madame Malika SOREL est d'origine algérienne, et je leur fais remarquer que si un homme politique français avait tenu ces propos, tous les bien pensants de gauche et d'ailleurs, tous les cultureux et d'autres qui vont passer du bon temps au Maroc, tous les média eussent crié à la xénophobie et au racisme. Or il n'y a aucune violence dans ces propos, simplement beaucoup de bon sens lié à une intelligence aiguë, et à une connaissance du sujet par l'intérieur.
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Voilà l'anecdote dont j'ai été le témoin. Dans une boutique de produits exotiques, quatre adolescents africains discutent entre eux dans une langue incompréhensible pour nous, sans doute celle de la région d'origine de leurs parents. Ils me bousculent, mais pas plus pas moins que d'autres adolescents. Au moment où ils vont quitter le magasin sans avoir rien acheté, je vois que l'un d'eux dissimulent dans sa main un citron vert. Et moi de lui dire : "Ça serait bien si tu payais ton citron". Il me réponds goguenard : "Il me l'a donné". J'avise le propriétaire du magasin, un homme souriant et aimable, d'origine maghrébine qui répond : "C'est vrai ! Je lui ai donné." Les jeunes sortent. Je dis alors : "Il l'a volé, n'est-ce pas ?" - "Oui ! J'ai dit que je l'avais donné. J'ai eu tort." Il ne me revient pas d'interpréter les attitudes respectives des protagonistes de la scène. Je vous la livre pour ce qu'elle vaut, en vous laissant tirer les conséquences que vous pensez pouvoir en tirer.
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A demain, pour une autre historiette qui en dit long sur ce sujet.
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jeudi 28 octobre 2010

Encore une femme politiquement incorrecte

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Madame Malika SOREL est née en France, y a passé les dix premières années de sa vie, avant de suivre ses parents en Algérie, dont ils sont originaires. Après de très belles études là-bas, elle revient en France, suit le troisième cycle de Science Politique à PARIS. Elle est membre du Haut Conseil à l'intégration. Je dois ces renseignements à un ami alsacien qui m'a aussi transmis la copie de l'interview que madame SOREL a donné dans le N° 571 (octobre 2010) du Spectacle du monde. Il est très important, pour la suite, de bien avoir en tête que madame SOREL est d'origine algérienne, et qu'elle a quelques connaissances de la question de par sa formation intellectuelle, et ses fonctions dans le Haut Conseil à l'intégration. A la suite de la publication de son livre Le puzzle de l'intégration : les pièces qui vous manquent (Éditions des Mille et Une Nuits, Paris, 2007), et compte tenu des difficultés croissantes que les citoyens français rencontrent au contact de certains immigrés ou enfants d'immigrés, notamment maghrébins et africains, la revue a jugé utile de recueillir l'avis d'une personne que l'on ne peut accuser de racisme ou de sympathies xénophobes. Voici quelques réponses aux questions posées par la journaliste du Spectacle du Monde.
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"Question 1 : Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
Réponse : Les émeutes de 2005 m'ont poussé à écrire ce livre parce que je me sentais responsable de n'avoir, alors, rien dit. Moralement, mais aussi sur le plan affectif, je ne supportais plus cette injustice vis-à-vis du peuple français : les Français sont bâillonnés ; et quand ils osent s'exprimer, on leur fait un procès en racisme ou en xénophobie, alors qu'ils veulent simplement préserver leur identité. Mes origines me permettaient, peut-être, de dire que la véritable victime de l'immigration est le peuple français.
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Question 3 : Pourquoi l'idée de "discrimination positive" est-elle dangereuse à vos yeux ?
Réponse : Parce que c'est une escroquerie. L'intégration n'est pas un ascenseur automatique, mais un parcours d'obstacles ! L'idée que l'on puisse progresser dans la société de manière passive est absurde. C'est un engagement sur plusieurs générations, la famille entière doit s'engager autour du projet éducatif. Aujourd'hui beaucoup d'élèves ne font plus rien. Il faut arrêter de les bercer de mensonge : pour réussir, il faut se prendre en main. Et puis, la "discrimination positive" est injurieuse pour les immigrés eux-mêmes : on part du principe que les gens issus de l'immigration n'y arriveront pas seuls parce que les Français les détesteraient. Quand vous travaillez dans une équipe, il faut acquérir sa légitimité auprès des autres. Si vous n'avez pas respecté le même processus de sélection, c'est impossible. Pour devenir légitime, les personnes issues de l'immigration doivent se plier aux mêmes exigences que les autres.
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Question 4 : Vous êtes également très sévère avec la HALDE...
Réponse : Elle joue un rôle d'exaspération et de crispation entre les groupes. Elle passe le plus clair de son temps à exacerber les tensions en disant que les gens issus de l'immigration sont victimes de notre société, alors que c'est l'ignorance des codes sociaux et culturels qui empêche les jeunes d'être recrutés. [...]. [...]il faut à terme que [la HALDE] disparaisse. Le système judiciaire français est là pour traiter les vraies affaires de discrimination. On n'a nul besoin d'une institution qui participe, vraisemblablement sans le vouloir, à dresser les gens les uns contre les autres."
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Je continuerai demain à vous donner connaissance des réponses explosives de madame SOREL. Ce que j'aime chez elle, dont je suis fier d'être le compatriote, c'est son amour de la France, sa manière de présenter les problèmes, l'affirmation sans complexe de ses origines algériennes, la haut niveau de réflexion. Et puis je vous raconterais une scène vécue hier dans un magasin de produits exotiques, qui illustrent parfaitement ce que dit Malika SOREL, une femme politiquement incorrecte.
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A demain donc.
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mercredi 27 octobre 2010

Une femme politiquement incorrecte

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Notre jeune et jolie secrétaire d'état au sport, Rama YADE, vient de publier un petit ouvrage intitulé Lettre à la jeunesse. Les journaux en ont peu parlé. Et pour cause. Rama est politiquement incorrecte. Tout de même, Le Point du 7 octobre (N°1986), après avoir consacré un article fort intéressant à la jeune femme, publie une bonne feuille de cette lettre. Je me fais un devoir de vous la communiquer :
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"Contrairement aux vains débats de ces dernières années, ni la question des moyens (nous dépensons plus que voisins pour l'éducation nationale), ni la qualité de nos enseignants (qui sont bons) ni le nombre d'élèves par classe (pas plus élevé que chez nos voisins) n'expliquent la gabegie : le fond du problème est le collège unique. Crée en 1975, il prévoit que l'entrée au collège, après le primaire, est accessible à tous et que la formation y est la même pour tous. Autant dire un moule homogène auquel les élèves doivent se conformer... ou pas. Pour ceux qui n'y arrivent pas, c'est le découragement qui guette (...). A moins qu'ils ne finissent par en être exclus. Comme de toutes les façons, avec le collège unique, tout le monde doit être conduit au forceps jusqu'en troisième, ils seront obligatoirement re-scolarisés dans un autre collège. On tourne en rond. [...]. En démocratisant massivement l'accès à l'enseignement secondaire, on avait sans doute eu de bonnes intentions : répondre à la passion profonde des Français pour l'égalité. Le problème c'est que vouloir faire faire la même chose à tout le monde ne fait pas l'égalité des chances. L'école républicaine, version collège unique, n'a pas su gérer la diversité des situations et des aptitudes. [...]."
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Voilà des propos de bon sens, qui ont le mérite de prendre en compte les situations concrètes. La véritable égalité des chances consiste à donner les mêmes possibilités à ceux qui ont des aptitudes analogues ou voisines ainsi que des vocations et des désirs proches. Mais dire cela est politiquement incorrect. Pourtant, je puis vous affirmer qu'ayant conduit des dizaines d'entretiens (sur la prise en charge des élèves en difficultés) auprès de personnels de l'Education Nationale dans près de 20 % des collèges du Bas-Rhin, c'est bien ce lancinant problème qui était constamment mis sur le tapis par mes interlocuteurs. Vous pouvez consulter les références de cette étude sur le site internet de l'Institut pour la Promotion du Lien Social.
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Je vous parlerai bientôt d'une autre femme politiquement incorrecte. Mais saluons déjà le bon sens, le sens de l'homme concret de notre pétillante ministre.

mardi 26 octobre 2010

Quand un prix Nobel se pique de non-morale

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En 1970, Jacques MONOD déclarait : "La connaissance vraie ignore les valeurs". Il rejetait hors du domaine de la science tout ce qui relevait de "l'éthique individuelle ou collective "par essence non-objective" ajoutait-il.
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Voilà qui est terrifiant. Car si la science vraie ignore les valeurs, j'aurais aimé savoir sur quoi se serait appuyé MONOD pour condamner les "expériences" conduites par les médecins nazis dans les camps d'extermination, expériences qui cherchaient à déterminer, par exemple, les limites de la résistance humaine à la souffrance, au manque de sommeil, ou aux toxiques.
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En fait, notre prix Nobel défendait là une position intenable. Mais bien avant lui, toute une pléiade de savants, au nom du transformisme, de l'objectivité de la science, de "l'observation" (disaient-ils), justifiaient l'esclavage, et notamment l'esclavage des sujets africains : on n'en finirait pas de citer les noms de ces "savants" et des horreurs qu'ils ont écrites en vertu de la science. Ainsi, au milieu du XIXe siècle, VOGT osait dire "La crainte des conséquences pratiques ne doit jamais avoir aucune influence sur les conclusions scientifiques. La nature n'est pas faite pour être l'esclave théorique de l'homme". Et c'est au nom d'une nature annexée par leur suffisance, que se fondant sur des "observations" prétendues scientifiques, il osait dire que les noirs étaient plus près des singes que de l'homme blanc. Et il ajoutait, tenez-vous bien : "Il nous sera fort égal que le démocrate des Etats du Sud trouve, dans les résultats de nos recherches, la confirmation ou la condamnation de sa prétention que l'esclavage est ordonné par Dieu [...], ou que le Yankee, dans son orgueil de race, qui lui permet de manger ce qu'un nègre a préparé pour sa table, mais qui lui défend de s'asseoir à côté d'un nègre dans la même chambre ou dans le même wagon, cherche un appui dans nos allégations." VOGT enseignait à GENEVE.
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Mais pas le Docteur Julien-Joseph VIREY qui disait : "le nègre est et sera toujours un esclave ; l'intérêt l'exige, la politique le demande, et sa propre constitution s'y soumet presque sans peine". Ce "savant" était français. Mais d'autres savants, français ou étrangers lui emboîtaient le pas, sur le même ton, avec la même virulence ignoble : Georges CUVIER, Samuel-Thomas SÖMMERING, Charles WHITE, William LAWRENCE, et notamment TIEDEMANN qui jugeait, avec une hypocrisie abominable, l'esclavage naturel dans son existence, mais politiquement détestable. Il faudrait encore mentionner GOBINEAU et son Essai sur l'inégalité des races. GRATIOLET, BROCA, élaboraient des théories racistes tout aussi scientifiques. Il faudrait que je cite encore Abel HOVELACQUE, linguiste et anthropologue. Tous ces hommes avaient en commun une haine viscérale du christianisme, et étaient profondément anti-religieux, tout comme MONOD, du reste, qui l'a dit haut et fort. Je vous renvoie aussi au billet que j'ai consacré au discours honteux de Jules FERRY prononcé en juillet 1898, par lequel il défendait le droit des "races supérieures "à imposer la civilisation aux "races inférieures".
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Pour l'honneur de la science et de la politique, il s'est trouvé quelques savants comme Frédéric LACROIX, ou hommes politiques, comme Victor SCHOELCHER, pour condamner, le premier la "colossale bouffonnerie" des travaux de CUVIER ou de VIREY, le second pour lutter contre une atteinte si grave à la dignité humaine.
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Mais pour ces savants-là, il s'agissait de lutter contre "le mythe d'Adam" et le monophylétisme, ou théorie qui fait descendre d'un ancêtre unique l'humanité entière, affirmation proclamée par l'Eglise dès son origine.
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Ne croyez pas que le XIXe siècle a le triste privilège de défendre ces théories. Encore en 1907, un certain THULIE osait dire : "Il y a des races qui sont restées dans une immobilité presque totale et ont été incapables de s'organiser en société".
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Pour terminer, je voudrais citer un passage de l'article de Claude BLANCKAERT, publié dans le Volume I de la livraison Des Sciences contre l'homme, Éditions Autrement, série Science et société, N°8, Paris, 1993 (j'y ai puisé les citations et les noms des chercheurs que j'ai évoqués plus haut) :
"Aussi bien est-il permis à l'historien, au philosophe ou à l'honnête lecteur des ouvrages scientifiques de s'étonner. Les biologistes affirment souvent que la loi inflexible de la 'nature humaine' est génétiquement programmée, et qu'elle est sinon immuable, du moins fort contrainte dans ses accomplissements. Pourtant les biologistes ne cessent depuis un siècle de faire évoluer la notion commune que se font les hommes vulgaires : tour à tour définis par leur race, leur sang, leurs pulsions, leurs neurones, leurs gènes, ceux-ci se retrouvent assignés à une biologie en perpétuelle mutation. Qui plus est, on requiert d'eux qu'ils révisent régulièrement leur 'conception' de la nature humaine en fonction des 'progrès' d'une discipline dont les représentants sont loin d'être unanimes." [...]
"Le gouvernement des experts fait encore violence aux aspirations morales - risquons le mot- de tous ceux qui n'ont pas rejeté la problématique religieuse traditionnelle. Selon le récit biblique, Adam et Eve perdirent leur prétention au Paradis pour avoir mangé des fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, 'un arbre inconnu de la science. C'est cette connaissance qui fait notre transcendance, notre danger, notre humanité' (citation de l'historien John GREENE entre ' ')".
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Je sais ! Vous allez me dire que vous ne voyez pas ce que ce long billet a à voir avec l'actualité. Et pourtant ! Si les idéologies (dont tous les concepteurs affirment le caractère scientifique, de MARX à Adam SMITH et sa "main invisible du marché") consistent à ne pas se soucier de l'homme concret, le seul qui selon moi vaille que l'on s'intéresse à lui, elles ne peuvent être que fondamentalement insensibles aux valeurs, c'est à dire qu'elles sont immorales. Voilà pourquoi certaines formes de grèves sont fondamentalement empreintes d'immoralité. Mais voilà pourquoi aussi la cupidité et la volonté d'accaparement des plus riches sont tout aussi immorales et sans doute plus, car ceux-ci n'ont pas l'excuse de l'ignorance.
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J'espère ne pas vous avoir enquiquiné avec ce prix Nobel qui se pique de non-morale. Mais quelqu'un n'avait-il pas dit, il y a assez longtemps : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". J'ajoute que ce billet est tout particulièrement destiné à un lecteur ami qui comprendra pourquoi c'est maintenant que je produit ce poulet.
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lundi 25 octobre 2010

Effaré, je suis effaré

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C'est une chose entendue : le droit de grève est un droit constitutionnel. Il donne aux grévistes un droit unique : celui de cesser de travailler ; mais il ne leur donne pas le droit d'empêcher les autres de le faire. Or c'est très exactement ce que les ouvriers et employés des dépôts de carburants sont en train de nous imposer.
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J'ai entendu le responsable syndical de l'un de ces dépôts dire que ce qu'il cherchait était de provoquer un maximum de dégâts économiques. Il ne précisait pas dans quel secteur, et sans doute peut lui importait. Cette position implique deux dispositions d'esprit particulières et peut- être même plus. (a) Ce responsable défend les intérêts d'un groupe au détriment d'autres groupes sociaux ; il ne cherche pas le bien de tous, mais un bien particulier ; son raisonnement a sans doute une valeur idéologique et politique, mais il n'a aucune valeur morale. Il ne doit donc pas s'étonner, dès lors, de trouver devant lui des groupes ou des personnes tout aussi dépourvues de moralité. Je le redis pour la cinquième fois dans ces billets : le propre de l'idéologie est d'être insensible au sort de l'homme concret. Foin des artisans, des professions libérales, des agriculteurs, des commerçants qui, simplement pour vivre, ont besoin de se déplacer. Qu'ils crèvent, pouvu que nous leur survivions ! (b) Ce responsable, en deuxième lieu, raisonne comme Louis XV : "Après lui, le déluge". Il y a des entreprises au chômage technique dont les employés sont privés de salaire ; le pays est obligé d'importer à grands frais des produits pétroliers de Belgique, de Hollande, d'Italie, et aggrave ainsi le déficit du commerce extérieur, qu'il faudra financer par un emprunt que tous les Français, les employés des dépôts y compris, devront rembourser. (c) L'image de notre pays est durablement affectée : la France est synonyme de chaos, de désordre en tous genres, de pays dont les citoyens sont en grèves incessantes. Mais de cela, les responsables syndicaux (je ne parle pas des grands responsables, type Jean-Claude MAILLY, Bernard THIBAULT ou CHEREQUE) n'en ont cure. Ils donnent l'impression de vivre au jour le jour : "Puisque ces événements nous échappent, feignons de les organiser" semblent-ils nous dire. Ils ont ouvert la boîte de PANDORE et regardent, ébahis, les démons qui s'en sont échappés.
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Il n'y aura ni vainqueurs, ni vaincus dans cette lutte suicidaire. Il n'y aura que des victimes. Et une aggravation prévisible de l'état de notre économie, d'insolubles difficultés quand il s'agira de parler plus tard des nouveaux et indispensables ajustements du régime des retraites et une pauvreté croissante. C'est ce que l'on appelle la solidarité dans le dénuement.
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Je souhaite simplement qu'aucun des proches des irréductibles grévistes n'ait à être transporté d'urgence à l'hôpital et ne puisse le faire faute de véhicules approvisionnés en carburant. Ces aveugles n'auraient que leurs yeux pour pleurer, et ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Je souhaite que jamais ils ne voient leur réfrigérateur vide et qu'ils ne puissent le remplir en raison des ruptures de stock des magasins qui ne seraient plus livrés. Je souhaite que jamais ils ne soient obligé de laisser seuls leurs enfants à la maison, sans surveillance, au motif que les établissements scolaires sont fermés, les transports scolaires supprimés, et les personnes susceptibles de les dépanner incapables de se déplacer. Politique de l'autruche, l'un des animaux les plus bêtes de la création.
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Effaré, je suis effaré devant tant d'inadaptation à la réalité, d'égoïsme, d'idiotie. Je redis ici qu'étant un privilégié, je comprendrais très bien que l'on diminuât le montant de ma pension pour permettre à d'autres d'en avoir une plus élevée. C'est même une proposition formelle. Je ne suis pas immortel, et je n'emporterai pas avec moi mes billets de banque. On me demandera, Il me demandera, simplement : "As-tu aimé ? " Comme je voudrais pouvoir répondre : "Oui, Seigneur, j'ai aimé". Mais sachant que ce serait un mensonge, je dirais :" j'ai essayé mais je m'en remets à ta miséricorde".
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