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samedi 20 août 2022

BILLET DU 20 AOÛT 2022. LE NAUFRAGE DE LA GAUCHE, LA FIN DES ILLUSIONS.

 "Je voudrais donc exposer brièvement ici, et en me situant d’un point de vue essentiellement philosophique, les raisons pour lesquelles ce recentrage de la gauche moderne, depuis maintenant plus de trente ans, sur la seule rhétorique des « droits de l’homme » (ou de ce qu’on appelle parfois lutte contre toutes les discriminations », en oubliant d’ailleurs que cette formule avait été introduite dans les années 1950 par l’économiste néolibéral Gary BECKER, puis systématisée, au début des années 1970, par Friedrich HAYEK) a rendu progressivement inévitable la conversion de cette gauche aux dogmes du libéralisme économique (et notamment à la mystique de la « croissance » et de la « compétitivité »). Ce qui explique évidemment beaucoup de choses quant à la crise d’identité qui affecte aujourd’hui tous les courants de cette gauche."

Ce constat on le trouve dans une livre remarquable de Jean-Claude MICHÉA.

Le loup dans la bergerie. Climats. Un département des Editions Flammarion, Paris, 2018.

Quelques pages plus loin (page 25), il dit ceci, qui pose d'une manière lumineuse la question morale, sociale, culturelle de notre époque :

 

"Quant au fait qu’on définisse souvent la société libérale comme une société dont la liberté est la valeur fondamentale, il ne contredit bien sûr en rien le principe de neutralité axiologique. La liberté ainsi définie représente beaucoup moins en effet, une valeur au sens habituel du terme que le pouvoir reconnu à chaque individu ― en tant que propriétaire privé de lui-même (C’est LOCKE qui introduira ce vocabulaire) ― de déterminer en toute indépendance l’ensemble des valeurs morales, religieuses et philosophiques qui seront les siennes (en ce sens, il faudrait plutôt dire qu’elle constitue une méta-valeur). C’est donc précisément parce que, dans une société libérale, il existe effectivement une valeur théoriquement partagée par tous ― la « liberté » ―, que cette société ne peut en partager aucune autre (une religion peut, certes, être pratiquée de façon majoritaire dans tel ou tel pays libéral, mais c’est là un simple fait empirique ― dû à une convergence contingente et provisoire des choix individuels ― et qui ne fonde aucun droit). Or, si parler de vie commune n’a de sens que là où il existe un minimum de valeurs et de pratiques morales et culturelles partagées, on doit donc en conclure qu’une politique libérale exclut par définition toute prise en compte théorique de cette dimension anthropologique particulière (sinon, bien entendu, dans le cadre de considérations purement politiciennes et électorales). C’est ce qui explique, entre autre, l’étonnante phobie des idéologues libéraux à l’égard de tout concept d’« identité » (autrement dit, de normes culturelles ou linguistiques collectivement partagées), que ce soit sur le plan des appartenances « communautaires » ou des appartenances de classe. Tout comme le problème récurrent que pose au libéralisme une institution comme l’École. Quelle culture commune ― aussi bien littéraire qu’historique ― une école libérale pourrait-elle transmettre aux nouvelles générations dès lors, en effet, que l’on présuppose, avec l’anthropologue thatchérien Jean-Loup AMSELLE, que « la culture n’existe pas » et qu’il « n’existe que des individus » ? De ce point de vue, le droit libéral est donc très différents des droits traditionnels, qui s’adossaient toujours à un ordre métaphysique ou religieux. On doit plutôt le comparer à un simple code de la route dont la fonction est, par définition, purement technique : à savoir éviter les collisions et les accidents sans jamais prescrire aux automobilistes la « bonne » destination qu’ils auraient à prendre. Cette analogie avec le Code de la route est, du reste, familière aux libéraux modernes. C’est ainsi par exemple que Michel FOUCAULT ― dans sa volonté de soustraire nos choix de vie à toute emprise morale (puisque tel était, à ses  finition qui permettait enfin d’abolir définitivement à ses yeux, disait qu'il faut nier toute différence philosophique « entre une infraction au Code de la route et un meurtre prémédité » (on peut supposer que ce genre d’approche purement libérale de la délinquance a dû jouer un rôle non négligeable dans le divorce grandissant entre l’intelligentsia de gauche et les classes populaires !)"

Cette explication est absolument lumineuse. Et elle vient en contrepoint de ce que disait Simone WEIL sur le fait que le nombre ne fait pas la force. Les puissants ont besoin de ce concept fou de liberté pour asseoir leur pouvoir, à partir de leur petit cercle d'insiders. Cette liberté éparpille le peuple en une multitude d'atomes sociaux

mardi 15 janvier 2019

Mardi 15 janvier 2019. Petit voyage dans l'ordre symbolique post-moderne, Intellectuels pléonastiques et intellectuels oxymoriques


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Nous continuons notre voyage dans l’ordre symbolique post-moderne : il ne saurait y avoir de bien que le bien défini par la gôôôche ! J’emprunte à l’ouvrage d’André PERRIN les données de ce billet.
J’ai intitulé ce billet "Intellectuels pléonastiques ; intellectuels oxymoriques". Vous allez voir pourquoi.
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INTELLECTUELS PLÉONASTIQUES ET INTELLECTUELS OXYMORIQUES.
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Dans la remarquable préface que Jean-Claude MICHÉA fait du livre d’André PERRIN, il y a cette note 1 en bas de la page 12. La voici dans son entier :

"Dans leur Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique (Le Monde du 27 septembre 2015) ― et comme le rappelle André PERRIN dans son avant-propos ― Geoffroy de LAGASNERIE et Édouard LOUIS affirmaient ainsi qu’« intellectuel de droite reste un oxymore, mieux : une impossibilité ». Un véritable débat intellectuel ne saurait donc opposer, si l’on suit ces deux inquisiteurs en herbe, que les seuls « intellectuels de gauche ». Et encore, précisaient-ils, sous la condition que ces derniers refusent de constituer « certains thèmes comme discutables, certains problèmes comme pertinents ». Nul doute que leur prochain « manifeste » contiendra un appel à rétablir le Parti unique et la peine de mort pour « déviationnisme »."

Belle ouverture d'esprit !
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DEUX EXEMPLES D’INTELLECTUELS PLÉONASTIQUES CONTRE DES INTELLECTUELS OXYMORIQUES.
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(a) Commençons donc par rigoler de la définition que donnent les deux imbéciles de service (au sens où notre cher BERNANOS a défini les imbéciles) : s’il est impossible d’être un véritable intellectuel sans être de gauche, il s’ensuit qu’ajouter « de gauche » au mot intellectuel est un pléonasmes, et intellectuel de droite, une impossibilité, une négation, un non-être, un non-pensant, un oxymore.

(b) Voici deux exemples du mode de pensée des intellectuels de la classe des LAGASNERIE et LOUIS. 

MORDILLAT contre SALAMITO. 

"Par ailleurs c’est en toute impunité que de véritables non-spécialistes peuvent obtenir de retentissants succès médiatiques en foulant aux pieds les exigences de la déontologie et de la méthodologie historiques. Ainsi Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR : ces romanciers et cinéastes dépourvus de toute formation historique et exégétique qui, ignorant le grec, n’ont aucun accès direct aux textes des Évangiles, ont publié un livre intitulé Jésus après Jésus. La christianisation de l’Empire romain, prolongé par  une série télévisée intitulée L’Apocalypse dont Jean-Marie SALAMITO, professeur d’histoire du christianisme antique à la Sorbonne, a montré dans un petit livre incisif qu’il fourmillait d’erreurs, de contresens, d’incompréhensions, de confusions, de contradictions et de rapprochements absurdes ouvrant la porte à des interprétations tendancieuses. Confronté à l’historien dans l’émission Réplique, MORDILLAT à bout d’arguments, a eu le front de lui lancer : « vous êtes un curé déguisé en historien ». La communauté des historiens ne s’en est pas émue." (Pages 28 et 29 du livre d’André PERRIN.)"

LAGASNERIE ET LOUIS contre Marcel GAUCHET.

"Le 30 juillet 2014, le journal Libération publiait une tribune intitulée : Pourquoi nous appelons à boycotter les rendez-vous de l’histoire de Blois. Les auteurs, Édouard LOUIS, et Geoffroy de LAGASNERIE, philosophe, disaient avoir appris non seulement avec stupéfaction, mais avec « un certain dégoût » que Marcel GAUCHET avait été invité à prononcer la conférence inaugurale de cette rencontre. Comment, nous expliquaient-ils en substance, serait qualifié pour parler de la rébellion un réactionnaire qui ne s’était jamais rebellé QUE contre FOUCAULT, BOURDIEU et le mariage pour tous ? Passons sur cet étrange présupposé en vertu duquel il faut être marxiste pour parler de MARX, croyant pour parler de la religion, et, allons jusqu’au bout, néo-nazi pour étudier le nazisme… Il est exact que GAUCHET a critiqué FOUCAULT et BOURDIEU mais il n’est pas rare que des philosophes contestent les thèses d’autres philosophes et si M. de LAGASNERIE, philosophe, en est chagriné, il a dû beaucoup souffrir en étudiant l’histoire de la philosophie. Il est en revanche inexact que GAUCHET se soit opposé au mariage homosexuel : il s’y est au contraire déclaré favorable, mais a commis le crime de donner la parole dans un numéro de la revue dont il est le rédacteur en chef et qui s’appelle Le Débat à plusieurs intellectuels, des psychiatres, une psychanalyste, une sociologue, qui y étaient opposés. Ce numéro devait être suivi d’un autre où des partisans du mariage homosexuel répondaient aux précédents, comme c’est l’usage dans cette revue. […]. Alors messieurs LOUIS, écrivain, et de LAGASNERIE, philosophe, pouvaient justifier ainsi leur refus du débat avec Marcel GAUCHET : « Ce serait comme si nous nous inscrivions dans le même monde que ce militant de la réaction. »"  (Page 64 du livre d'André PERRIN.)

Car ils l’ont dit ! Mais ce sont de vrais intellectuels bernanosiens, je veux dire de véritables imbéciles tels que le définit notre cher Georges. Voilà donc ce que nous dit le nouvel ordre symbolique : tout ce que l’homme peut faire, il doit le faire, et tant pis pour ceux qui opposent de sérieuses raisons aux soi-disant et prétendus progrès du progrès.
Je vous invite à acheter séance tenante le livre d’André PERRIN. Scènes de la vie intellectuelle en France. L’artilleur/Toucan,, Paris, 2016. C’est un livre d’une précision, d’une érudition, d’une probité intellectuelle rare, et ce n’est pas le livre d’un idéologue, mais d’un philosophe, un vrai.
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PRÉCISIONS.
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La publicité à la braguette en faveur de la série Sex education, rare, il est vrai par rapport aux autres affiches, pouvait encore se voir hier sur le quai de la station Odéon, ligne 10, direction Boulogne.


mercredi 2 janvier 2019

Mercredi 02 janvier 2019. Lettre aux Gilets jaunes !


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Chers Gilets jaunes,

Voici une lettre ouverte qui prodigue quelques conseils utiles à la poursuite de votre, que dis-je, de notre mouvement.
Dans ses vœux, que je n’ai pas écoutés, il semble que le Président de la République ait parlé de restaurer l’ordre républicain. Il faisait sans doute allusion aux diverses manifestations des Gilets jaunes qui vient troubler, effectivement, le ronronnement étatique.
L’ordre dit républicain, qui a germé dans l’esprit des bourgeois libertins de la Révolution, jusqu’à trouver son plein développement dans le sanglant établissement de la IIIe République sur les cadavres des communards, n’est qu’une sorte de désordre organisé par les élites politiques, économiques, financières, techniques, scientifiques pour leur plus grand profit.
Entendons-nous bien : je crois qu’il est très important de pouvoir vivre dans l’espace public en toute sécurité. Je crois qu'il faut des lois, mais des lois justes et non point "axiologiquement neutres" comme ils disent. Si vous lisez les nouvelles, vous voyez qu’ici et là on menace les Gilets jaunes qui occupent pacifiquement les ronds-points, d’amendes, de poursuites, bref de tous les foudres de la justice aux ordres. Elle est aux ordres, en effet, puisqu’elle applique les lois votées par le corps législatif, composé essentiellement de ces élites (voir plus bas).
Voici donc ce que je préconise pour la poursuite pacifique mais déterminée du mouvement.
(a) Porter, comme signe de reconnaissance, dans la rue, dans les magasins, dans sa voiture, dans l’espace public, le gilet jaune.
(b) Déclarer les manifestations en préfecture, en changeant chaque fois de déclarant, de façon que la police, les RG, les juges, ne puissent identifier un quelconque chef ou responsable. Faire autant de déclarations que de manifestations prévues, et attendre la réaction des Préfets.
(c) Manifester devant les lieux du pouvoir d’état, non point pendant des heures, mais, par exemple pendant une ou deux heures (en précisant dans la déclaration, l’horaire de début et de fin) : préfectures, sous-préfectures, tribunaux, centres des impôts, et quand rien de cela n’existe, devant les mairies, derniers refuges des lambeaux de nos libertés.
(d) Le faire pacifiquement, sur le mode du sit in silencieux, en portant des pancartes mentionnant les demandes du Peuple français : Référendum d’initiative populaire ; diminution drastique des dépenses de l’état et des collectivités territoriales (notamment les dépenses somptuaires : réceptions, voyages d’étude, multiplication indue des vice-présidences avec les indemnités afférentes, voitures de fonction ; suppression des subventions aux associations qui se prétendent culturelles et ne sont le plus souvent que des moyens détournés par de médiocres intermittents pour continuer à diffuser des messages de « déconstruction » (morale, religieuse, traditionnelle), demande d’une autonomie accrue pour les collectivités territoriales, notamment les communes qui ont perdu depuis des lustres nombre de franchises qui leur permettaient de rayonner et de vivre. Suppression des communautés de communes (j’ai un exemple assez croquignolet de la mascarade qu’elles représentent), mais maintien de la possibilité de fusion entre communes volontaires. Mise au pas des hauts fonctionnaires, experts de ceci, experts de cela, qui ont des solutions techniques inattaquables, à ceci près qu’elles sont inapplicables.
(e) Enfin, refus de tout argument vulgaire, qui vise un homme ou des hommes.
Chers amis, il ne faut pas baisser les bras. Nous commençons à relever la tête. Nous aurons gagné, le jour où les forces de l’ordre refuseront de cogner sur des manifestants pacifiques et autorisés.
Allez ! Allons ! Courage. Tenons bon contre cette soi-disant démocratie qui n’est en fait que la confiscation du pouvoir par une caste qui ne veut point se laisser déposséder de ses privilèges.
Permettez-moi de vous rappeler ce que disait Jésus : « Que le plus grand soit comme celui qui sert ». Il n’y a d’autorité que d’autorité de service. Pour l'instant, quelques cas remarquables de hauts fonctionnaires et d'hommes politiques, mis à part, car il ne faut pas généraliser, on en est assez loin.
Bien amicalement.

Philippe POINDRON.
Professeur honoraire des Universités.
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ILLUSTRATION PAR JEAN-CLAUDE MICHEA.
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"De ce point de vue, les élections législatives de juin 2017 représentent un véritable cas d’école. Tous les médias officiels, on s’en souvient, avaient alors célébré avec enthousiasme le fait que la nouvelle Assemblée nationale était « de loin la plus féminine de toute l’histoire » (les femmes y représentaient en effet, avec 224 députées, 38,82 % du nouveau corps législatif — le pourcentage d’élues atteignant même 46,45 % au sein du groupe de La République en marche). Certains de ces médias n’avaient d’ailleurs pas manqué de prolonger cette analyse en attirant l’attention sur le fait que cette assemblée était également « la plus jeune de toute l’histoire » et que même la part des « minorités visibles » — quoiqu’encore beaucoup trop faible — y avait progressé de façon appréciable. Une telle ferveur médiatique est assurément justifiée dans la mesure où cette double révolution de l’âge et du genre constitue indéniablement, par certains côtés, un véritable progrès humain (sauf à regretter le temps de ces gérontes fossilisés et bardés de décorations qui peuplaient les tribunes officielles des pays dits « communistes »). L’ennui, c’est que cette nouvelle « assemblée introuvable », effectivement rajeunie et féminisée comme jamais, se trouve être en même temps la plus élitiste et la moins représentative de toute l’histoire de la Ve République (il faut même, selon certains historiens, remonter jusqu’en 1871 — autrement dit à cette Assemblée versaillaise qui légitimera la répression sanglante de la Commune — pour retrouver dans la représentation nationale » un tel degré de consanguinité sociale). En témoigne, entre autres, le fait que les classes populaires, pourtant largement majoritaires dans le pays, n’y sont plus désormais « représentées » que par un peu moins de 3 % des élus. Double évolution politique — un pas en avant sur le plan sociétal, deux pas en arrière sur le plan social — qui ne peut bien sûr surprendre quiconque a compris la véritable nature de la logique libérale. Mais qui risque, en revanche, d’être perçue comme « contradictoire » (au sens non dialectique du terme) par tous ceux qui accordent encore du crédit à la vieille fable idéologique (il est vrai souvent très rentable en termes de carrière médiatique ou universitaire), selon laquelle le libéralisme culturel du Monde, de Libération ou du Nouveau Magazine littéraire n’aurait absolument rien à voir, d’un point de vue logique et philosophique, avec le libéralisme économique du Point, du Figaro ou de Valeurs actuelles. Auquel cas on se demande d’ailleurs bien pourquoi, pour ne prendre que cet exemple particulièrement révélateur, la très active French-American Foundation se donnerait chaque année autant de mal pour recruter et former des agents d’influence universitaire, médiatique et politique (formation qui inclut, entre autres, un stage obligatoire aux États-Unis) aussi engagés dans le combat sociétal — pour ne citer ici qu’un tout petit nombre de ces fameux « young leaders » — que Laurent JOFFRIN, Alain MINC, Emmanuel MACRON, Éric FASSIN, Najat VALLAUD-BELKACEM, Marisol TOURAINE, David FONTAINE ou encore Rokhaya DIALLO.
Jean-Claude MICHÉA.
Le loup dans la bergerie.
Climats. Un département des Éditions Flammarion, Paris 2018. (Page 142.)



lundi 31 décembre 2018

Lundi 31 décembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin : Espoirs, renouveaux et Gilets jaunes


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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SUR LE CAPITALISME, LE MARCHE ET L'ECONOMIE.
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Chers amis, je vous invite à lire en entier l’article de Javier PORTELLA qui analyse admirablement la pensée de Jean-Claude MICHÉA dont je lis avec délectation les ouvrages. J’en ai cité un petit morceau hier. Je vais recommencer aujourd’hui. Mais lisez d’abord :

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SUR LES GILETS JAUNES..
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Quelques articles à lire, qui me semblent fort intéressants, sur ce phénomène des Gilets jaunes. On ne dira jamais assez que c’est une véritable Révolution, et je me félicite que notre patrie en soit le berceau !


Les zélites en plein désarroi !


Les Français veulent vivre de leur travail (ça je l’ai déjà dit !). Vidéo


On proteste à ROUEN, à PARIS et ailleurs !



Les médias trafiquent l’info !


Incidemment, je vous retransmets le message texto d’un très proche !
« La TV sous-informe. Il y avait 4000 gilets jaunes à AVIGNON pour une marche silencieuse en hommage à l’un des leurs tué sur un rond-point. Aucun incident. Les GJ avaient bloqué les entrées pour empêcher les casseurs de rentrer intra-muros. Aucune info là-dessus sur TF1. Le pouvoir tente de discréditer le mouvement. » [Il s’agit d’un témoin direct de la scène.]

La souffrance d’un peuple.


Décapitation symbolique du Président de la République.

Je vais vous dire, moi, ce que j’en pense. Quand on apprend à nos jeunes-gens et jeunes-filles que la Révolution française a commencé par la décapitation de la malheureuse Princesse de LAMBALLE, par la profanation de sa dépouille et par l’exposition de sa tête sous les fenêtres de Marie-Antoinette, il ne faut guère s’étonner que des Français, instruits et instrumentalisés par un enseignement mensonger de l’histoire de France s’essayent à rejouer la scène. C’est un simulacre, bien sûr. Mais quand on se vante d’avoir décapité un roi qui fut grand (eh ! oui, je reviendrai là-dessus) pour fonder la République, on ne doit point d’étonner de voir rejouer la scène de la refondation sur un mode pseudo-humoristique, mais sans aucun doute de mauvais goût.
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LE MOT DE LA FIN PAR JEAN-CLAUDE MICHÉA.
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Nombre de Gilets jaunes travaillent pour la valeur d’usage, non pour la valeur d’échange, qui est le cœur de cette civilisation agonisante.

"Sur la façon dont le capitalisme moderne ― celui de l’élevage industriel, de la grande distribution et de l’« alimentation falsifiée » (Paul LAFARGUE) ― planifie et organise depuis maintenant des décennies (avec d’ailleurs le concours de plus en plus actif des différentes sectes « véganes » et « animalistes ») la disparition des derniers petits éleveurs ― ceux, en d’autres termes, qui rechignent encore à sacrifier la valeur d’usage (ici la qualité des produits) à la seule valeur d’échange (autrement dit au règne de la rentabilité à tout prix, quel qu’en soit précisément le prix pour le bien-être et la santé des consommateurs) ― on lira, toute affaire cessante, On achève bien les éleveurs, ouvrage collectif aussi remarquable sur le fond que dans la forme, coordonné par Aude VIDAL et paru en 2017 aux éditions de L’Échappée. Le lecteur y découvrira, entre autres, un univers humain, social et culturel ― situé à des années-lumière des « quartiers » sensibles ou des universités « métropolitaines » occupées par la jeunesse révoltée des « nouvelles classes moyennes » ― que le monde médiatique et la sociologie d’État auront vraiment tout fait pour rendre invisible." [Texte intégral.]
Jean-Claude MICHÉA.
Le loup dans la bergerie.
Climats. Un département des Éditions Flammarion, Paris 2018. (Page 11, note 1.)

PS : je trouve asses symptomatique qu'une messe de minuit ait été célébrée sur un rond-point occupé par des Gilets jaunes, en présence de 30 personnes (dit un site "d'information"), d'un nombre indéterminé dit un autre, et de 200 en dit un autre (qui me semble mieux informa, moins partial, insiste sur le caractère religieux du rassemblement et ne commence pas par parler de chapon, foie gras et bûche) voire 250 pour un autre site. La messe a eu lieu à SOMAIN. Voilà le début de la Révolution des parieurs bénédictins !




dimanche 30 décembre 2018

Dimanche 30 décembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin : Gilets jaunes et nouvelles manières de vivre


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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Une analyse sans concession des méfaits du libéralisme-libertaire par Jean-Claude MICHEA et Marc HUNYADI
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"On imagine sans peine la quantité de phénomènes sociaux que cette approche purement « citoyenne » de la lutte politique se trouve, du coup, philosophiquement contrainte d’abandonner ou de laisser dans l’ombre : « l’individualisme croissant, le culte de la performance, l’économisme ambiant, la marchandisation de tous les biens, la judiciarisation des rapports humains, la darwinisation des rapports sociaux, la perte de solidarité entre les générations, la technicisation de l’homme et de son environnement, la standardisation des biens culturels, la normalisation des comportements, l’uniformisation des modes de vie, la religion du chiffre dans tous les domaines de l’action humaine, la domestication des individus par le monde du travail : tous phénomènes généraux qui ont une emprise très directe sur nos contextes de vie les plus immédiats et qui, en conséquence, nous façonnent jour après jour, comme l’eau érode le lit de la rivière. » (Marc HUNYADI). Une analyse aussi radicale risque naturellement de désarçonner tous les lecteurs issus de la « génération MITTERRAND » (celle dont les clips publicitaires de McDonalds et de Benetton savent, de nos jours, si bien capter l’imaginaire politique et culturel). Elle s’inscrit pourtant de façon on ne peut plus claire dans le cadre de cette pensée dialectique qui était celle, au XIXe siècle, de la majorité des critiques socialistes et anarchistes du nouveau monde capitaliste naissant. Avant, bien sûr, que Karl MARX ne soit contraint de céder la place à Benoît HAMON, Rosa LUXEMBURG à Najat VALLAUD-BELKACEM et Mikhaïl BAKOUNINE à Emmanuel MACRON."
Cité par Jean-Claude MICHÉA.
In
Le loup dans la bergerie.
Climats. Un département des Éditions Flammarion, Paris 2018. (Page 135.)
MICHÉA cite Marc HUNYADI et son ouvrage La Tyrannie des modes de vie. Le bord de l’eau, Paris, 2015.
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Comment le parieur bénédictin peut-il réagir ?
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Marc HUNYADI fait une analyse excellente des tares de notre société post-moderne, tout entière tournée vers la consommation. La question qui se pose au parieur bénédictin est d’une brûlante et terrible actualité. Il me semble, et je vais essayer de le montrer, que le mouvement des Gilets jaunes est une manière inédite, et très française de barrer la route à ces dangereuses chimères du libéralisme-libertaire.
Ce que les élites auto-proclamées ne supportent pas, et que j’admire, moi, profondément, c’est la naissance d’une nouvelle manière de considérer les autres. En se rendant proches les uns des autres, sur les ronds-points et dans les manifestations, les Gilets jaunes réinventent les liens sociaux et tordent le cou à l’individualisme croissant dont les puissances d’argent ont besoin pour vendre leur camelote. C’est aussi le mélange des générations que les politicards essayent de séparer en distinguant les « travailleurs », les « retraités », les « jeunes » ou les chômeurs. Or, sur les ronds-points, il y avait des jeunes, des gens âgés, des retraités, des salariés, des artisans, des commerçants, tout ce peuple que méprisent les diplômés de l’ENA ou de polytechnique. Ainsi se trouve restauré le lien intergénérationnel : c’est un miracle de l’intuition française. Je trouve très symptomatique de constater que 60 % des radars destinés à piéger les automobilistes qui dépasseraient les 80 km/h aient été saccagés. Certes, je n’approuve pas ces dégradations. Mais la technique n’attend pas, et l’on remplacera, comme je l’ai lu, les radars par des voitures banalisées dont les grands tentacules continueront de pomper l’argent des contrevenants. Technique partout ! Internet pour les déclarations de revenus, par exemple, et tant pis pour ceux qui n’y ont pas accès ou sont désarmés devant la complication invraisemblable des formulaires ! Marchandisation ? Avez-vous entendu les plaintes (enfin celles que les médias ont bien voulu nous faire connaître) sur la perte de chiffre d’affaire entraînée par l’action des Gilets jaunes, comme si toute la vie humaine se résumait au commerce et à l’échange des marchandises et non aux conditions effectives de la vie des hommes. On n’en finirait pas de commenter par des exemples concrets les tares dénoncées par HUNYADI et dont les médias ne parlent jamais.
Le parieur bénédictin n’est pas de ceux qui vont REVENDRE un  cadeau qu’on lui a fait à Noël et qui ne lui convient pas. Il reconnaît la valeur symbolique de ce cadeau et le serre précieusement contre son cœur en pensant à celui ou celle qui le lui a donné. Le parieur bénédictin ne se fournit pas en fruits exotiques arrachés à la terre d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie ; il achète les fruits du maraîcher voisin, ses pommes de terre et ses tomates, quand c’est la saison. Il vit sobrement. Et s’il a du mal à se passer de café ou de chocolat, il privilégie les productions équitables de ces précieuses denrées. Il préfère la marche à pied à la voiture pour faire ses courses. Il sourit à ceux qu’il croise dans les petits magasins de quartier, leur dit bonjour et s’intéresse à eux, à leur famille, à leurs projets. Bref, il crée de petites communautés humaines, à taille humaine, à soucis humains. Il se moque du CAC 40 et des affreux soucis des dirigeants des grands groupes qui, accablés par tant d'infortunes, ne savent les alléger qu’en augmentant leur traitement.
C’est ce que ne peuvent ou ne veulent pas comprendre les élites politiques pour lesquelles il n’y a qu’un terme à l’alternative : c’est à prendre et il n’y a rien à laisser.

Je vous mets ci-dessous un lien et une carte qui vous montrent où gisent les principales sources de pollution dans le monde (un navire ordinaire brûle 300 tonnes de fioul par jour). Vous comprendrez pourquoi la taxe sur les carburants est une aimable manière de taxer les moins riches en mettant au compte de l'écologie l'incapacité des pouvoirs publics à faire des économies.

Jetez un coup d’œil sur le trafic maritime en temps réel en consultant le lien ; il paraît que ce sont les automobiles qui polluent le plus !

http://www.pilotage-maritime.nc/ais.php


Avions dans le ciel, au-dessus de l'Europe, le 8 décembre 2018, heure non précisée.
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lundi 5 novembre 2018

Lundi 05 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Mondialisation et capitalisme libéral ont partie liée !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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MONDIALISATION ET CAPITALISME ONT PARTIE LIÉE DIT JEAN-CLAUDE MICHÉA
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"On a ainsi pu voir, au lendemain des terribles attentats du 13 novembre 2015, l’ensemble des médias officiels imposer l’idée en continu l’idée que la meilleure façon de résister au terrorisme islamiste (lequel entend effectivement détruire « notre mode de vie ») était de continuer à vivre comme avant. Mais, comme toute réflexion critique sur cette manière de vivre spécifique avait été, au préalable, soigneusement désactivée par ces mêmes médias officiels, la leçon la plus claire de cet appel à entrer en « résistance » (appel qui contient par ailleurs, une évidente part de vérité morale et psychologique), c’est que la ruée quotidienne sur tous les hauts lieux du consumérisme et de l’aliénation touristique pouvaient désormais être vécue (selon une formule médiatique répétée en boucle) comme un authentique acte de courage et de « rébellion ». Façon détournée, en somme, de suggérer que l’œuvre d’Herbert MARCUSE, d’Henri LEFEBVRE, d’Ivan ILLICH ou de Guy DEBORD pourrait bien constituer l’une des sources privilégiées de la barbarie islamique."
In
Jean-Claude MICHÉA.
Le loup dans la bergerie. (Scolies N°25, L’intelligentsia de gauche contemporaine, page 121.)
Climats. Un département des Éditions Flammarion, Paris 2018.
(Je recommande vivement la lecture de ce livre décapant qui prouve, rationnellement, philosophiquement, que la prétendue gôôôôche contemporaine a partie liée avec le capitalisme libéral qui, lui-même, a besoin de la mondialisation pour se développer, sans freins, sans limites, indéfiniment, au point de détruire tote humanité en l’homme.)
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CONTREPOINT DE RICHARD MILLET.
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"Jamais je n’aurais pensé me retrouver un jour minoritaire, sur le plan racial, religieux, ni, parce que placé devant une figure (celle de l’immigré) devenue esthétiquement et politiquement majoritaire, faire figure de perdant historique et sommé d’être, sous l’effet d’un mimétisme culpabilisant, un « immigré comme un autre », et, le refusant, devenir quasi maudit : un exilé de l’intérieur, un singe de l’immigré, sommé de renoncer à ma culture afin de mieux « accueillir l’autre » par un tour de passe-passe, une supercherie, une substitution maléfique obéissant à la logique de l’indifférenciation qui est la négation de toute littérature et contre quoi je propose mon nom, dans toute sa nudité, dans la fermeté de ses syllabes comme dans l’éclat qu’il suscite et qui n’aveugle que les imbéciles"
"Ainsi tout le monde serait-il respectable, sauf moi, car prétendu raciste. Un « raciste » aujourd’hui, je veux le rappeler pour bien montrer l’inanité de l’accusation, n’est rien d’autre que celui qui s’oppose au parti dévot avec le souci de rendre chacun à sa singularité, sans jugement ni échelle de valeurs, mais avec, parfois des préférences ethniques, c’est-à-dire culturelles, et le scrupule de ne pas mélanger les torchons et les serviettes, et aussi de maintenir chacun à sa place naturelle, contrairement aux prêches de l’idéologie mondialiste. Ceux qui me prétendent racistes font en outre preuve d’une telle haine qu’on peut se demander s’ils n’obéissent pas au mécanisme girardien de l’unanimité violente, moteur de la recomposition de l’ordre social ― violence par ailleurs révélatrice d’archaïsmes psychiques chez les haineux, lesquels trouvent dans cette dévotion (avec le sens ambigu que peut prendre ce mot, en français, dans un contexte violent) de quoi accorder la haine avec l’insignifiance ; d’où l’hypocrisie comme fondement de la pensée antiraciste."
Richard MILLET.
De l’antiracisme comme terreur littéraire. (Pages 21 et 22)
Pierre-Guillaume de Roux, Paris, 2012.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il ne vous échappe pas que Richard MILLET est présenté comme un nouveau réac de droite, qu’il a été vilipendé par la nullissime Annie ERNAUX, parce qu’il défend un mode de vie qui s’oppose sur tous les plans à ce mode de vie (détesté des islamistes comme de dit MICHÉA), et qu’il a des préférences culturelles (que nos ennemis de l’intérieur comme de l’extérieur ne se gênent pas d’utiliser pour justifier leurs violences, en utilisant leurs propres préférences culturelles, quand ce n’est pas leurs crimes).
Il ne vous échappe pas que MILLET fait une judicieuse allusion aux travaux du très regretté René GIRARD sur l’unanimité violente qui s’est déchaînée contre lui (comme, du reste, elle se déchaîne contre ZEMMOUR, et d’une manière plus subtile contre Christophe GUILLUY et Stephen SMITH) et qui, effectivement, accompagne les recompositions sociales.
Il ne vous échappe pas davantage que Jean-Claude MICHÉA est un philosophe présenté comme « de gauche », et que, pourtant, sa réflexion rejoint cette d’un MILLET, d’un MURAY, d’un GIRARD).
Tous analysent rationnellement la relation étroite qu’il y a entre la mondialisation sans frein, le culte de l’immigré (appelé pudiquement et par une supercherie sémantique « migrant »), et la haine de sa propre identité, mise au service d’une économie devenue folle, ne trouvant de justification que dans son développement illimité.
Si les moines du Vie et VIIe siècle n’avaient pas préservé un mode de vie hérité des grecs et des latins, il n’y aurait pas eu d’Europe chrétienne. C’est pour avoir oublié cette vérité historique, culturelle et psychosociologique que les eurolâtres sont en train de perdre la partie.
Le parieur bénédictin aime sa patrie, il ne la met pas au-dessus des autres qu’il respecte et admire. Simplement il aime boire dans son verre, même si son verre est petit, et il ne vautre pas dans une consommation devenue folle qui ne sert que les intérêts des grossiums de la finance. Tempérance, transmission, ouverture, discernement sont des vertus qu’il s’efforce de vivre. Il ne repousse pas l'autre. Il s'efforce de l'aider et même de l'aimer, dans des conditions qui respectent sa singularité et ses origines, et son maintien dans son lieu de vie habituel.

mercredi 10 octobre 2018

Mardi 09 octobre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Dénoncer la persécution qui frappe les mal-pensants !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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Dans un récent billet, je vous ai dit le plus grand bien du livre de Jean Claude MICHÉA : Le loup dans la bergerie. Collection Climats. Flammarion, Paris, 2018.
Jean-Claude MICHÉA ne cache pas la sympathie qu’il a pour les thèses économiques de MARX et il le cite abondamment dans ce livre. Mais il cite de très nombreux passages du Capital que la gôôôôche actuelle semble avoir oubliés, et il dénonce avec talent, et à mon avis de manière convaincante, sa collusion avec le capitalisme néolibéral qui n’assigne aucune limite à l’accroissement de la production et du capital, pas plus qu’il n’en assigne à la morale. MICHÉA est vilipendé par la gauche bien-pensante, dont les représentants les plus remarquables s’expriment dans les journaux subventionnés les plus en pointe dans cette course au progrès illimité : L’Aliénation, euh je dire Libération et Le Monde. Il en parle du reste, avec talent et humour.
Philippe MURAY, qui, a priori n’a vraiment rien de commun avec Jean-Claude MICHÉA, classé qu’il est par les imbéciles du Monde parmi les nouveaux-réactionnaires, dit pourtant exactement la même chose comme en témoignent ces deux extraits. Ils intéressent à bien des titres le parieur bénédictin qui ne forme pas son opinion à la lumière de l’idéologie, mais à celle de la pensée, de la raison et de la conscience.
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JEAN-CLAUDE MICHÉA ET LA VIE CONCRÈTE DES SOCIÉTÉS CAPITALISTES.
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"Faut-il […] s’étonner si, dans la vie concrète des sociétés capitalistes où règne de mode de production capitaliste, c’est précisément la combinaison inverse [l’auteur vient de parler de la liberté de discuter de tous les aspects de la vie commune « sans crainte de persécutions ou de poursuites judiciaires »] qui tend logiquement, et de plus en plus, à devenir la norme ? À partir du moment, en effet, où l’individualisme radical qui caractérise ces sociétés incite chacun à revendiquer en permanence ― en tant que « propriétaire privé de lui-même » ― le droit de vivre « comme il l’entend » et en fonction de ses seuls désirs privés (la notion même de limite se voyant dès lors renvoyée sans autre forme de procès à la pensée « conservatrice » et « réactionnaire »), toute invitation philosophique  à exercer le moindre regard critique sur la valeur de tel ou tel comportement (qu’il s’agisse de la prostitution, de la consommation de drogues, de la « gestation pour autrui », du port du voile à l’école, de la tyrannie des écrans, de la vente aux enchères de sa propre virginité sur le Web ou du droit de spéculer en Bourse et de s’enrichir sans limite) finit inévitablement par être intellectuellement et psychologiquement vécue comme l’expression d’une « phobie » particulière destinée à « stigmatiser » telle ou telle catégorie de la population. Et cela, d’autant plus aisément, que l’« enseignement » de l’ignorance ― en France, comme on le sait, le pas décisif a été franchi sous le règne de Claude ALLÈGRE et de Philippe MEIRIEU ― aura su parallèlement réprimer en chacun, dès son plus jeune âge, toute forme de curiosité intellectuelle véritable, tout sentiment poétique du génie de la langue et tout sens du débat et de l’argumentation philosophique. Sans oublier, bien sûr, ce sens de l’humour qui constitue certainement l’une des formes les plus conviviales de l’intelligence humaine et qui est donc devenu, pour cette seule raison, l’une des cibles privilégiées de toutes les sectes « citoyennes » et de leurs délateurs professionnels." (Page 152.)
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PHILIPPE MURAY DIT LA MÊME CHOSE.
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"On veut guérir l’homme de l’homme, c’est-à-dire le tuer. On désigne par des tas de noms des tas de maladies qu’il est urgent d’éradiquer comme la misogynie, le racisme, l’homophobie, le sexisme, la xénophobie, etc. Mais quand on a fini cette énumération, quand on a additionné ces passions maléfiques et quelques autres, on s’aperçoit qu’on a plus ou moins dessiné, avec tous ces mots, avec tous ces maux, avec tous ces vices redoutables un bonhomme qui ressemble tout de même de très près au bonhomme de VITRUVE, l’archétype humain, je veux dire n’importe quel être humain rempli de mauvaises intentions (de bonne aussi d’ailleurs), d’idées tortueuses, de passions négatives, de pensées équivoques, n’importe quel individu viable en somme, si tant est qu’il y en ait encore. On voudrait nous faire croire que la disposition naturelle et originelle de l’homme c’était la liberté (et pourquoi pas la bonté ?), et tous les bons apôtres des mouvements libératoires se présentent comme des restaurateurs de cet état idéal. Mais dès qu’on passe au stade suivant, après l’orgie, après l’émancipation totale, on se retrouve comme par hasard exactement dans le contraire de l’émancipation et de la liberté."
In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.
Chapitre Le mystère de la désincarnation. (Page 84)
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Je ne reviens pas sur les passages de l’œuvre de Philippe MURAY où se trouve soulignée la condamnation du rire par les définisseurs patentés du Bien. Il est tout de même très intéressant de constater que (voir mes billets précédents), des auteurs aussi différents que Simone WEIL, Philippe MURAY ou Jean-Claude MICHÉA déplorent qu’il n’y ait plus d’humour, de rire, ou de comédie qui tiennent dans nos sociétés contemporaines. Il est intéressant de souligner qu’un auteur qui passe pour penser comme un homme de gauche, pose en réalité la question de la vie morale et de l’interrogation que tout être humain en général, et tout homme politique en particulier devraient se poser quant à la légitimité de revendications purement nombrilistes.
En réalité, et c’est Jean-Claude MICHÉA qui le souligne avec le plus de force, mais Philippe MURAY aussi, c’est tout un mode de vie qu’il convient de repenser pour sauver l’homme de lui-même.
Le parieur bénédictin privilégie l’œuvre de ses mains et celle des autres mains, et non pas le recours aux robots, aux machines, aux connexions de toutes sortent qui ne font que le déshumaniser et asservir sa personne à des systèmes de production devenus fous, anonymes, remplis d’ubris. Vous pouvez me rétorquer : mais vous utilisez bien Facebook. Exact. Mais, hormis quelques rares et brèves allusions, je m’efforce de me placer à un niveau qui dépasse l’horizon de mon nombril.
Comprenez-vous pourquoi, souvent, j’ai fait allusion à des penseurs comme Gustave THIBON, LANZA del VASTO ou Marcel LÉGAUT qui par leur exemple et leur vie ont prouvé qu’il est possible d’avoir un rapport vraiment humain avec le travail, la nature, la création ?
Le parieur s’efforce de vivre sobrement, de favoriser les petits commerces, de s’approvisionner aux sources locales (AMAP). Il refuse désormais de fréquenter les grandes surfaces et les zones commerciales qui sont les illustrations les plus éclatantes de la folie d’un monde qui se dit moderne, et qui court à sa perte. Il cultive le lien social, parle sympathiquement, sans s’imposer, avec les commerçants ou les voyageurs qu'ils rencontrent ou croisent (train ou métro) et il sait leur sourire. Et même il a le droit de dire le chapelet dansle métro.
Mais déjà, dans ce billet, je remarque tous les délateurs, si bien cernés par MICHEA ou MURAY, les censeurs, les journaleux qui veulent interdire ZEMMOUR, et se permettent de salir un père qui refuse de voir le Bataclan, où sa fille a perdu la vie, se transformer en siège de l'islamisme le plus répugnant. Ils sont les officiers servant de la décadence. Bien entendu, je vois bien aussi la persécution molle et larvée que ces belles âmes développent contre l'Eglise catholique. Lisez le dernier paragraphe et vous comprendrez ce qu'il en est. Le scandale de l'homosexualité d'un prélat américain qui semble avoir été minimisé illustre bien ce qu'il en est des attaques démoniaques contre l'Eglise. Oui, il y a eu des prêtres égarés, et c'est une immense blessure, une immense douleur, d'abord pour les victimes qu'on a un peu tendance à oublier, et ensuite pour l'Eglise. Sur ce point, la justice humaine doit suivre son cours. Mais on ne peut qualifier de pédophilie ce qui relève de l'homosexualité que les belles âmes mettent sur le même pied que l'usage normal de la sexualité. Il faudrait un peu de cohérence, ou alors admettre que ce que l'on trouve normal pour le pékin ordinaire, ne l'est pas pour des hommes d'Eglise. Il se trouve que je rencontre beaucoup des prêtres qui vivent saintement et pauvrement et sont les témoins fidèles du Maître. Ceux-là, on n'en parle pas. Et ce sont les plus nombreux.
Dans un prochain billet, je vous parlerai de la vision de Léon XIII qui – comme jadis le Créateur et le démon, à propos de Job – a entendu le dialogue de Satan avec Dieu, et la liberté à lui laissée pour cent ans, de détruire l’Église, s’il le peut.

jeudi 19 janvier 2017

19 janvier 2017. Nouvelles de la Résistance. Panique en bobocratie !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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(a) "N’est-ce pas, d’ailleurs, l’excellent Emmanuel MACRON lui-même […] qui proclamait qu’être aujourd’hui de gauche, c’est d’abord faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que chaque jeune « ait envie de devenir milliardaire » ?"
In
Jean-Claude MICHÉA.
Notre ennemi, le capital. Note sur la fin des jours tranquilles.
Climats/Flammarion, Paris, 2017, p. 40.

(b) "Dans la sphère de l’agriculture, la grande industrie agit plus révolutionnairement que partout ailleurs en ce sens qu’elle fait disparaître le paysan, le rempart de l’ancienne société, et lui substitue le salarié.
"L’exploitation la plus routinière et la plus irrationnelle est remplacée par l’application technologique de la science. Le mode de production capitaliste rompt définitivement entre l’agriculture et la manufacture le lien qui les unissait dans leur enfance ; mais il crée en même temps les conditions matérielles d’une synthèse nouvelle et supérieure."
In
Karl MARX.
Le Capital, livre I, quatrième section.
Cité par Jean-Claude MICHÉA, p. 173.
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2. COMMENTAIRES.
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Ce n’est pas pour rien que j’ai intitulé ce billet « Panique en bobocratie ». J’aurais pu ajouter en sous-titre « Epidémie de macronite aiguë ».
Monsieur MACRON est le représentant typique et pour ainsi dire caricatural du grand bobo de gauche qui ne voit de salut que dans la course au fric, d’où son adresse aux jeunes ; il engrange quotidiennement des soutiens du monde de la finance ou des affaires, ceux de grands personnages richissimes qui se disent de gauche, mais sont en réalité les carnassiers du libéralisme et du capital dans sa forme la plus brutale, celle de la grande industrie prédatrice, vous savez, celle qui rend les hommes superflus, surtout quand ils font partie de la classe dite populaire. C’est ainsi que le richissime DRAHI, israélien de nationalité, luxembourgeois en tant qu’homme d’affaire, soutient pour les raisons que j’ai dites dans mon billet d’hier, l’homme qui me paraît le plus dangereux pour notre patrie, notre culture et notre survie. Monsieur COLLOMB, maire de LYON, madame ROYAL ci-devant compagne du Président renonceur annoncent leur ralliement à la seule personnalité politique qui se dit de gôôôôche et qu’ils croient capable de sauver les meubles de la bobocratie : mondialisation, exploitation à des fins économiques de l’immigration, comme le prétend le Manu, désir d’enrichissement. Je dois dire qu’en l’entendant hurler dans un meeting, il m’a fait peur ; j’ai eu l’impression de me retrouver quelques années avant le début de la deuxième guerre mondiale, dans un meeting bavarois !
MARX a très bien vu où menait le capitalisme qu’il lie au développement des modes de production industrielle et à l’application indéfinie des progrès technoscientifiques à la grande industrie. Là où il se trompe, me semble-t-il, c’est dans l’émergence d’une synthèse supérieure qui, manifestement se fait attendre. (HEGEL est bien un épais et grossier charlatan, selon l'expression de SCHOPENHAUER ; thèse, il y a eu, antithèse aussi, synthèse ? Là j'ai des doutes). MARX a bien vu que le monde agricole est en grand péril, ce que donne à penser la création de centres du genre Ferme des mille vaches. Là, encore, où MARX se trompe, c’est dans le jugement qu’il porte sur les pratiques agricoles qu’il juge routinières et irrationnelles… Ah, elles étaient routinières et irrationnelles en effet, les haies vive qui cloisonnaient la jolie campagne des provinces de l’Ouest. On les supprima pour remembrer, avoir d’immenses parcelles plus faciles à cultiver ou à transformer en pâturages. On en replante aujourd’hui, car la suppression de ces haies, en chassant les oiseaux et les insectes pollinisateurs, a favorisé le développement de maladies des plantes, et perturbé la reproduction de nombre d’espèces végétales utiles…, sans compter la disparition des ruches. Ne parlons pas de l’assèchement des sols et de la nécessité d’irriguer qui en découle.
Vous noterez que ce que je critique ce n’est pas la liberté d’entreprendre, c’est la pseudo-liberté qui, en favorisant l’accaparement des capitaux par un petit nombre d’hommes, détruit en réalité la liberté d’entreprendre des petites entreprises. Or seule le développement de petites unités de production est humain et susceptible de créer des emplois.
Dans ma propre expérience professionnelle actuelle de consultant scientifique, je puis vous dire qu’il existe des entreprises innovantes, de petite taille, constituée d’équipes incroyablement proactives, investies, amicales… Un de mes lecteurs au moins reconnaîtra de quoi je veux parler.
Je reviens à monsieur MACRON. Il parle anglais à BERLIN, monsieur MACRON… Il est loin le temps ou l’Académie de BERLIN proposait au concours une dissertation sur la supériorité de la langue française. Monsieur MACRON est un mondialiste patenté. Oh, il n’est pas le seul, puisque le patron de Radio France a osé laisser orner le fronton de l’immeuble qui porte ce nom : « Ecoutez ! Regardez ! Followez (sic) ! Partager France Info ».
Nous ne voulons plus de ces bobos-là, de ces gens qui proposent à la jeunesse comme projet de vie, celui de devenir milliardaire, quand des millions de Français, laissés pour compte, doivent se contenter de 500 euros mensuels pour vivre.
La macronite aiguë qui se dessine dans le paysage médiatique, politique, industriel et financier est le signe qu’une grande panique commence à se développer dans la bobocratie ! Pourvou qué ça doure !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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C’est sûr qu’en réglementant la circulation des voitures à PARIS, en fermant les voies sur berge, madame HIDALGO favorise la mobilité et donc l’emploi !

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Madame HIDALGO est une grande championne de la laïcité… mais quand il s’agit de subventionner le culte musulman, c’est une autre affaire.

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Il y a injure et injure : on n’attaque pas une femme de gauche, mais on a le droit de comparer, à la télévision, Marine LE PEN à un étron… C’est une femme certes, mais elle est de droite !



Je ne l'aurais pas dit de cette manière, mais cet homme, finalement, a dit tout haut ce que nombre de parisiens ressentent devant cette police politique qui vise à supprimer la voiture à PARIS.