Affichage des articles dont le libellé est Jean Jaurès. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean Jaurès. Afficher tous les articles

mercredi 20 février 2019

Mercredi 20 février 2019. La République à géométrie hypervariable


-
Il paraît que le racisme est une offense faite à la République. J’aurais eu tendance à penser qu’il est une injure faite à l’humanité, et je voudrais ici vous rappeler quelques belles envolées des républicains les plus purs, les plus engagés, les moins suspects quant à leur attachement à cette forme politique qui montrent l'extrême labilité de l'opinion républicaine en matière de racisme.
J’ai déjà fait un billet sur cette belle envolée de Jules FERRY faite à la Chambre des députés le 28 juillet 1885 (sous les protestations de la gauche, PELLETAN et CLÉMENCEAU et de la droite royaliste, de GUILLOUTET, en tête ; j’ai déjà fait un billet sur le sujet) : « Il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».
JAURÈS n’est pas en reste sur ce sujet ; le 20 novembre 1903, à cette même Chambre des députés, il n’hésite pas : « La civilisation qu’elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l’état présent du régime marocain ».
Puis c’est au tour de Léon BLUM, l'un des grands penseurs de la gauche, de dire dans cette même Chambre des députés, le 9 juillet 1995 : « Nous avons trop l’amour de notre pays pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française. […]. Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler au progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie ».
Il est vrai que Léon BLUM est un homme d’une extraordinaire lucidité. Ne disait-il pas le 8 novembre 1932, peu avant que HINDENBURG ne désigne HITLER comme chancelier de l’Empire, dans le journal "le Populaire : « HITLER a perdu le pouvoir, il a perdu jusqu’à l’espérance du pouvoir »".

Voyez-vous, dans un système politique "axiologiquement neutre" ou qui se proclame tel, il n’y a jamais rien de définitif. C’est pourquoi le racisme n’est pas une négation des valeurs de la République, mais un refus d’obéir à l’injonction christique qui nous est faite d’aimer tous les êtres humains comme soi-même. Ce qui était bon en 1885, ou en 1903, serait aujourd’hui condamné par les Tribunaux. Alors que les belles consciences aient enfin recours à des arguments de vérité morale et philosophique, sans parler des vérités théologiques, et qu’ils ne viennent pas nous les briser menu en brandissant la République comme étendard : elle n’en demande pas tant, la pauvrette.

jeudi 8 octobre 2015

08 octobre 2015. Nouvelles de la Résistance : sagesse africaine contre la mémoire courte

-
Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est parfois l’oubli.

Avis aux amnésiques !
-
1. L’histoire du jour.
-
Le premier billet de ce jour a une structure un peu différente de sa structure habituelle, comme vous l’allez voir. Voici un petit récit intéressant à bien des égards. Je certifie l’absolue authenticité des propos que je rapporte, puisque j’en étais le destinataire.
Je me trouvais hier matin à 8 h 30 à l’arrêt La Tourelle du bus 72, route de la Reine. J’avais à faire à PARIS. Le panneau annonçait une attente de 7 minutes avant l’arrivée du prochain bus, délai suffisant pour que j’aille m’asseoir sur le banc de l’abri, à côté d’un africain qui lisait le Parisien. On y relatait dans les pages intérieures la fusillade de Saint-Ouen et l’agression dont a été victime le DRH d’Air France. L’homme s’adresse alors à moi, et il me dit : "Les noirs sont des sauvages, dites-vous. Mais les sauvages ce sont les blancs. Jamais en Afrique on aurait traité ainsi un chef. On le respecte, comme on respecte les vieux. On discute, on parle. Les sauvages, ce sont les blancs. La France est un grand pays, et l’on traite ainsi comme un responsable, on le gifle comme un gamin. Les sauvages, ce sont les blancs.
-
2. Commentaires.
-
Ce récit appelle plusieurs commentaires. En tout premier lieu, cet homme, un noir, ne renie aucunement son appartenance à un peuple noir. Il n’en fait pas une infériorité, mais simplement une différence. Et sa réflexion apporte de l’eau au moulin de madame MORANO, puisque en parlant de ce grand pays où il habite et qu’il aime, il semble reconnaître qu’il est peuplé majoritairement de blancs.
En second lieu, il manifeste un grand amour pour son pays d’accueil. Il le traite de "grand" et il se désole de voir que cette grandeur est atteinte par l’action violente de quelques irresponsables. Il ne parvient pas à comprendre comment ces actions de sauvages ont pu avoir lieu. Et il exprime une des spécificités remarquables de la civilisation africaine, l’art du palabre et de la discussion, jusqu’à l’accord final.

Pour bien vous indiquer combien les tartuffes de "gôôôche" et de "drouate" semblent frappés d’amnésie, et tout spécialement ceux qui se réclament de la franc-maçonnerie, voici quelques rappels historiques. Je n’ai pu noter toutes les références de ces rappels, et vous prie de m’en excuser.

Le premier point a trait à l’implication des armateurs francs-maçons dans la Traite des noirs. Qu’ils aient été dieppois, hâvrais, nantais (les plus nombreux), rochellais ou bordelais, ils étaient quasiment tous des initiés. Le second, à la promotion d'un colonialisme insupportablement arrogant par des gens de gauche.

(a) Premier point : francs-maçons et Traite des noirs. 

La scène se passe à Nantes dans les années 1845, dans l’immeuble de la rue de Gigant, où la loge Mars et les Arts se réunit deux fois par mois, dans le Temple du premier étage.

Confession d’un ancien capitaine négrier.

"Oui, Vénérable Maître et vous tous mes Frères, moi, Yves Le Meur, Maître maçon de longue date, j’ai commandé plusieurs navires négriers… Oh ! Je n’étais pas le premier. Nous avions tous entendu parler du capitaine rochelais Crassous, qui avait été initié en 1765 à L’Union Parfaite de la Rochelle, ce qui ne l’a pas empêché de se conduire comme un sauvage puisque il marquait lui-même au fer rouge de ses initiales les esclaves qu’il embarquait sur la côte… (Il s’arrête à nouveau, sort un grand mouchoir à carreaux de la poche de sa redingote, se mouche bruyamment avant de s’essuyer discrètement les yeux). Je n’ai quand même jamais fait ça ! Je vous demande pardon, Vénérable Maître, mais l’émotion m’étreint au souvenir de ce que j’ai vécu…"

A tous péchés miséricorde…

La franc-maçonnerie de ROCHEFORT et la Traite des noirs (cf. Christophe CADIOU-QUELLA.)

"Dans le même ordre d’idées, la franc-maçonnerie rochefortaise regroupe de nombreux négriers ou hommes intéressés à la traite. En 1775, c’est CHEVALLIE qui occupe la fonction de Vénérable de la loge L'Aimable Concorde. À ses côtés figurent entre 1775 et 1804 Pierre André HEBRE de SAINT-CLEMENT, FAURES, GACHINARD, GUERIN l’Aîné. Le négociant et armateur CHARRIER l’Aîné en est membre également, et est le correspondant du négrier rochelais GARESCHE à plusieurs reprises. On mesure la diffusion des idées esclavagistes au sein des notabilités rochefortaises, censées représenter l’opinion éclairée de la ville."

(b) second point.

Les grandes âmes de gauche et le racisme ordinaire.

"Ce ne fut pas un homme de droite, mais Jean Jaurès, cette grande icône républicaine qui déclara: "la France a autant le droit de prolonger au Maroc son action économique et morale qu'en dehors de toute entreprise, de toute violence militaire, la civilisation qu'elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l'état présent du régime marocain" (Discours de Clemenceau devant la Chambre des députés en 1903 cité in Girardet, L'idée coloniale, op. cit., p. 108,). La gauche coloniale établissait donc une hiérarchie entre les "races" et les civilisations.
Ne s'embarrassant pas davantage de nuances, vingt-deux ans plus tard, le 9 juillet 1925, Léon Blum ne craignit pas d'affirmer devant les députés: "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie".
Albert Bayet, président de la Ligue des droits de l'Homme alla encore plus loin. Lors du Congrès du mouvement qui se tint à Vichy en 1931, il ne craignit pas de déclarer que la colonisation française était légitime puisqu'elle était porteuse du message des "grands ancêtres de 1789". Dans ces conditions: « Faire connaître aux peuples les droits de l'Homme, ce n'est pas une besogne d'impérialisme, c'est une tâche de fraternité »."

Et ce sont les héritiers des Loges qui vont faire la morale à Nadine MORANO. Mais ils ont la mémoire courte, le cerveau léger, et l’impudence en bandoulière.

La FRANCE n’est plus un pays peuplé seulement de sujets de race blanche. C’est un fait, et nous le devons à ces gens qui viennent nous faire la leçon après que leurs ancêtres en maçonnerie ont honteusement traité les noirs d’Afrique ou promu le colonialisme et l'exploitation de l'Afrique. Et je trouve bien de mes compatriotes d’origine africaine plus amoureux de leur patrie que cette brochette d’incapables. La France n’est plus un pays judéo-chrétien, puisque 65 % des Français se disent athées, et qu’en termes d’athéisme, notre patrie arrive au QUATRIEME RANG mondial ; par ailleurs, l’Islam tend à prendre une place très importante de l’espace religieux. L’erreur de madame MORANO est d’avoir laissé entendre que la France EST un pays peuplé de blancs et judéo-chrétien. Cela fut vrai, cela n’est plus. Et nous devons justement prendre conscience de cet état de fait.

Quant à l’éviction de madame MORANO, je la trouve lamentable, et jamais je ne donnerai plus jamais ma voix à un homme ou à un parti qui préfère le pouvoir à la vérité. Cette décision d’exclusion a été prise à la suite d’une intervention de monsieur Philippe RICHERT, l’actuel président de la Région Alsace, qui brigue la présidence de la future grande région Alsace-Lorraine-Champagne. Je connais un peu monsieur RICHERT pour avoir fait sa connaissance au Conseil d’Administration de l’Université Louis Pasteur où il siégeait comme membre extérieur désigné.
J’ai très bien connu son prédécesseur, Adrien ZELLER qui m’honorait de son amitié et de son affection. C’était un homme droit, intègre et désintéressé, un homme rare. Je salue avec émotion sa mémoire.
 -
Merci à Brigitte qui m'a transmis ce clin d'oeil humoristique.

Bonjour ! Je suis François Ier, le pape des pauvres.
Enchanté ! Je suis François HOLLANDE, l'un de vos fournisseurs;




dimanche 1 mars 2015

01er mars 2015. Nouvelles de la Résistance. Une histoire peu connue : celle de Germaine Jaurès

-
Ah mes amis ! Quelle allégresse à l'idée que pour le billet de ce jour je puis mettre en en-tête la devise de ce Blog :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
-
D'après madame Michèle DELAUNAY, une ex-ministricule socialiste, "il n'y a pas de cimetière catholique". Elle réagissait, autant qu'il m'en souvienne, aux profanations des cimetières chrétiens dans le département de la Manche. Voici très exactement ses propos d'après le site des Moutons enragés :

'''L’ancien ministre socialiste est au cœur d’une polémique sur les réseaux sociaux. En effet, alors qu’un internaute relevait qu’il y a « en France 434 profanations dans les cimetières catholiques par an », la fille de l’ancien préfet et député de la deuxième circonscription de Gironde lui a répondu qu’il « n’y a pas de cimetières catholiques » en France, rajoutant « ce sont des cimetières républicains et non dédiés à une confession » ! '''

J'avais déjà plusieurs candidates au trône des imbéciles ; j'ai trouvé l'impératrice qui les chapeaute toutes : madame DELAUNAY. Il y a donc des cimetières juifs (celui de SARRE-UNION a été profané par un groupe de 5 jeunes, dont l'un était  membre des "antifas", et qui tous appartenaient à la mouvance de gauche. Vous noterez que la presse s'est faite étonnamment discrète sur l'identité de ces jeunes.) II y a aussi des carrés musulmans. Tout le reste appartient à la catégorie des cimetières républicains ! J'ai rarement entendu de telles inepties dans la bouche d'un homme politique (qu'on me pardonne ce masculin, conforme à la langue française et aux indications de l'Académie qui donne un caractère grammaticalement intensif à ce genre). Quand dans un cimetière qualifié de "républicain" par cette imbécile (bernanosienne), on ne renverse que les croix, il est donc clair que ce sont des croix républicaines. Eh bien je vais vous raconter une histoire de croix brisée que les manuels d'histoire et les spécialistes de Jean JAURES se gardent bien de propager : celle de Germaine JAURES !

-
LE CRUCIFIX BRISE.
Publié le 7 juil. 2012 13:18 par Olivier du Chambon   [ mis à jour : 7 juil. 2012 13:18 ]
Lu sur le site de la paroisse catholique de BLANZAY (commune de la Vienne ; ex-région de Poitou-Charente ; bonjours madame ROYAL).

"Jean Jaurès (1859-1914), homme politique français, figure marquante du socialisme, avait une fille, Germaine, à qui il avait donné comme institutrice une ancienne normalienne anticléricale, pour être sûr de détruire ainsi, dans l’âme de son enfant, les dernières traces de foi. 
Au soir d’un de ses plus beaux succès oratoires, le député socialiste rentrait dans son bureau de travail tout joyeux de son triomphe. Se parlant à lui-même : « Quelle journée ! Disait-il. Quand j’ai parlé de déchristianiser la France, il me semblait que les pierres allaient se dresser contre moi… Et pourtant, c’est fait ! Ma fille Germaine a 20 ans, et c’est une femme accomplie. Ah ! Messieurs les catholiques, je vous défie de donner un modèle d’éducation comparable à celui que je vous présente. » 
A ce moment, un coup léger se fait entendre, Germaine rentre. Elle prend un siège et va s’asseoir près de son père. - « Je suis heureuse, dit-elle, de vous trouver seul. - Pourquoi ? - Je viens vous faire savoir que j’ai fixé le choix de celui qui sera le compagnon de ma vie. - Je serais curieux de connaître le nom du préféré auquel tu as sacrifié tous les autres… » La tête inclinée, elle dit : « Je veux me consacrer à Dieu dans la vie religieuse. » 
Coup de foudre pour le député socialiste. Germaine releva la tête. Son père était si pâle qu’elle eut peur et qu’elle voulut appeler au secours. D’un geste, Jaurès l’arrêta. Et d’une voix tremblante, il lui dit : « - Depuis quand penses-tu à ce projet ? - Depuis trois ans. - Qui t’en a donné l’idée ? - Personne ! - Alors ?  

- Vois, père… Il y a quatre ans, je me promenais avec mon institutrice à la campagne. Sur la route, nous avons trouvé un calvaire brisé. Le Christ en morceaux gisait dans l’herbe. Je m’amusais à en recueillir les morceaux et à reconstituer le Christ. Mais pendant que je contemplais mon travail, mon institutrice lança un vigoureux coup de pied et dispersa tous les morceaux dans toutes les directions. J’en eus de la peine et, depuis ce jour-là, j’ai senti grandir en mon âme toute une semence d’idées que vous n’y avez pas jetés. Et maintenant, je veux être au Christ pour toujours. » Et elle se tut et baisa la main de son père qui lui fit signe de se retirer. 
Dans le silence de son cœur, le Christ avait parlé à Germaine, et Germaine L’avait écouté. Germaine L’avait compris. Germaine L’avait aimé."

-
Allez, madame DELAUNAY, faites un petit effort d'intelligence du réel. Regardes ces tombes profanées et leurs croix brisées, avant de regarder dans votre cerveau pour savoir si vos paroles sont conformes au catéchisme distillé par les Loges maçonniques dont vous pourriez bien être un membre éminent. Je ne sais pas si vous irez jusqu'à demander rendez-vous à François HOLLANDE pour lui annoncer votre entrée au Carmel, après que vous aurez constaté le sens de ces profanations. J'en doute, mais on ne sait jamais. Germaine JAURES pourrait faire des émules !

mercredi 4 mai 2011

Un géant chez les pantins

-


Nous aurions bien besoin de voir surgir sur la scène publique de notre pays un homme de cette envergure intellectuelle, morale et même, eh oui, politique. Il viendrait donner un peu de chair aux débats qui agitent les responsables des principaux partis, dont nombre hélas, me semblent être des sortes de pantins se mouvant au gré des sondages d'opinion.


Car celui qui a écrit le beau texte que j'ai présenté dans mon billet d'hier n'est autre que Jean JAURES. Je l'ai trouvé dans un ouvrage passionnant que l'on doit au Pr Rémy PECH, spécialiste d'histoire rurale, et ancien Président de l'Université de Toulouse-Le-Mirail (Jaurès paysan, éditions Privat, Toulouse, 2009). En dédicaçant son ouvrage à son père, ouvrier journalier et à ses deux grands pères, l'un vigneron coopérateur, l'autre ouvrier journalier puis régisseur, Rémy PECH ne fait pas mystère de ses origines que les imbéciles déclareraient modestes, non plus que de ses probables sympathies pour le socialisme. C'est une telle simplicité que j'aime chez lui. Par ailleurs, il est d'une grande probité intellectuelle, et n'hésite pas à souligner que certaines des options de JAURES (une épouse croyante et pratiquante, une fille qui fait sa première communion, au grand scandale des VIVIANI, Camille PELLETAN et autres personnalités que l'on ne connaît plus que par les Lycées, Collèges, Boulevards, Rues auxquels on a donné leur nom, et qui ne me semblent pas des modèles de tolérance) faisaient de lui un homme de nuances, d'empathie, d'interrogations et parfois de contradictions.


Allons plus loin. Ce que j'aime chez JAURES, c'est que c'est un penseur, et un penseur qui s'intéresse à l'homme CONCRET. Ce n'est pas un idéologues, c'est un idéaliste généreux. Certes, il a dû parfois concéder aux "valeurs dominantes" de la gauche : anticléricalisme (modéré), croyance non critique mais compréhensible en la lutte des classes, certitude que le socialisme et une certaine collectivisation sont les clés de la libération des individus (et non des personnes), internationalisme. Mais ces concessions, il les a faites avec toutes les nuances et le respect qu'il devait à ses concitoyens.


Ainsi il est intéressant de le voir dire dans son travail sur les caractéristiques d'un socialisme à la française ceci, que les imbéciles (je ne donne pas de noms) devraient méditer. Il affirme que le socialisme français doit être passionnément républicain, qu'il sera à la fois scientifique et idéaliste, qu'il sera non pas inévitable - comme MARX le disait avec un sens prophétique pour le moins discutable - mais JUSTE (ce qui n'est tout de même pas la même chose : l'inévitable inclut la violence, le juste, la conviction et l'éducation), et il ajoute :




"3°Enfin, et ceci est décisif, le socialisme français s'appliquera avec une énergie particulière, à sauvegarder dans l'organisation collectiviste, les énergies individuelles, le droit individuel, et pour tout dire la propriété individuelle en ce qu'elle a de légitime et d'essentiel."




Comme le souligne Rémy PECH, JAURES avait une extraordinaire capacité de synthèse. Elle frisait parfois l'union des contraires. Mais il avait une telle idée de la noblesse de l'homme qu'il ne doutait de rien pour ses congénères. Aussi, je dédie cette pensée à tous les polémistes, à tous les contempteurs de quotas, aux haineux du contrôle de l'immigration, à tous les adulateurs des confusions exotiques, ceci qui me semble bien adapté à la situation contemporaine de la France :




"De même que l'organisation collectiviste de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l'unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste Internationale de l'humanité, L'AUTONOMIE DE LEUR CONSCIENCE HISTORIQUE ET L'ORIGINALITE DE LEUR GENIE."




Pour avoir cru à l'unité du genre humain (philosophiquement et ontologiquement réelle) et à la fraternité des socialistes allemands, JAURES a été assassiné par un fou le 31 juillet 1914. Il n'aura pas eu l'âme déchirée par la mise en pièce de son idéal, par ces massacres organisées, par cette guerre totale, qui contredisaient factuellement tout ce en quoi il avait cru.




Je ne puis m'empêcher de terminer en vous faisant part de cette prière que le célébrant fait au cours de la messe : "Ramène à Toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés". Le souhait de JAURES était beau et de la même veine. Ses buts étaient nobles et je les partage. Les moyens qu'ils comptaient prendre avaient l'apparence de l'évidence, mais ils n'en avaient que l'apparence. Paul de TARSE l'avait bien dit dans l'une de ses lettres. Il ne suffit pas de voir le bien pour le faire. Video meliora deteriora sequor. Nous ne pouvons pas échapper à notre humaine condition d'êtres blessés par le péché.




Bonne journée.








vendredi 10 septembre 2010

A mes amis enseignants

-
Vous avez massivement fait la grève pour protester contre la suppression de postes (ce qui me paraît contestable) et contre cette mesure parfaitement idiote qui consiste à priver nos enfants et nos adolescents de la connaissance approfondie de leur histoire nationale, pour les ouvrir prétendument à d'autres histoires, ce qui est très bien et que je soujtiens. Je persiste à croire qu'il eût été de beaucoup préférable d'instaurer une discipline particulière, intitulée par exemple "Histoires et cultures du monde".
-
Nombre d'entre vous se réclament de la "gauche", et défendent les valeurs de la république et la laïcité. Mais puisque vous aimez l'histoire, je voudrais vous rappeler - en relisant TAINE et notamment la troisième partie de son magistral ouvrage Les origine des la France contemporaine, en son livre sixième, chapitre III, section V - comment il a fallu violer les consciences et obliger les parents qui ne pouvaient payer les frais d'écolage des écoles libre (bien que des milliers de donateurs, en des dizaines de villes et villages aient contribué à ce que celles-ci accueillent les enfants et les adolescents dans des conditions financières acceptables) à subir la pression des intolérants au pouvoir.
-
TAINE nous apprend que, dès l'instauration de l'école laïque, gratuite et obligatoire, l'état jacobin et anticatholique a investi 531 millions de francs or dans le lancement d'un pseudo-journal (dont je vous donnerai le titre dans quelques instants ; en fait c'est une image), l'a entretenu à raison de 131 millions de francs annuels), a imposé à 6 millions d'enfants d'être abonné à ce journal, de le lire tous les jours, dimanche exceptés, et de le lire six heures par jour. La gazette dont parle TAINE, en utilisant un titre symbolique pour la désigner c'est, on l'aura compris, le Journal laïque, obligatoire et gratuit pour les enfants de six à treize ans. TAINE veut dire par là que cette école n'était, n'est et ne sera jamais que le porte-voix d'une idéologie que 20 % des parents français, à l'époque de l'instauration de cette école, comme aujourd'hui, persistent à bouder.
-
"Par ces 115.000 agents [nombre des instituteurs à l'époque], représentants et porte-voix, la Raison laïque qui siège à PARIS, parle jusque dans les moindres et plus lointains villages ; c'est la raison telle que nos gouvernants la définissent, avec le tour, les limitations et les préjugés dont ils ont besoin, petite-fille myope et domestiquée de l'autre, la formidable, l'aïeule brutale et forcenée qui, en 1793 et 1794, trône sous le même nom et à la même place. Avec moins de violence et de maladresse, mais en vertu du même instinct et avec le même parti pris, celle-ci exerce la même propagande ; elle aussi, veut s'emparer des générations nouvelles, et, par ses programmes, ses manuels, ses esquisses et ses résumés de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire, par ses aperçus des choses récentes ou contemporaines, par ses formules et ses suggestions à l'endroit des choses morales, sociales et politiques, c'est elle-même, elle seule, qu'elle prêche et qu'elle glorifie."
-
L'analyse est d'une pertinence éblouissante. Vous avez raison, chers collègues, de résister à des changements de programme qui n'ont d'autres buts que de nous faire avaler la disparition de la patrie, et l'abolition du sentiment patriotique. La France et les grandeurs et petitesses des Louis XIV et des Napoléon Ier, méritent mieux que ce coup de balai dédaigneux, à condition toutefois de ne pas mentir et de nous rappeler, par exemple, que Napoléon BONAPARTE a donné l'exemple du plus parfait totalitarisme en déclarant le 11 mars 1806 devant le Conseil d'Etat : "Dans l'établissement d'un corps enseignant, mon but est d'avoir un moyen de diriger les opinions politiques et morales". Voilà qui est fait, et bien fait ! Ne tombez pas dans le panneau. Restez libres et intellectuellement probes. Et surtout, informez-vous.
-
PS : J'expliquerai un peu plus tard à mon ami Louis, pourquoi on a eu raison de marteler le nom de ce tyran sur la mire du Sud que chacun peut admirer dans le Parc Montsouris, côté du boulevard Jourdan, partie Ouest. Je lui expliquerai aussi pourquoi JAURES détestait TAINE qui était sa mauvaise conscience et qu'il n'a pas pu éviter d'évoquer dans son célèbre discours sur l'école laïque. J'ajouterai, en guise de préliminaire, que croire en Dieu ou ne pas y croire, dans tous les cas, c'est une croyance.
-
-

vendredi 3 septembre 2010

En l'honneur des martyrs de septembre

-
Il y a très exactement 218 ans, à 1 heure du matin, le sans-culotte SERGENT donnait l'ordre à ses "troupes" d'enlever les cadavres des centaines de religieux et prêtres, et ceux de quelques laïcs, hommes et femmes, qui avaient été massacrés dans la prison des Carmes, à Saint-Sulpice, à Saint-Firmin, à la prison de la Force, à Bicêtre, au Chatelet, à la Conciergerie, et ailleurs encore. Dans l'une des geôles, 114 prêtres sont tués en deux heures, à coup de sabre ou de piques. Aux Carmes, l'un des monstres ouvre la poitrine d'un des suppliciés qu'il vient de tuer, en arrache le coeur, et fait mine de le manger ; un témoin note que le sang lui fait comme une sorte de moustache. A Saint-Firmin, l'abbé GROS est massacré par un certain GOSSIAMME, savetier de son état. Cet homme ignoble dit à son bienfaiteur - l'abbé GROS n'avait cessé, pendant des années, de l'aider, lui et sa famille, car il était indigent - que la "Nation le paye pour le tuer". La liste des abominations n'est qu'une sanglante litanie. Parmi les victimes, on comptera 43 enfants issus du peuple. Ils étaient âgés de 12 à 17 ans.
-
Le même SERGENT, dont MICHELET le menteur romantique vante l'humanité, "est parti à la campagne" pendant toute le journée du 2 septembre. C'est qu'il a l'âme sensible, cet homme ! Pourtant c'est bien lui et son complice PANIS qui a transmis l'ordre des massacres, et c'est encore lui qui écrira le 3 septembre à "ses frères et amis" (tiens ! tiens) d'étendre les massacres, pudiquement déguisés sous le nom de justice du peuple, à la France entière.
-
Dans son Histoire socialiste, JAURES s'adressant à ces massacreurs, un siècle après leur forfait, leur dit que "le destin fut cruel de vous gorger ainsi d'une amère saveur de sang, vous qui cherchiez la justice et aimiez l'humanité ! Les révolutions sont la forme barbare du progrès. Si noble, si féconde, si nécessaire que soit une révolution, elle appartient toujours à l'époque inférieure et semi-animale de la liberté !" On admirera le tour de force qui consiste à mettre au compte de la nécessité la manifestation des plus bas instincts humains, de laquelle est censée naître les plus sublimes sociétés. Je me demande comment l'esprit, la fraternité, l'amour, peuvent naître de ces horreurs. Mais je ne m'appelle pas HEGEL !
-
Poursuivons avec TAINE qui fustige dans les septembriseurs "tous les monstres qui rampent enchaînés dans les bas-fonds du coeur, et sortent à la fois de la caverne humaine les instincts haineux avec leurs crocs" (In Conquête jacobine).
-
Mais, en 1792, que disent les hommes politiques de ces massacres ? (En histoire, en effet, il est impossible de comprendre une époque en y projetant les analyses, les valeurs et les idéaux du temps présent.) Parmi les réactions nombreuses, il en est une qui mérite d'être relevée, celle de PETION, maire de Paris. Dans le Moniteur du 10 novembre, un peu plus de deux mois après les faits, le maire a le courage de dire : "Je pense que ces crimes n'eussent pas eu un aussi libre cours [...] si tous ceux qui en avaient le pouvoir et la force les eussent vus avec horreur. Mais je dois le dire, PARCE QUE CELA EST VRAI, plusieurs de ces hommes publics, de ces défenseurs de la patrie, croyaient que ces journées désastreuses et déshonorantes étaient nécessaires [...], et que ces crimes ODIEUX EN MORALE, étaient UTILES EN POLITIQUE."
-
Voilà l'essence même du totalitarisme résumé de manière fulgurante par un élu du temps : la fin justifie les moyens ! Nous ne sommes pas sortis de cette logique. Et, comme mes lecteurs le savent, je trouve dans la philosophie chinoise nombre de vérités éclairantes, je terminerai ce billet en vous livrant cet aphorisme tiré d'un recueil très connu en Chine et compilé sans doute vers la fin du XVIe siècle, Les sages écrits de jadis (le Zenguang xianwen) : "Contemple le présent dans le miroir du passé ; sans le passé, le présent ne peut exister" (Pensée N°3).
-
Honneur aux martyrs de septembre !
-

mercredi 18 août 2010

Dommage qu'on ne l'ait pas écouté

-
Je relis rapidement quelques discours de JAURES à la Chambre des Députés. J'ai déjà dit combien je trouvais l'homme intègre, quand bien même, à l'étudier de plus près, il me paraît être tout entier la proie de l'idéologie. Il y a en lui un mélange d'internationalisme prolétarien et de patriotisme populaire dont on se demande comment ils peuvent cohabiter. Mais ils l'on fait.
-
Or donc, le 2 décembre 1888, on peut lire dans le Journal Officiel la totalité d'un discours du tribun, prononcé à l'occasion d'un débat sur l'école communale. Il y expose sa doctrine sur ce que doit être cette école. Après avoir constaté que l'école ne continue pas la vie de famille mais qu'elle prépare et inaugure la vie des sociétés, ce qui est une évidence que bien des pédagogues devraient se remettre en mémoire, JAURES poursuit :
-
"Est-ce à dire que les familles, qui sont, après tout, cette partie de la société qui a l'intérêt le plus direct dans l'éducation des enfants, ne doivent pas être entendues ? Est-ce à dire qu'il n'est pas utile, même au point de vue social, de tourner au profit de tous leur sollicitude passionnée pour quelques uns ? Oui, à condition que dans ce métier d'éducateur, où la tendresse ne suffit pas, elles fassent leur apprentissage et leurs preuves. Or, à l'avenir les programmes seront discutés bien loin des familles, tout contrôle leur échappera, et même jusqu'à la pensée d'en exercer un. Le peuple sera obligé de subir passivement pour ses fils un enseignement qu'il n'aura pas préparé, comme la bourgeoisie a subi depuis un siècle un enseignement qui avait été réglé sans elle. Laissez, au contraire, à quelques municipalités la gestion de quelques écoles indépendantes, et les municipalités mettront tous les jours les familles en face des problèmes d'éducation."
-
Et, un peuplus tard, ceci : "Je développe simplement cette pensée, que le jour où les programmes seraient contrôlés par l'expérience même des enfants du peuple, que le jour où les travailleurs pourraient dire ce qui les a le plus soutenus dans les combats de la vie, ce jour-là, nous aurions des programmes mieux adaptés aux exigences, aux nécessités de la vie quotidienne."
-
Moyennant quoi, les programmes scolaires continuent d'être concoctés par des Trissotin de la pédagogie dans les bureaux du Ministère (ah ! le "référentiel bondissant" qui désigne le ballon dans les sports collectifs décrits par les circulaires techniques !) ; on oblige des jeunes gens et des jeunes filles à aller à l'école jusqu'à 16 ans, alors qu'ils réclament tout autre chose pour leur vie mais savent à peine lire, ce qui est désastreux, et que les familles se tournent de plus en plus vers l'enseignement privé, plus libre dans ses méthodes, et mieux disposé à écouter les parents. JAURES retirera l'amendement qui tendait à laisser beaucoup d'indépendance et de liberté pédagogique aux Ecoles communales, et il aura ces mots tristes : "C'est avec confiance que je remets [au Ministre de l'Instruction publique] le soin de corriger l'excès de la centralisation scolaire."
-
Une chanson, une jolie chanson, dit dans son refrain : "Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?". J'aurais envie d'ajouter : "Pourquoi ne l'ont-ils pas écouté ?".

mardi 22 juin 2010

Elle ment

-
Madame AUBRY ment. Quand elle prétend qu'en cas de victoire de la gauche elle ramènera l'âge de la retraite à 60 ans, elle sait pertinemment qu'elle ne le pourra pas. Elle approuve les mesures prises par ses amis en Grèce, en Espagne ou au Portugal (suppression du 13e et 14e mois en Grèce, diminution des salaires des fonctionnaires en Espagne, par exemple). Il doit bien y avoir une raison. Mais ce qui est bon pour les autres pays ne semble pas l'être pour le sien. Sa France à elle n'existe pas. C'est une France rêvée, une France idéale (dans l'esprit socialiste). Il faut tout de même que la Première secrétaire nous explique comment elle parviendrait à distribuer des richesses qui ne sont pas produites. Car c'est bien de cela qu'il s'agit.
-
La crise que nous connaissons est une crise de l'aveuglement. La majorité des Français, dont l'ignorance en matière économique est abyssale, (à la mesure de la certitude que les éléphants ont de pouvoir résoudre tous nos problèmes par un coup de baguette magique à fort caractère fiscal), n'a pas compris que quand les banques prêtent de l'argent, elles prêtent en réalité un argent qui n'a qu'une existence virtuelle, et qui est gagé sur les biens et richesses à venir produites par l'emprunteur. C'est parce que les pays à direction socialiste ont emprunté plus que la production prévisible de richesses pendant la période de remboursement, que nous connaissons ce marasme. Le problème de la France est essentiellement une insuffisance de production de richesses liée à une insuffisance de travail que n'ont pas compensée les gains de productivité. Sur ce point, toutefois, j'ai lu un article dont j'ai oublié qui l'avait écrit - c'était un universitaire économiste - qui plaidait avec de très bons arguments pour une augmentation du pouvoir d'achat, en encadrant cette mesure par des aides à la production.
-
La solidarité de madame AUBRY consiste à permettre au plus grand nombre de ses électeurs de prendre du bon temps, sans trop se fouler, en faisant financer leurs petits plaisirs par ceux qui ne votent pas pour le Parti de la Rose. C'est une solidarité qui se moque des agriculteurs, des commerçants, des artisans, des professions libérales, bref de tous ceux de nos compatriotes qui exercent un travail autonome et dont les revenus ne dépendent que de leur travail. Madame AUBRY est la maman attentionnée des salariés du public, comme messieurs MELANCHON, BESANCENOT et LAURENT sont les papas putatifs des salariés du privé. Tout cela exhale de vieilles odeurs marxistes. Nous aurions mieux à faire que de nous opposer les uns aux autres. JAURES avait dit des choses remarquables d'humanité sur ce sujet. Il n'avait pas de mots haineux, mais une analyse à la fois rigoureuse et morale (Que faut-il faire pour avoir une vie bonne ? Telle était la question centrale, et pratique, qu'il se posait. J'en ai un jour parlé dans un de mes billets.) Mais tout le monde n'est pas JAURES... Je ne parle pas seulement du sexe de madame AUBRY. Je parle aussi du coeur.
-

jeudi 24 septembre 2009

Les grecs appelaient ça "Hubris"

Un de mes lecteurs fait un commentaire très important au billet que j'ai produit hier. J'en approuve quasiment le contenu dans son entier. Je voudrais rajouter ceci à ses propos.
Ce que je reproche fondamentalement à la pensée de gauche inspirée par le marxisme d'une part et l'hégélianisme de l'autre (la révélation de "l'esprit" ou du "sens de l'histoire", selon les opinions religieuses, par la résolution des contradictions "thèse" - "antithèse" au moyen d'une "synthèse", elle-même destinée à prendre le statut de "thèse" une fois établie), c'est son incapacité à voir que la société n'est pas faite que de salariés travaillant dans la fonction publique ou les grandes entreprises, mais aussi d'artisans, de professions libérales, d'agriculteurs, de commerçants, toutes professions habitées par des hommes qui n'ont d'autres sources de revenus que leur travail, ne bénéficient ni du régime normal des assurances sociales des salariés, ni des avantages des Comités d'Entreprise, ni de régimes de retraite aussi avantageux. Vous me direz que les salariés aussi n'ont d'autres sources de revenus que leur travail. Voilà une opinion qui n'est pas très juste. Quand un salarié est malade, il bénéficie de prestations sociales ; quand un agriculteur est malade, il continue de travailler parce qu'il cesse de le faire, il n'a plus aucun revenu. Bien plus, quand un artisan déclare ses revenus, s'il ne fait pas partie d'un centre de gestion agréé, il voit ces derniers majorés de 25 %, prétendument pour tenir compte d'une possible fraude. Voilà la grande différence d'avec les salariés qui bénéficient d'un abattement de 10 % puis de 20 %.
Nos politiciens de gauche ne comprennent rien à ces hommes-là, qui sont des hommes libres, maîtres de leur vie. Or ceux-ci constituent une fraction importante de la population. Nos éléphants, éléphanteaux et éléphanticules ont l'esprit encombré d'un système utopique, reposant sur un concept vague, celui d'égalité ; ils rêvent d'une société où il n'y aurait plus de conflits grâce à leur politique ; d'une société prétendument démocratique, où en réalité aucune contradiction publique ne saurait être tolérée, puisque, grâce à eux, le sens de l'histoire serait enfin révélé. C'est cela la démesure, c'est cela que les grecs appelait Ubris.
Leur idéologie repose aussi sur l'idée de progrès, confondue en réalité avec celle de la nouveauté. Or tout ce qui est nouveau n'est pas forcément un progrès. Le père de famille avisé est celui qui tire du bien "de l'ancien et du nouveau". Faut-il rejeter le progrès ? Non, bien sûr. Mais il faut bien discerner ce qui est un progrès de ce qui n'est qu'une avancée technique, parfois très contestable. Le véritable progrès est d'ordre moral ; j'entends d'ici les ricanements. Mais je redis, très clairement, que la morale est un art de vivre, et n'a rien à voir avec l'éthique, ensemble de normes de comportements acceptables en un temps et en un lieu donnés. Jusqu'aux lois de madame Simone WEILL, ministre de la Santé, l'avortement était considéré comme un crime ; la loi dit aujourd'hui autre chose. Alors soit, l'éthique est à géométrie variable, mais la morale, la science du bien et du moins bien, pour moi et pour les autres, me semble échapper à cette aimable anamorphose (représentation d'un phénomène dans un nouveau système de coordonnées ou de repères), à cet assoupissement de l'esprit, à cette adoration des dieux de l'argent, du plaisir et de la facilité.
Autre chose encore. Pourquoi JAURES est-il si respecté et si respectable ? Faut-il rappeler à ces messieurs-dames qui se gargarisent de son patronage, que JAURES a été professeur de morale, je dis bien morale, à la Faculté des Lettres de TOULOUSE ? La vraie raison, hommage que le vice rend à la vertu, c'est que JAURES pensait et qu'il était dépourvu de tout esprits de hargne ou de ressentiment ; il avait analysé objectivement les injustices effroyables dont les mineurs de CARMAUX étaient les victimes. Car ces pauvres esclaves du charbon ne gagnaient pas 7000 euros par mois, et ne travaillaient pas 7 heures par semaine, eux !
C'est tout pour aujourd'hui.

vendredi 18 septembre 2009

Qu'est-ce que le courage ?

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.

Chercher la vérité ! Dans le cas de l'élection de Martine AUBRY comme premier secrétaire, il est évident que le courage consisterait en effet à déterminer s'il y a eu des bourrages d'urnes dans les fédérations. Deux journalistes affirment qu'il en a été ainsi dans la fédération du Département du Nord, et disent avoir les preuves de ce qu'ils affirment. Il n'est pas impossible, réponse du berger à la bergère, que des fraudes analogues se soient produites au bénéfice de madame Ségolène ROYAL dans les fédérations du sud, notamment dans les Bouches-du-Rhône.
Madame ROYAL, fort habilement, déclare qu'elle s'associera à madame AUBRY si celle-ci engage des poursuites judiciaires contre ces journalistes. Madame AUBRY semble peu pressée de le faire, et propose de réunir un jury de journalistes avec les auteurs incriminés pour faire la lumière, comme si des journalistes, dont on connaît la propension à soutenir la gauche, allaient mettre en évidence des pratiques qui endommageraient gravement l'image du parti vers quoi leur coeur incline. Fort habile aussi, madame AUBRY fait procéder à un toilettage des fichiers du parti, et fait rayer comme électeurs potentiels, ceux des inscrits qui n'auraient pas payé leur cotisation depuis deux ans. Il semble que la mesure vise surtout les adhérents à 20 euros qui ont fait la fortune de madame ROYAL lors de la désignation du candidat socialiste aux élections présidentielles. On n'est jamais trop prudent.
La dire !
Dire la vérité n'est pas chose facile. C'est pourtant le seul moyen d'agir en profondeur sur les événements et de convaincre ses semblables de sa bonne foi. Et là encore, on ne semble pas pressé de la dire la vérité, et dans aucun domaine. On ne parle ni des avantages indus de certains enseignants (décharge syndicale), de hauts fonctionnaires (prime d'égout pour les Conseillers d'Etat, par exemple), de grands dirigeants d'entreprise (salaires exorbitants, stock-options, bonus), ni des abus, répertoriés, connus, récurrents commis à l'encontre de la sécurité sociale par certains concitoyens, ou certains étrangers accueillis sur notre sol, ni des fraudes commises dans les transports en commun par des bandes, pudiquement qualifiées de "bandes de jeunes", ni du trafic de drogue qui se déroule au su et au vu de tout le monde et que des déficiences législatives empêchent de sanctionner (gare de Saint-Denis et trafic de crack). Tout cela est tabou. Ou fait l'objet de jugements généraux, idéologiques. Tous les enseignants n'ont pas de décharge syndicale, tous les grands patrons ne se sucrent pas, tous les hauts fonctionnaires n'abusent pas de leur situation, nombre d'assurés sociaux sont intègres. Comme on ne sait ni nuancer ses jugements, ni conduire des analyses serrées et collecter des faits avérés, on reste dans les vagues folles des l'idéologie. On condamne en bloc, qui à droite, qui à gauche. Stupide. Vain. Inefficace.
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.
Savez-vous qui a dit cela ? JAURES.
Il serait tellement beau et bon que ceux qui s'en réclament, à gauche comme à droite, mettent en pratique cette belle maxime qui a valu à son auteur d'être assassiné le 31 juillet 1914. Ce crime était annonciateur d'un siècle de fer. JAURES voulait la paix et pensait entraîner ses amis socialistes allemands sur cette voix. Ils lui firent défaut. Il cherchait la vérité. Il la disait quand il lui semblait l'avoir trouvée. On connaît la suite.
PS. Je m'absente jusqu'à lundi 21