Affichage des articles dont le libellé est Enseignants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Enseignants. Afficher tous les articles

dimanche 30 octobre 2011

Réponse quantitative à un problème qualitatif

-
Monsieur HOLLANDE persiste et signe. Il créera s'il est élu (dit-il)  60.000 postes d'enseignants. Avec cette proposition parfaitement irréaliste et démagogique, et indépendamment du coût de sa réalisation concrète, monsieur HOLLANDE finit de s'attacher, s'il en était besoin un, corps de fonctionnaires formaté (heureusement qu'il y a des rebelles)  par la soi-disant et prétendue République Française (attention, je précise que je suis un fervent défenseur de la démocratie, à condition que c'en soit une ; je dénie ce caractère à la forme actuelle de notre régime et à toutes les formes, encore davantage, que l'opposition entendrait lui donner) pour imposer aux jeunes les valeurs sociales, sociétales et éthiques élaborées dans les cercles très fermés de certaines sociétés de pensée que je ne nommerai pas. Je ne mets pas en doute la bonne foi de dites sociétés, mais leur bon sens, et leur amnésie me semble pathologique. Une bonne question serait pour un historien de l'éducation : comment les comportements des élèves, collégiens, lycéens et étudiants ont-ils évolué et pourquoi ?
-
Il est assez visible, me semble-t-il, que répondre par de la quantité à un problème de qualité revient à tenter de vider la mer avec un coquillage (cette audacieuse entreprise, AUGUSTIN d'HIPPONE la tenta dans un rêve au terme duquel il comprit que comprendre le mystère de Dieu est du même calibre). La société dans laquelle nous vivons et que nous ne cessons de vouloir en reconduisant lors des élections des responsables qui ont la même vision de l'homme, veut des sujets économiques, des consommateurs de loisirs, de plaisirs, de biens et de confort. C'est-à-dire des homme seuls, des individus atomisés, et non point des personnes, des sujets sociaux par excellence. Les incivilités, irrespects, injures de tous genres qui explosent dans les établissements d'enseignement sont le fait de jeunes qui ne sont pas éduqués, qui ne supportent aucune contrainte, pas même celle de la loi, sans parler de la Loi. Et monsieur HOLLANDE feint de croire qu'il suffit de diviser par deux le nombre d'élèves par classe pour relever un tel défit ? Il  est minable dans l'aveu de son impuissance. C'est que la laïcité à la française a évacué de ses préoccupations la question des valeurs, lesquelles ne sont effectivement que "des quantités de QUALITE" (LANZA del VASTO), cadet des soucis de nos politiciens.
-
Il se moque donc du monde, monsieur HOLLANDE. Et ceux qui le soutiennent avec lui. J'ai déjà expliqué la différence entre la sanction et la punition. La sanction met le jeune devant sa propre responsabilité, la punition n'est qu'une vengeance sociale sans portée éducative. Or non seulement il n'y a plus de punitions dans les établissements d'enseignement, mais on ne pense même pas à la sanction. Or, le seul moyen de prévenir le développement d'une société de gangsters, c'est la sanction immédiate de tout comportement qui offense directement (vols à l'arraché, rackets, bagarres, etc.) ou indirectement (dégradation d'équipements publics, trafics de drogue, etc.) l'autre. La solidarité, certes nécessaire et fort utile, réclamée par les responsables politiques n'est exercée, et encore y faut-il la contrainte de l'impôt, que par ceux de nos concitoyens qui ont une idée plus ou moins approximative, mais qui l'ont, de ce qu'est l'autre. Il faudrait éduquer nos jeunes au sens de l'altérité. Ceux à qui manquent l'idée même d'altérité sont très souvent ceux-là mêmes qui bénéficient de la solidarité ou de la mansuétude coupable ou de l'encensement idéologique des responsables, quel que soit leur niveau de responsabilité.
-
Les enseignants que monsieur HOLLANDE recruterait, et s'ils l'étaient, devraient être formés à la philosophie de l'altérité, je dis bien à la philosophie. Le recrutement en serait alors un moindre mal et ce serait même un bien si mission leur était donnée d'éduquer à l'altérité et de sanctionner à la première transgression les comportements offensants pour autrui.
-
C'est tout pour aujourd'hui.
-

vendredi 7 octobre 2011

Ai-je bien compris ?

-
Je n'ai pas suivi le dernier débat (ni le premier, ni le second du reste) entre les candidats aux élections primaires du PS. (Ne trouvez-vous pas que ces élections primaires ont un petit goût américain ? Curieux pour des responsables politiques qui critiquent le capitalisme ou le libéralisme, non ?) Je n'ai fait qu'en lire les compte-rendus. A contre-coeur, je dois le dire, il me faut reparler de monsieur François HOLLANDE, auquel je m'étais promis de ne plus jamais faire allusion.
-
Si le sujet n'était pas aussi grave, il y a aurait de quoi se taper le derrière par terre de rire. Enfin, d'après ce que je crois avoir compris des propositions assez nébuleuses du "favori des sondages". Un  des moyens de créer des postes d'enseignants consisterait, (si j'ai bien compris, j'insiste), à supprimer les redoublements. Il faut avoir de sacrées oeillères pour proposer une telle imbécillité. Dans tel collège du Bas-Rhin, que je ne nommerai pas, le Principal me disait que 20 % des élèves arrivent en sixième sans savoir lire correctement, et ne possèdent que 300 à 400 mots de vocabulaire. Cent cinquante mille jeunes de 16 ans quittent tous les ans le collège sans diplôme et sans qualifications, et sont aiguillés vers des voies sans issues et socialement marquées par la honte et la dévalorisation. Supprimer le redoublement, c'est condamner définitivement l'élève à aller d'échec en échec, à en faire un révolté, un aigri, un malheureux. Mais les statistiques sont sauves. Vive monsieur HOLLANDE !
-
Je me permets se signaler à l'intention du candidat la lecture du rapport publié par l'Institut pour la Promotion du Lien Social sur la prise en charge des élèves en difficulté (siège STRASBOURG) ; j'ai été le Président de cet Institut pendant 3 ans et c'est pendant mon mandat que cette enquête, conduite par une armée nombreuse de bénévoles, a été réalisée. Nous avons analysé plus d'une centaine de réponses à des entretiens faits auprès des principaux, des conseillers principaux d'éducation, des assistantes sociales, des infirmières scolaires, des conseillers d'orientation psychologues, des professeurs principaux. Chaque entretien a duré entre une heure trente et deux heures et a fait l'objet d'une retranscription soigneuse avant analyse de contenu. La lecture de ce rapport est éclairante, je dirai même édifiante.
-
Il faut quand même savoir que dans tel autre collège de la banlieue de STRASBOURG, un professeur principal nous confiait que, sur une heure de cours théorique, il arrivait à enseigner pendant dix minutes au plus, et qu'un jour un élève lui a dit : "monsieur, vous pouvez dire ce que vous voulez, on s'en fout". La vérité est qu'on ne peut pas faire boire des ânes qui n'ont pas soif, et que l'institution de l'Education dite Nationale navigue à l'aveugle, complètement dépassée par l'ampleur des phénomènes sociaux qui bouleversent notre pays en particulier et les pays développés en général. Elle ne parvient pas à susciter l'intérêt du plus grand nombre. Et ce n'est pas seulement une question de méthode. Lui coller la responsabilité de cet échec est certainement injuste ; la crise est une crise de système. Le courage politique consiste à la regarder en face et à en tirer les conséquences pratiques : critique perpétuelle de l'autorité, absence d'inculturation d'un nombre croissant d'enfants d'origine étrangère, chômage des parents, développement de trafics en tout genre dont le rendement est plus juteux que celui d'un travail honnête, culte de la facilité et du plaisir promu par les médias, par la publicité, matérialisme total des doctrines politiques qui se disputent âprement le pouvoir, etc. 
-
Prétendre créer 60.000 postes d'enseignants en 5 ans, pour faire face au problème, est une imbécillité de plus à mettre au compte déjà chargé du candidat à la candidature. Je ne parle même pas du coût insensé de cette mesure. Il me semblerait bien utile que l'administration de l'Education Nationale commence par faire ménage et fasse un recensement exact de son personnel. Or, présentement, personne, je dis bien personne, n'est en mesure de dire combien il y a d'enseignants titulaires, stagiaires, contractuels, en congé maladie, remplaçants. Il conviendrait ensuite de dresser la liste des enseignants qui, pour diverses raisons, dont certaines très valables, n'enseignent pas   et sont payés par l'Education Nationale. C'est bien joli d'épingler Luc FERRY qui, professeur des universités, n'a pas donné de cours tout en continuant de percevoir son salaire. Mais allons plus loin : combien d'enseignants ont des décharges dites "syndicales" ? Combien d'enseignants titulaires académiques (remplaçants) ne remplacent pas, car il n'y a personne à remplacer ? Combien de professeurs de disciplines rares (souvent des langues étrangères) n'enseignent pas faute d'auditeurs ? Une mesure utile ne consisterait-elle pas à former des professeurs bivalents (il en existait il y a quelques années ; j'en connais un, un ami alsacien, qui enseigne les mathématiques et l'éducation physique) ? Une autre enquête à conduire : déterminer avec précision le nombre de jeunes titulaires d'un CAPES ou d'une agrégation qui, dégoûtés des conditions dans lesquelles on les fait enseigner, dépourvus de tous moyens de coercition et de sanction, démissionnent de leur poste au bout de deux ou trois mois (j'en connais) ? Est-il normal de nommer d'emblée les plus jeunes professeurs, sans expérience ou peu expérimentés, dans des Collèges ou des Lycées réputés "difficiles" ? Ce sont là de vraies questions.
-
Lors des dernières années de ma carrière, mon Doyen m'a demandé d'enseigner la biologie cellulaire en première année des études pharmaceutiques. Ce n'était pas ma discipline, j'étais agrégé de virologie, mais faire de la virologie sans connaître un minimum (c'est peu dire) de biologie cellulaire est impossible. Mon Doyen avait raison. Une semblable aventure m'est arrivée à mes tout débuts : on m'a chargé de l'enseignement de mycologie (micromycètes), discipline qui m'était parfaitement inconnue. Il a bien fallu que j'apprenne. Je dois dire que ce fut difficile. C'était même une corvée. Je m'en suis acquitté du mieux que j'ai pu jusqu'à l'arrivée dans notre faculté d'un spécialiste très qualifié.
-
Monsieur HOLLANDE veut recruter 60.000 enseignants ? Sur 5 ans ? Encore faudrait-il qu'il ait des candidats (le métier est de moins en moins attrayant) et des candidats compétents. Bien sûr on peut arriver par des mesures incitatives à avoir ce nombre de postulants. S'assurer de leur compétence est une autre affaire quand on voit le nombre de candidats recalés au CAPES ou à l'agrégation dans la forme actuelle des concours.
-
Enfin, croire qu'un professeur qui ne peut tenir une classe de 30 élèves, tiendra fermement en main une classe qui en fait 25 est une imposture. En outre, un simple calcul indique que le temps dégagé par cette diminution des effectifs est de 18 %. Sur une classe de 30 élèves et pour une heure, un professeur peut théoriquement consacrer 2 minutes à chacun de ses auditeurs. S'ils sont 25, cela lui donne 20 secondes de plus à consacrer à chacune de nos têtes blondes ou brunes. Il y a un intérêt évident à augmenter le nombre de professeurs, mais ce n'est pas celui des enfants, c'est le leur, car 18 % de temps en moins pour les corrections des devoirs et des compositions, ça fait du temps en plus pour regarder la téloche, siroter un apéro, ou lire un bon roman. (Que l'on prenne cette remarque avec recul ; elle est faite cum grano salis !)
-
Nostalgie du bon vieux temps des hussards noirs ? Pas du tout. Car il y  avait un souffle, une générosité, du dévouement dans cette entreprise. On peut en contester certains aspects (et je les conteste, mais seulement les aspects négatifs). Ces candidats-là se moquent de nous. Je préférais l'idée de Ségolène ROYAL. Faire raccompagner en leur domicile des policières par des policiers, c'est tout de même plus sexy.
-

dimanche 11 septembre 2011

Mise au point

-
J'ai omis de mentionner à mes lecteurs que je m'absentais pendant deux jours. Je doute qu'ils aient été déçus de ne  pouvoir lire mes billets. Mais enfin peut-être que j'ai quelques fans parmi eux. Alors à ceux-là, je présente mes excuses.
-
Je voudrais faire ici une mise au point. Un très proche que j'avais l'autre jour au téléphone m'accusait de partialité, d'être sur des rails, brefs d'être étroit d'esprit. J'ai pour lui suffisamment d'affection pour ne pas m'offusquer de son opinion. Elle est brutale. Mais je l'accepte. Toutefois je voudrais rappeler ici que je m'efforce autant qu'il est possible de partir de fait que chacun peut contrôler  : un article, une dépêche d'agence, un livre, des statistiques, et que par ailleurs je m'efforce d'argumenter. Quand je dis et maintiens que le PS n'a strictement aucune proposition crédible pour satisfaire les exigences de sa clientèle, je précise que les dites exigences sont triples : gagner plus, travailler moins, et être totalement protégé (soi et sa famille) par un état tutélaire et de ce fait nécessairement totalitaire sinon dans son esprit, du moins dans ses méthodes : il est aidé dans cette tâche par le développement des moyens informatiques, des caméras, des radars, des fichiers, des contrôles de toutes sortes. Je vais développer. Et je vais prendre celui de la fonction publique et plus exactement des enseignants. Je parlerai ensuite de la solidarité.
-
La proposition de madame AUBRY, recruter 300.000 fonctionnaires en 5 ans (si j'en crois ce que j'ai lu et entendu, mais je n'ose vraiment y accorder crédit), est d'une rare folie. Oui, je n'ose croire qu'elle pense ce qu'elle dit ou même qu'elle l'a dit. Je passe par pertes et profits ce qui me semble anecdotique et peut-être faux. Réaliste et plus responsable, Manuel VALLS propose d'établir un moratoire sur la suppression des postes d'enseignants. Il ne parle pas des autres fonctionnaires. Monsieur HOLLANDE entend recruter entre 60.000 et 70.000 enseignants en cinq ans, alors que nous sommes revenus au même niveau d'effectif d'enseignants qu'il y a 30 ans et que les effectifs d'enseignés ont baissé de 50.000 ou 60.000 élèves ou lycéens ; c'est est irresponsable, et de plus irréalisable, car il n'y aurait pas suffisamment de candidats. (L'inénarrable Luc CHATEL, l'introducteur officiel de la théorie du genre dans les sciences de la vie ! a employé ces mots...) Si monsieur HOLLANDE voulait réformer l'éducation nationale, il commencerait par modifier le système d'affectation des nouveaux professeurs, titulaires de l'agrégation ou du CAPES, ou de tout autre diplôme ouvrant la carrière d'enseignant. Telle jeune femme de ma connaissance qui habite POITIERS se voit affecter en région parisienne, dans un établissement qui sans être infernal n'en est pas moins sensible. Elle n'a été prévenue, en tant que titulaire académique, que deux jours APRES la rentrée, (tout ça parce qu'il faut bien mettre des professeurs dans les établissements difficiles, et que la règle de l'ancienneté passe avant celle de l'expérience : les postes les plus faciles sont affectés aux plus anciens, bénéficiaires de "points" dont l'attribution se fait selon une règle extrêmement syndicale, passablement opaque, et sur des bases qui demanderaient à être examinées avec un peu plus de sérieux. Ce calcul ressemble un peu à celui de l'âge du capitaine.) Cette jeune femme devait commencer ses cours le lendemain de l'annonce de son affectation. Commencer est un mot faible : six heures dans la journée ! Comment se loger ? Quel mode de transport ? A quel prix ? Si elle n'avait pas eu à ses côtés quelques personnes secourables, je ne sais comment elle aurait trouver en moins de 24 heures des solutions à ces problèmes. C'est un exemple. Il y en a hélas des milliers. Les responsables des affectations ne semblent pas trop se poser ces questions. Ils gèrent des postes et non des personnes, selon des critères strictement comptables. Ils ne peuvent faire autrement me direz-vous ? Mais si, ils le pourraient si l'on changeait un peu les données du problème : sanctionner les trublions à la première incartade (cf. les analyses du père PETITCLERC, et mon billet "sanctionner ou punir") ce qui ne ferait plus fuir les professeurs les mieux dotés en points et les fixerait au moins pour un temps dans ces établissements délicats, instaurer des classes de niveaux, restreindre les cours à l'apprentissage intensif de la langue française pour les jeunes qui ne la possèdent pas suffisamment. Donner de l'air aux responsables des établissements. Que signifie un programme national quand dans certaines classes, 80 % des élèves ont un vocabulaire restreint à 400 mots ? Les principaux, les proviseurs ont alors recours à des trésors d'ingéniosité pour trouver un peu de jeu dans le carcan réglementaire. J'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreux chefs d'établissement en Alsace. J'ai été rempli d'admiration pour leur compétence et leur dévouement. Toutes ces qualités sont gâchées, dilapidées, ignorées par des mesures mesquines, des circulaires inapplicables, des pressions politiques et syndicales de tous ordres et de toutes origines. Le totalitarisme est inscrit dans le mode de gestion des carrières, dans le mode d'évaluation des enseignants (ah ! les inspections !), dans le mode de recrutement. Et très honnêtement, devant la réticence des enseignants titulaires à être le tuteur d'un jeune qui vient d'être nommé (réticence incompréhensible ; car est-il plus belle mission que celle de transmettre autant qu'il est possible un savoir-faire, une expérience ?), je pense qu'il faut réintroduire une année de formation. Ce fut une erreur de la supprimer. Mais si c'est pour apprendre aux futurs enseignants que le nom scientifique du ballon est celui de "référentiel bondissant" (sic), alors il faut trouver autre chose.
-
Il faut bien comprendre que plus l'Etat intervient dans la vie des personnes, et plus il est obligé de contrôler. Son pouvoir d'intervention est directement proportionnel à sa propension totalitaire. C'est la tentation de la solidarité "politique". Mais, me direz-vous, vous êtes contradictoires : il y a deux jours vous trouviez anormal qu'il y ait 8 millions de français vivant au- dessous du seuil de pauvreté ? Et maintenant vous semblez dire le contraire. Que nenni. Si au lieu de nous pomper des impôts de toutes sortes, on nous obligeait à verser, à la source, un pourcentage de nos revenus  à une organisation de solidarité de notre choix (il suffirait de signaler à l'organisme payeur le nom de l'organisme), on supprimerait toutes les superstructures intermédiaires chargées de collecter l'impôt, de contrôler, et de sanctionner parfois à tort : plus de bâtiments pour les héberger, plus de fonctionnaires affectés à  ces services, plus de dépenses de chauffages, d'entretien, d'investissements, et des dizaines d'emplois créés par ces associations de solidarité. Il suffirait simplement d'un agrément de l'Etat sur un contrat d'objectif, et un contrôle a posteriori des résultats. Je ne crois pas que le fait d'être un organisme privé, ou associatif ou public introduise de grandes différences dans la prise en charge de la solidarité... J'ai même la certitude expérimentale du contraire.
-
Bref, il faut mieux articuler la relation des personnes à la société. Conduire une politique qui consiste à répondre à tous les désirs des individus (je dis bien individu), c'est arriver à l'extrême individualisme de la société française, et c'est bien le discours officiel de la gauche, d'une partie de la droite. Nicolas SARKOZY a eu le courage de s'attaquer à ces féodalités idéologiques. Il l'a fait parfois maladroitement. Mais il a tenté de faire bouger notre vieux pays. Or une féodalité blessée est une féodalité tueuse. Voilà une analyse que je crois juste. Voilà ce qui me semble bon. Ce n'est pas avec papa FREUD, papa MARX, la lutte des classes, l'envie (pour la gauche), l'égoïsme (pour la droite) qu'on se sortira du guêpier dans lequel nous ont fourrés trente ans de laisser-faire, de démagogie ou d'imprévoyance, et par-dessus tout d'absence d'esprit (au sens où il s'oppose à la matière).
-
Et puis zut ! Je ne suis pas sûr d'avoir fait une mise au point. Au moins, me suis-je déchargé la bile.

vendredi 10 septembre 2010

A mes amis enseignants

-
Vous avez massivement fait la grève pour protester contre la suppression de postes (ce qui me paraît contestable) et contre cette mesure parfaitement idiote qui consiste à priver nos enfants et nos adolescents de la connaissance approfondie de leur histoire nationale, pour les ouvrir prétendument à d'autres histoires, ce qui est très bien et que je soujtiens. Je persiste à croire qu'il eût été de beaucoup préférable d'instaurer une discipline particulière, intitulée par exemple "Histoires et cultures du monde".
-
Nombre d'entre vous se réclament de la "gauche", et défendent les valeurs de la république et la laïcité. Mais puisque vous aimez l'histoire, je voudrais vous rappeler - en relisant TAINE et notamment la troisième partie de son magistral ouvrage Les origine des la France contemporaine, en son livre sixième, chapitre III, section V - comment il a fallu violer les consciences et obliger les parents qui ne pouvaient payer les frais d'écolage des écoles libre (bien que des milliers de donateurs, en des dizaines de villes et villages aient contribué à ce que celles-ci accueillent les enfants et les adolescents dans des conditions financières acceptables) à subir la pression des intolérants au pouvoir.
-
TAINE nous apprend que, dès l'instauration de l'école laïque, gratuite et obligatoire, l'état jacobin et anticatholique a investi 531 millions de francs or dans le lancement d'un pseudo-journal (dont je vous donnerai le titre dans quelques instants ; en fait c'est une image), l'a entretenu à raison de 131 millions de francs annuels), a imposé à 6 millions d'enfants d'être abonné à ce journal, de le lire tous les jours, dimanche exceptés, et de le lire six heures par jour. La gazette dont parle TAINE, en utilisant un titre symbolique pour la désigner c'est, on l'aura compris, le Journal laïque, obligatoire et gratuit pour les enfants de six à treize ans. TAINE veut dire par là que cette école n'était, n'est et ne sera jamais que le porte-voix d'une idéologie que 20 % des parents français, à l'époque de l'instauration de cette école, comme aujourd'hui, persistent à bouder.
-
"Par ces 115.000 agents [nombre des instituteurs à l'époque], représentants et porte-voix, la Raison laïque qui siège à PARIS, parle jusque dans les moindres et plus lointains villages ; c'est la raison telle que nos gouvernants la définissent, avec le tour, les limitations et les préjugés dont ils ont besoin, petite-fille myope et domestiquée de l'autre, la formidable, l'aïeule brutale et forcenée qui, en 1793 et 1794, trône sous le même nom et à la même place. Avec moins de violence et de maladresse, mais en vertu du même instinct et avec le même parti pris, celle-ci exerce la même propagande ; elle aussi, veut s'emparer des générations nouvelles, et, par ses programmes, ses manuels, ses esquisses et ses résumés de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire, par ses aperçus des choses récentes ou contemporaines, par ses formules et ses suggestions à l'endroit des choses morales, sociales et politiques, c'est elle-même, elle seule, qu'elle prêche et qu'elle glorifie."
-
L'analyse est d'une pertinence éblouissante. Vous avez raison, chers collègues, de résister à des changements de programme qui n'ont d'autres buts que de nous faire avaler la disparition de la patrie, et l'abolition du sentiment patriotique. La France et les grandeurs et petitesses des Louis XIV et des Napoléon Ier, méritent mieux que ce coup de balai dédaigneux, à condition toutefois de ne pas mentir et de nous rappeler, par exemple, que Napoléon BONAPARTE a donné l'exemple du plus parfait totalitarisme en déclarant le 11 mars 1806 devant le Conseil d'Etat : "Dans l'établissement d'un corps enseignant, mon but est d'avoir un moyen de diriger les opinions politiques et morales". Voilà qui est fait, et bien fait ! Ne tombez pas dans le panneau. Restez libres et intellectuellement probes. Et surtout, informez-vous.
-
PS : J'expliquerai un peu plus tard à mon ami Louis, pourquoi on a eu raison de marteler le nom de ce tyran sur la mire du Sud que chacun peut admirer dans le Parc Montsouris, côté du boulevard Jourdan, partie Ouest. Je lui expliquerai aussi pourquoi JAURES détestait TAINE qui était sa mauvaise conscience et qu'il n'a pas pu éviter d'évoquer dans son célèbre discours sur l'école laïque. J'ajouterai, en guise de préliminaire, que croire en Dieu ou ne pas y croire, dans tous les cas, c'est une croyance.
-
-

dimanche 15 février 2009

Exemplarité de la vertu

Je crois à la vertu de l'exemple et à l'exemplarité de la vertu.
Les enseignants du primaire et du secondaire se plaignent des comportements des élèves ? Eh bien, je leur dirais ceci :
Il me paraît très difficile de réclamer l'obéissance quand soi-même on désobéit ouvertement à son ministre de tutelle. L'exemple de cet enseignant qui lance un mouvement de désobéissance aux recommandations concernant les programmes du primaire est parfaitement significatif de la confusion qui règne entre les exigences de sa conscience et celles de son ego.
Il me paraît très difficile de demander la ponctualité aux élèves quand soi-même on arrive en cours quand la cloche a déjà sonné.
Il me paraît très difficile de réclamer le respect de la chose écrite, quand soi-même avec d'autres on brûle sur la place publique le livre que le ministre de l'éducation nationale envoie aux enseignants. C'est bien le sort que des instituteurs et professeurs syndiqués ont réservé au livre à eux envoyé par Luc FERRY du temps qu'il était ministre.
Il me paraît très difficile de réclamer un comportement respectueux en classe, quand soi-même on défile en portant des banderoles, en s'affublant de masques à l'image de son ministre de tutelle, en hurlant des slogans hostiles à son encontre ou en tapant comme un sourd sur des bidons métalliques.
Aucun moyen supplémentaire en effectifs, en argent, en bâtiment, en équipement, ne saurait compenser les ravages que créent dans l'esprit des enfants et des adolescents ces comportements inciviques. Quand on prétend éduquer les enfants de la nation, il me paraît nécessaire d'avoir un comportement d'éducateur et non d'enfant capricieux.
Car la société est à l'image de ceux qui sont chargés de lui donner ses impulsions. Et dans le déclenchement de ce mouvement, les enseignants sont au premier rang. Métier superbe et exigeant que celui d'enseignant. Et il n'y a pas de différence entre un instituteur et un professeur des Universités. Tous logés à la même enseigne ; ils se doivent de donner l'exemple de la vertu civique. On en est loin.

jeudi 10 avril 2008

Braves, mais pas téméraires !

Les enseignants ont fait grève le 24 janvier dernier. Ce fut aux dires des syndicats un immense succès, au dire du ministre un mouvement assez suivi, aux dires des grévistes eux-mêmes, un mouvement anémique. Expliquons-nous
Tout d'abord quelques faits.
Le 24 janvier est un jour de grève dans la fonction publique. Nombre d'enseignants semblent concernés. Le soir, Xavier DARCOS, invité du Journal télévisé de 20h sur France 2, est confronté au traditionnel écart dans les évaluations : le gouvernement annonce 34% de grévistes dans l’éducation, dont 38.5% dans le primaire, et 35% dans le secondaire. Les responsables syndicaux, jubilants, annoncent eux un pourcentage de 53% dans le primaire et de 55% dans le secondaire.
Monsieur DARCOS prend alors l'engagement de donner "à l’unité près" le nombre de professeurs grévistes. La chose est simple à faire : il s'agit de dénombrer ceux des enseignants à qui l'on retirera un jour de salaire en raison de leur déclaration (obligatoire) de statut de gréviste. Après deux mois de calculs et cogitations diverses, le chiffre tombe.
Dans le primaire, les syndicats annonçaient 53% de grévistes, le ministère donnait un pourcentage de 38.5 %. Le chiffre réel est de 28% (deux fois moins que le pourcentage annoncé par les syndicats).
Dans les collèges et les lycées, le pourcentage syndical est de 55%, le pourcentage ministériel est de 35 %, le pourcentage réel est de 21% (plus de deux fois moins que le chiffre des syndicats).

Ces chiffres « réels » ont été obtenus de façon simplissime. Sont dénombrés comme grévistes les enseignants, qui, en tant que grévistes effectifs, doivent le déclarer à leur employeur. Celui-ci retire ensuite un jour de salaire. Le chiffre réel correspond donc à celui des enseignants auxquels un jour de traitement a été supprimé pour cause de grève. Cette économie salariale se monte à 13.487.080 euros qui serviront à financer le service minimum d’accueil que l’Éducation nationale s’est engagée à reverser aux communes qui le souhaitaient.
On suppose que les professeurs sont honnêtes et qu’ils effectuent leurs déclarations en bonne et due forme quand ils veulent être comptés comme grévistes (ne pas le faire est une contravention au droit du travail). On suppose aussi que les chefs d’établissements et l’administration ont fait leur travail avec rigueur et ont transmis les chiffres réels, tous les chiffres réels, à leur hiérarchie. La seule explication d'un pourcentage de grévistes effectifs supérieur, c’est un comportement malhonnête, tel l'absence de déclaration de son statut de grévistes, ou une sous-évaluation de ses jours de grèves déclarés.
A mon avis, les grévistes effectifs étaient plus nombreux que les grévistes réels, et moins nombreux que les grévistes "syndicaux". Que voulez-vous, en ces temps ou l'on crie pour avoir plus de pouvoir d'achat, on est brave mais pas téméraire.
Je dois à un article d'Emmanuel DAVIDENKOFF (site de France Info) ces précisions. Il ne m'en voudra pas je l'espère de m'être servi de ses données et, en partie, de son argumentation.
PS : je reviendrai demain sur le TIBET. Si je parle aujourd'hui de grève des enseignants, c'est qu'il y a un mouvement de ce type qui en traverse le corps en ce moment.

lundi 22 octobre 2007

Honte à eux

Ils se croient malins, les syndiqués du SNES, du SNETAA-EIL, les enseignants du Lycée Buffon et ceux du lycée où enseignait monsieur DARCOS, le ministre de l'Education Nationale, et tous les autres, tous les tutti quanti qui se drappent dans une dignité indignée. Ils font de la résistance, disent-ils. Ils ne liront pas aujourd'hui la lettre de Guy MÔQUET à leurs élèves. Il y a dans cette attitude, un aveuglement, un parti-pris, une bêtise crasse qu'aucun esprit intègre et probe ne peut supporter. C'est eux qui instrumentalisent la Résistance en utilisant le mot pour qualifier leur attitude, et en refusant de porter à la connaissance des jeunes générations la lettre admirable de ce jeune communiste. Ce n'est pas une manifestation de résistance qu'ils font, c'est une manifestation d'opposition au Président SARKOZY, régulièrement élu que je sache, une sorte de revanche basse contre le verdict des urnes. En les considérant, j'ai presque envie de donner raison à NIETZSCHE et à sa thèse du ressentiment, et pourtant, il n'est pas ma tasse de thé, ce NIETZSCHE, mort fou (René GIRARD explique très bien que sa folie avait pour partie son origine dans le rapport imaginaire et fanatique que le philosophe entretenait avec WAGNER ; elle avait aussi pour cause les complications de la syphilis que'il avait contractée en France semble-t-il). Il exaltait la force comme expression de la vie, et prétendait que le ressentiment (qu'il faut bien comprendre comme un concept philosophique spécifique) était l'expression d'une faiblesse constitutive, d'une incapacité à vivre. Je n'irai pas jusque là, bien sûr, mais j'enrage de cette faiblesse du coeur et de l'intelligence.
Guy MÔQUET appartient à la France, pas à la gauche, et encore moins aux communistes qui, je le redis, étaient encore les alliés d'HITLER en 1940, et jusquau 21 juin 1941, date de l'invasion de l'URSS par les nazis, et rupture du pacte germano-soviétique, alors que Guy, ardent patriote, avait commencé, lui, de résister bien avant. Je sais bien que c'est une vérité qui dérange, comme est dérangeante la vérité qui veut que ce soit une chambre de gauche qui ait voté les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN. Mais les faits sont têtus, et, retenez bien cela, le propre du réel est d'être rugueux.
Les abstentionistes font une mauvaise action. Ils manifestent leur étroitesse d'esprit, et qui plus est, par leur désobéissance, qui ne sera pas sanctionnée, un incivisme notoire. Ils ne faut pas qu'ils s'étonnent si leurs élèves rentrent en résistance eux aussi pendant leurs cours, et les chahutent au motif que leurs têtes ne leur reviennent pas. Honte à eux, définitivement. Ce n'est pas ainsi qu'on relève un pays mal en point, d'autant qu'il leur était possible après la lecture de la lettre incriminée, de replacer les événements dans leur contexte, et de souligner que c'est leur qualité de communistes qui avait entraîné la condamnation à mort par l'occupant des "fusillés de Chateaubriant". Belle occasion ratée par ceux qui se réclament de ce mouvement ou de mouvements voisins, que de ne pas expliquer à leurs élèves, le sacrifice de ces patriotes.