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dimanche 26 novembre 2017

26 novembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Ne jamais mépriser la communication avec autrui !



Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…], aucune communication avec autrui ne doit être méprisée. Lorsque deux hommes commencent à découvrir entre eux une pensée, une émotion ou une intention qui leur est commune, ils ne sentent pas seulement leur ressemblance fraternelle ; ils reconnaissent l’identité du principe qui les éclaire et de la fin à laquelle, sans s’en douter, ils collaboraient déjà. C’est Dieu qui leur montre tout à coup sa face car lui seul peut être le témoin et le garant de leur union."
In
Louis LAVELLE.
Le mal et la souffrance. ["Présences" ; sous la direction de DANIEL-ROPS.]
Librairie Plon, les petits-fils de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Éditeurs, Paris 1940. (Page 175.)
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2. COMMENTAIRES.
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Cette citation de LAVELLE vient éclairer celles dans lesquelles il parle de solitude.
Pour sortir du bourbier relationnel dans lequel nous plongent la modernité, le consumérisme, le progressisme (qui n’est que le misérable cache-sexe d’un libéralisme mal assumé si on l’entend comme les progessistes), il nous faut absolument chercher à communiquer avec autrui, donc à le rencontrer. Bien souvent, j’ai eu l’occasion dans mes billets de parler de Jürgen HABERMAS et de ses recherches sur l’éthique de la communication. Bien entendu, je n’ai pas tout lu de ce philosophe, dont je suis loin de partager toutes les idées. Mais il me semble qu’avec lui, nous pouvons sentir intuitivement dans nos échanges si notre interlocuteur nous fait le crédit de la bonne foi, et nous pouvons aussi en conscience juger que nous lui faisons ce même crédit. Cela exige une harmonisation des vocabulaires, une définition des mots utilisés (ainsi celui de progrès ou de modernité) et une humilité absolue devant les faits (et c’est probablement la chose la plus difficile à atteindre).
S’il m’arrive, par exemple, dans la revue de presse insolente de donner le lien d’analyses très critiques concernant l’islam, je ne les commente jamais et si je les approuve je le mentionne ; si je ne les approuve pas c’est que je les donne comme un élément de réflexion.
Nous verrons, le moment venu, que la grande difficulté d’un dialogue indispensable avec l’islam et ses représentants, c’est la difficulté que nous avons à mettre nos interlocuteurs au pied du mur, devant les faits. (Je reviendrai bientôt, par exemple, sur les versets abrogés et les versets abrogeants du Coran, faits scripturaires parfaitement attestés et qui indiquent, selon moi, que les salafistes et les wahhabites interprètent le Coran comme l’ont indiqué ses nombreux commentateurs, c’est-à-dire correctement : l’islam n’est pas une religion de paix, de concorde et d’amour ; c’est une religion de l’absolue transcendance de Dieu, devant laquelle l’homme doit s’incliner et à laquelle il doit se soumettre. Il serait bien indigne de dénier à cette conception une grande valeur spirituelle, mais il est tout à fait juste de condamner les violences auxquelles conduit une interprétation littérale et politique du Coran et de s'en indigner. Les malheureux musulmans soufis qui viennent d’être assassinés en Égypte, dans une mosquée du Sinaï, ont payé de leur sang leur fidélité à une conception mystique et non pas politique de l’islam, ce que ne peuvent accepter les salafistes et les wahhabites ; je rappelle qu'il y a plus de 300 morts dans cet abominable attentat.)
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Lui il n’y va pas par quatre chemin !

Des bandes ethniques crachent sur la France et  les pouvoirs publics laissent faire.

Voici un exemple (Merci à mon ami Philippe qui m’a transmis l’information).

Du groupe 113, cette chanson (mais il y en a de pires éructées et vomies par d’autres groupes tout aussi dégoulinant de haine, de grossièreté et qui, composés d’étrangers, ne méritent qu’une chose : être chassés à coup de pieds dans le cul vers leur pays d’origine : c'est, hélas, souvent l'Algérie.) Je fais ici référence à des faits !

J' crie tout haut : " J'baise votre nation " On remballe et on leur pète leur fion. Faut pas qu'y ait une bavure ou dans la ville ça va péter, Du commissaire au stagiaire: tous détestés ! A la moindre occasion, dès qu' tu l' peux, faut les baiser. Bats les couilles les porcs qui représentent l'ordre en France.
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Affaire de la Croix de Ploërmel : suite :


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Revendications injustifiées de la part de certains courants musulmans en faveur de l’ouverture de mosquées en France.

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Un titre sonore pour une proposition qui ne fait que le mériter !


et un commentaire analogue

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Un chanteur plein de bon sens !

Mais les imbéciles de la bien-pensance veulent le dégommer !

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Bravo la CAMIF ! Mille fois bravo !

http://www.bvoltaire.com/labomination-consumeriste-linguistique-black-friday-resistance-boycottage-organise-camif-fr/?mc_cid=3ffa9470a1&mc_eid=70a17346c4

Voilà des responsables cohérents, humanistes et justes !

jeudi 19 novembre 2009

Manipulation

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A plusieurs reprises, un lecteur que j'apprécie plus qu'il ne l'imagine, a supposé que par mes propos je cherchais à manipuler les familiers de ce Blog. J'ai quelque peu répondu avant hier à ses remarques. Néanmoins, l'affaire est trop importante pour être traitée à la légère. Je vais donc essayer de répondre à Olibrius le plus clairement possible, et le plus honnêtement surtout.
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(a) Il est évident que toute personne qui parle ou qui écrit vise à obtenir un effet dans l'esprit de celui qui l'écoute ou le lit. Les questions qui se posent alors sont les suivantes : cet effet est-il contraignant ? Vise-t-il à entraîner à des paroles ou des comportements qui sont mauvais pour le lecteur ou l'écoutant ? A-t-il pour fin l'intérêt de celui qui parle ou qui écrit ?
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(b) Il n'est pas simple de répondre à ces questions. J'ai toujours dit qu'il y a une grande différence entre communiquer et être en relation. Quand on communique, on ne se soucie pas de la réaction d'autrui, même si on escompte un effet de son message. C'est le mode d'influence utilisé principalement par la publicité et, dans une certaines mesure, par les hommes politiques. Il ne faut pas sous-estimer la manipulation qu'entraîne une communication soustraite à toutes règles déontologiques ou morales.
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(c) Quand on écrit, ce qui est mon cas, on utilise évidemment les moyens de la rhétorique. Et ces moyens - Olibrius le sent bien, quand il parle de magie du verbe - peuvent être perçus comme des manipulations. Sauf qu'il est toujours possible d'analyser un discours écrit et d'en dévoiler les faiblesses ou les contradictions. La chose est plus difficile quand il s'agit d'un parole dite. L'émotion qu'elle entraîne, et le fait que les paroles volent, ne permettent pas cette analyse critique. Le risque de manipulation est donc plus grand dans ce cas.
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(d) J'appelle donc manipulation tous les moyens (paroles ou écrits) qui visent à obtenir un effet sur autrui, un effet contraignant, ou contraire au bien de celui qui le subit, ou soustrait à son sens critique, au seul bénéfice de celui qui les met en oeuvre.
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(e) Dans la mesure où quelques lecteurs suivent mes billets, sans les commenter, j'admets que ces derniers puissent avoir l'effet que je vise, celui d'entraîner la conviction, et de modifier, le cas échéant, les comportements. Il faut donc qu'à ce point j'interroge ma conscience : ces effets sont-ils bons, neutres, ou mauvais ? Dénoncer la désinformation, le mensonge, la déformation des faits, les positions et propositions politiques qui me semblent avoir des conséquences désastreuses pour mon pays, pour mes concitoyens, pour les familles, pour les personnes, voire pour l'humanité, me semble légitime. J'admets un certain parti-pris contre le socialisme et ses séides. Je me suis toujours efforcé de justifier mes critiques.
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(f) Pour ce qui concerne l'institution Eglise, dans son aspect purement humain, je prie Olibrius de me croire : il y a bien des choses qui me déplaisent, et par-dessus tout la prudence et le retrait, l'hypocrisie et la lâcheté, alors même qu'il faudrait une parole forte et juste. Sur ce point, Benoît XVI a toujours raison. Mais une vérité qui va à l'encontre du plaisir à tout va, de l'égoïsme et de la jouissance ne peut être entendu, "car le monde ne connaît pas l'Esprit de Vérité".

lundi 8 juin 2009

Qui es-tu homme ?

"Qui es-tu, homme jeté dans l'existence sans l'avoir su ou voulu ? Être connaissant et conscient de sa conscience. Être voué à la mort et capable de le savoir : aussi impuissant à concevoir son propre anéantissement qu'à penser son commencement, le commencement de sa conscience ; aussi incapable de concevoir son éternité que de penser, autrement que dans l'abstrait, qu'il aurait pu ne pas être ?
Qui es-tu, homme solitaire, pressé, bousculé de toutes parts et même du dedans par tant d'autres qui ne sont pas moins que toi des séparés, inaccessibles ; homme voué par toutes ses fibres à la communication, à la communion, et qui ne peut le faire que pour et par des vétilles, sans jamais atteindre le niveau propre de ton humanité ?
Qui es-tu, homme unique, impossible sans la multitude des foules humaines répandues dans l'espace et le temps, tellement unique qu'aucun autre que toi, même s'il savait le vouloir, ne pourrait être ce que tu es ; homme dont l'histoire est si singulière au milieu de la multitude des histoires humaines qu'elle se perpétuera, ou périra, avec toi à jamais ?"
Oui, qui es-tu, homme. Qui es-tu Jean, et toi Marc, et toi Julien de cette nuit profonde, noire qui était en train d'accoucher d'un monde inouï ? Qui es-tu XYLOGLOSSE envers qui je ne suis point très tendre, et toi Martine, et toi François ? Oui qui sommes-nous dans notre irréductible singularité pour mépriser ou négliger le moindre des humains qui croisent notre route. Je ne pensais pas, lisant ce matin Travail de la foi de cet homme extraordinaire qu'est Marcel LEGAUT, trouver dans ces questions, le récapitulatif de mes propres interrogations, de ma propre recherche, et une incitation impérieuse à mieux prendre en compte la parole de l'autre, en sachant toutefois que nous ne pouvons communiquer et communier les uns avec les autres, que "pour et par des vétilles" tant l'autre est un mystère.

samedi 21 mars 2009

L'esprit du monde

L'un de mes lecteurs et amis, à qui je faisais remarquer combien je détestais la manière dont les journaux et les journalistes ont rendu compte des propos de Benoît XVI sur le préservatif, m'envoie cette réponse que je désire commenter, tant elle me paraît traduire en effet l'esprit dans lequel vit le monde. Bien entendu, ce n'est pas mon ami qui est en cause, c'est simplement cette volonté que manifestent les "journalistes" et les médias de faire du sensationnel au détriment de la vérité factuelle.
Voici donc sa réponse, et après elle, mes propres remarques.
"Quant à la diffusion partielle des messages, nous savons bien que c'est une pratique courante. Ceci dit, c'est aux responsables de la communication de prévoir, dans leur formulation, la déformation des messages et d'avoir une stratégie en conséquence.
Comme ce ne sont pas des "idiots" je pense donc que ça fait aussi partie de la technique de communication de laisser la place à plusieurs utilisation du message (notamment par la troncature)."
Claude, tel est le prénom de mon ami, accepte donc l'idée que les medias puissent tronquer les messages de tiers POUR EN DEFORMER LE SENS. Et il fait le procès à ces tiers ne ne pas tenir compte de cette possibilité, première hypothèse, ou au contraire, deuxième hypothèse, de le faire exprès pour laisser la porte ouverte à toutes interprétations possibles. Dans le premier cas, ce serait des idiots, dans le second des manipulateurs. Claude est un adepte de Mac LUHAN pour qui le message c'est le medium (singulier de media), et il pense que toute communication est manipulation et relève de la stratégie, c'est-à-dire de la VOLONTÉ DE PUISSANCE ET DE DOMINATION, de la persuasion et non de la conviction.
Je ne crois pas que cette interprétation soit juste ; en revanche, je la crois tout à fait conforme à l'esprit du monde qui se nourrit de méfiance (et recherche la puissance et la domination), plutôt que de confiance, de vérité et de bienveillance.
Il serait vain et peu productif de négliger cette donnée. Mais on ne peut se demander si notre société ne serait pas plus agréable à vivre si nous faisions le crédit de la bonne foi à nos interlocuteurs, sans pour autant abonder toujours dans leur sens. Je crois à l'exercice de la pensée. Je ne crois pas aux systèmes d'idées. Mais il est plus facile de vivre dans un système que de marcher sur le fil d'une pensée structurée : on risque d'être pris de vertige en effet.

mercredi 5 décembre 2007

Travaux pratiques

Dans mon précédent billet je vous parlais des règles qu'il convient de suivre si l'on veut qu'une communication soit morale Il convient maintenant de passer aux travaux pratiques. Nous allons prendre, pour ce faire, le texte que monsieur Bruno LE ROUX, secrétaire national du PS, a donné en commentaire de la décision du gouvernement et du Président de la République de vendre 2,5 % du capital d'EDF pour financer des investissements dans les Universités.
Le Gouvernement, dit l'honorable monsieur LE ROUX, "se livre à un tour de passe-passe comptable. [...] La privatisation ne rapportera rien à EDF, ne va servir à l'Etat qu'à payer ce qu'il avait prévu de faire sur son propre budget".
Une des règles d'HABERMAS est parfaitement respectée ; monsieur LE ROUX dit d'où il parle : du PS. Nous savons donc qu'il donne l'avis d'un parti qui se réclame d'une économie partiellement (voir, pour certains, totalement) administrée par la puissance publique. Je vais donc à mon tour me situer. Je me réclame de la philosophie spéculative médiévale thomiste et de la philosophie néo-thomiste. En d'autres termes, du réalisme, et je crois qu'il est possible d'avoir sur les choses et les êtres un jugement de vérité.
Voyons si les mots ont le même sens pour lui et le public, l'interlocuteur auquel, vraisemblablement, il s'adresse. Monsieur LE ROUX utilise le mot privatisation. Il eut été plus honnête, intellectuellement, de dire "privatisation très partielle" ou "privatisation partielle", puisque l'Etat détient toujours plus de 80 % du capital. Il y a donc au pire un mensonge, au mieux un aveu, celui de ne rien vouloir lâcher au domaine privé de ce que l'Etat détient. Il serait intéressant de savoir ce que le PS pense de ce sujet en général, et monsieur LE ROUX en particulier. Mais ce qu'il convient de noter, c'est qu'EDF est une partie de la propriété nationale indivise et ce ne serait pas la première fois que les revenus ou le capital d'une entreprise publique sont employés au soutien, au maintien ou au renflouement d'une autre entreprise publique. Je ne parle pas de l'argent du contribuable qui, lui, est déjà largement redistribué pour boucher l'incroyable et inévaluable trou du Crédit Lyonnais ou pour abonder les comptes légèrement rouges de la SNCF. Si cet argent doit demeurer dans les caisses de chacune des dites entreprises, cela revient à dire qu'elles rentrent dans le régime commun de toutes entreprises, à ceci près qu'elles sont propriétés nationales. Il faut donc qu'elles s'autofinancent ou qu'elles empruntent, et non qu'elles survivent aux dépens du budget de l'Etat. Je suis partisan du maintien d'EDF dans le giron public et je trouve normal qu'une partie de son capital puisse servir à financer des projets d'intérêt public. Je trouve déjà moins normal qu'1% DU CHIFFRE D'AFFAIRE d'EDF soit attribué au Comité d'entreprise, dont le fonctionnement est, paraît-il, peu transparent, et a fait l'objet d'investigations diverses.
Pourquoi utiliser le mot "tour de passe-passe". Il n'y a rien dans cette opération qui ait été occulte ou honteux. Elle a été annoncée et exécutée selon l'annonce faite par le Président. C'est donc, de la part de monsieur LE ROUX, une figure de style, appréciative, ou plutôt dépréciative, de l'action publique. On peut désapprouver cette dernière, mais au nom de la règle numéro un d'HABERMAS, il faut faire le crédit de la bonne foi à nos gouvernants, et rejeter l'expression "tour de passe-passe"comme relevant d'une communication immorale.
Voyons maintenant si les dépenses de rénovation avaient été prévues sur le budget de l'Etat. Il se trouve que j'ai été vice-président de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg de 1982 à 1984, que j'ai siégé au Conseil de l'Université, et au Conseil Scientifique. Et il se trouve aussi que j'étais en charge, comme vice-président, des 215.000 mètres carrés affectés alors à notre Université. Les dotations attribuées à l'entretien des locaux se faisaient au mètre carré, mathématiquement, automatiquement. Ne figuraient au budget de l'Etat que les constructions nouvelles. Et je n'ai jamais vu, sous un gouvernement socialiste, de ministre de l'enseignement supérieur proposer un plan marshall de la rénovation des locaux. J'ajoute que les manifestations étudiantes contre le CPE, soutenues par le PS et accompagnées d'occupation de locaux, y ont entraîné des dégradations d'un coût considérable (plusieurs millions d'euros à la SORBONNE) qu'il a bien fallu réparer. Il me semble donc que les élus socialistes ont tout à fait le droit de soutenir les opinions étudiantes opposées à celles du gouvernement, mais ils ont aussi le devoir de protester contre ces déprédations. Sauf erreur ou omission, je n'ai rien entendu de tel dans leur bouche.
On pourrait continuer longtemps l'analyse de ce texte qui me semble bourré de contradictions logiques et d'incohérences doctrinales. Ce discours est connoté (et c'est normal dans le cas présent) mais il ne peut convaincre que les convaincus d'avance car il n'est pas juste, ou plus exactement ajusté.

lundi 3 décembre 2007

Pour une éthique de la communication

Plusieurs de mes billets ont porté sur ce que j'appelle la désinformation, volontaire ou non, que distillent des mass media comme France Info. Il me souvient avoir lu un livre difficile, mais très éclairant, de Jürgen HABERMAS, intitulé Morale & communication. Conscience morale et activité communicationnelle. (Traduction et introduction par Christian BOUCHINDHOMME. "Passages", Collection dirigée par Heinz WISMANN). [Les Éditions du] Cerf, Paris, 1986.)
On ne saurait résumer en un court billet ce que dit le brillant philosophe. Du moins ai-je retenu quelques règles pratiques qui permettent de dire qu'une communication est fondée en morale, ou qui permettent de communiquer d'une manière morale. On peut au moins donner quelques pistes qui aident à trancher ces questions.
Première règle, faire à son interlocuteur le crédit de la bonne foi ; je traduis pour les journalistes : bien séparer le rapport des faits, et des paroles, en accordant à ces dernières une valeur de sincérité, et l'interprétation personnelle de ces faits et de ces paroles, en situant le lieu (idéologique, politique, philosophique) d'où l'on parle.
Deuxième règle, s'accorder sur le sens des mots quand on discute ou que l'on communique ; je traduis pour les journalistes : quand un mot prête à confusion, en donner la définition, et bien mettre des guillemets verbaux quand on rapporte des faits ou des paroles connotés (j'ai donné un bel exemple d'un abus de langage chez France Info, où les journalistes appellent "Thèse officielle" la description de l'accident de Villiers-le-Bel par les autorités par opposition au récit qu'eux-mêmes font de cet accident en fonction de leurs informations et de leurs convictions. Il suffisait de dire : "Les autorités disent que l'accident etc.", et non pas "affirment" ou "prétendent", ni même "déclarent" et éventuellement de rajouter, "par commodité de langage nous parlerons de thèse officielle ou de version officielle".
Troisième règle, laisser parler son interlocuteur jusqu'au bout ; je traduis pour les journalistes : ne pas sélectionner dans un discours ou dans une image, celle qui favorise son propre point de vue (j'ai donné un bel exemple de cette sélection immorale en présentant le témoignage de monsieur Robert WAHICKO, qui sur France 3 affirme que les policiers sont immédiatement intervenus auprès des jeunes victimes en faisant des massages cardiaques, et qui sur France Info, a vu les policiers déplacer la voiture accidentée et quitter très rapidement les lieux.) Selon que l'on sélectionne l'une ou l'autre partie de ce témoignage, on a des avis différents sur l'attitude des policiers ; si on les joint, alors les choses prennent une tout autre signification.
HABERMAS cite un philosophe américain du nom de WHITE : "La vérité morale, dit ce dernier, n'est pas tant de savoir s'il faut faire quelque chose, que le fait que cette chose-là est la seule QUE L'ON PUISSE FAIRE". En somme, ces trois règles mettent à bas les principes des grands maîtres modernes du soupçon qui ont nom MARX, NIETZSCHE et FREUD ; elles sont la marque d'un esprit bienveillant, qui se réclame d'un maître autrement plus lumineux et sublime dans son humanité et qui s'appelait JESUS.