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samedi 30 juillet 2011

Fioretti de l'Inde

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On aurait pu l'écouter pendant des heures. Il vit en Inde depuis le milieu des années 1960, avec les pauvres des slums, (des bidonvilles), et depuis cinq ans, il est aumônier d'une léproserie et habite avec les lépreux de Calcutta. Car il est prêtre du Prado et il a très tôt décidé de s'occuper des pauvres, selon le charisme de son Institut. C'est hier soir que j'ai assisté à sa causerie inopinée.
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Il avait décidé, en accord avec ses supérieurs, de conduire une étude sociologique des bidonvilles ou slums de l'Inde qui font une ceinture de misère, et de fange aux grandes villes de ce pays, pour trouver quelques causes à cette offense faite à l'homme, et tenter d'y remédier. Il lui fallait pour cela trouver un habitant de ces cités, un chrétien, qui acceptât de partager sa hutte. [Car les slums sont faites de huttes de quelques mètres carrés de surface, aux murs de terre et aux toits de feuilles de palmier (ou de tôle ondulée dans le meilleur des cas si j'en crois les reportages que j'ai vus sur ces cités).] Le curé de la paroisse desservant le "petit" slum de Madras, ville par où le Père X... désirait commencer son enquête le met en rapport avec une de ses ouailles, un jeune marié qui vient d'avoir son premier enfant. Le Père se réjouit et au jour convenu pour l'accueil, il arrive chez le jeune couple. Là, il est consterné de constater que celui-ci lui laisse l'entière disposition de la hutte d'une scrupuleuse propreté, et qu'il a trouvé à se "loger" chez des parents. L'homme l'accueille, tenant son enfant dans ses bras, et le jeune maman, au moment où il pénètre dans la pauvre hutte, s'agenouille sur le sol en terre battue et lui dit : "Nous ne sommes pas digne d'accueillir un prêtre du Seigneur dans notre maison".
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Il restera là de longs mois. Je ne sais plus si c'est à MADRAS ou dans un slum  de BENGALORE, qu'il vit dans une hutte placée juste en face de la demeure d'une prostituée. Elle est hindoue de religion. Plusieurs fois, elle a prié le Père X... de venir bénir sa "maison". Il a hésité. Et finalement il accepte. Il entre. Il n'y a rien ou presque dans la pièce. Simplement une image, et cette image est celle de Marie tenant en ses bras Jésus.
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Dans un slum  de CALCUTTA, en raison de l'énorme travail pastoral qu'il doit conduire, le Père X se fait aider par un indien du nom de RAÏCADAS (orthographe non garantie). Certes, celui-ci est chrétien. Mais le Père n'est pas très assuré de sa sincérité. Ces prières qu'il fait avec insistance, sont-elles la contrepartie du maigre salaire que le Père lui alloue ? Un jour, alors qu'ils étaient en train de déjeuner (un peu de riz et un petit morceau de poisson), on frappe à ce qui sert de porte. C'est un mendiant. RAÏCADAS se lève d'un bond et lui tend son assiette. Le mendiant s'éclipse. Le père sermonne un peu RAÏCADAS : j'aurais pu donner un tiers de mon plat, toi un tiers, et nous aurions pu partager. Alors, RAÏCADAS lui bourre le bras d'un coup de poing : "Toi, tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir faim".
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Dans ce slum, où coexistent des musulmans, des hindous et des chrétiens, le Père rencontre souvent une fillette, SAVITI, désireuse de connaître JÉSUS. Elle se délecte de l'Evangile, bien qu'elle ne soit pas baptisée, et elle le répand de maison en maison. Elle demande le baptême et devenue LUCIE, elle conduit le Père dans  les huttes qu'elle a repérées pour qu'il puisse visiter les malades, les veuves, et les plus pauvres des pauvres. Devant la propre hutte du Père X..., dans la ruelle qui sert d'égout à ciel ouvert, en face de l'ouverture qui fait office de fenêtre, mais ressemble plutôt à une meurtrière, il y a un petit tas d'ordures. Il est constamment fouillé par les habitants à la recherche d'un petit morceau de charbon, échappé à la vigilance d'une ménagère pressée, d'une pelure de fruit, d'un très hypothétique relief de repas.
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Il faut aussi l'entendre parler de ces lépreux. Une courte anecdote. L'un d'eux, un jour, s'avance vers lui. La maladie lui a ravagé le visage, et il a déjà perdu ses deux mains. Entre ses deux pauvres moignons, il tient une fleur qu'il lui offre.
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Le Père X... a dit bien d'autres choses. J'en retiens trois :
(a) Les habitants des slums ne sont ni révoltés ni résignés ; ce sont des hommes et des femmes debout. Ils s'occupent de leurs enfants d'une manière admirable et tendre et font pour eux tous les sacrifices pour les sortir de la misère.
(b) Les habitants des slums sont des hommes et des femmes de prière. Tous les soirs, les femmes musulmanes se retrouvent et prient le Coran ; les hindous récitent des invocations à leurs dieux, les chrétiens se réunissent pour prier, et l'on entend le murmure de cette prière monter vers le Ciel, en même temps que les fumées de l'encens que les uns et les autres utilisent largement pour honorer Dieu. J'emploie à dessein le singulier : "cette prière". Et ne venez pas me dire qu'ils ne sont pas l'Eglise de Dieu. Souvent, il vint au Père ce reproche : "Mon Dieu pourquoi les as-tu abandonnés", tant il était écrasé par le poids de la pauvreté pesant sur ces intouchables. Et c'était ses paroissiens qui le réconfortaient.
(c) Il y a trois péchés du monde : les dépenses d'armement, les exigences des grands trusts pharmaceutiques internationaux qui barrent l'accès des pauvres aux médicaments, l'aveuglement des riches qui verraient d'un bon oeil l'anéantissement de ces pustules de misères, si besoin au moyen de bombes atomiques (comme l'ont dit au Père X... deux personnes de sa connaissance ; je ne sais si elles étaient indiennes ou européennes).
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Jamais je n'ai été provoqué aussi profondément par ce témoignage. J'ai pris deux décisions : l'une que je garde pour moi ; l'autre, c'est de faire de la publicité pour L'ASSOCIATION FRANCAISE POUR L'ENFANCE ABANDONNEE qui prend en charge des foyers d'accueil d'enfants indiens. Le siège de l'Association est à Nantes. Parrainez-un enfant indien. Il est accueilli dans des Foyers à BOMBAY, Foyers créés par un jésuite indien que j'ai eu l'honneur de rencontrer quand je vivais encore à STRASBOURG. Soyez généreux. Car "Dieu aime ceux qui donnent avec le sourire." 
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mercredi 27 juillet 2011

La France

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Comme souvent je le fais, je suis aller rendre visite très tôt ce matin au box dans lequel je range les milliers de livres qui ne peuvent prendre place dans ma bibliothèque, un box où j'ai aussi entreposé une magnifique cisaille qui me sert à couper les cartons destinés à la reliure. J'avais emporté avec moi le Tome 4 de l'ouvrage (fort rare), publié en 1858  par le père HUC et intitulé Le christianisme en Chine, en Tartarie et au Thibet qui me servirait de gabarit pour couper deux cartons aux bonnes dimensions et que je destinais à la reliure du Tome 1, encore broché. Je le feuilletais machinalement tout en attendant le métro qui m'emporterait jusqu'au Pont de Sèvres. Et puis mon attention a été attirée par quelques passages de la conclusion que le très connu missionnaire apostolique (comme il se somme lui-même) donne à son ouvrage  monumental.
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Commentant, au chapitre IX, les guerres que les Européens mènent contre la Chine et son peuple, le père HUC dit ceci qui témoigne d'un solide bon sens :
"Nous ne saurions prévoir à l'heure qu'il est quelles seront les conséquences de l'expédition des Européens en Chine ; mais il nous est permit de penser qu'il eût mieux valu pour la France agir seule, pour son propre compte, et sans épouser la querelle un peu compromettante des Anglais. L'année dernière, longtemps avant la prise de CANTON, nous faisions imprimer les paroles suivantes : 'On comprend que la politique de la France et celle de l'Angleterre ne peuvent pas être indissolublement liées dans la question chinoise... Nous avons à demander au gouvernement de Péking des comptes qui ne sont pas de même nature que ceux de la Grande-Bretagne. Nous n'avons pas à sauvegarder dans ces mers lointaines de puissants intérêts mercantiles ; nous n'avons pas non plus à lutter contre le mauvais vouloir et la haine des populations. Pendant que les marchands anglais épuisaient le sol de ces riches contrées et abrutissaient les habitants par le trafic immoral de l'opium, nos missionnaire travaillaient sans relâche à faire germer parmi eux les lois civilisatrices du saint Évangile. Nous pouvons donc nous présenter seuls à ces populations qui nous sont si sympathiques et auxquelles nous n'avons fait que du bien. [...] 
[...]
Au lieu de traiter de ses propres affaires, La France, trop généreuse peut-être, et craignant sans doute de paraître profiter des embarras de l'Angleterre dans les Indes, a jugé opportun de laisser les deux drapeaux également unis dans le Céleste Empire comme ils l'avaient été en Crimée. Nous craignons que cette union n'ait eu pour résultat de nous attirer une partie des rancunes et des haines de la Chine contre les Anglais, et, s'il faut tout dire, ce serait à nos yeux une faible compensation que d'avoir été de moitié avec eux dans la gloire de la prise de CANTON. Dieu veuille que nous n'ayons pas compromis pour longtemps vis-à-vis de la Chine nos meilleurs intérêts, et qu'un jour l'Angleterre ne nous fasse pas regretter notre chevaleresque dévouement à l'alliance."
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Et à la section IV de sa conclusion, HUC ajoutera ceci  qu'il emprunte au journaliste Louis VEUILLOT (L'Univers, 28 avril 1858) : " L'Angleterre est un trafiquant ; la Russie est un despote. Comme celle-là veut de l'or, celle-ci veut veut des âmes ; le Christ qu'elle adore [Note du transcripteur : il s'agit ici de la Russie] n'est pas le Christ qui s'est donné à tous les peuples ; c'est le sien, le Christ dont elle est le pontife, dont son empereur se proclame l'unique vicaire ; et la croix, devant laquelle elle veut incliner le genre humain n'est que la poignée de son épée. si la Russie arrache l'univers au pape trafiquant, qui vend du poison enveloppé dans les feuillets d'une bible empoisonnée [Note du transcripteur : comprenez les Anglais, la guerre de l'opium, et leurs missionaires protestants, comme LEGGE, par exemple], elle voudra imposer son pape à cheval, entouré d'armées plus que barbares, entouré d'espions, de savants et de bourreaux, et sur la couronne duquel, au lieu de la colombe, planera l'aigle à deux têtes pour dévorer tout, comme la croix a deux bras pour tout embrasser. L'Anglais dit au reste du monde : Vis pour m'enrichir ; le Russe lui dira : Vis pour m'adorer [...].
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En un moment où madame Eva JOLY fait des propositions contestées, où l'on semble confondre patriotisme et extrémisme, où l'on se triture les méninges pour savoir sur quoi repose l'identité de la France, il est intéressant de retrouver dans ce passages des mots, des idées, des ardeurs qui me semblent bien être ceux de notre peuple encore aujourd'hui : le refus du mercantilisme, une large ouverture au monde, un désintéressement chevaleresque, un respect des alliances nouées, allât-il contre l'intérêt matériel de la patrie, le sens de l'honneur. Voilà ce qu'il fallait dire messieurs les gribouilles qui avez torpillé le débat sur l'identité nationale. Car ce débat vous aurait révélé que les valeurs qui fondent notre patrie, notre vouloir vivre ensemble sont précisément celles que vous vous efforcez de confiner dans l'espace privé. Que voulez-vous, même déchristianisée, même laïcisée, même boboïsée, la France vit encore sur son antique foi en Jésus-Christ. Pour combien de temps encore ? Du train où vont les choses, on peut s'interroger. Mais il y en a des qui résistent.
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jeudi 9 juin 2011

Appel à témoin

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L'un des responsables des 24 heures de Vie, journée d'évangélisation dont j'ai déjà parlé dans le billet "Vous avez dit bizarre" vient d'envoyer à tous ceux qui avaient eu des responsabilités à cette occasion, une petite invitation pleine d'humour dont voici la teneur :

Suite à un événement qui a marqué beaucoup d'esprits à Strasbourg, nous sommes à la recherche d'un homme dont tout le monde sait qu'il est mort mais qui aurait été vu vivant en différents endroits de la ville entre jeudi 26 mai et samedi 28 mai derniers.
Quelqu'un autait-il vu ou entendu quelque chose en rapport avec cette affaire ? Son nom est Jésus, dit "le Christ".
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On attend vos témoignages avant la fin de la semaine.
Quelques lignes suffiront.



Votre dévoué,
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Voici ma réponse :

Monsieur le Commissaire,


En réponse à votre appel à témoins, concernant un certain "Christ" qui, aux dires des DNA, aurait mystérieusement disparu et apparu entre le 26 et 28 mai de l'année courante, et compte tenu du portrait-robot diffusé par l'honorable quotidien, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants.

Le 28 mai, vers les 14 heures, je m'apprêtais à prendre le tram Place de l'Homme de Fer, lorsque j'ai vu, accroupi à l'angle de la place sus-dite et de la Place Kléber, un mendiant qui pourrait bien être celui que vous recherchez. Il avait placé un écriteau entre ses jambes où il avait écrit, d'une belle écriture, ma foi !, "Donne-moi à boire". J'ai trouvé, je ne vous le cacherai pas, ce tutoiement assez cavalier. L'homme portait une barbe, (exactement comme dans le portrait-robot), dans laquelle j'ai discerné de vagues taches brunes, couleur de sang séché. Il avait des croutes bizarres sur le front qui lui faisait comme une couronne, si vous voyez ce que je dire. Et ses yeux, ah ! ses yeux, ils étaient d'un bleu insoutenable de profondeur et de douceur. Il m'a regardé avec insistance, mais j'étais pressé, vous comprenez, et j'ai passé outre. Tout de même, au moment où le tram arrivait (en direction de la Gare centrale), je me suis retourné pour voir le mendiant; J'avais la berlue. De mendiant, plus de traces. A la place un homme très grand, très beau, mais qui ressemblait au mendiant, ça j'en suis sûr et je le confirmerai si vous exigez une déposition écrite officielle. Il portait une sorte de poncho blanc, non, plutôt comme une tunique blanche, et sur la tunique (je ne trouve pas d'autre mot pour désigner ce curieux vêtement) il y avait à hauteur du cœur une très grande tache rouge, ovale. De ses mains semblaient sortir comme des rayons lumineux. Je n'ai pas bien vu ses mains. Mais elles étaient quand même bizarre, en tout cas du côté des poignets. On aurait dit que l'homme flottait légèrement, gracieusement au-dessus du sol. Le tram était là. Je suis monté. Mais je me suis retourné de nouveau. Je n'ai pas l'habitude de voir tous les jours des choses pareilles. Mais je fus dépité. Le mendiant avait disparu tout comme l'homme à la tunique blanche. Quelque chose me dit que celui-ci pourrait bien être l'homme que vous recherchez.
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Restant à votre disposition pour tous renseignements complémentaires qu'il vous plairait de me demander, je vous prie d'agréer, monsieur le commissaire, l'expression de mes sentiments dévoués.

Philippe P.
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PS : il était important que je délivre ce billet, avant celui que j'appelle "La samba des enragés".



mercredi 20 avril 2011

Le mot chien n'a jamais mordu personne

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J'ai craqué. Infidèle à la décision que j'avais prise de ne plus lire le journal gratuit Metro, je le consulte toutes les fois que j'en ai la possibilité. C'était le cas hier. J'étais attiré par le titre de la page de couverture Immigration : à quoi joue la France ? et aux brefs commentaires qui l'accompagnaient. Il y en avait trois (a) Le gouvernement a justifié le blocage des réfugiés tunisiens en provenance d'Italie. (b) Il entend ainsi réduire l'immigration régulière du travail ; (c) Un changement de politique qui laisse perplexe.

En page intérieure, un article d'Alexandra BOGAERT reprenait et commentait les réactions des uns et des autres. L'une d'elle a retenu mon attention, celle de madame Laurence PARISOT, Présidente du MEDEF, qui, en une opinion partagée par la CFDT et FO, déclare : "Est-ce qu'il y a un sujet sur 20.000 personnes ?" et rappelle que l'immigration légale représente seulement 22.000 personnes contre 500.000 postes qui ne trouvent pas preneur chaque année.

Je croirai à la bonne fois de madame PARISOT le jour où, en accord avec les entreprises qui adhèrent au MEDEF elle fera parvenir au Pôle Emploi, tous les mois, une liste descriptive des emplois offerts aux immigrés du travail. Tout le reste relève de généralités dépourvues de portée pratique. Voeux pieux. Remarque de Ponce Pilate.

Je croirai aux protestations de l'opposition le jour où elle exposera en détail un plan précis pour loger, donner du travail, apprendre le français, et accueillir les familles des immigrés. Ce plan doit inclure des propositions rejetant la formation de ghettos ethniques - c'est-à-dire la dispersion des familles étrangères dans l'habitat existant - la création de classes à faible effectif pour les enfants d'origine étrangère, avec des professeurs dits de "FLA" (Français langue étrangère), la création d'emplois pour donner du travail aux étrangers accueillis, une estimation du coût de ces dépenses, une imputation budgétaire, une évaluation de l'augmentation des impôts et des cotisations sociales nécessaires pour mener à bien cette politique. Tout le reste est de la littérature. Laisser rentrer sur notre sol des immigrés sans leur donner les moyens de vivre décemment est une imposture qui conduit souvent ces derniers aux expédients, au travail clandestin payé avec un lance-pierre par des exploiteurs sans scrupules, à la délinquance, à la détresse, à la misère, à la révolte.

Car le mot chien n'a jamais mordu personne. Une fois lancées en l'air de belles phrases généreuses, il faut en assumer les conséquences. Je conçois parfaitement que le peuple français choisissent d'accueillir tous les immigrés qui se présentent et si c'était un choix démocratique, je m'y plierai sans aucun état d'âme. Ce que je trouve scandaleux c'est l'irresponsabilité de nombre de beaux esprits pour qui la générosité s'exerce avec l'argent des autres, et sous leur houlette très intéressée.

Je dénonce identiquement l'imposture qui consiste à dire : "Renvoyons-les tous chez eux". Une fois que l'on a dit cela, il faut préciser comment on va s'y prendre. Où renvoyer des gens qui n'ont pas de papiers et refusent de dire d'où ils viennent ? Avec quel argent ? Vers quel pays ?

Le mot chien, je le répète, n'a jamais mordu personne. Les belles idées n'ont jamais fait le réel, lequel, je le redis encore, est ce qui nous résiste.


Quelques chiffres enfin : selon Metro, il y a en France 19 % d'immigrés ou d'enfants d'immigrés, soit 11,5 millions de personnes. Ça fait beaucoup de monde à expulser ! En 2010, il y a eu une augmentation de 10,6 % de l'immigration légale en France par rapport à 2009, soit 188.780 arrivants. Il y a 24 % d'étrangers non européens (curieuse manière de désigner ceux qui viennent d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire, d'Asie, du Proche ou du Moyen Orient, et divers pays d'Asie centrale), qui sont demandeurs d'emploi et ont besoin d'être secourus.

On peut aussi s'interroger sur cet afflux d'immigrés clandestins venus de Tunisie, pays où est censé régner désormais une lumineuse démocratie.

Il me semble que l'afflux d'immigrés musulmans pourrait être une chance si nous acceptions l'idée comme l'a dit Marthe ROBIN sur la fin de sa vie, ou deux moines coptes envoyés en Algérie, ou encore un pasteur anglican néo-zélandais (cf. le livre du père Pierre-Marie SOUBEYRAND), et tous au même moment, que le temps était venu d'annoncer aux musulmans le Message du Salut en Christ. La paralysie du monde politique, son aveuglement sur le réel problème que soulève la présence d'une communauté musulmane importante sur notre sol, vient de son apostasie pratique. Là est toute la question.

lundi 8 juin 2009

Rencontres nocturnes

Je rentre donc de Strasbourg, ville si chère à mon coeur. La Communauté de Saint-Nicolas (Renouveau charismatique luthérien) et celle du Puits de Jacob (Renouveau charismatique catholique) y organisaient pour la cinquième année consécutive les "24 heures de Vie". Pendant plus d'une journée, les membres de ces deux communautés soeurs prient, évangélisent, chantent, déjeunent ou dinent ensemble et tous les strasbourgeois sont invités aux manifestations organisées par elles à leur intention : concerts, forum de discussion animation pour les enfants, adoration, etc.
On m'avait chargé de conduire avec Merry, de la Communauté saint-Nicolas, la marche de nuit. Il s'agit de marcher silencieusement dans la ville, de s'arrêter devant tel bâtiment (Hôpital, Conseil Général, ENA, Hôtels, Banques, Opéra, Eglises, Gare, Ecoles et Lycées, etc.) et de prier pour ceux qui y travaillent. Nous portons des flambeaux. En général, une quarantaine de personnes participent à cette marche insolite, qui se déroule entre une heure et trois heures du matin.
Quelques voitures, remplies de jeunes, doublent le cortège en klaxonnant. Leurs occupants crient parfois "alleluia". Tous, par ces diverses démonstrations, semblent vouloir attirer sur eux l'attention. Comment ne pas les porter dans notre remerciement pour le don de la vie ? Nous croisons beaucoup de jeunes gens et jeunes filles qui se disent musulmans. Quel accueil, quelle écoute, quel respect de leur part : ces jeunes admirent les priants ; et qu'on puisse les inclure, en tant que chrétiens, dans notre prière est pour eux un choc ; l'un d'eux nous dit, en mettant la main sur son coeur : "ça fait chaud au coeur".
Nous croisons Jenny qui roule à bicyclette sur le trottoir, en face du Lycée Jean Sturm, établissement strasbourgeois célèbre pour la qualité de son enseignement. Jenny est stupéfié de voir tant de monde et ne cesse de répéter : "Vous êtes nombreux ! Mais vous êtes très nombreux". Il demande ce que nous faisons. Il est touché qu'on prie pour lui.
Que dire encore d'Alex et de Frédéric qui grille une cigarette au seuil d'un bar de nuit. Frédéric accepte de bon coeur l'Evangile de saint Jean que quelqu'un lui propose. Il le lira, dit-il. Nous arrivons Place Kléber. Là, trois hommes, un jeune et deux plus âgés, passent paisiblement, nous regardent, intrigués : des marcheurs silencieux qui portent des flambeaux attirent le regard et l'attention. Mêmes questions. Quand nous répondons que nous prions pour la ville, le plus âgé déclare avec un peu de virulence, qu'il est athée. "Etes-vous baptisé ?" - "Oui, mais contre mon gré ; on ne m'a pas demandé mon avis." - "Etes-vous heureux de vivre ?" - "Oui, bien sûr ; même s'il y a des hauts et des bas." - "Avez-vous demandé à vivre ?" Silence. Jean est cloué. Julien, le plus jeune déclare qu'il est athée, baptisé, mais qu'il respecte ceux qui, comme nous, ont des convictions. Marc sort un petit instrument, une sorte de flûte plate de quelques centimètres de long, en bois et nous demande de chanter avec lui "Happy day". "Cette rencontre n'est-elle pas inoubliable ?" - "Ah pour être inoubliable, dit Jean, elle l'est." Nous voilà partis dans un "Happy day" timide. Et Marc enfin demande "Allez, maintenant, à vous. Chantez quelque chose, je vous accompagne." - "Mais vous ne connaîtrez pas ce chant." - "Si, si. J'y arriverai."
Et c'est ainsi que nous avons invoqué l'Esprit Saint, l'Esprit de Feu, dans cette inoubliable nuit, à deux heure et demie du matin, Place Kléber, tous ensemble, avec Jean, Marc et Julien, dans un grand respect et la certitude que cette rencontre nous avait transformés, les uns et les autres.

mardi 8 juillet 2008

Au père Christian Delorme

Dans le numéro du Monde daté du 4 juin, le père Christian DELORME, prêtre de l'archidiocèse de LYON publiait un article sur les relations islamo-chrétiennes. Ce prêtre est un spécialiste de ces relations, c'est tout à fait indéniable. Mais il est aussi prêtre, et son article soulève bien des questions et suscite le scandale. Que dit-il, le père Christian DELORME ?

Ceci :

Ce qui fait fondamentalement l'unité de l'Algérie, c'est son islamité.

Le débarquement des Français en Algérie, en 1830 ? Le père DELORME évoque les atteintes à la culture et aux institutions musulmanes qu'ont perpétrées (rien que ça) les coloniaux.

L'existence d'une minorité chrétienne en Algérie pourrait devenir prétexte à des interventions militaires. Le père DELORME proclame l'urgence d'une réflexion sereine sur la légitimité ou non du prosélytisme chrétien en terre d'Islam.

Et encore : L'Évangile, certes, demande aux chrétiens d'annoncer le Christ, mais pas au prix du déchirement d'un peuple, pas au prix de l'engendrement de situation de violence.


Il me semble que le père DELORME marche sur la tête. Est-il violent d'assister à une messe dans une maison privée ? Est-il possible d'empêcher des hommes et des femmes d'accéder à une Lumière qui est tout le contraire de la violence ? Devons-nous accepter l'islamisation de notre patrie et la persécution de nos frères chrétiens algériens ? Qui déchire le pays ? Le juge de TIARET qui condamne ses compatriotes à l'amende et à la prison pour des délits d'opinion ou ces chrétiens héroïques qui ne font que retrouver leurs racines, affirment très haut l'amour qu'ils portent à leur patrie, mais réclament la liberté de conscience et de culte.


Nous n'avons pas fini de payer notre apostasie. Madame ROYAL peut bien proclamer dans ses déclarations que le métissage est une bonne chose pour la France, mais pour qu'elle fasse accepter par nos compatriotes cette idée, qui est philosophiquement et religieusement juste, il faudrait encore qu'elle et son parti comprennent une chose : il est impossible à un être humain coupé de son Dieu d'accepter totalement la différence et la fraternité fondée en Christ. Cette schizophrénie d'un régime laïc qui ne s'inspire que d'exigences chrétiennes coupées de leurs racines, dépourvues de la sève qui leur donne vie, nous conduit à la catastrophe. Oui à l'évangélisation de tous les peuples. Il n'y a pas de salut hors de l'accueil du Message. On ne peut imposer par la loi l'amour et la charité.