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vendredi 30 décembre 2016

29 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance. Physiopathologie du jacobinisme français.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !

Je sais ; il y a beaucoup à lire, mais je suis obligé de faire relâche jusqu'au 2 janvier inclus. Vous avez donc de quoi faire jusqu'à mardi matin !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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(a) "Au fond, le jacobin est un sectaire, propagateur de sa foi, hostile à le foi des autres. Au lieu d’admettre que les conceptions du monde sont diverses et de se réjouir qu’il y en ait plusieurs, chacune adaptée au groupe humain qui le professe et nécessaire à ses fidèles pour les aider à vivre, il n’en admet qu’une, la sienne, et se sert du pouvoir pour lui conquérir des adhérents. Lui aussi, il a ses dogmes, son catéchisme, ses formules impératives, et il les impose."
In
Hippolyte TAINE.
Les Origines de la France contemporaine. Section Le régime moderne. [Publié en 1884.]
Collection "Bouquins"
Robert Laffont, Paris, 1986, p. 767.

(b) "[…]. La société où il y a des hommes dont il faut individuellement garantir les droits est aussi celle dont le modèle dominant d’organisation tend partout à supposer et à créer des êtres anonymes et interchangeables, dont les caractéristiques personnelles sont autant que possible mises hors circuit ou tenues a priori pour indifférentes. L’une des contradictions majeures de notre culture, qui explique la frustration majeure ressentie par les individus dans une société qui pourtant leur laisse une latitude sans précédent historique : d’un côté, la reconnaissance subjective, le sentiment du moi érigé en valeur éminemment respectable ; et de l’autre côté, non pas le viol de cette subjectivité, mais son contournement, sa mise hors jeu dans la logique d’un schème d’organisation conçu pour ne s’appliquer qu’à des individualités abstraites ― qu’à n’importe qui. Ici encore, on l’aperçoit clairement : par lui-même, le respect le plus scrupuleux des droits de l’homme et de la personne ne règle rien des problèmes de l’homme et du statut de la personne dans cette société."
In
Marcel GAUCHET.
La démocratie contre elle-même. (Collection "Tel", N°317.)
Gallimard, Paris, 2002, p. 22.

(c) "C’est pourquoi LEIBNITZ disait que « tout système est vrai en ce qu’il affirme et faux en ce qu’il nie », c’est-à-dire qu’il contient une part de vérité proportionnelle à ce qu’il admet de réalité positive, et une part d’erreur correspondant à ce qu’il exclut de cette même réalité ; mais il convient d’ajouter que c’est justement le côté négatif ou limitatif qui constitue proprement le « système » comme tel."
In
René GUÉNON.
Le règne de la quantité et les signes des temps. (Collection "Tradition".) Édition définitive établie sous l’égide de la Fondation René Guénon.
Gallimard, Paris, 2015, p.86.

(d) "[…] : à mesure que s’affaiblissent les limitations morales, que disparaissent les affiliations collectives, que sont ruinés les grands systèmes de croyance, que le lien social se défait, la « sanction pénale » apparaît comme la dernière régulation possible. Elle tend donc mécaniquement à se renforcer et s’alourdir. Plus une société est atomisée, plus elle devient répressive. Tel est le paradoxe auquel sont confrontées la plupart des démocraties modernes."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
Le principe d’humanité.
Éditions du Seuil, Paris, 2001, p. 210.

(e) "En suivant cette ligne de pensée on serait amené à reconnaître que l’individu lui-même, en quelque pays que ce soit, se trouve non seulement dépendant, mais encore dans un très grand nombre de cas, contraint d’accomplir des actes que sa conscience réprouve. (Il suffit de penser à la conscription et à ses conséquences pour s’en rendre compte.) Tout ce qu’on peut dire, c’est que, dans un pays qui reconnaît ce qu’on appelle d’une façon très générale les droits de la personne humaine, un certain nombre de garanties subsistent ; mais il faut ajouter aussitôt que ces garanties sont de moins en moins nombreuses, et qu’à moins d’un renversement actuellement bien improbable du cours des choses, elles sont appelées à se réduire de plus en plus. Il est donc contraire à la réalité d’admettre que les hommes, dans ce que nous appelons grosso modo des pays demeurés libres, jouissent encore, je ne dis pas seulement d’une indépendance absolue, qui est certainement inconcevable, sauf pour de anarchistes doctrinaires, mais même du pouvoir de mettre leur conduite en accord avec les exigences de leur conscience."
In
Gabriel MARCEL.
Les hommes contre l’humain.
La Colombe, Éditions du Vieux Colombier, Paris, 1951, p. 19.
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2. COMMENTAIRES.
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Je vais vous demander de faire un petit devoir de vacances et de trouver vous-même le fil rouge qui traverse ces cinq citations. Elles ont toutes trait à l’esclavage dans lequel les pays qui se disent démocratiques réduisent les citoyens.
TAINE définit magistralement le jacobinisme français dont l’actuel gouvernement est la ridicule caricature (la répartition autoritaire des « migrants » dans des villes, villages et bourgs, que les habitants l’acceptent ou la refuse) en est l’exemple le plus démonstratif. Ce qui le caractérise, c'est la haine du christianisme.
GAUCHET (apportant à cet égard de l’eau au moulin de Marc WEINSTEIN) montre que la démocratie est totalitaire en ce sens qu’elle court-circuite indécemment la subjectivité sociale.
GUÉNON, sans le dire, et en citant LEIBNITZ, montre la faille béante de notre jacobinisme, parfaitement illustrée par l’affaire de la crèche de PARAY-LE-MONIAL : l’esprit de système qui le caractérise consiste à nier une réalité, celle de la religion.
GUILLEBAUD (comme d’autres auteurs du reste) montre comment l’affaiblissement du sens moral, et l’assassinat de la subjectivité quand elle se manifeste dans l’espace public (la subjectivité sociale) ne peut conduire qu’à la répression.
Gabriel MARCEL, enfin, achève de démontrer (mais TOCQUEVILLE l’avait prédit avant lui) que, dans nos démocraties, (démocratiques en paroles mais totalitaires dans leurs actes), sous couvert de la liberté individuelle formelle, mettent au ban de la société les hommes de chair, les hommes qui pensent et qui tentent de faire entendre leur voix dans la cacophonie médiatique, politique et économique.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Article fort bien fait sur la diplomatie russe.

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Encore un effort Manu !



Mais il a fait voter des lois sur l'avortement comme droit fondamental. Allez comprendre !

mardi 27 décembre 2016

26 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance. Najat ne voit pas ce qu'on peut reprocher au Gouvernement !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Ainsi s’achève en France l’entreprise française de l’éducation par l’État. Quand une affaire ne reste pas aux mains des intéressés et qu’un tiers, dont l’intérêt est différent, s’en saisit, elle ne peut aboutir à bien : tôt ou tard, son défaut original se manifeste, et par des effets inattendus. Ici, l’effet principal et final  est la disconvenance croissante de l’éducation et de la vie. Aux trois étages de l’instruction, pour l’enfance, l’adolescence et la jeunesse, la préparation théorique et scolaire sur des bancs, par des livres, s’est prolongée et surchargée, en vue de l’examen, du grade, du diplôme et du brevet, en vue de cela seulement, et par les pires moyens, par l’application d’un régime antinaturel et antisocial, par le retard excessif de l’apprentissage pratique, par l’internat, par l’entraînement artificiel et le remplissage mécanique, par le surmenage, sans considération du temps qui suivra, de l’âge adulte et des offices virils que l’homme fait exercera, abstraction faite du monde réel où tout à l’heure le jeune homme va tomber, de la société ambiante à laquelle il faut l’adapter ou le résigner d’avance, du conflit humain où, pour se défendre et tenir debout, il doit être, au préalable, équipé, armé, exercé, endurci. Cet équipement indispensable, cette acquisition plus importante que toutes les autres, cette solidité du bon sens, de la volonté et des nerfs, nos écoles ne la lui procurent pas. […]. Quelquefois, avec ses intimes, aigris et fourbus comme lui, il est tenté de nous dire : « Par votre éducation, vous nous avez induits à croire que le monde est fait d’une certaine façon ; vous nous avez trompés ; il est bien plus laid, plus plat, plus sale, plus triste et plus dur, au moins pour notre sensibilité et notre imagination ; vous les jugez surexcitées, et détraquées ; mais, si elles sont telles, c’est par votre faute. C’est pourquoi nous maudissons et bafouons votre monde tout entier, et nous rejetons vos prétendues vérités qui, pour nous, sont des mensonges, y compris ces vérités élémentaires et primordiales que vous déclarez évidentes pour le sens commun, et sur lesquelles vous fondez vos lois, vos institutions, votre société, votre philosophie, vos sciences et vos arts. » — Et voilà ce que la jeunesse contemporaine, par ses goûts, ses opinions, ses velléités dans les lettres, dans les arts et dans la vie, nous dit tout haut depuis quinze ans."
In
Hippolyte TAINE.
Les Origines de la France contemporaine. Section Le régime moderne. [Publié en 1884.]
Collection "Bouquins"
Robert Laffont, Paris, 1986, p. 770.
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2. COMMENTAIRES.
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Ce constat n’a pas pris une ride. Il faut le culot de la Carnassière pour ne pas voir l’aggravation d’une situation inaugurée par la volonté des prétendus défenseurs de la Liberté, de l’instauration d’une éducation obligatoire (c’est bien), gratuite (c’est très bien, mais sous l’Ancien Régime, cela existait avec le système des petites écoles pour l’enseignement élémentaire), et laïque ; là, en réalité était la motivation profonde des initiateurs de ce système complètement déconnecté du réel, mais très étroitement connecté à une idéologie qui, partout où elle a été mise en pratique a eu deux résultats : (a) faire émerger une oligarchie qui a tout intérêt personnel à faire durer le système ; (b) plonger dans l’inculture de l’absurdité (le manque de sens) notre Peuple, ce Peuple (60 % des Français font partie des classes dites « populaires » : ouvrier, artisans, petits commerçants, agriculteurs) que je trouve formidable, et dont je me sens plus proche que je ne me sens proche d’un Emmanuel MACRON ou d’un Manuel VALLS.
Savez-vous ce qu’elle a osé dire la Carnassière, la championne de la langue de bois (selon l’aveu même de monsieur HOLLANDE) ? Non ? Eh bien allez lire l’article dont le lien figure ci-dessous


Il y 150 000 jeunes qui sortent tous les ans du système scolaire sans aucune qualification, mais elle ne voit pas ce qu’on peut reprocher au Gouvernement !
Il y a des dizaines de milliers de diplômés universitaires qui sont au chômage, mais elle ne voit pas ce qu’on peut reprocher au Gouvernement ! (Enfin, pour le chômage, elle l’admet).
Il y a des milliers de jeunes dépendants de la drogue, mais elle ne voit pas ce qu’on peut reprocher au Gouvernement.
Oh, certes, ce Gouvernement nous protège contre nous-mêmes : obligation d’avoir des détecteurs de fumée dans sa maison, obligation faite au conducteur de motos de porter non seulement un casque homologué (l’homologation changeant périodiquement) mais encore des gants, obligation faite aux enfants de moins de dix qui font de la bicyclette de porter un casque, obligation de ci, obligation de ça.
Mais il a du mal à nous protéger contre nos ennemis : islamistes enragés par exemple, trafiquants de drogues, clandestins qui n’ont aucune raison d’être en France, sauf des raisons économiques, refus, au contraire, d’accueillir, notamment, des persécutés chrétiens venus du Proche ou du Moyen-Orient. Il a beaucoup de mal, le Gouvernement...
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Reportage dans Alep Est, le fief des « gentils rebelles ».

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Un reportage remarquable dans Alep Est.

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Et je ne puis vous montrer cette vidéo épouvantable où l’on voit une femme toute de noir vêtue, mais portant par-dessus ses habits parfaitement islamique un caraco rouge ; elle marche dans la rue d’une ville qui est peut-être MOSSOUL. Elle est interpellée par un barbu. Un attroupement se forme autour du prédicateur fou. Une dizaine d’hommes tournent la scène avec leur beau portable. Le barbu fait mettre la femme à genou, harangue la foule, et sur son signal, un acolyte tire à bout portant une balle dans la tête de cette pauvre femme. Bonjour le multiculturalisme et merci à mon ami Philippe qui m’a transmis cette information et cette vidéo dont je n’ai pu trouver le lien.
Tant que les musulmans dits modérés ne protesteront pas haut et fort contre ces exactions – je parle de la communauté musulmane prise comme un ensemble social et non des musulmans pieux et bons  : ils sont nombreux et j’en connais que j’aime et respecte – je resterai très circonspect quant à la possibilité pour cette communauté de changer l’opinion négative qu’on peut avoir de l’Islam.



mardi 4 octobre 2016

04 octobre 2016. Nouvelles de la Résistance. Il n'en restera que des ruines fumantes !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…] à toute heure, on est bien aise de se prouver, par des actes, qu’on est omnipotent, et le plus probant de ces actes est celui qui consiste à détruire. Plus la destruction est complète, radicale et prompte, plus on a le sentiment de sa force ; quel que soit l’obstacle, on ne veut ni reculer, ni s’arrêter, on rompt toutes les barrières que les hommes appellent bon sens, humanité, justice, et l’on a du plaisir à les rompre. Écraser et dompter devient une volupté intense, savourée par l’orgueil intime, une fumée d’holocauste que le despote brûle sur son propre autel ; dans ce sacrifice quotidien, il est à la fois l’idole et le prêtre, et s’offre des victimes pour avoir conscience de sa divinité."
In
H. TAINE.
Les Origines de la France contemporaine.
François LÉGER, éditeur. Collection Bouquins.
Robert Laffont, Paris1986, tome I, p. 363.
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2. COMMENTAIRES.
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C’est ainsi que TAINE décrit la psychologie des membres du Comité de Salut public. Les choses n’ont guère changé. HOLLANDE, assisté de madame TAUBIRA, a détruit le mariage et la famille, il a détruit, avec monsieur CAZENEUVE, l’antique appartenance du territoire à des provinces en créant des monstres dépourvus de toute réalité historique et humaine, il a détruit, avec la belle carnassière une réalité biologique et sociale avec sa fumeuse théorie du genre, il a détruit, avec cette dernière, l’enseignement au profit de la manipulation idéologique, il a détruit la patrie, tout seul, par son inféodation à une Europe purement imaginaire, puisqu’elle ne vaut pas reconnaître qu’elle est née de la chrétienté ; il a détruit notre patrie en ignorant délibérément la question de l’immigration qu’il convient de traiter à la fois avec humanité, justice ET discernement. Pendant ce temps, nos avions bombardent en Syrie et en Irak, ce qui contribuent à renforcer le côté destructif de ce tempérament.
Il s’apprête, n’en doutez pas, à détruire ses concurrents lors de la primaire. Il laissera dans l’histoire le souvenir des ruines fumantes que sa magistrature a accumulées. Et c’est pourquoi il s’est un jour inquiété de savoir quelles traces il laissera dans l’histoire : la réponse est claire me semble-t-il.
Pour terminer, j'ajoute que c'est le propre de la démocratie à la française que de sécréter de tels personnages qui se croient tout permis parce qu'ils ont été élus.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Du site du Figaro, cette information sur CALAIS.



Personnellement, je n’hésiterais pas à envoyer en Angleterre les migrants qui désirent y aller. Il n’y a aucune raison juridique de fixer la frontière avec la Grande Bretagne en France. Il y a longtemps, tout de même, que Calais nous a été rendu.

lundi 10 septembre 2012

Un adjectif de trop pour une initiative longtemps attendue...

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Au risque d'irriter certains de mes lecteurs, je n'hésite pas à dire que monsieur Vincent PEILLON, le nouveau ministre de l'Education nationale, est un homme sympathique. Je l'ai écouté tout à fait par hasard exposer à un Journal Télévisé les mesures qu'il avait prises et comptait prendre au bénéfice de l'enseignement public. Il corrige sans aucun doute les erreurs manifestes du précédent gouvernement qui, sur la même longueur d'onde que les syndicats, considérait les problèmes de l'école en termes quantitatifs (postes, moyens financiers), avant de voir qu'ils étaient d'abord qualitatifs ; mais enlever (gouvernement) ou ajouter (syndicat) des crédits ou des postes n'a aucun effet réel sur la crise que traverse l'enseignement en France : la crise est avant tout culturelle et morale.
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Monsieur PEILLON a donc pris l'initiative d'introduire un enseignement de la morale à l'école. Il est philosophe de formation, et il a sur ce sujet des idées précises sur lesquelles je vais revenir sous la forme d'une question : pourquoi la morale devrait-elle être qualifiée de "laïque" ? Je conviens que les formes concrètes de la morale peuvent varier selon les lieux et les époques, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici. Il faut donner à la présence de cette épithète plusieurs interprétations : (a) la première, la plus bienveillante, consiste à supposer que monsieur PEILLON n'a pas voulu offenser les diverses sensibilités, notamment religieuses, des parents qui envoient leurs enfants à l'école publique et qu'il a pris soin d'inscrire son projet dans le cadre de la laïcité républicaine ; (b) la seconde, qui n'est pas exclusive de la première, est plus inquiétante. je vais essayer d'expliquer cela.
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Dans le livre qu'il a consacré aux "Petites Écoles" de l'Ancien Régime (il y en avait 18 000 juste avant la Révolution), Bernard GROSPERRIN (In les petites écoles de l'Ancien Régime, Collection "De mémoire d'homme" [dirigée par Lucien BÉLY] ; Ouest France, Rennes, 1984) commence par faire l'histoire de ces institutions dont on a un peu trop tendance à oublier l'existence (un mensonge d'état de plus) et il indique que ce sont les protestants qui dans le midi de la France ont commencé à les instituer, pour transmettre aux enfants qui les fréquentaient la foi réformée et la morale afférente. Ils ont été suivis de près par les catholiques qui ont voulu sinon contrer, du moins imiter, ces initiatives et leurs projets (transmettre la foi catholique et la morale). TAINE (j'ai fait un billet là-dessus) a très bien vu que l'enseignement laïc n'a pas d'autre but que d'insuffler l'esprit républicain, révolutionnaire et anticlérical. C'est au sens historique propre, une initiative réactionnaire (je ne vous conseille pas la lecture de la note sur TAINE publié par WIKIPEDIA ; c'est un tissu de contre-vérités, notamment la remarque sur son peu de recours aux Archives ! Quelle honte quand on constate exactement le contraire à la lecture de ses oeuvres ; l'imbécile d'AULARD ne peut pas en dire autant !).
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Revenons à l'initiative de monsieur PEILLON. Il l'a dit dans une petite vidéo que j'ai malheureusement perdue. Son ambition est de substituer aux religions traditionnelles une religion laïque. Son projet est donc religieux, ou à tout le moins spirituel. On ne saurait l'en blâmer. Toutefois, on peut poser la question de la source de la morale. Qu'est-ce qu'une morale laïque ? Y a-t-il une manière laïque d'aimer son prochain, de servir la cité, d'honorer la justice par des témoignages sincères, de rentrer en relation avec autrui en respectant ses biens et son intégrité physique ? La morale laïque ne se confond-elle pas avec la morale naturelle ? Il me semble que oui. Dans ce cas, l'adjectif  "laïque" est de trop. Il suffisait de dire morale. L'opinion publique, qui approuve à 91 % ce projet, n'a pas fait la différence d'avec la morale naturelle, tant elle perçoit avec une intuition très fine qu'elle ne se confond pas avec la transmission d'une quelconque foi, mais tout simplement rend possible la vie en société.
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Allez monsieur PEILLON. Vous le savez bien : laïque est de trop. Mais je ne suis pas sûr que vous ayez eu le choix, tant, dans l'esprit des nombreux imbéciles qui vous entourent (imbéciles au sens de BERNANOS), morale et religion se mélangent en un magma insupportable et figé. Soyons clair ici ! Si les homélies et les conseils de nos prêtres n'avaient pas été centrés, pendant trop longtemps sur la morale, notamment sexuelle, au lieu de nous faire contempler l'admirable visage de Jésus, ce magma, effectivement insupportable n'aurait pas eu lieu de naître et de se solidifier en une lave rebelle dans la pensée de ceux qui ont eu à souffrir de cette confusion. Oui, je le redis, la sainteté est une vertu éminemment politique.

dimanche 26 juin 2011

Billet compensateur N°2

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Jusqu'ici, je n'ai rien compensé du tout. Mais nous sommes dimanche et je puis encore produire aujourd'hui deux billets pour retrouver un niveau de publication quotidien.
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Dans le droit fil du billet d'hier, je vais encore vous parler de l'égalité en vous citant celui qui en le mieux dévoiler l'imposture qu'il associe au caractère politique des Français, je veux parler encore de TAINE (Livre troisième, Le Régime Moderne. Objet et mérites du système. In  Les Origines de la France contemporaine).
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"Dans les objets et les individus, le Français saisit aisément et vite un trait général, quelques caractères commun, ici ce caractère est la qualité d'homme ; il la détache avec dextérité, il l'isole nettement, puis d'un pas leste et sûr, en droite ligne, il se lance sur le grand chemin des conséquences. Il a oublié que sa notion sommaire ne correspond qu'à un extrait, à un très mince extrait de l'homme total ; son opération tranchante et précipitée dérobe à ses regards la plus grande partie de l'individu réel ; il a omis quantité de caractères, et les plus importants, les plus efficaces, ceux que la géographie, l'histoire, l'hérédité, l'habitude, la condition, le travail manuel ou l'éducation libérale imprime dans l'esprit, l'âme et le corps, et qui, par leurs différences, constituent les différents groupes, locaux ou sociaux. Tous ces caractères, non seulement il les néglige, mais il les écarte ; ils sont trop nombreux et trop compliqués ; ils le gêneraient pour penser. Autant il est propre aux pensées distinctes et suivies, autant il est impropre aux pensées complexes et compréhensives ; en conséquence, il y répugne, et, par un travail secret dont il n'a pas consciences, involontairement, il abrège, il simplifie, il écourte ; désormais son idée, même partielle et superficielle, lui semble adéquate et complète : à ses yeux , la qualité d'homme prime et absorbe toutes les autres ; non seulement elle a une valeur, mais cette valeur est l'unique. Partant tous les hommes se valent, et la loi doit les traiter en égaux. - Ici, l'amour-propre, si vif et si promptement susceptible en France, intervient pour interpréter et appliquer la formule : Puisque tous les hommes se valent, je vaux n'importe quel homme ; si la loi confère un droit aux gens de telle ou telle condition, fortune ou naissance, il faut qu'elle me le confère aussi. Toute porte qui leur est ouverte doit m'être ouverte ; toute porte qui m'est fermée doit leur être fermée : autrement on me traite en inférieur, je suis froissé dans ma fibre intime."
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Voilà la plus belle description de l'esprit de système qui est si particulier à l'esprit français et qui irrite tant nos voisins européens. Notre cher Hippolyte continue un peu plus loin :
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"Telle est la composition interne de l'instinct égalitaire, et tel est l'instinct naturel des Français : il est bienfaisant ou malfaisant, selon que l'un ou l'autre ingrédient y prédomine, tantôt le noble sentiment de l'équité, tantôt la basse envie de la vanité sotte, mais, sain ou malsain, sa force en France est énorme, et le régime nouveau [NDT : celui de Napoléon BONAPARTE] lui donne toutes les satisfactions, les bonnes comme les mauvaises."
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Il semble bien que dans l'esprit public contemporain, ce soit l'égalitarisme malfaisant, égoïste et utilitaire qui serve de dogme central aux doctrines politiques. Mais cette passion malfaisante vient de loin, et bien des observateurs politiques contemporains de TAINE l'avaient déjà noté. Je vous en parlerai demain.
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mercredi 22 juin 2011

Nous crevons de notre aveuglement

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A lire et relire les Origines de la France contemporaine de TAINE, je comprends pourquoi les imbéciles, qui, du temps du grand historien, avaient pris d'assaut le gouvernement de notre patrie, ont préféré donner à cet idiot d'AULARD la chaire d'Histoire de la Révolution plutôt qu'à lui, un scientifique intègre. Ils ne pouvaient supporter le spectacle de leurs erreurs de perspective et de leurs errements politiques.
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A la fin du Livre cinquième, consacré à l'analyse du "Monde moderne" que nous a légué la Révolution, TAINE constate qu'il y a une antinomie fondamentale entre un régime qui se dit et se prétend démocratique et l'administration quasi totalitaire mise en place par Napoléon BONAPARTE. D'un côté, des "élus" qui cajolent les citoyens pour ménager leur réélection, de l'autre un système centralisé, carré, anonyme, inhumain, préfectoral. Et TAINE, constatant avec mélancolie le fait, dit ceci, qu'il vaut la peine de méditer et qui définit à la perfection les vices de notre République :
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"Sans doute le préfet, expédié de PARIS, demeure toujours le directeur en titre, le gérant actif et responsable de l'hôtel départemental et communal ; mais il est tenu de le gérer en vue des élections prochaines, et de façon à maintenir la majorité parlementaire dans la possession des sièges qu'elle occupe au Parlement. Partant, il doit se concilier les meneurs locaux du suffrage universel, administrer avec leur concours, subir l'ingérence de leurs convoitises et de leurs préventions, prendre chaque jour leur avis, y déférer souvent, même pour le détail, même pour l'application quotidienne d'un fonds déjà voté, pour la nomination d'un garçon de service, pour la nomination de l'apprenti non payé qui pourra un jour remplacer ce garçon" [NdT : un tel système existait à cette époque, en effet]. - "De là le spectacle que nous avons sous les yeux : un hôtel mal tenu où la profusion et l'incurie s'aggravent l'une par l'autre, où les sinécures se multiplient et où la corruption s'introduit ; un personnel de plus en plus nombreux et de moins en moins efficace, tiraillé entre deux autorités différentes, obligé d'avoir ou de simuler le zèle politique et de fausser par sa partialité la loi impartiale, appliqué, par delà son devoir professionnel à des besognes malpropres ; dans ce personnel, deux sortes d'employés, les nouveaux venus, avides, et qui, passe-droit, s'emparent des meilleures places, les anciens, qui n'y prétendent plus, patients, mais qui, à force de pâtir, se rebutent. Dans l'hôtel lui-même, de grandes démolitions et reconstructions, des façades architecturales, en style de monument, pour la montre et la réclame, des bâtisses toutes neuves, décoratives et horriblement onéreuses, des dépenses extravagantes ; par suite des emprunts et des dettes, une note plus grosse à la fin de chaque année pour chacun des occupants ; des prix de faveur et cependant très hauts pour les petites chambres ; des prix démesurés pour les grands et moyens appartements ; au total, des recettes forcées et qui ne suffisent pas aux dépenses, un passif qui déborde l'actif, un budget dont l'équilibre n'est stable que sur le papier, bref une maison qui mécontente son public et s'achemine vers la faillite."
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Quelle lucidité prophétique ! Et quelle puissance d'analyse ! Encore faut-il ajouter un  détail que TAINE ne pouvait connaître et qui vient compliquer le tableau. Il ignorait qu'il allait exister une fonction publique territoriale, mise en place par les collectivités de la même qualité, et dont la taille a quadruplé depuis la création des Régions, lesquelles échappent en partie au pouvoir des Préfets ; elles sont aujourd'hui aux mains de l'opposition ; elles sont un troisième pouvoir auquel il faut prêter grande attention. Il ne s'agit plus pour elles de préserver le pré carré de leurs amis au Parlement. Il s'agit d'occuper le terrain sur place afin de préparer la prise du pouvoir dans une optique parfaitement totalitaire. A ce petit jeu, les éléphants, éléphanteaux et éléphanticules qui dévastent en seigneurs la jungle régionale, sont passés maîtres. Ils nous préparent un bel avenir. Je crains fort que la pluie et le vent ne viennent achever le délabrement de notre hôtel, un hôtel qui fut si beau, un hôtel qui le paraît toujours mais dont les tenanciers ont mis à l'encan le peu de beau mobilier qui le peuplait encore et remplissent de pauvres bougres venus d'outre-horizon des chambres ouvertes à tous les vents.
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Lisez, relisez, méditez TAINE. Il a vu juste presque en tout. Il n'a pas droit à un Boulevard, une place, ou un Lycée, lui. C'est que les imbéciles rechignent à la lumière.
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vendredi 10 septembre 2010

A mes amis enseignants

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Vous avez massivement fait la grève pour protester contre la suppression de postes (ce qui me paraît contestable) et contre cette mesure parfaitement idiote qui consiste à priver nos enfants et nos adolescents de la connaissance approfondie de leur histoire nationale, pour les ouvrir prétendument à d'autres histoires, ce qui est très bien et que je soujtiens. Je persiste à croire qu'il eût été de beaucoup préférable d'instaurer une discipline particulière, intitulée par exemple "Histoires et cultures du monde".
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Nombre d'entre vous se réclament de la "gauche", et défendent les valeurs de la république et la laïcité. Mais puisque vous aimez l'histoire, je voudrais vous rappeler - en relisant TAINE et notamment la troisième partie de son magistral ouvrage Les origine des la France contemporaine, en son livre sixième, chapitre III, section V - comment il a fallu violer les consciences et obliger les parents qui ne pouvaient payer les frais d'écolage des écoles libre (bien que des milliers de donateurs, en des dizaines de villes et villages aient contribué à ce que celles-ci accueillent les enfants et les adolescents dans des conditions financières acceptables) à subir la pression des intolérants au pouvoir.
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TAINE nous apprend que, dès l'instauration de l'école laïque, gratuite et obligatoire, l'état jacobin et anticatholique a investi 531 millions de francs or dans le lancement d'un pseudo-journal (dont je vous donnerai le titre dans quelques instants ; en fait c'est une image), l'a entretenu à raison de 131 millions de francs annuels), a imposé à 6 millions d'enfants d'être abonné à ce journal, de le lire tous les jours, dimanche exceptés, et de le lire six heures par jour. La gazette dont parle TAINE, en utilisant un titre symbolique pour la désigner c'est, on l'aura compris, le Journal laïque, obligatoire et gratuit pour les enfants de six à treize ans. TAINE veut dire par là que cette école n'était, n'est et ne sera jamais que le porte-voix d'une idéologie que 20 % des parents français, à l'époque de l'instauration de cette école, comme aujourd'hui, persistent à bouder.
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"Par ces 115.000 agents [nombre des instituteurs à l'époque], représentants et porte-voix, la Raison laïque qui siège à PARIS, parle jusque dans les moindres et plus lointains villages ; c'est la raison telle que nos gouvernants la définissent, avec le tour, les limitations et les préjugés dont ils ont besoin, petite-fille myope et domestiquée de l'autre, la formidable, l'aïeule brutale et forcenée qui, en 1793 et 1794, trône sous le même nom et à la même place. Avec moins de violence et de maladresse, mais en vertu du même instinct et avec le même parti pris, celle-ci exerce la même propagande ; elle aussi, veut s'emparer des générations nouvelles, et, par ses programmes, ses manuels, ses esquisses et ses résumés de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire, par ses aperçus des choses récentes ou contemporaines, par ses formules et ses suggestions à l'endroit des choses morales, sociales et politiques, c'est elle-même, elle seule, qu'elle prêche et qu'elle glorifie."
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L'analyse est d'une pertinence éblouissante. Vous avez raison, chers collègues, de résister à des changements de programme qui n'ont d'autres buts que de nous faire avaler la disparition de la patrie, et l'abolition du sentiment patriotique. La France et les grandeurs et petitesses des Louis XIV et des Napoléon Ier, méritent mieux que ce coup de balai dédaigneux, à condition toutefois de ne pas mentir et de nous rappeler, par exemple, que Napoléon BONAPARTE a donné l'exemple du plus parfait totalitarisme en déclarant le 11 mars 1806 devant le Conseil d'Etat : "Dans l'établissement d'un corps enseignant, mon but est d'avoir un moyen de diriger les opinions politiques et morales". Voilà qui est fait, et bien fait ! Ne tombez pas dans le panneau. Restez libres et intellectuellement probes. Et surtout, informez-vous.
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PS : J'expliquerai un peu plus tard à mon ami Louis, pourquoi on a eu raison de marteler le nom de ce tyran sur la mire du Sud que chacun peut admirer dans le Parc Montsouris, côté du boulevard Jourdan, partie Ouest. Je lui expliquerai aussi pourquoi JAURES détestait TAINE qui était sa mauvaise conscience et qu'il n'a pas pu éviter d'évoquer dans son célèbre discours sur l'école laïque. J'ajouterai, en guise de préliminaire, que croire en Dieu ou ne pas y croire, dans tous les cas, c'est une croyance.
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vendredi 3 septembre 2010

En l'honneur des martyrs de septembre

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Il y a très exactement 218 ans, à 1 heure du matin, le sans-culotte SERGENT donnait l'ordre à ses "troupes" d'enlever les cadavres des centaines de religieux et prêtres, et ceux de quelques laïcs, hommes et femmes, qui avaient été massacrés dans la prison des Carmes, à Saint-Sulpice, à Saint-Firmin, à la prison de la Force, à Bicêtre, au Chatelet, à la Conciergerie, et ailleurs encore. Dans l'une des geôles, 114 prêtres sont tués en deux heures, à coup de sabre ou de piques. Aux Carmes, l'un des monstres ouvre la poitrine d'un des suppliciés qu'il vient de tuer, en arrache le coeur, et fait mine de le manger ; un témoin note que le sang lui fait comme une sorte de moustache. A Saint-Firmin, l'abbé GROS est massacré par un certain GOSSIAMME, savetier de son état. Cet homme ignoble dit à son bienfaiteur - l'abbé GROS n'avait cessé, pendant des années, de l'aider, lui et sa famille, car il était indigent - que la "Nation le paye pour le tuer". La liste des abominations n'est qu'une sanglante litanie. Parmi les victimes, on comptera 43 enfants issus du peuple. Ils étaient âgés de 12 à 17 ans.
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Le même SERGENT, dont MICHELET le menteur romantique vante l'humanité, "est parti à la campagne" pendant toute le journée du 2 septembre. C'est qu'il a l'âme sensible, cet homme ! Pourtant c'est bien lui et son complice PANIS qui a transmis l'ordre des massacres, et c'est encore lui qui écrira le 3 septembre à "ses frères et amis" (tiens ! tiens) d'étendre les massacres, pudiquement déguisés sous le nom de justice du peuple, à la France entière.
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Dans son Histoire socialiste, JAURES s'adressant à ces massacreurs, un siècle après leur forfait, leur dit que "le destin fut cruel de vous gorger ainsi d'une amère saveur de sang, vous qui cherchiez la justice et aimiez l'humanité ! Les révolutions sont la forme barbare du progrès. Si noble, si féconde, si nécessaire que soit une révolution, elle appartient toujours à l'époque inférieure et semi-animale de la liberté !" On admirera le tour de force qui consiste à mettre au compte de la nécessité la manifestation des plus bas instincts humains, de laquelle est censée naître les plus sublimes sociétés. Je me demande comment l'esprit, la fraternité, l'amour, peuvent naître de ces horreurs. Mais je ne m'appelle pas HEGEL !
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Poursuivons avec TAINE qui fustige dans les septembriseurs "tous les monstres qui rampent enchaînés dans les bas-fonds du coeur, et sortent à la fois de la caverne humaine les instincts haineux avec leurs crocs" (In Conquête jacobine).
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Mais, en 1792, que disent les hommes politiques de ces massacres ? (En histoire, en effet, il est impossible de comprendre une époque en y projetant les analyses, les valeurs et les idéaux du temps présent.) Parmi les réactions nombreuses, il en est une qui mérite d'être relevée, celle de PETION, maire de Paris. Dans le Moniteur du 10 novembre, un peu plus de deux mois après les faits, le maire a le courage de dire : "Je pense que ces crimes n'eussent pas eu un aussi libre cours [...] si tous ceux qui en avaient le pouvoir et la force les eussent vus avec horreur. Mais je dois le dire, PARCE QUE CELA EST VRAI, plusieurs de ces hommes publics, de ces défenseurs de la patrie, croyaient que ces journées désastreuses et déshonorantes étaient nécessaires [...], et que ces crimes ODIEUX EN MORALE, étaient UTILES EN POLITIQUE."
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Voilà l'essence même du totalitarisme résumé de manière fulgurante par un élu du temps : la fin justifie les moyens ! Nous ne sommes pas sortis de cette logique. Et, comme mes lecteurs le savent, je trouve dans la philosophie chinoise nombre de vérités éclairantes, je terminerai ce billet en vous livrant cet aphorisme tiré d'un recueil très connu en Chine et compilé sans doute vers la fin du XVIe siècle, Les sages écrits de jadis (le Zenguang xianwen) : "Contemple le présent dans le miroir du passé ; sans le passé, le présent ne peut exister" (Pensée N°3).
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Honneur aux martyrs de septembre !
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mardi 20 juillet 2010

La caserne philosophique

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Par nature, par goût et par éducation, le peuple français est porté à l'idolâtrie des systèmes, à l'amour des idées, au culte de l'abstraction. De l'homme concret, il se soucie peu, et il doit ce trait de caractère à l'enseignement dont ses enfants ont été et sont toujours accablés. Il ne s'agit pas de condamner les enseignants. J'ai déjà eu l'occasion à de multiples reprises d'en vanter le dévouement, la compétence et l'enthousiasme. Il s'agit d'une emprise beaucoup plus subtile, qui remonte aux origines de la troisième république, mal assurée de sa pérennité et qui pour ne point périr, a froidement décidé de laver les cerveaux (j'en reparlerai, car il y a des choses proprement incroyables que l'on nous cache), et de faire exactement et par les mêmes moyens, ce qu'elle reprochait, avec quelque vraisemblance, à l'Église catholique et à son clergé : imposer ses dogmes, son échelle de valeur, et des comportements prétendument républicains. L'entreprise était totalitaire. Elle a réussi au-delà de toutes les espérance de ses promoteurs.
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Je voudrais ici vous citer la conclusion que donne TAINE au Livre consacré à la Révolution et à la survenue de BONAPARTE en conclusion des crimes et des excès des soi-disants porteurs de la Liberté, dans son magistral ouvrage : Les origines de la France contemporaine.
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Selon BONAPARTE, le régime qu'il apporte est (et je commence ici la citation) : "l'alliance de la philosophie et du sabre". Par philosophie, ce qu'on entend alors, c'est l'application des principes abstraits à la politique, la construction logique de l'État, d'après quelques notions générales et simples, un plan social uniforme et rectiligne ; or, comme on l'a vu, la théorie comporte deux de ces plans, l'un anarchique, l'autre despotique. Naturellement, c'est le second que le maître adopte, et c'est d'après ce plan qu'il bâtit, en homme pratique, à sable et à chaux, un édifice solide, habitable, bien approprié à son objet. Toutes les masses du gros oeuvres, code civil, université, concordat, administration préfectorale et centralisée, tous les détails de l'aménagement et de la distribution, concourent à un effet d'ensemble, qui est l'omnipotence de l'État, l'omniprésence du gouvernement, l'abolition de l'initiative locale et privée, la suppression de l'association volontaire et libre, la dispersion graduelle des petits groupes spontanés, l'interdiction préventive des longues oeuvres héréditaires, l'extinction des sentiments par lesquels l'individu vit au-delà de lui-même, dans le passé et dans l'avenir. On n'a jamais fait une plus belle caserne, plus symétrique et plus décorative d'aspect, plus satisfaisante pour la raison superficielle, plus acceptable pour le bon sens vulgaire, plus commode pour l'égoïsme borné, mieux tenue et plus propre, mieux arrangée pour discipliner les parties moyennes et basses de la nature humaine, pour étioler ou gâter les parties hautes de la nature humaine - Dans cette caserne philosophique, nous vivons depuis quatre-vingts ans." (La Préface de l'ouvrage est datée de 1884.)
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Bien entendu, il n'y a rien à rajouter à cette analyse. Elle n'a pas pris une ride. Et s'il y avait un homme politique suffisamment libre d'esprit, suffisamment intègre dans ses comportements, il s'efforcerait de modifier la structure et les moeurs politiques de notre patrie, en écoutant ce que disent leurs concitoyens de leurs désirs, de leurs rêves, de leur vie concrète.
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A ce point, il vaut la peine de vous livrer ici l'incipit de la Préface du Livre consacré à la Révolution et au Gouvernement révolutionnaire. C'est un extrait tiré d'un commentaire de CLEMENT d'ALEXANDRIE, repris à son compte par TAINE et développé avec une intelligence stupéfiante et une méthode rigoureuse dans son application à la Révolution.
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"En Égypte, dit CLEMENT d'ALEXANDRIE, les sanctuaires des temples sont ombragés par des voiles tissus d'or ; mais si vous allez vers le fond de l'édifice et que vous cherchiez la statue, un prêtre s'avance d'un air grave, en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile, comme pour vous montrer le dieu. Que voyez-vous alors ? Un crocodile, un serpent indigène, ou quelque autre animal dangereux ; le dieu des Égyptiens paraît : c'est une bête vautrée sur un tapis de pourpre."
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Et c'est ainsi que TAINE, par son travail méticuleux, par le dépouillement de milliers de pièces d'archives, par son esprit critique, a montré combien le régime qui nous semble si beau aujourd'hui (je veux parler du Gouvernement révolutionnaire et de Bonaparte), est en réalité une bête dangereuse cachée derrière des voiles tissus d'or. Et c'est ce dieu-là qu'on nous apprend à encenser à l'école. Je ne marche plus dans cette honteuse combine.
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samedi 3 juillet 2010

Vous devez lire Taine

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TAINE est un homme admirable. Vous devez lire pendant vos vacances son oeuvre majeure : Les origines de la France contemporaine. Il faudrait tout citer, tout mémoriser de cet ouvrage monumental, tant l'analyse est fine et le jugement lumineux. Je vous recommande tout particulièrement la troisième et dernière partie, intitulée "Le Régime moderne" et dans cette partie, le livre sixième, L'école. Vous comprendrez pourquoi le système de l'éducation nationale est une entreprise totalitaire. Du reste, le résumé de ce livre, porte en son milieu cette phrase significative : L'objet du corps enseignant est l'adaptation de la jeunesse à l'ordre établi.
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Je vais, pour aujourd'hui, vous livrer deux extraits significatifs de ce monument d'érudition, me réservant le droit d'y puiser à nouveau quand il le sera nécessaire. TAINE a tout vu, prévu, prophétisé. Et le lamentable état de notre patrie n'est que le résultat de l'action de songe-creux qui ont placé le système avant le réel. J'affirme que la faillite de l'enseignement et ses conséquences sociales ne sont aucunement de la responsabilité des enseignants dont le dévouement est admirable ; il résulte de l'incurie, de la démagogie et de la fausseté de conception de nos responsables politiques quelle que soit leur affiliation partisane.
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Première citation du Livre sixième.
"Au fond, le jacobin est un sectaire, propagateur de sa foi, hostile à la foi des autres. Au lieu d'admettre que les conceptions du monde sont diverses et de se réjouir qu'il y en ait plusieurs, chacune adaptée au groupe humain qui le professe et nécessaire à ses fidèles pour les aider à vivre, il n'en admet qu'une, la sienne, et se sert du pouvoir pour lui conquérir ses adhérents. Lui aussi a ses dogmes, son catéchisme, ses formules impératives, et il les impose. - Désormais, l'éducation sera non seulement gratuite et obligatoire, mais laïque et purement laïque. Jusqu'ici, la très grande majorité des parents, la plupart des pères et toutes les mères avaient souhaité qu'elle fût en même temps religieuse. Sans parler des chrétiens convaincus, beaucoup de chefs de familles, même tièdes, indifférents ou sceptiques, jugeaient que cette mixture valaient mieux pour les enfants, surtout pour les filles. Selon eux, la science et la croyance ne devaient point entrer séparés, mais combinées et en un seul aliment, dans les très jeunes esprits ; du moins dans le cas particulier qui les concernait, cela, selon eux, valait mieux pour leurs enfants, pour eux-mêmes, pour la discipline intérieure de leur maison, pour le bon ordre à domicile dont ils étaient responsables, pour le maintien du respect et la préservation des moeurs."
Cette vue prophétique explique le succès de l'enseignement libre catholique, rend compte de la démission de nombreux parents dans l'éducation de leurs enfants, et permet à madame ROYAL de donner ses chèques contraceptions aux jeunes lycéennes de sa région. C'est que dans son esprit, le plaisir passe avant le bonheur.
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Mais ce n'est pas tout. Deuxième citation du Livre sixième.
"Le jeune homme a subi trop de crève-coeur. Quelquefois avec ses intimes, aigris et fourbus comme lui, il est tenté de nous dire : Par votre éducation, vous nous avez induit à croire, ou vous nous avez laissé croire que le monde est fait d'une certaine façon ; vous nous avez trompé ; il est bien plus laid, plus plat, plus sale, plus triste et plus dur, au moins pour notre sensibilité et notre imagination ; vous les jugez surexcitées et détraquées ; mais, si elles sont telles, c'est par votre faute. C'est pourquoi nous maudissons et bafouons votre monde tout entier, et nous rejetons vos prétendues vérités qui, pour nous, sont des mensonges, y compris ces vérités élémentaires et primordiales que vous déclarez évidentes pour le sens commun, et sur lesquelles vous fondez vos lois, vos institutions, votre société, votre philosophie, vos sciences et vos arts. - Et voilà ce que la jeunesse contemporaine, par ses goûts, ses opinions, ses velléités dans les lettres, dans les arts et dans la vie nous dit tout haut depuis quinze ans."
Ainsi s'achève, prophétiquement, ce chef d'oeuvre d'histoire. Là encore TAINE a tout vu : le phénomène des bandes, le rejet de l'ordre établi, les extravagances vestimentaires ou musicales, les soûleries dans les boîtes. Oui, voilà ce que nos institutions offrent comme grain à moudre à la jeunesse contemporaine. TAINE ne serait point étonné de la voir en cet état.
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Allons, un effort, messieurs et mesdames les responsables politiques. Vous voyez bien qu'il n'y a pas d'égalité, car dans toutes les couches de la société, il y a des avantages ; il n'y a pas davantage de liberté, accablé que nous sommes par la réglementation et les contrôles de toutes sortes. Ne parlons pas de la fraternité, dont le substitut pâlot est la solidarité, laquelle n'est qu'une solidarité fiscale, et non point existentielle. Nous sommes en train de crever de l'idéologie prétendue "républicaine" qui ne fait droit ni à la diversité d'opinions, ni à la responsabilité des familles, ni aux communautés naturelles.
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mardi 5 mai 2009

Que la Révolution fut d'abord liberticide

A de multiples reprises, j'ai eu l'occasion de dire que, faute de morale publique, les gouvernements devaient avoir recours à la loi, et que la loi, par essence est contraignante et qu'un excès de loi est liberticide. J'ai dit et je redis que la Révolution française, à cet égard, fut la plus grande destructrice des libertés individuelles et collectives que notre Patrie ait jamais connue.
En voici la preuve, trouvée justement dans les Considérations su la France du Comte Joseph de MAISTRE. Notre auteur indique qu'entre le 1er juillet 1789 et le 26 octobre 1795, la Constituante, puis la Législative, puis la Convention, ont produit 15.479 lois. Vous entendez bien quinze mille quatre cent soixante dix-neuf lois. Si vous voulez bien y réfléchir, cela revient à dire que ces diverses Assemblées ont jugé utile de régler par la loi plus de 15.000 activités humaines qui jusque là y échappaient. Que certaines de ces lois aient été nécessaires, c'est l'évidence. Qu'il en eut fallu quinze mille et quelque indique assez quelle volonté de puissance, quel esprit de domination régnaient dans la tête de ces hommes médiocres et vils, qui voulait tout régenter et qui ont tout régenté, y compris des activités humaines traditionnelles et paisibles, réglées jusque là par le cours ordinaire de la vie, l'expérience et la tradition, ce que BERNANOS explique si bien dans La France contre les robots en commentant le mot privilège et son étymologie : privata lex.
Et le Comte de MAISTRE d'introduire le tableau du nombre des lois par ce commentaire : Si la perfection était l'apanage de la nature humaine, chaque législateur ne parlerait qu'une fois mais, quoique toutes nos oeuvres soient imparfaites, et qu'à mesure que les institutions politiques se vicient, le souverain soit obligé de venir à leur secours par de nouvelles lois, cependant, la législation humaine se rapproche de son modèle par cette intermittence [il s'agit de l'intermittence dans la production des lois, du sabbat législatif nécessaire et inévitable quand le législateur est légitime et fondé]. Son repos l'honore autant que son action primitive ; plus elle agit, et plus son oeuvre est humaine, c'est-à-dire fragile.
Et il dira quelques pages plus loin :
Il n'y a [...] pas de souveraineté en France ; tout est factice, toute est violent, tout annonce qu'un tel ordre de choses de peut durer.
Hélas, ses prédictions ne se sont point réalisées. Par la violence des idéologies, en effet, par le viol des particularités régionales et des langues des peuples qui faisaient la France, par l'ignorance délibérée du passé, des traditions, des moeurs séculaires, des habitudes polies par le temps et adoucies par lui, les soi-disants amoureux de la Liberté ont réduit la France à cette énorme Caserne Philosophique dont TAINE parle si bien dans la conclusion de ses Origines de la France contemporaine. On étouffe, on a envie de crier, et pourtant l'on crève d'amour pour une Patrie qui traite si mal ses enfants et qu'elle a conduit par millions au massacre dans des guerres folles et inutiles.