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lundi 9 octobre 2017

09 octobre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Science sans conscience, ruine de l'âme !

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Jean-Claude GUILLEBAUD va nous occuper pour deux ou trois billets encore.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Notre problème n’est pas d’accepter ou de refuser la révolution scientifique : l’urgence du moment n’est pas d’être rigidement technophile ou sottement technophobe ; le choix à faire n’est pas entre la connaissance et l’obscurantisme. La tâche incombant à qui veut garder les yeux ouverts, c’est de n’accepter le discours scientifique que sous bénéfice d’inventaire. L’impératif est de garder la science sous le contrôle de la raison humaniste. La lucidité minimale consiste à débusquer la régression derrière le progrès, à pointer la capitulation idéologique sous le ralliement dévot à la technoscience, à dénoncer l’injustice déguisée en « changement ». Il s’agit en un mot d’être plus attentif aux ruses de l’Histoire et à celles des hommes."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
Le principe d’humanité.
Éditions du Seuil, Paris, 2001. (Page 192.)
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2. COMMENTAIRES.
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Une fois encore GUILLEBAUD met le doigt sur la question qui fâche. Je suis bien placé pour savoir ce que vaut le discours scientifique. Pendant plus de 40 ans, et encore aujourd’hui, je m’efforce de faire de la recherche, mais pas à n’importe quel prix. J’en ai entendu, j’en ai écouté des discours scientifiques délirants et immoraux au sens le plus étymologique du terme ; des discours complètement déconnectés de la question essentielle : ce que je cherche est-il utile et bon pour l’humanité ?
Je n’ai pas envie de faire du moralisme. Les jeunes gens et jeunes filles auxquels je m’adresse lors des rencontres de catéchèse savent (a) que tout agent agit en vue d’un bien ; (b) que tous les biens ne se valent pas ; (c) que le mal est la privation d’un bien ; (d) que Jésus n’a jamais fait de morale et qu’il n’a eu qu’un seul commandement déclaré par lui nouveau : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés".
Il en résulte que toutes les nouveautés ne se valent pas. Ainsi, l’usage du zyclon B pour tuer les déportés se présentait comme un bien aux yeux des nazis (ce n’était qu’une amélioration du rendement du crime). Le don qu’a fait de sa vie saint Maximilien Kolbe pour sauver un père de famille s’est présenté à lui comme le plus grand bien, celui de l’amour, qui consiste à ne rien garder pour soi.
Voilà la seule question qui compte. Ce que je cherche est-il bon pour tous les êtres humains ou pour quelques-uns seulement, en matière d'amour ?
On peut extrapoler aux choix politiques : promouvoir la PMA ou la GPA en faveur d’une minorité agissante et fortunée est-il bon pour toute l’humanité ou seulement pour quelques-uns ? Cette promotion va-t-elle dans le sens de l'amour authentique ?
Ceci renvoie à une notion développée par ARISTOTE dans ses Politiques sur l’égalité quantitative et l’égalité qualitative. Nous en reparlerons.
Mais nous le savons depuis RABELAIS : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ! Plus que jamais, il faut le crier sur les toits.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Liberté de Conscience.

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À lire !

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Manifeste du Président du SIEL.

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Arnaud a tout juste !

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Les amis de mes amis sont mes amis ! Je les arrose.



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jeudi 17 novembre 2016

17 novembre 2016. Nouvelles de la Résistance. La science ne parle jamais de valeurs ! Les socialistes non plus.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Dans la mesure où l’on pourrait démontrer que la science est nécessaire au bien-vivre de l’homme, il faudrait en fait porter un jugement rationnel de valeur sur la science ; or le positivisme nous apprend que des jugements de valeur rationnels sont impossibles. […].
Cela signifie que, bien qu’elle ait accru la puissance de l’homme dans des proportions dont nos ancêtres n’avaient jamais rêvé, la science est absolument incapable de dire aux hommes quel usage faire de cette puissance. La science ne peut dire à l’homme s’il est plus sage d’utiliser cette puissance de manière sage et bonne ou de manière insensée et mauvaise. Il résulte de cela que la science est incapable de définir sa propre signification ou de répondre à la question de savoir si et en quel sens la science est bonne. Nous sommes donc confrontés à un appareil énorme, dont le poids s’accroît sans cesse et qui n’a en soi aucun sens. Si un homme de science disait, comme le Méphisto de GOETHE, que la science et la raison sont le plus haut pouvoir de l’homme, on lui ferait savoir qu’il ne s’exprime pas comme un homme de science mais qu’il émet des jugements de valeur, ce qui du point de vue de la science est complètement injustifié."
In Leo STRAUSS. La renaissance du rationalisme politique classique. Traduction de P. GUGLIELMINA.
Gallimard, Paris, 1993, p.87 [1er §] et p. 101 [2d §].) [Merci à Marc WEINSTEIN.]
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2. COMMENTAIRES.
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Ainsi, par elle-même, la science est incapable de porter des jugements de valeur. Il s’agit d’un constat capital qui interpelle non seulement l’homme politique, mais aussi l’homme de science.
La science dit au chercheur que tout ce qu’il est matériellement possible de faire, il convient de le faire. C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne, des chercheurs fécondent des ovocytes de hamster avec des spermatozoïdes humains. Cela est possible, donc cela doit se faire. Que penser de ces expériences ?
Il apparaît clairement que pour juger de la valeur d’une recherche scientifique, il faut faire appel à une autre instance que la science elle-même.
Pour madame TAUBIRA et les vendeurs de bébés, il est possible de faire porter par une femme pauvre, de préférence choisie dans les pays eux-mêmes pauvres de l’Asie, l’enfant des autres. Il suffit pour cela que la loi l’autorise. Ni la morale, ni la conscience n’interviennent dans cette affaire. La suprême référence est la loi positive, elle-même soumise à la norme constitutionnelle. C’est ainsi qu’avec la meilleure conscience du monde des « médecins », des « ingénieurs » nazis ont mis au point des techniques scientifiques industrielles d’extermination, en parfaite conformité avec la constitution. Il convient de se demander pourquoi ces agissements soulèvent l’horreur. Manifestement, ce n’est pas la science qui le dit, mais une autre instance qui s’appelle la conscience.
En refusant l’objection de conscience, ce gouvernement se comporte comme le gouvernement nazi, et il suscite la même répulsion chez un nombre croissant de citoyens.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Voilà une excellente illustration des propos de Léo STRAUSS.

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Et voilà pourquoi il faut voter pour Jean-Frédéric POISSON au premier tour des primaires.

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Réponse de quelques catholiques à de frileux évêques qui les rejettent dans les ténèbres extérieures de l’extrême-droite (horresco referens !).

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Un préfet éminemment démocratique !

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Opération POISSON-pirate !



vendredi 13 mars 2015

13 mars 2015. Nouvelles de la Résistance : la science, un tyran des comportements ?

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Allez, encore un petit coup de devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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(a) "Croire qu'on peut tirer de la science une morale et une politique, c'est prendre une machine à découvrir des faits pour une machine à dicter les comportements.
Une autre faiblesse du système [i.e. du positivisme] est d'avoir imparfaitement apprécié le besoin de transcendance de l'âme humaine. LITTRÉ a cru que la beauté de l'univers, telle que la recherche scientifique la découvre, suffirait à tarir la soif naturelle d'absolu. Mais cette soif n'est autre que le désir de sortir des frontières de la démarche purement scientifique."
In
Jean HAMBURGER (Pr).
Monsieur Littré (Grandes biographies).
Flammarion, Paris, 1988.

(b) "Voilà bien une nation qui n'a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n'a pas accepté de leçon. La vérité s'est perdue, elle a disparu de leur bouche". (Jérémie 7, 28.)
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2. Commentaires.
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(a) Le Pr HAMBURGER est non seulement un très grand médecin, mais aussi un humaniste. C'est un homme de science. Il est donc très intéressant de voir dans cette affirmation le fruit d'une expérience existentielle. Dire que la science peut inspirer non seulement une politique mais aussi une morale, c'est la transformer en tyran de nos comportements nous dit-il. Et quand la science se mélange aux bons sentiments dégoulinants, ça donne les lois sur la fin de vie. Il n'est plus là pour nous donner son avis, mais cet homme qui a passé sa vie à combattre la maladie serait sans doute horrifié que l'on songe à écourter la vie humaine au motif que la vie serait insupportable à celui qui souffre, alors que l'on entend essentiellement l'avis de gens en bonne santé qui, nous disent-ils, veulent mourir dans la dignité, alors qu'ils ne sont pas encore en mesure de donner un avis en situation. On entend souvent aussi, dans ce domaine, l'avis de proches de très grands malades. Le soutien qu'ils apportent à ces lois est peut-être de bonne foi, mais il est surtout le reflet de leur propre angoisse devant la souffrance et la mort, quand il n'est pas la lâcheté de devoir l'affronter dans le visage du mourant. Non la science ne peut tarir cette soif d'absolu qui se niche au plus profond de notre esprit. Certains, comme LITTRE, l'ont cru, et cette croyance a débouché sur les développements techniques qui ont conduits aux abominations des guerres et des totalitarismes du siècle dernier.
(b) JEREMIE me rappelle la question que Jean-Paul II posait à REIMS à notre patrie : "France, qu'as-tu fait de ton baptême ?" Nos gouvernants s'efforcent, avec un certain succès, d'extirper du coeur de nos enfants l'amour de Jésus. Nous avons été la fille aînée de l'Eglise. Que sommes-nous aujourd'hui ? Alors qu'ils auraient défendre la vérité, dans leur bouche elle s'est transformée en mensonges, en erreurs dramatiques et en impuissance à changer quoi que ce soit à l''esprit public. Leur inspirateur était la science et le progrès qu'elle est censée accompagner. Ils en ont déduit des comportements républicains, les seuls respectables, et d'autres qui ne le sont pas. Non, décidément, la vérité n'est pas dans leur bouche.
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3. Informations diverses.
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Jean Quatremer et la liberté d'expression à sens unique (repris du Salon beige).

Jean QUATREMER, journaliste à Libération et auteur d'un blog européiste, vient de vivre l'expérience du "retour de boomerang" ou de "l'arroseur arrosé" au choix.
Acte I. Le 6 mars dernier, Jean Quatremer développe sur Arte une "déontologie" plutôt originale et pas du tout Charlie sur la façon de traiter le FN :
"Le FN est un parti fasciste qui n’est pas républicain (...)  A Libération, nous n’allons jamais interviewer de responsables du Front National parce qu’on considère que ce sont des menteurs (...) J’ai un exemple en tête, la Belgique, où pendant 25 ans il y a eu un cordon sanitaire autour du Vlaams Belang. On les a isolés, pas d’invitations dans les médias et personne n’a fait alliance avec eux."
Acte II. Le 11 mars, Jean QUATREMER essaye en vain d'interroger Marine Le Pen et Florian Philippot sur l'affaire des attachés parlementaires européens et s'étonne de ne pas obtenir de réponse :
"L’ambiance est tendue. Les dirigeants du FN poursuivent leur chemin. Les gardes du corps m’empêchent de les approcher (juste en faisant écran), mais je ne lâche pas (...) J’avise Bruno Gollnisch, que je connais depuis longtemps, et lui demande : « comment peut-on nous reprocher de ne pas faire notre travail tout en refusant de répondre à nos questions ? » « Moi, je parle aux gens qui ne nous aiment pas, mais qui sont corrects. Je vous parle ». On en viendrait presque à regretter la vieille garde frontiste…"
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mardi 27 août 2013

Nouvelles de la Résistance : à propos de la veillée de Saint-Nazaire, premier billet du 27 août 2013

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Le ciel est d'une pureté absolue. Le crépuscule s'étend lentement sur le majestueux estuaire de la Loire. Devant la sous-préfecture de SAINT-NAZAIRE une petite foule, une centaine de personnes, s'apprête à rentrer en veillée. Nous pensions nous installer sur le quai, devant un monument, sans doute le monument aux morts. Mais, réflexion faite, il a paru plus judicieux aux animateurs de la soirée de nous installer sur la plage, au bas d'un escalier dont les parapets serviront de siège pour les veilleurs au dos récalcitrant (ce qui est mon cas). Les lumières des bourgs qui bordent l'estuaire commencent à briller ainsi que les phares qui jalonnent la côte. Je suis un peu inquiet. En effet, lors de la préparation de la veillée qui s'est faite autour d'un pot dans un bistrot du bord de mer, il m'est demandé de parler des limites de la science dans le domaine du corps. Ce n'est pas ce qu'il avait été convenu puisque je devais parler de la procréation. Tant pis, j'improviserai.
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En arrivant aux abords de la sous-préfecture, j'avais rencontré un groupe de veilleurs-marcheurs. Beaux échanges, notamment avec Adrienne, et avec un jeune homme dont j'ignore le prénom. Pendant que nous bavardons, une voiture de police s'arrête devant nous. Deux policiers fort courtois et souriant viennent déposer une enveloppe dans la boîte aux lettres ; curieusement, je n'y vois pas inscrit d'adresse. Mes yeux m'ont-ils trompé ? Nous engageons une conversation amicale ; ils ont mission non point de nous surveiller, mais de passer de temps en temps. En fait, nous ne les verrons pas.
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La veillée commence. Chant de l'espérance, puis très belle intervention d'un veilleur sur la liberté d'expression. Son dernier point porte sur la liberté d'expression en France. Il apparaît qu'elle n'est guère respectée... De très belles lectures aussi. Vient mon tour. On me présente d'abord sous mon prénom, ce qui me convient tout à fait. Et puis (ce qui me gène un peu), on précise mon "titre" et mon nom. Je commence par cette citation dont je ne connais point d'origine. Un de mes lecteurs, peut-être, me la précisera : "Si j'étais Dieu, je redonnerai aux mots leur sens". Et, avant d'exposer ce que sont la procréation médicalement assistée, et la gestation pour autrui, j'insiste bien sur la différence entre l'éthique (qui définit les comportements socialement acceptables en un moment donné d'une civilisation et de l'histoire, ce qui n'exclut pas, bien sûr, que l'éthique se désintéresse des valeurs ; elle est simplement extérieure aux consciences des personnes) et la morale qui est la science de la vie bonne et se propose de donner des réponses à la question "Qu'est-ce qu'avoir une vie bonne ?" ou "Comment puis-je avoir la vie bonne ?". SENEQUE ou KANT ont donné chacun des réponses différentes, et d'autres philosophes aussi, mais tous font intervenir la délibération intérieure, le libre arbitre, la relation à l'autre. Je fais aussi la différence entre connaissance et technique. Et puis j'embraye sur la PMA et la GPA. Il m'a été demandé dans une seconde intervention de faire état de mon expérience personnelle en matière d'utilisation d'embryons humains, puisque j'ai parlé de cette expérience lors de la réunions de préparation.
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Au terme de cette première intervention, un ministre qui est venu incognito à la veillée, et a tenu à le demeurer, vient me saluer et me dit merci. Marianne nous lit un superbe texte. J'admire la maîtrise de Gauthier en manière de conduite d'assemblée, j'admire l'activité de Jean-Baptiste, de Charles, la méticuleuse préparation de la veillée par Emmanuelle et Annabelle. Et je me dis aussi qu'il n'y a pas de hasard. Parmi les veilleurs-marcheurs, il y a Philippe, que je n'avais pas vu depuis... 60 ans, et qui, entendant mon nom patronymique (alors qu'on buvait une bière) me dit qu'il connaissait à MAISONS-LAFFITTE une famille de ce nom. Que le monsieur était pharmacien - c'était mon père lui dis-je - lequel avait un fils qui était etc... - c'est moi, lui redis-je ! Nous tombons dans les bras l'un de l'autre !
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Au cours de ma deuxième intervention, je parle de cette expérience terrifiante pour moi et mes collègues du laboratoire. Nous avions demandé au comité nationale d'éthique l'autorisation d'utiliser des embryons humains de 12 semaines, obtenus par des méthodes abortives non délabrantes. Quand nous recevons ces embryons (les mamans savaient que  l'enfant en puissance qu'elles ne pouvaient ou voulaient garder pourrait servir à des recherches scientifiques, sans en avoir la certitude), aucun de nous n'a le courage d'en prélever la moelle épinière que nous pensions mettre au contact de cellules musculaires humaines en culture, déjà fusionnées en myotubes ; jusque là nous utilisions des explants de moelle épinière d'embryons de rat. Celui qui n'a jamais vu un petit être en puissance, peut, tant qu'il veut, faire des lois. Il regarde dans son cerveau, pas dans la réalité. De ce jour date mon opposition absolue à toute recherche sur les embryons humains. (Cette opposition est antérieure à un événement qui a bouleversé ma vie et n'appartient qu'à moi.) Je parle encore de la réduction embryonnaire, du tri préimplantatoire, des perspectives d'eugénisme qu'ouvre la maîtrise des techniques de biologie moléculaires. Guillaume, du Journal des Veilleurs me demande mes coordonnées, Charles fait de même : il est impliqué dans la préparation de la veillée du 31 août à PARIS. Il se pourrait qu'il me demande une intervention. Je reste ouvert à cette perspective, sans la souhaiter ni la refuser ; la Providence pourvoira, sans aucun doute.
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A 23 heures, nous nous dispersons en silence. J'espère que Jean-Baptiste aura pu récupérer son pull ; il me l'a gentiment prêté car il fait frais. Un veilleur marcheur m'a dit qu'il le lui rendrait, car il voyait que je cherchais mon généreux prêteur. Expérience inoubliable de fraternité, de vérité (le premier intervenant a parlé merveilleusement des rapports de la liberté et de la vérité).
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Rendez-vous sur l'esplanade de la Défense le 31 août à 17 h 30 pour une marche jusqu'à la Concorde. J'y serai (un peu en retard, car j'aurai auparavant dit au-revoir à mon fils, et sa famille qui parte pour un an faire le tour du monde).
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mardi 26 octobre 2010

Quand un prix Nobel se pique de non-morale

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En 1970, Jacques MONOD déclarait : "La connaissance vraie ignore les valeurs". Il rejetait hors du domaine de la science tout ce qui relevait de "l'éthique individuelle ou collective "par essence non-objective" ajoutait-il.
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Voilà qui est terrifiant. Car si la science vraie ignore les valeurs, j'aurais aimé savoir sur quoi se serait appuyé MONOD pour condamner les "expériences" conduites par les médecins nazis dans les camps d'extermination, expériences qui cherchaient à déterminer, par exemple, les limites de la résistance humaine à la souffrance, au manque de sommeil, ou aux toxiques.
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En fait, notre prix Nobel défendait là une position intenable. Mais bien avant lui, toute une pléiade de savants, au nom du transformisme, de l'objectivité de la science, de "l'observation" (disaient-ils), justifiaient l'esclavage, et notamment l'esclavage des sujets africains : on n'en finirait pas de citer les noms de ces "savants" et des horreurs qu'ils ont écrites en vertu de la science. Ainsi, au milieu du XIXe siècle, VOGT osait dire "La crainte des conséquences pratiques ne doit jamais avoir aucune influence sur les conclusions scientifiques. La nature n'est pas faite pour être l'esclave théorique de l'homme". Et c'est au nom d'une nature annexée par leur suffisance, que se fondant sur des "observations" prétendues scientifiques, il osait dire que les noirs étaient plus près des singes que de l'homme blanc. Et il ajoutait, tenez-vous bien : "Il nous sera fort égal que le démocrate des Etats du Sud trouve, dans les résultats de nos recherches, la confirmation ou la condamnation de sa prétention que l'esclavage est ordonné par Dieu [...], ou que le Yankee, dans son orgueil de race, qui lui permet de manger ce qu'un nègre a préparé pour sa table, mais qui lui défend de s'asseoir à côté d'un nègre dans la même chambre ou dans le même wagon, cherche un appui dans nos allégations." VOGT enseignait à GENEVE.
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Mais pas le Docteur Julien-Joseph VIREY qui disait : "le nègre est et sera toujours un esclave ; l'intérêt l'exige, la politique le demande, et sa propre constitution s'y soumet presque sans peine". Ce "savant" était français. Mais d'autres savants, français ou étrangers lui emboîtaient le pas, sur le même ton, avec la même virulence ignoble : Georges CUVIER, Samuel-Thomas SÖMMERING, Charles WHITE, William LAWRENCE, et notamment TIEDEMANN qui jugeait, avec une hypocrisie abominable, l'esclavage naturel dans son existence, mais politiquement détestable. Il faudrait encore mentionner GOBINEAU et son Essai sur l'inégalité des races. GRATIOLET, BROCA, élaboraient des théories racistes tout aussi scientifiques. Il faudrait que je cite encore Abel HOVELACQUE, linguiste et anthropologue. Tous ces hommes avaient en commun une haine viscérale du christianisme, et étaient profondément anti-religieux, tout comme MONOD, du reste, qui l'a dit haut et fort. Je vous renvoie aussi au billet que j'ai consacré au discours honteux de Jules FERRY prononcé en juillet 1898, par lequel il défendait le droit des "races supérieures "à imposer la civilisation aux "races inférieures".
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Pour l'honneur de la science et de la politique, il s'est trouvé quelques savants comme Frédéric LACROIX, ou hommes politiques, comme Victor SCHOELCHER, pour condamner, le premier la "colossale bouffonnerie" des travaux de CUVIER ou de VIREY, le second pour lutter contre une atteinte si grave à la dignité humaine.
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Mais pour ces savants-là, il s'agissait de lutter contre "le mythe d'Adam" et le monophylétisme, ou théorie qui fait descendre d'un ancêtre unique l'humanité entière, affirmation proclamée par l'Eglise dès son origine.
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Ne croyez pas que le XIXe siècle a le triste privilège de défendre ces théories. Encore en 1907, un certain THULIE osait dire : "Il y a des races qui sont restées dans une immobilité presque totale et ont été incapables de s'organiser en société".
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Pour terminer, je voudrais citer un passage de l'article de Claude BLANCKAERT, publié dans le Volume I de la livraison Des Sciences contre l'homme, Éditions Autrement, série Science et société, N°8, Paris, 1993 (j'y ai puisé les citations et les noms des chercheurs que j'ai évoqués plus haut) :
"Aussi bien est-il permis à l'historien, au philosophe ou à l'honnête lecteur des ouvrages scientifiques de s'étonner. Les biologistes affirment souvent que la loi inflexible de la 'nature humaine' est génétiquement programmée, et qu'elle est sinon immuable, du moins fort contrainte dans ses accomplissements. Pourtant les biologistes ne cessent depuis un siècle de faire évoluer la notion commune que se font les hommes vulgaires : tour à tour définis par leur race, leur sang, leurs pulsions, leurs neurones, leurs gènes, ceux-ci se retrouvent assignés à une biologie en perpétuelle mutation. Qui plus est, on requiert d'eux qu'ils révisent régulièrement leur 'conception' de la nature humaine en fonction des 'progrès' d'une discipline dont les représentants sont loin d'être unanimes." [...]
"Le gouvernement des experts fait encore violence aux aspirations morales - risquons le mot- de tous ceux qui n'ont pas rejeté la problématique religieuse traditionnelle. Selon le récit biblique, Adam et Eve perdirent leur prétention au Paradis pour avoir mangé des fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, 'un arbre inconnu de la science. C'est cette connaissance qui fait notre transcendance, notre danger, notre humanité' (citation de l'historien John GREENE entre ' ')".
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Je sais ! Vous allez me dire que vous ne voyez pas ce que ce long billet a à voir avec l'actualité. Et pourtant ! Si les idéologies (dont tous les concepteurs affirment le caractère scientifique, de MARX à Adam SMITH et sa "main invisible du marché") consistent à ne pas se soucier de l'homme concret, le seul qui selon moi vaille que l'on s'intéresse à lui, elles ne peuvent être que fondamentalement insensibles aux valeurs, c'est à dire qu'elles sont immorales. Voilà pourquoi certaines formes de grèves sont fondamentalement empreintes d'immoralité. Mais voilà pourquoi aussi la cupidité et la volonté d'accaparement des plus riches sont tout aussi immorales et sans doute plus, car ceux-ci n'ont pas l'excuse de l'ignorance.
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J'espère ne pas vous avoir enquiquiné avec ce prix Nobel qui se pique de non-morale. Mais quelqu'un n'avait-il pas dit, il y a assez longtemps : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". J'ajoute que ce billet est tout particulièrement destiné à un lecteur ami qui comprendra pourquoi c'est maintenant que je produit ce poulet.
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mercredi 31 mars 2010

Science, raison et religion

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Glanées, çà et là, dans le numéro 226 de la revue Christus consacré à la Recherche Scientifique, ces petites perles :
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"Un contemporain déclarait, non sans justice, qu'à notre époque installée dans le matérialisme se reconnaissent, dans les savants scrupuleusement honnêtes, les seuls esprits profondément religieux." (Albert EINSTEIN. Comment je vois le monde. Flammarion, PAris, 1979).
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"Vois, [mon Dieu,] j'ai achevé l'oeuvre à laquelle je me suis senti appelé, j'ai fait valoir le talent que tu m'as donné, j'ai annoncé aux hommes la splendeur de tes oeuvres : dans la mesure où mon esprit limité a pu les comprendre, les hommes en liront ici les preuves. "(Johannes KEPLER. Harmonie cosmique.)
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"Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible... [...]. C'est ici que se trouve le point faible des positivistes et des athées professionnels qui se sentent heureux parce qu'ils ont conscience non seulement d'avoir, avec un plein succès, privé le monde des dieux, mais aussi de l'avoir dépouillé des "miracles". Le curieux c'est que nous devons nous contenter de reconnaître le "miracle", sans qu'il y ait une voie légitime pour aller au-delà. Je me crois forcé d'ajouter cela expressément, afin que vous ne croyez pas que - affaibli par l'âge - je suis devenu une proie des curés." (Albert EINSEIN. Lettres à Maurice Solovine. Gauthiers-Villars, Paris, 1956.)
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"Je demande la tempérance, la persévérance
Je suis rivé au temps
Pris, épris
Je suis amoureux de ce monde
Je marche à tâtons en moi-même égaré
Je demande la constance, le détachement
Ouvrir les yeux [...].
Je demande que toujours tu m'accompagnes
Raison de l'homme.
(Octavio PAZ.)
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Tempérance, raison, ouverture sur le mystère, humilité devant les faits... Ces hommes ont traqué la nature et le langage pour en connaître à grand peine les secrets. Ils méritent notre respect et notre admiration.
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dimanche 8 mars 2009

Un point de vue intéressant sur l'évolution

A plusieurs reprises, j'ai eu l'occasion de dire ici mon admiration profonde pour LANZA del VASTO. Il se trouve que, me promenant Rue Danton à PARIS, j'ai trouvé dans une librairie qui vend des Livres neufs à des tarifs imbattables, un petit livre de René DOUMERC intitulé Dialogues avec Lanza del Vasto. Je suis en train de le dévorer, mais je ne résiste pas au plaisir de porter à votre connaissance l'opinion de LANZA del VASTO sur l'évolution. Je vous jure que je ne la connaissais pas ; mais je vous affirme que je partage cette opinion. La sienne est de nature philosophique, la mienne de nature scientifique :
[Je n'exclus absolument pas] la thèse de l'engendrement des espèces les unes par les autres, et le philosophe serait tout à fait prêt à l'accepter si c'était scientifiquement prouvé. Mais il y répugne parce que la fausse philosophie qui s'appelle le scientisme parle comme si la preuve était donnée et parce qu'il entrevoit dans cette démarche, dans cette pétition de principe, une manoeuvre antireligieuse et la rattache à cette rébellion qui s'appelle le matérialisme, une puérile tendance à éliminer le Créateur, à nous laisser croire que le plus est sorti du moins par soi-même.
Un peu plus loin :
L'évolution est un mouvement comparable au puits artésien : rien n'est poussé par en-dessous qui ne vienne de plus haut. Je nie absolument l'évolution créatrice. Comment l'évolution de quelque chose arriverait-elle à créer la chose dont elle est l'évolution ? Le bon BERGSON a eu le mérite de réagir contre le matérialisme, mais il a subi la pression de l'époque.[...] Tout vient d'en haut, passe en dessous et remonte.
On ne peut pas mieux dire. Dans un billet que j'ai livré il y a quelque semaine, je disais - beaucoup moins bien -exactement la même chose. Et je suis étonné que des esprits distingués se laissent aller à confondre science et croyance. LANZA del VASTO est un immense poète, un philosophe profond, un homme qui a vécu ce qu'il a enseigné ; nous devons pour cette raison prendre au sérieux ce qu'il nous dit.
J'ai rédigé ce petit billet à l'intention d'un très proche avec qui je déjeunais récemment dans une Pizzeria de la Place Saint-Michel et qui n'était pas entièrement satisfait de ma précédente explication. C'est du reste après avoir déjeuné avec lui que j'ai trouvé ce petit livre dont je recommande la lecture. Vous le trouverez à la Libraire Mona lisait... rue Danton. Allez-y. Il n'y en aura pas pour tout le monde.
Je reviendrai sur quantité d'enseignements que LANZA nous a légués dans de prochains billets.