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lundi 28 octobre 2019

Mardi 28 octobre 2019. Vers le chaos ou vers l'enracinement ?


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DEUX PASSAGES DE "L’ENRACINEMENT" 

DE SIMONE WEIL.
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"Les hommes qui ignorent le vrai bien désobéissent à Dieu en ce sens qu'ils ne lui obéissent pas comme il convient à une créature pensante, par un consentement de la pensée. Mais leur corps et leurs âmes sont absolument soumis aux lois des mécanismes qui régissent souverainement la matière physique et psychique. La matière physique et psychique en eux obéit parfaitement ; ils sont parfaitement obéissants en tant qu'ils sont matière, et ils ne sont pas autre chose, s'ils ne possèdent ni ne désirent la lumière surnaturelle qui seule élève l'homme au-dessus de la matière. C'est pourquoi le mal qu'ils nous font doit être accueilli comme le mal que nous fait la matière inerte. Outre la compassion qu'il convient d'accorder à une pensée humaine égarée et souffrante, ils doivent être aimés comme doit être aimée la matière inerte, en tant que parties de l'ordre parfaitement beau de l'univers.
[…].
"Tant que l'homme tolère d'avoir l'âme emplie de ses propres pensées, de ses pensées personnelles, il est entièrement soumis jusqu'au plus intime de ses pensées à la contrainte des besoins et au jeu mécanique de la force. S'il croit qu'il en est autrement, il est dans l'erreur. Mais tout change quand, par la vertu d'une véritable attention, il vide son âme pour y laisser pénétrer les pensées de la sagesse éternelle. Il porte alors en lui les pensées mêmes auxquelles la force est soumise."
In
Simone WEIL.
L’enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain. (Collection Idées.)
Gallimard, Paris, 1949.
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COMMENTAIRES.
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Ce n’est pas pour rien que Simone WEIL a intitulé ce livre L’enracinement. Elle pressentait sans aucun doute, et avec une compassion exemplaire, que le monde, détourné de la sagesse divine serait réduit à n’être que la proie des forces matérielles. Ce livre écrit peu avant sa mort, est un livre testament. Vous pouvez le télécharger d’un site canadien francophone qui reproduit les grands classiques des sciences sociales publiés en français. Il explique prophétiquement le mal dont souffre notre patrie : le déracinement.
Il est très symptomatique de constater qu’elle reprend la distinction entre corps et âme (matière physique et psychique), d’une part et esprit, demeure de Dieu en nous, présence en nous de la Sagesse éternelle, telle que saint Paul l’a signalé dans la conclusion de sa première épître aux Thessaloniciens (5, 25).
Il est évident que depuis l’instauration de l’ordre laïc, le corps politique français est rempli des propres pensées des citoyens qui le composent : d’où les revendications des personnes homosexuelles : PMA, GPA, mariage, d’où les exigences des « droits à », d'où les exigences des grands groupes industriels, et en face, un État qui utilise non pas les armes de la pensée éclairée par la Sagesse éternelle, mais celle des gendarmes, des CRS, de la loi et d’une justice aux ordres dont les décisions défient tout bon sens. Ce fonctionnement est l'essence même de ce qu'on appelle la Démocratie, et qui n'a de démocratique que le nom.
Nous nous enfonçons dans un monde contradictoire, en raison des exigences mêmes des sociétés et groupes humains qui le constituent : les nations, les banques, les marchands, les mouvements extrémistes religieux (islamistes, mais aussi hindouistes, on a tendance à l’oublier), les sociétés de pensée maçonniques, les syndicats, les associations, les comités Théodule, etc. Tout ce petit monde s’agite. Les volontés s’entrechoquent, les énergies matérielles se déchaînent et le monde va, en apparence, vers le chaos, et non pas vers le Point Oméga mystiquement entrevu par le Père Teilhard de Chardin. La question me paraît assez simple à poser : avons-nous le droit de continuer ainsi à courir à notre perte ?
Dans d’autres billets, vous aurez encore quelques bonnes feuilles de cet ouvrage qui est essentiel.
Portez-vous bien.


jeudi 21 mars 2019

Mardi 19 mars 2019. Nouvelles du pari bénédictin. Servir l'homme intégral.


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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LA SERVITUDE DU FONCTIONNAIRE ANALYSÉE PAR MARCEL LEGAUT.
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"Je savais déjà qu'être intellectuel spécialisé représente une lourde hypothèque pour qui veut atteindre la structure de l'homme complet. Je comprenais maintenant qu'être fonctionnaire est une condition fort peu propre à grandir un caractère. La sécurité matérielle du fonctionnaire, semblable à celle du petit ou du gros rentier de jadis, concourt perfidement, insensiblement, dans une société matérialisée, à l'apprentissage de la servitude. Toucher régulièrement un traitement à la fin de chaque mois par une formule de chèque postal, sans qu'il n'y ait nul rapport visible entre le travail fourni et la rémunération, cela supprime l'aiguillon qui garde au labeur, et à toute la vie, leur originaire capacité d'initiative, de vigueur et de ténacité. Bien peu d'hommes, en effet, ne s'endorment pas sous le poids de leurs déterminismes quand l'aiguillon de la nécessité ne vient pas les pousser au-delà d'eux-mêmes."
In
Marcel LÉGAUT.
Travail de la Foi. Quelques approximations spirituelles.
Éditions du Seuil; Paris, 1962. (Page 17.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Le constat de Marcel Légaut est extrêmement nuancé. Il ne cible pas les fonctionnaires en général, en tous lieux et en tous temps, mais les fonctionnaires d’une société matérialiste (matérialisée). Par ailleurs, Marcel Légaut parle de la structure de l’homme entier. Depuis que j’ai ouvert ce Blog, je ne cesse de crier sur tous les toits que l’erreur politique majeure commise depuis la naissance de la république française est une erreur anthropologique. L’homme complet, dont parle Marcel Légaut, est tout à la fois corps, âme et esprit, selon la belle formule de saint Paul dans la première épître aux Thessaloniciens. Et la grande erreur à laquelle je fais allusion est l’erreur matérialiste qui fait que les hommes politiques de tous bords, ne s’intéresse qu’au corps, dont il est évidemment indispensable de satisfaire les exigences (nourriture, vêtement, toit, chauffage, etc.) si l’on veut que les autres instances (âme et esprit) voient les leur honorées. L’homme ne vit pas seulement de pain, dit Jésus à la fin de ses quarante jours de retraite dans le désert, au moment de la grande tentation.
C’est pour ignorer les exigences de l’âme (qui correspond en gros au psychisme, et à la conscience) que le monde politique se trouve aujourd’hui confronté à une crise d’une exceptionnelle gravité. Il existe une subjectivité sociale qui s’exprime à travers les traditions locales ou régionales, les associations, les fêtes, les commémorations diverses (je pense à la fête de la Vouivre par exemple, un célèbre dragon mythique fort prisé chez les antiques Séquaniens, qui a lieu tous les ans en Bourgogne, ou à la cérémonie qui a lieu chaque année en mémoire des morts de la Commune, ou à la fête de la Lumière à Lyon), les contraintes géographiques (transhumance, par exemple). Cette subjectivité et les pratiques sociales qui la sous-tendent, est délibérément ignorée ou détournée par les élites technocratiques pour qui les problèmes ne peuvent trouver de solutions qu’objectives.
Et puis il a l’esprit, le pneuma, le lieu du souffle, le lieu où l’Esprit repose. Bien entendu, il y a belle heurette que nos politiques ont oublié que l’homme est fait pour louer et honorer son Créateur lequel est à la fois transcendant et immanent.
En retournant à la terre, en retissant le lien qui unit le travail à sa rétribution, Marcel Légaut est l’exemple même du parieur bénédictin. Il a cultivé la terre, après avoir été professeur des universités, il a passé ses journées au rude labeur des labours, et ses soirées à la réflexion, la lecture, la méditation. Il a connu la fatigue du corps et le repos, il a nourri son intelligence de lectures, de culture, d’exclamations émerveillées devant la nature, et par-dessus tout, il a médité et prié. Je suis très étonné de voir qu’un chrétien de cette envergure (comme Jean BASTAIRE d’ailleurs) ait été si peu étudié par nos pasteurs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et je vous encourage à lire les œuvres de ce paysan-poète.



vendredi 8 février 2019

Vendredi 08 février. L'année du Porc commence !


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A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de vous parler du livre à tous égards admirable de LIU Xiaobo, Prix Nobel de la Paix, défenseur des libertés et de la démocratie et mort en prison d’un cancer, en Chine, en 2017.  Le livre s’intitule
La philosophie du porc et autres essais.
Traduit du chinois. Textes choisis et présentés par Philippe BÉJA. Préface de Václav HAVEL. ("Bleu de Chine", Collection dirigée par Geneviève IMBOT-BICHET.)
Gallimard, Paris, 2011.
Nous sommes rentrés dans l’Année du Cochon de Terre, et, en Chine, les fêtes du Nouvel An battent leur plein. C’est la raison pour laquelle, lors de son dernier cours de l’année au Collège, le Pr Anne CHENG a conclu sur cette constatation tirée du livre susnommé.

"La philosophie du porc : comment faire en sorte que les porcs ne fassent que manger et dormir, dormir et manger…"

豬的哲學 :怎样让豬们吃饱了就睡,睡醒了就吃…

Bien entendu LIU Xiaobo vise la politique des dirigeants chinois. Mais le constat pourrait s’appliquer aussi et surtout à tous les régimes politiques et aux gouvernants qui, disent-t-ils, ne songent qu’au bonheur du peuple, et pensent qu’il suffit à celui-ci de manger à sa fin et de pouvoir poser sa tête sur un oreiller. En somme, et la chose est particulièrement visible en France, tout ce qui a trait à l’esprit, à la pensée, à la liberté, bref, tout ce qui n’est pas matériel, ne rentre en aucun cas dans les projets des hommes politiques. Oh ! Ils vous diront qu’ils promeuvent la Culture ! Ce qui signifie qu’ils subventionnent à tour de bras des troupes calamiteuses, des peintres approximatifs, des saltimbanques de rencontre. Ils s’arrangent pour que les médias clouent le bec à toute opinion un peu dérangeante : ONFRAY, ZEMMOUR, BELLAMY, GUILLUY, MICHÉA par exemple, sont du reste systématiquement critiqués par des nullités qui souvent se sont contentées de lire en diagonale les textes qu’ils censurent du haut de leur chaire médiatique quand il les ont lus, ce qui est parfois très problématique (j'y reviendrai avec des exemples !).
En vérité, et pour répondre en un timide mais puissant écho de LIU Xiaobo, je me permettrai de dire deux choses : (a) la crise des Gilets jaunes est une crise du sens de la vie, telle qu’il est reflété par le monde politique, c’est-à-dire une perte du contact avec le réel ; (b) l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Quand je vois tous les jours des jeunes gens et des jeunes filles à la messe du soir, quand je vois tous les jeudis cette cinquantaine de lycéens et lycéennes prier le chapelet à Saint-Jean de Passy, je suis émerveillé et je vois, à ma petite, très petite mesure, le blé germer, la graine de moutarde devenir un bel arbre à l’ombre duquel les oiseaux feront leurs nids, et le levain enfoui dans la pâte, la transformer en un pain spirituel savoureux. Tout le reste est superficiel. 


samedi 25 novembre 2017

25 novembre. Nouvelles de la Dissidence. Se sentir séparé pour communier avec l'autre.

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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Poursuivons sans crainte la lecture de Louis LAVELLE. Cette citation enrichit et complète celle de mob billet d’hier.

"La communion entre les êtres n’est possible qu’à condition qu’ils se sentent d’abord séparés. Et même elle ne commence qu’à partir du moment où ils sont assurés tous deux d’être enfermés l’un et l’autre dans l’intimité de leur propre solitude. Jusque-là, aucune communication ne saurait être valable. Ils ne peuvent agir vraiment l’un sur l’autre que dans la partie la plus inviolable d’eux-mêmes, où tout ce que l’on offre, tout ce que l’on accepte semble rompre également la pudeur. L’individualité des différents êtres est d’abord un effet de la matière : et l’on sait que pour les plus délicats, être touché, c’est déjà se sentir blessé. Que faudra-t-il dire du contact qui peut se produire entre deux volontés ? Nous ne pouvons pas penser à notre solitude où un autre va pénétrer, à la solitude d’un autre qui pour nous va s’ouvrir, sans éprouver une sorte de tremblement, une immense espérance accompagnée d’une douloureuse anxiété. Dans les formes les plus hautes de la communion entre deux êtres humains, où règnent une confiance et une joie presque continues, il faut que cette anxiété demeure, qui est encore la marque du caractère sacré de la solitude et du miracle qui la dépasse. […]."
In
Louis LAVELLE.
Le mal et la souffrance. ["Présences" ; sous la direction de DANIEL-ROPS.]
Librairie Plon, les petits-fils de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Éditeurs, Paris 1940. (Page 199.)
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2. COMMENTAIRES.
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C’est en pensant à ces jeunes qui désirent s’engage dans le mariage que j’ai choisi ce passage. Rien ne me hérisse plus que d’entendre des homélies de mariage où le célébrant vante auprès des époux l’idée du « n’être plus qu’un ». Cette idée est philosophiquement et anthropologiquement fausse. Pour rentrer en relation dans un couple, il faut être deux. Et LAVELLE indique avec une force extrême que la rentrée en relation, c’est le contact entre deux solitudes et deux volontés, où ceux qui aiment vraiment ouvrent à l’autre cette partie d’eux-mêmes qui est le cœur profond ou encore l’esprit, le temple où réside en nous Dieu immanent. 
Vous allez me dire que l’on est loin de ce qui normalement fait l’objet de ce Blog et qui est essentiellement consacré à la politique au sens noble du terme, c’est-à-dire à la vie commune dans l’espace public. C’est au nom d’une vraie relation à l’autre que la courtoisie et les bonnes manières sont requises par la vie en commun et le vivre ensemble. Et nous savons bien que dans l’espace public, nous rencontrons surtout des gens que nous ne connaissons pas. Les ignorer parce que nous ne les connaissons pas, c’est fermer son cœur à la relation. Et c'est vouloir échapper au risque et à l'anxiété de la rencontre !
Il est très clair que l’on est loin du compte pour ce qui est du respect des bonnes manières. Quand un délinquant tabasse un conducteur de bus et se voit infliger un simple rappel à la loi, comme cela s’est vu récemment en Bretagne, on peut s’interroger sur ce que signifie le vivre ensemble. Le lien social exige cette ouverture de l’esprit ou du cœur, laquelle requiert en effet le respect de l’autre dans sa singularité et son inaliénable mystère.
Le simple rappel à la loi à ce délinquant violent, sans aucune autre sanction, ne fait que renforcer celui-ci dans une solitude, un enfermement proprement calamiteux… Mais les juges appliquent paraît-il la loi. Si c’est le cas, alors il faut la changer.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE, BAROQUE OU CURIEUSE.
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Tout finit par se savoir.


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Une évidence que les laïcards ne veulent point admettre.

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A tout péché, miséricorde. ENTHOVEN fait son mea culpa.

Il fallait le signaler et reconnaître du panache à Raphaël.

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Qu’ils ne viennent pas nous faire la morale.

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La CAMIF a raison ! Elle est cohérente avec les valeurs qui ont été à la racine de sa fondation.

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Il n’y avait pas que les Vendéens à être persécutés sous la Terreur.

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Et enfin :



vendredi 26 mai 2017

26 mai 2017. Nouvelles de la Résistance. La mission de la France en Europe !

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Poursuite du cycle consacré à Georges BERNANOS, inépuisable source de réflexion sur les événements contemporains, notamment dans son livre intitulé : La liberté, pour quoi faire ? (Folio Essais, N°274, Gallimard, Paris, 1995).
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Voilà des années et des années que nos rivaux d’Europe, en effet, s’efforçaient de nous représenter à eux comme un peuple déchu, qui ne marchait que lentement et comme à regret dans la voie du progrès, et ce progrès si vanté vient de s’abîmer dans les charniers. [Je rappelle aux lecteurs que nous sommes en 1947 et que l’on vient de découvrir l’ampleur des crimes nazis avant que l’on ne découvre celle des soviétiques]. Ils savent bien que ce progrès n’est pas le nôtre, que ce n’est pas cet espèce de progrès que nous annoncions aux hommes, lorsque au plus haut point de son prestige et de sa puissance mon pays lançait au genre humain son immense message d’espoir et de fraternité. Ils estiment que la France ne peut pas encore avoir dit son dernier mot. Qu’il ne dépend que d’elle de tourner contre un ordre qui n’est en réalité que la dictature d’une technique en délire, les immenses ressources spirituelles accumulées au cours des siècles, et dont elle dispose encore. Ils se disent que cet ordre n’est pas français, que la France a essayé en vain d’y conformer son libre génie, qu’elle s’est peu à peu épuisée dans cette lutte impuissante contre elle-même, que sa mission historique est désormais non pas seulement d’opposer à cet ordre un refus, mais d’en penser un autre — oui d’en penser un autre — de le penser avec cette sensibilité prodigieuse de l’intelligence qui a toujours rendu les idées vivantes, abouti à une véritable incarnation de la pensé." (Pages 40-41.)
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2. COMMENTAIRES.
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Non, la France n’a pas achevé la mission qui est confiée à son libre génie. Et je vois dans les réactions de personnalités aussi diverses que Jean-Pierre Chevènement, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe de Villiers, Élisabeth Lévy, Jean-Pierre Poisson, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, chacun en son genre, le reflet de ce génie français qui ose dire non à l’inhumain. Cherchez bien, sans préventions ni préjugés ni ostracisme a priori ce qui peut motiver les réticences de ces personnalités aussi diverses : ce qui peut les motiver, me semble-t-il, c’est l’idée qu’ils se font de la mission de notre patrie. Les uns mettront l’accent sur sa vocation universelle d’accueil, les autres sur la perpétuation de choix et de traditions propres à notre patrie, tous se placent au-dessus de l’économie, de la finance, de la compétition, du commerce et de la civilisation technique anglo-saxonne. Tous, ils privilégient l'une des constantes de notre peuple. Il nous revient de faire le tri entre l'ensemble de leurs propositions, certes, mais nous devons le faire honnêtement, et non par un réflexe idéologique que PAVLOV n’aurait pas renier. Nombre de nos rivaux européens (car il faut bien appeler par leur nom ceux que la propagande appelle nos amis, nos alliés ou que sais-je encore dans l’ordre de la flagornerie européolâtre) se réjouissent de l’affaiblissement de la France. C’est oublier qu’elle s’est toujours relevée après avoir chue dans les profondeurs du désespoir.
Chers jeunes, vous qui m’êtes si chers, soyez fiers d’être Français. Ne méprisez aucune patrie de l’Europe, n’en surestimez aucune, mettez la France là où elle doit être : le témoin de l’Esprit. Elle n’est ni au-dessus ni au-dessous de quelques pays qui tissent cette invraisemblable toile européenne, cette broderie magnifique, diverses, chatoyantes de mille traditions et langues. La France est là, l’épée de l’Esprit au poing, prête à défendre l’homme contre lui-même, contre sa folie des grandeurs, son idolâtrie de lui-même. Un jour viendra où l’on rendra justice dans le monde entier à cette ferme pensée qui continue d’irriguer les meilleures parts de notre peuple.
Ce n’est pas une question de race, de sexe, ni de religion. C’est une question d’imprégnation plurimillénaire par l’Esprit de Dieu venu dans la chair. En refusant d’inscrire dans la Constitution européenne, les origines chrétiennes de l’Europe, les responsables politiques ont péché contre l’Esprit, et c’est la raison pour laquelle l’Europe, en sa forme actuelle, est déstinée à périr.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Très chers lecteurs, si vous n'avez pas le temps de lire la citation, lisez au moins ces articles.

Une illustration de la citation.


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Qu’en est-il exactement et que font les féministes, hormis madame de Haas qui préconise d’élargir les trottoirs et d’améliorer l’éclairage ?

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Une parole forte venue de la Pologne.


Ce n'est pas pour rien que nous aimons la Pologne. Elle n'a pas (pas encore) apostasié.
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L’esprit de la jeunesse de France.

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Une bonne affaire, légale, sans risque, mais tout de même problématique.


et

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Une femme politique à dégager d’urgence !

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Il faut voir ce film.


Je n’ai pas encore eu la possibilité de le faire, mais je m’y prépare ! C'est une réflexion sur l'enracinement.
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Et enfin cette nouvelle qui remplit de joie et d’espérance.



jeudi 13 mars 2014

Nouvelles de la Résistance : avis aux princes ou à ceux qui se croient tels !

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Et pour commencer, la devise !

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.


1. Les citations du jour.

Cueillies avec Benjamin CONSTANT ces fleurs de la pensée. Il y en a suffisamment pour inspirer ceux qui nous gouvernent. Je les numérote et je comprends pourquoi une sélection des pensées les plus fortes d'un auteur est appelée un florilège..

1. "S’il n’y a que l’intérêt dans le cœur de l’homme, il suffit à la tyrannie de l’effrayer ou de le séduire pour le dominer."

2. "L’esprit est le plus vil des instruments quand il se sépare de la conscience ." 

3. Il n’existe, dit CONSTANT, que deux « systèmes » pour nous guider dans nos actions : "L’un nous assigne l’intérêt pour guide, et le bien-être pour but. L’autre nous propose pour but le perfectionnement, et pour guide le sentiment intime, l’abnégation de nous-mêmes et la faculté de sacrifice. " 

4. "Il restera toujours de ces hommes pour qui la justice est une passion, la défense du faible un besoin. La nature a voulu cette succession ; nul n’a jamais pu l’interrompre, nul ne l’interrompra jamais."

5. "La définition de la morale est qu’elle indique aux hommes comment ils peuvent être heureux, en rendant heureux leurs semblables."
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2. Commentaires.

La première citation nous renvoie au célèbre aphorisme de la carotte et du bâton. Ma fois, dans le système actuel, la tyrannie molle et gluante dans laquelle nous nous enfonçons sans même nous en rendre compte, agit exactement selon ce principe : subventions ciblées aux mouvements, journaux, partis, associations, qui encensent ce gouvernement d'imbéciles bernanosiens ; prison, écoutes téléphoniques, procès inventés, contrôles fiscaux, gardes à vue, menace sur les demandes de naturalisation, et j'en passe, pour ceux qui ont le malheur de ne pas accepter les lois sociétales du socialisme.

La deuxième citation renvoie aux méthodes de discussion que l'on apprend à l'ENA pour embobiner le public, les journalistes (en vérité, ils se laissent faire avec délice) ou les contribuables : on peut tout justifier quand on pratique la dialectique, laquelle exclut toute reconnaissance préalable des faits et s'en tient à des préjugés, des préjugements, et des idées toutes faites. Le but n'est pas la recherche de la vérité à plusieurs, même si cette vérité est d'un accès difficile et ne peut être qu'approchée. Le but est de clouer le bec à son interlocuteur considéré comme un ennemi (et non comme un adversaire, ce qui serait un moindre mal). Voilà qui ne va pas loin dans le respect de l'autre.

La troisième citation renvoie à la conception que les hommes politiques se font de l'être humain, non pas au terme d'une réflexion sur sa vraie nature, mais en vue de capter son suffrage pour s'assurer une élection et une prébende. Monsieur MITTERRAND était passé maître dans cet art, lui qui savait que dans notre système les élections se gagnent à la marge, et qu'il convient donc de séduire ces minorités dont l'utilité sociale, économique, artistique ou culturelle est souvent très problématique.

La quatrième citation renvoie à l'indignation qui nous saisit quand on entend les propos mensongers d'une Christiane TAUBIRA ou d'une juge MARTRE, ou de je ne sais quel obscur politicien, qui défend l'indéfendable et ne s'offusque point que l'on n'arrête que 14 casseurs lors des émeutes de NANTES mais stigmatisent les 250 manifestants illégalement embarqués le soir du Jour de Colère. Cette injustice, personnellement, me fait détester notre système judiciaire, un système qui relâche les agresseurs du RER de GRIGNY, mais emprisonne un Nicolas BERNARD-BUSSE, et, plus récemment, un jeune Lyonnais (6 mois fermes) pris dans les filets de la police politique de Menton POINTU. Je ne parle même pas du cas de la jeune ANNA, dont les médias n'ont JAMAIS fait mention, et que nous ignorerions si les réseaux sociaux n'en avaient pas fait état. J'en profite d'ailleurs pour dire ici que si le Président SARKOZY a bien commis les actes dont on le soupçonne, il doit être sanctionné. Mais pour l'instant, je suis habité par le plus profond des doutes ! Vous comprenez pourquoi.

La cinquième citation renvoie à la notion de bien commun, et elle fait apparaître dans une cruelle lumière que les gens qui nous gouvernent (et ceci, hélas, n'est pas le propre de ce seul gouvernement ; celui-ci l'a simplement porté à un degré jamais atteint, un degré incandescent) le font souvent au bénéfice de leur clan. Faire le bonheur de quelques uns au détriment du bonheur de tous est parfaitement immoral.
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3. Infos sur la Résistance.
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18 mars : accueil de Vincent Peillon à Versailles (via le salon beige).

Le château de Versailles et France Culture s’associent pour lancer un nouveau rendez-vous mensuel : « les Rencontres du Jeu de Paume à Versailles ». Emmanuel Laurentin, producteur de l’émission « La Fabrique de l’Histoire », en compagnie d’un historien, recevra un acteur politique majeur, français ou européen, et l’invitera à s’exprimer sur la place et le rôle de l’histoire dans son imaginaire.
Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, sera l’invité de la première rencontre, qui sera enregistrée le mardi 18 mars de 16h45 à 18h dans la salle du Jeu de Paume, haut-lieu de l’histoire politique française. L’émission sera diffusée le vendredi 21 mars 2014, de 9h00 à 10h00 dans « La Fabrique de l’Histoire».
Pour assister à l'enregistrement de l'émission (dans la limite des places disponibles) : Entrée libre et gratuite sur réservation sur auditeurfranceculture@radiofrance.com

N'hésitez pas, chers amis versaillais, à aller écouter monsieur PEILLON et à lui porter contradiction. C'est un spécialiste de la ré-écriture de l'histoire. N'omettez pas de lire TAINE, Ronald SECHER ou Jean SEVILIA, pour rappeler à ce ministre d'où il vient : d'un régime de sang, d'iniquités et de violence. L'émission porte bien son nom : on la fabrique, l'histoire de France, à coup de mensonges et d'approximations. Mais cette usine à mensonges est en train de tomber en ruines ; je ne lèverai pas le petit doigt pour la relever !
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Jean-Michel Baylet mis en examen dans une affaire de marchés publics (via le Salon beige).

La cour d'appel de Bordeaux a ordonné la mise en examen pour favoritisme de Jean-Michel Baylet dans une affaire de marchés publics pour "frais de bouche". Le dossier concerne des passations de marchés publics de 2004 à 2005 pour des repas au Conseil général du Tarn-et-Garonne dont le sénateur et président du Parti radical de gauche (PRG) est le président.

L'implication de monsieur BAYLET ne relève pas d'un acte de résistance. S'il en est fait mention dans ce billet, c'est pour relever, une fois de plus, la corruption mentale de nombre d'élus, laquelle soulève de légitimes questions de la part de nos conitoyens.

vendredi 10 mai 2013

Nous n'avons rien inventé

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Je sais ! Je vais encore vous ennuyer avec mes chinois ! Mais que voulez-vous, ils sont une source inépuisable de sagesse et nous ferions bien de nous en inspirer, nous qui, en Occident, croyons avec arrogance penser l'universel. Au chapitre 1 du Huainan zi  (compilé par un certain LIU AN, au deuxième siècle avant J.-C.), on trouve ceci qui donne à réfléchir :
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"Or donc, quand les esprits règnent en maître [il s'agit de la partie spirituelle de l'être humain (shi), de ses souffles (qi)], le corps suit et l'on prospère ; et quand le corps impose sa loi, les esprits suivent et l'on se dégrade. Les hommes aux appétits voraces et aux passions dévorantes couvent la puissance d'un regard plein d'envie ; fascinés qu'ils sont par les titres et les positions; ils n'ont qu'une ambition : dépasser les autres par leur habileté et s'installer sur les hauteurs de la société. Avec ce résultat que leurs essences et leurs esprits diminuent tous les jours un peu plus, s'égarent toujours plus loin. C'est un débordement prolongé sans esprit de retour ; le corps fermé et le centre inaccessible, les esprits ne trouvent plus par où pénétrer. Alors les gens éprouvent, à tout instant, les effets désastreux de leur aveuglement et de leur extravagance." (Traduction d'Elisabeth ROCHAT de la VALLEE.)
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Nos lamentations sur l'état de l'esprit public n'ont rien de bien nouveau. Depuis des millénaires, les hommes s'interrogent sur cette étrange maladie que l'on contracte en accédant au pouvoir, et qui confère au malade des comportements incompréhensibles, marqué par une totale fermeture des sens. N'importe qui, en voyant les rumeurs qui grondent dans tous les coins de notre patrie, dans toutes les couches de la société, devrait s'interroger, interroger les plaintes, s'informer du bien fondé des reproches qui lui seraient faits. Le Président SARKOZY a payé d'un échec (à mon avis immérité) une certaine surdité et un certain aveuglement. Hélas, avec monsieur HOLLANDE et son gouvernement, nous avons descendu d'un cran l'échelle qui conduit à la dégradation de l'homme. Avec la loi sur le mariage homosexuel, le corps a parlé, mais non les souffles et les esprits... Il nous reste à espérer que la sagesse finira par l'emporter, et que l'on reviendra sur une folie qui risque de nous coûter cher. Le corps ne peut se bien porter que si l'esprit l'anime vraiment. Cela est vrai de la personne comme de la société. Qu'attendre alors de ceux qui ne croient pas à l'esprit ? J'y crois et je pense que la non violence, la parole, l'argumentation et la prière peuvent changer bien des choses. On a le droit de prier pour monsieur HOLLANDE. Je vais m'efforcer de le faire.
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lundi 15 octobre 2012

Le progrès et les idoles...

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De Simone WEIL encore, et tiré de l'ouvrage dont j'ai donné hier la référence, voici un petit extrait d'un fragment qu'elle destinait pour publication aux Nouveaux Cahiers dans la rubrique que ceux-ci consacraient aux Pouvoirs des mots. Il ne semble pas que ce fragment, putativement daté de 1937, ait été publié. Le voici.
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"Nous vivons dans un âge éclairé, qui a secoué les superstitions et les dieux. Il ne reste attaché qu'à quelques divinités qui se réclament et obtiennent la plus haute considération intellectuelle, telles que Patrie, Production, Progrès, Science. Par malheur, ces divinités si épurées, si affinées, tout à fait abstraites comme il convient à une époque hautement civilisée, sont pour la plupart de l'espèce anthropophage. Elles aiment le sang. Il leur faut des sacrifices humains. ZEUS était moins exigeant. Mais c'est qu'on aurait pas accordé à ZEUS plus que quelques gouttes de vin et un peu de graisse de boeuf. au lieu que le Progrès - que ne lui accorderait-on pas ? Aussi riait-on parfois de ZEUS, tandis qu'on ne rit jamais du Progrès. [...].

On peut tout accorder au Progrès, car on ignore tout à fait ce qu'il demande. Qui a jamais tenté de définir un progrès ? Si l'on proposait ce thème dans un concours, il serait sans doute instructif et amusant de comparer les formules. Je propose la définition que voici, la seule à mon avis pleinement satisfaisante et qui s'applique à tous les cas : on dit qu'il y progrès toutes les fois que les statistiques peuvent, après avoir dressé des statistiques comparées, en tirer une fonction qui croit avec le temps. S'il y a en France - simple supposition - deux fois plus d'hôpitaux qu'il y a vingt ans, trois fois plus qu'il y a quarante ans, il y a progrès. S'il y a deux, trois fois plus d'automobiles, il y a progrès. S'il y a deux, trois fois plus de canons, il y a progrès. S'il y a deux, trois fois plus de cas de tuberculose... mais non, cet exemple ne conviendra que le jour où l'on fabriquera de la tuberculose. Il convient d'ajouter à la définition ci-dessus que la fonction doit exprimer l'accroissement de choses fabriquées."
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Admirablement drôle, si l'on prend le temps de réfléchir. Nous sommes dans le monde du quantitatif (je l'ai déjà dit dans un ancien billet), du matériel. Où est l'esprit dans tout cela ? Où est l'empathie ? Il n'y a de véritable progrès que moral (et attention encore : la morale n'est pas un code d'interdits et d'obligation ; c'est la science du discernement qui permet d'avoir la "vie bonne", d'être heureux en d'autres termes). Avec leurs pourcentages, leurs nombres de postes créés, de kilomètres d'autoroute construits ou encombrés d'embouteillage, ils ne voient que l'écume des choses, ceux qui nous gouvernent. Ils s'imaginent qu'il suffit d'augmenter le nombre de poste d'enseignants pour que les enseignants ne soient plus agressés par des sauvageons inéduqués ; il suffit qu'ils constatent une augmentation du pourcentage de chômeurs pour créer X postes d'emplois aidés, lesquels ont de fortes chances d'engendrer plus de frustration que de succès, et ainsi du reste.
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Leurs prédécesseurs pensaient de même et il serait injuste de n'accuser que la courte vue des actuels pouvoirs publics. Il n'empêche : j'approuvais, en la bémolisant quelque peu, la décision de monsieur PEILLON d'enseigner à l'école la morale prétendue laïque. Je fais marche arrière quand je l'entends approuver la création de lieux où l'on pourrait consommer de la drogue. Il est philosophe, monsieur PEILLON, il n'est pas pharmacologue, que je sache. Et s'il aime ses semblable (ce qui me paraît être au centre d'une vie morale authentique), il ne peut pas vouloir pour eux la création d'opportunités ou de facilités qui achèvent de détruire leur cerveau et les transforment en esclaves.
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NB : ma seule interrogation porte sur l'idole que serait selon Simone la Patrie. Simone WEIL pensait sans doute à la Nation et elle avait en arrière plan l'affreuse et inepte tuerie de la guerre de la Première Guerre mondiale. La Patrie n'a aucune connotation politique ou étatique. Nous lui devons notre langue, l'idiosyncrasie de notre culture et de notre façon denvisager le monde. C'est un lieu sur quoi planent l'histoire de nos pères, un lieu où ils dorment pour toujours. Et en son temps comme aux nôtres, elle semble bien oubliée. L'amour des siens l'a désertée. C'est justement par ce que l'on a confondu la NATION avec elle.

mercredi 1 décembre 2010

Quand la science bouscule les vieux préjugés

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Les MONOD, CHANGEUX, CRICK et autres grands savants, matérialistes, réductionnistes et antireligieux sont désormais scientifiquement hors jeu. Leurs théories, leurs hypothèses sont tout simplement mises à bas par les découvertes les plus récentes de le neurologie.
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Voici ce que dit Roger SPERRY, prix Nobel de médecine :
"Quand je me prétends mentaliste, je soutiens que les phénomènes mentaux subjectifs, tels qu'on en fait l'expérience subjective, représentent une réalité primordiale exerçant un effet causal et qu'ils sont distincts de leurs éléments physico-chimiques, auxquels ils ne peuvent être ramenés" (In Science and moral priority, Columbia University Press, 1982). Voilà qui mérite d'être commenté. SPERRY affirme qu'il y a une réalité non physico-chimique qui précède et détermine nos pensées et nos actions, quand bien même celles-ci laissent des traces détectables par divers moyens dans notre cerveau. Exit l'homme neuronal et le paquet de neurones de Jean-Pierre CHANGEUX, ; fini le hasard et la nécessité de Jacques MONOD.
SPERRY va encore plus loin : "Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l'esprit humain, conception issue semble-t-il de l'attitude objective et analytique aujourd'hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement [...]. Je soupçonne que nous avons été dupés, qu'à la société et à elle-même la science n'a fourgué que de la camelote." (Ibidem).
Ainsi, pour SPERRY, l'esprit conscient n'est pas de nature physico-chimique est replacé "dans une position de commandement suprême".
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Je vous reparlerai des expériences de Benjamin LIBET qui remisent définitivement aux oubliettes les conceptions matérialistes de l'esprit humain. Mais déjà, je vous signale le livre décisif auquel j'ai fait récemment allusion. "Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique", de Jean STAUNE, publié aux Presses de la Renaissance, Paris 2007, dans lequel j'ai puisé ces citations. Difficile d'accès, ce livre, qui est l'oeuvre d'un mathématicien, diplômé aussi en paléontologie, informatique, gestion, sciences politiques et économiques, est tout simplement percutant. J'en recommande la lecture à toute personne soucieuse de se tenir au courant des progrès de la science. J'en exigerais bien volontiers la lecture de la part de nos hommes politiques, de tous les responsables économiques ou syndicaux, de tous les artistes, de tous les hommes de bonne volonté. La conscience n'est pas le fruit du fonctionnement du cerveau ; elle le surplombe, même si elle en exige l'existence pour se manifester. Il n'échappe à personne que, dans ces conditions, c'est elle qui juge de la valeur moral des actes, et qui les classe sur une échelle de valeur. Tout ne se vaut pas... Avis aux amateurs qui veulent chambouler par la loi ce que toute conscience droite réprouve. Avis aux amateurs encore qui se permettent de juger de l'intention et de la responsabilité morale d'autrui. Ce n'est pas pour rien que SPERRY a intitulé son livre "Science and moral priority."
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Décidemment, nous avons encore beaucoup à apprendre.