dimanche 13 juillet 2008

Préjugé et jugement en politique

L'actualité n'offre guère de prise à un commentaire vigoureux. Il semble qu'à l'image de nombre de Français, les hommes politiques, les élus de tous bords, aient suspendu brutalement leur lyre ou leur poignard au râtelier des vacances. Raison de plus pour prendre avec eux un peu de recul.
D'Hannah ARENDT, ce petit texte que j'aime énormément :
Plus un homme est libre de tout préjugé, moins il sera adapté à la vie sociale. Mais c'est qu'à l'intérieur de la société nous ne prétendons pas non plus juger, et ce renoncement au jugement, cette substitution des préjugés aux jugements ne devient véritablement dangereuse que lorsqu'elle s'étend au domaine politique dans lequel, d'une manière générale, nous ne pouvons nous mouvoir sans jugement.
Le texte, j'en conviens est difficile. On pourrait le résumer ainsi. Dans les démocratie occidentales, tout imprégnées de l'idéal de tolérance, on prétend tout accepter sans porter de jugement. Mais comme il est impossible de se mouvoir dans l'espace public, domaine par excellence du politique, sans JUGEMENT, on remplace celui-ci par des PRÉJUGÉS, qui ne sont autres que ceux des idéologies dont on se réclame. Au lieu d'examiner les faits, de les confronter à des valeurs de référence auxquels tout être de bonne foi pourrait adhérer, on fait rentrer ceux-ci dans une grille d'analyse préalable, on les tord, ils sont jugés avant que d'être examinés (c'est là-même le sens de "préjugé"), pesés, confrontés à la totalité.
Hannah ARENDT souligne que le mot jugement a deux sens différents. (a) Subsumer en l'ordonnant, l'individuel et le particulier sous quelque chose de général et d'universel. (b) Mais juger peut signifier tout autre chose, et c'est toujours le cas lorsque nous sommes confrontés à quelque chose que nous n'avons encore jamais vu et pour lequel nous ne disposons d'aucun critère. Ce jugement [...] ne peut s'appuyer sur rien d'autre que sur l'évidence de l'objet même du jugement.
Là encore, texte difficile, mais qui peut se simplifier comme il suit. Le premier mode de jugement a pour but de hiérarchiser les données du réel, données que nous fournissent les faits : ainsi, mettre au même niveau la mort accidentelle de deux jeunes des banlieues et le massacre systématisé des bonzes de Birmanie, ou les persécutions des chrétiens en Algérie, témoignerait d'une absence de jugement si, en exposant simultanément ces faits, on ne voyait pas qu'ils se rangent dans des catégories de niveaux différents qui les rendent irréductibles les uns aux autres. Le second type de jugement se rapporte essentiellement (selon moi) à toutes les nouveautés que nous proposent la science et les technologies : comment juger le fait qu'une personne, génétiquement de sexe féminin, mais transsexuelle et devenue homme, ait cependant donné le jour à un enfant conçu par insémination artificielle ? La chose a eu lieu aux Etats-Unis. Le jugement, là, ne peut s'abstraire de l'évidence du fait, et rien que du fait ; il ne peut pas s'appuyer sur un quelconque système de pensées préétablies, sous peine de devenir un préjugé. Si l'on s'en tient à l'évidence des faits, on voit bien l'aberration d'un tel comportement.
Je regrette de devoir philosopher aujourd'hui. Mais l'accumulation des mensonges, des horreurs, des crimes, et symétriquement la sainteté grandissante d'un nombre restreint de personnes prophétiques (j'en vois tous les jours ; il suffit d'ouvrir les yeux ; je pense notamment à Thierry, un homme simple et pauvre, converti et baptisé il y a peu ; tous les dimanches que Dieu fait, Thierry porte à Kamel, un ouvrier marocain qui quête à la porte de l'église, une bouteille thermos de café, lui donne une petite pièce - tirée de son nécessaire - et discute avec lui une bonne dizaine de minutes) me contraignent à ces réflexions.
D'où l'on voit par là que tous les êtres libres de préjugés sont potentiellement inadaptés à la vie sociale. Celui qui a des yeux et ne voit pas, ne peut accepter ni comprendre Thierry, pas plus que Kamel. Et Thierry, à mes yeux un exemple de sainteté, est incompris et rejeté par le plus grand nombre. Il est un signe de contradiction, et il est de ceux qui, sans beauté ni prestige, sont persécutés pour la justice. Mais l'ONU refuse de condamner monsieur MUGABE et les généraux de BIRMANIE peuvent continuer de trafiquer le pavot et de tuer leurs concitoyens, sans que cela nous émeuve.

samedi 12 juillet 2008

Les jeunes délinquants ont du bon sens

La presse a très peu rendu compte de l'étude qu'a réalisée la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Ce service de la Chancellerie a pour mission de suivre les mineurs délinquants. A l'issue de cette enquête réalisée auprès d'un groupe représentatif de jeunes délinquants, une conclusion ressort. Pour la majorité de ces mineurs (331 d'entre eux ont été interrogés entre février et mars 2008), la mission de la justice est avant tout de sanctionner et de punir. Avant de commenter cette enquête, il convient de signaler que 45 % de ces jeunes avaient fait l'objet de trois procédures pénales. Nous verrons tout à l'heure ce que cela signifie.


Ces jeunes ont du bon sens, et je dirais même une certaine conscience morale, qui mériterait toutefois d'être éduquée. Contrairement à l'idéologie rousseauiste héritée des Lumières, qui fait de la société la responsable principale des déviations et incivilités qui traversent maintes populations de jeunes, ceux-ci acceptent, et trouvent normal d'être punis et sanctionnés pour leurs actes. La justice n'a pas à justifier ces sanctions et ces punitions. Et les juges n'ont pas à faire de la psychopédagogie mystico-gélatineuse et de la psychanalyse sauvage. Cette conclusion est étayée par une autre réponse significative de ces jeunes. Une majorité d'entre eux estiment que la fonction de la justice n'est ni éducative ni préventive. Le rôle préventif de le justice n'est reconnu, tenez-vous bien, que par 19 % des interrogés. L'opinion sur le rôle éducatif de la justice est moins tranchée, puisque 49 % la lui attribue. A la quasi unanimité, les sondés indiquent que la justice doit donner une réponse appropriée à la gravité des faits délictueux. Le sursis est considéré comme normal pour la première condamnation, mais il doit tomber dès la seconde, indique l'un des jeunes.


Les mesures de placement judiciaire sont les plus critiquées. Les uns estiment qu'elles auraient dû leur être appliquées plus tôt au cours de leur vie ; les autres qu'elles l'ont été trop rapidement.


Enfin, plus inquiétant, seulement 70 des 331 jeunes disent avoir pensé à la victime et regretté leurs actes. Un peu plus de 20 %. C'est peu, c'est trop peu.
Ces données sont à rapprocher des réflexions publiées par Jean-Marie PETITCLERC dans un petit livre remarquable où transparaissent la profondeur du polytechnicien qu'il était et la bienveillance du prêtre éducateur qu'il est devenu (Enfermer ou éduquer. Les jeunes et la violence. Dunod, Paris, 2004). L'auteur y indique, chiffre à l'appui, qu'il faut sanctionner dès le premier délit pour prévenir la récidive. Il pense donc que le simple rappel à la loi est insuffisant, et il ne me paraît pas être un partisan du sursis. Il fait la très juste distinction entre punition, et sanction. Cette dernière appartient, dit-il, au registre de la responsabilité. Elle doit être positive et réparatrice. Il montre combien le premier droit de l'enfant est celui de la cohérence des adultes qui l'accompagnent sur le chemin de l'éducation. Enfin, et ce point rejoint ma propre et ancienne expérience de chef scout dans une banlieue difficile, une politique de la jeunesse doit reposer sur la confiance en l'éducabilité des jeunes, sur la mise en projet de leur vie, et sur la socialisation. On voit que ces fondements reposent sur une anthropologie saine.
Voilà pourquoi il est très certainement nécessaire de conduire des actions de préventions de la délinquance, pourquoi cette action ne peut être conduite par la justice, et pourquoi aussi, il faut savoir sanctionner sans faiblesse ni larmoiement misérabiliste dès la première incartade. Le choix n'est pas prévention ou répression ; il est prévention et sanction.




vendredi 11 juillet 2008

Qu'avons nous gagné ?

Je reviens à mon très cher BERNANOS et à son ouvrage remarquable et si drôle dont j'ai déjà donné de larges extraits dans des billets anciens : La France contre les Robots.
L'homme d'autrefois ne ressemblait pas à celui d'aujourd'hui. Il n'eût jamais fait partie de ce bétail que les démocrates ploutocratiques, marxistes ou racistes nourrissent pour l'usine et le charnier. Il n'eût jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s'avancer tristement les uns contre les autres, en masses immenses derrière leurs machines, chacun avec ses consignes, son idéologie, ses slogans, décidés à tuer, résignés à mourir, avec la même résignation imbécile, la même conviction mécanique : "C'est pour mon bien... C'est pour mon bien". Loin de penser comme nous à faire de l'Etat son nourricier, son tuteur, son assureur, l'homme d'autrefois n'était pas loin de le considérer comme un adversaire contre lequel n'importe quel moyen de défense est bon, parce qu'il triche toujours.
Vision réactionnaire ? Nostalgie de l'Ancien Régime ? Louange à la monarchie ? Certes non. Et le Roi de France, ce monarque prétendu absolu que nous caricaturent avec complaisance nos livres d'histoire falsifiés, pouvait s'entendre dire par le Président au Parlement de Toulouse, monsieur de la ROCHE FLAVIN : Telle est la Loi du Royaume que nul édit ou ordonnance royale n'est tenu pour édit ou ordonnance s'ils ne sont d'abord vérifiés aux Cours souveraines par délibération d'icelles ! (Citation par BERNANOS dans l'ouvrage évoqué plus haut).
Plusieurs mémoires (dont ceux de l'abbé DUCLOS, au XVIIIe siècle) mentionnent le rôle de corps intermédiaire des Parlements. Imagine-t-on, aujourd'hui, un Conseil Régional vérifier la conformité des lois, décrets, et arrêts, à sa propre constitution ? Et l'on appelle le pouvoir de nos rois, pouvoir absolu ? Il y avait bien, sous l'Ancien Régime, des contre-pouvoirs d'une puissance que nous ne pouvons imaginer. Et même après un Lit de Justice, qui obligeait, il est vrai, un Parlement à se soumettre, les édits ou ordonnance n'avaient aucune chance d'être suivis si le Parlement en question n'en contrôlait ou n'en voulait point l'application.
En vérité, le citoyen, aujourd'hui, est nu devant l'Etat qui contrôle toute la vie sociale par le moyen de son administration, laquelle, loin d'obéir aux Lois, les appliquent de manière curieuse, en les interprétant TOUJOURS dans un sens qui favorise le développement de son pouvoir. Oui aux Lois ! Non à l'arbitraire ! Nous en avons vu hier un bon exemple avec le cas de madame PETRELLA, convaincue de crime par un tribunal italien, et hébergée chez nous, au mépris de toute justice et de tout bon sens, sur la seule décision d'un Président de la République, soutenu de manière occulte par un cortège de syndicats de magistrats, de syndicats de policiers, relayés par toutes sortes de "collectifs" et d'associations de gôôôôche, plus enclins à soutenir les leurs qu'à dénoncer leur violence aveugle et les crimes qu'ils auraient pu commettre.
Voilà pourquoi l'idée d'accueillir des combattants des FARC, soi-disants repentis, est fausse, et contribue plus à désorienter les cervelles qu'à leur permettre de penser.

jeudi 10 juillet 2008

La victimisation des bourreaux, un mal bien français

Il se trouve en ce moment toute une brassée de belles figures de la presse, du monde judiciaire, du show-bizz, des cercles culturels pour attaquer la décision que vient de prendre monsieur FILLON d'extrader Marina PETRELLA, 54 ans, en ITALIE.
Dans les années 80, madame PETRELLA est condamnée, en compagnie de 170 coïnculpés, à la prison à vie pour sa participation aux meurtres et crimes commis par les Brigades Rouges, dont l'enlèvement et l'exécution d'Aldo MORO. Elle a commis elle-même un meurtre, ainsi qu'une agression violente (contre un magistrat, si j'ai bonne mémoire). La condamnation a été prononcée après un procès contradictoire, conduit dans un pays démocratique. Madame PETRELLA fait appel en cours de cassation. Elle est alors laissée en liberté sous contrôle judiciaire. La peine est confirmée. Madame PETRELLA, en 1993, se réfugie en FRANCE où le Président MITTERAND a décidé (depuis 1985) de donner une deuxième chance aux terroristes italiens qui diraient "avoir rompu avec la machine infernale" et se seraient réinsérés, en les mettant à l'abri définitif de toute extradition. En juin 2007, accédant à la demande réitérée des autorités italiennes, monsieur FILLON signe le décret d'extradition. Les avocats français de madame PETRELLA font appel de cette décision. Bien qu'en France l'appel ne soit pas suspensif dans ce cas précis, il est d'usage que la décision attende, pour être exécutée, les conclusions de l'instance juridique consultée. Madame PETRELLA est donc incarcérée dans la section psychiatrique de la maison d'arrêt de FLEURY-MEROGIS. Elle est fortement dépressive. Voilà pour les faits.
Je vous invite à lire sur ce sujet l'éditorial larmoyant de Madame Marie-Françoise COLOMBANI dans le magasine féminin ELLE, qui s'étrangle, s'indigne, proteste, accumule les adjectifs psychodramatiques et surtout le penser-faux, si caractéristique de ce petit monde parisien, ivre de l'influence qu'il exerce sur nos concitoyens.
Ainsi, madame COLOMBANI déclare que madame PETRELLA est rentrée officiellement et légalement en FRANCE. Ce qui est inexact. Il a bien fallu qu'elle passe à travers les mailles de la police italienne pour franchir la frontière, et elle a sans doute eu recours à des complicités bien françaises qui lui ont facilité ce passage. Certes, l'accueil est officiel du côté français ; le déclarer légal est un abus de langage. Il est déclaré légal en vertu d'une décision régalienne d'un Président qui n'a consulté ni ses partenaires italiens, ni la représentation nationale, et n'a pas respecté les accords juridiques conclus avec notre soeur latine. Madame COLOMBANI, dans un style d'une beauté glycérinée, déclare, désignant son coeur de la main gauche : Il ne s'agit pas ici de refaire l'histoire et de se poser des questions sur la culpabilité de cette ancienne dirigeante des Brigades Rouges. Elle a été jugée. Point. Pas question non plus de se demander si cette mesure envers les ex-terroristes est bonne ou mauvaise. Elle a été prise. Point. (D'ailleurs, la France ne vient-elle pas de proposer l'asile au membres des FARC ?). Le noeud du désespoir de Marina PETRELLA vient de là : de l'attitude schizophrènique d'un État qui reprend brusquement ce qu'il a donné. [...]. Et madame COLOMBANI de conclure qu'il est nécessaire que la clause humanitaire soit appliquée qui prévoit de rendre impossible une extradition pour des raisons d'âge ou de santé.
Tout est faux dans ce plaidoyer larmoyant. (a) Ce n'est pas l'Etat qui reprend ce qu'il a donné. C'est l'Etat qui applique une loi, jusqu'ici superbement ignorée par deux Présidents et neuf premiers ministres. (b) Le prétendu principe, déclaré établi, et qui permet à un homme ou une femme, convaincu de crime, d'échapper à l'exécution de la sentence qui sanctionne ses actes, n'est pas un principe juridique, c'est une opinion politique. (c) Madame PETRELLA a été condamnée, mais elle n'a pas purgé sa peine. Que veut dire une condamnation sans la sanction qui va avec ? (d) Madame PETRELLA est italienne, a commis les actes qui ont motivé sa condamnation en ITALIE. Il est tout à fait légitime que l'état italien réclame l'exécution de la sentence. Du reste, la France a mis vingt ans pour localiser, trouver et exfiltrer sur son territoire le terroriste CARLOS RAMIREZ-SANCHEZ. Nul n'a semblé se soucier de ce long délai. Nul ne versera un pleur sur cet homme aux mains tachées de sang. (e) Madame COLOMBANI fait bon marché de la douleur des proches de ceux dont la vie a été fauchée par ces furieux ; madame PETRELLA en fit partie. Au nom du principe humanitaire, il eût été bon qu'elle n'appuyât point froidement sur la gâchette de l'arme qui ôta la vie à un "ennemi de classe". (f) Nous aurions aimé, au moins, que madame PETRELLA manifestât un puissant regret de ses actes. Il semble que ces regrets se soient limités à un renoncement officiel à la violence, prononcé dans le silence poussiéreux du cabinet d'un juge. (e) L'âge de madame PETRELLA n'est pas si élevé que cela ; quant à la santé, elle était fort bonne avant que l'extradition ne fût décidée.
Qu'aurions-nous dit si l'ITALIE avait accepté d'héberger les assassins de l'ingénieur général de l'armement AUDRAN ou de Georges BESSE, au motif qu'ils auraient déclaré renoncer à la violence ? Je ne suis pas sûr que nous n'aurions pas insisté pendant des années et des années pour obtenir satisfaction. J'ai déjà dit et je redis qu'on ne peut enfermer un homme dans ses actes ou ses paroles. Il ne s'agit pas de le faire davantage pour madame PETRELLA. Mais il me semble que la dignité de l'homme consiste à assumer la responsabilité de ses actes. Ah ! c'est sûr, il est plus facile de sombrer dans la dépression et le retrait du monde que de reconnaître ses erreurs. On attend toujours de cette passionaria qu'elle ait UNE PAROLE, UN MOT, pour ses victimes.

Madame COLOMBANI a tout faux. Mais elle va certainement recevoir un abondant courrier qui lui permettra de mesurer son influence dans le lectorat d'ELLE. En FRANCE, pour une raison lié au caractère national, nous aimons le paradoxe. Nous victimisons les bourreaux, et bourreautisons les victimes. Cette étrange déformation de perspective explique bien des dérives.

mercredi 9 juillet 2008

Ségolène et la paranoïa

Madame ROYAL fait un lien entre les visites de son appartement et ses attaques contre monsieur SARKOZY. Je n'irais pas jusqu'à dire, comme monsieur ESTROSI (je crois) que madame ROYAL a le cerveau d'un bigorneau. C'est désobligeant pour ce coquillage succulent et sympathique. Mais de deux choses l'une : ou bien madame ROYAL a des indices, des éléments de preuve, et elle porte plainte ; nous la soutiendrions fortement, si cette hypothèse était avérée ; ou bien tout se passe dans son cerveau (voir plus haut), et elle est à la fois ridicule, paranoïaque, et sotte. On pourrait tout aussi bien imaginer que des rivaux, au sein de son parti, cherchent à connaître ses soutiens, et ses réseaux, pour mieux évaluer leurs chances au Congrès de Reims. Je n'ai pas entendu le moindre bruit de ce genre, ni dans la majorité, ni dans l'opposition. Madame ROYAL est une mauvaise perdante.
Quant à la supposée mainmise de "monsieur SARKOZY et de son clan" sur la France, il faut avoir de sacrés trous de mémoire : c'est bien, me semble-t-il, un député de l'opposition qui préside la très importante commission des finances à l'assemblée nationale, sur la recommandation du Président ; c'est bien dans la réforme constitutionnelle, rejetée en bloc et à l'unanimité par le PS, que figure une très importante mesure celle qui consiste à faire adopter ou refuser par les députés les nominations aux plus hautes instances de la République à l'exception du Directeur de France Télévision (je suis de ceux qui n'approuvent pas cette proposition).
Mais tous ces politiciens, qui n'ont aucune idée, aucune proposition, sont soudés par la hantise du pouvoir et la haine recuite et infondée qu'ils éprouvent envers monsieur SARKOZY, haine qu'ils propagent, répandent, et diffusent avec succès, à l'aide de mots, de formules basses, d'incitation à la jalousie, d'insinuation. NIETZSCHE jubilerait de les voir argumenter si pauvement. On a critiqué la montre du Président, bon ! Mais qui songerait à demander dans quelle friperie de bon chic madame ROYAL trouve ses tailleurs qui ne sont pas tous de mauvaise qualité ?
Reprenons le discours de madame ROYAL, et le cours de sa démonstration.
J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux. Je considère qu'aujourd'hui il y a une mainmise du pouvoir sur les médias (...).
A la question : S'agit-il d'une accusation contre le pouvoir en place ? la présidente de la région Poitou-Charentes répond : C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle (...)".
Comme disait je-ne-sais-plus-qui à propos des Egyptiens : ils avaient la possibilité d'aller en Chine ; s'ils le pouvaient, c'est qu'ils y sont allés, la démonstration de madame ROYAL est d'une imbécilité absolument lumineuse. D'une coïncidence, elle fait une preuve, ou plus exactement une insinuation qui sert de preuve. Mais la suite est encore plus belle.

Je suis la seule responsable politique à dénoncer très clairement ce qui se passe contre le service public de l'audiovisuel. (Ce n'est pas très gentil pour ses amis du PS). Mais suivez-mon regard, et votez pour moi au Congrès de Reims. Moi seule suis crédible, moi seule m'oppose au Président.
Et puis la hargne se déchaîne.
Il y a un rapt, il y a un vol sur la publicité de France 2 et de France 3 pour enrichir les amis de M. Sarkozy, MM. Bouygues, Lagardère, Bolloré, qui s'apprêtent en plus à se positionner pour la privatisation d'EDF et d'Areva (...) à un moment où il y a une crise énergétique.
Et enfin, la martyre parle : je ne subirais aucune intimidation pour empêcher ce mauvais coup contre la France.
Quand la publicité a été introduite à la télévision publique, ce fut un tollé de la gôôôôche : on livrait ce bijou aux mains du grand capital. On supprime la publicité, et c'est une honte ; comment la télévision publique va-t-elle vivre ?
Assimiler la France à PPDA, c'est certainement un très grand hommage rendu à un journaliste de talent que nous regretterons, mais qui trouvera à s'employer sans nul doute sur d'autres chaînes. On se demande ce que viennent faire les Bouygues, Lagardère, Bolloré (lesquels, en raison de leur fortune NE DEVRAIENT PAS AVOIR D'AMIS ! Na !) dans la question de la crise énergétique, dans celle de la télévision publique ou encore dans le cambriolage ou la "visite et le saccage" de l'appartement de l'ex-candidate : elle perd ses nerfs, et avec eux perdra les élections au Congrès de Reims en dépit de ses pauvres interventions pour attirer sur elle l'attention des médias et de ses troupes.
Non, décidément non ! Nous ne voulons pas d'une institutrice en escarpin à la tête de ce qui aurait pu être un grand parti moderne, si ses dirigeants avaient eu l'intelligence de faire taire leurs rivalités et de contrôler leurs egos. Il faut en démocratie une véritable opposition.
Sortant de mon tonneau comme DIOGENE, je la cherche en vain avec ma lanterne. Quelqu'un pourrait-il l'éclairer ?

L'égalité selon le parti communiste chinois

Notre Président, d'autres présidents, pleins de présidents, vont aller à l'ouverture des Jeux Olympiques de PÉKIN. Il serait bon de leur rafraîchir un peu les méninges pour qu'ils n'oublient pas les chinois dans leur voyage.
En Chine, aujourd'hui, 20 % des plus riches chinois possèdent 55 % des revenus ; 20 % des plus pauvres n'en touchent que 4,7 % ; 6 % des familles riches possèdent 40 % des biens financiers ; 5 % trustent la moitié de l'épargne privée. Cent-quatre-vingt-dix millions de Chinois seulement ont des revenus supérieurs à 2000 dollars annuels. Le restant de la population vit dans la pauvreté ou dans la misère. Une grande partie de ces privilégiés, les plus riches, sont des cadres du Parti.
Le gouvernement chinois déclare que le seuil de pauvreté est atteint avec un revenu annuel de 800 yuans, soit 95 dollars ! et que la pauvreté absolue est atteinte avec un revenu annuel de 70 dollars. Les Nations Unies, plus généreuses, ou plus lucides, évaluent le seuil de pauvreté à un dollar journalier (350 dollars de revenu annuel). Centre trente millions de chinois vivent avec ces 350 dollars annuels. Il y a dix millions de mendiants, onze millions de sous-alimentés, entre 150 et 200 millions de SDF (deux fois la population de la France !), un chômage allant de 12 à 30 % selon les régions, 28 % de la population laissée sur le bas côté de la route de la "croissance", laquelle doit atteindre au moins 7 % annuels si la Chine veut simplement se maintenir à flot, en raison de sa démographie.
Imaginons un paysan qui désire quitter sa région pour aller travailler en usine, dans la zone spéciale de SHENZHEN, très attractive (paraît-il).
Première étape : il doit obtenir un permis pour quitter sa région, une carte d'identité, un certificat de célibat (sic !), un certificat prouvant qu'il n'est pas né hors quota familial (1 enfant par couple). Il part. Il arrive à SHENZHEN.
Deuxième étape : on demande à notre jeune paysan un dépôt de 300 yuans, et un permis de résidence temporaire qui coûte 640 yuans. Avant même de travailler, notre jeune homme a déjà dépensé trois mois de son futur salaire. Il lui faudra de toute façon dépenser encore 600 yuans pour obtenir des certificats l'autorisant à rester dans cette zone. Il les lui faudra porter sur lui en permanence sous peine de prison. Il lui faudra payer pour obtenir un emploi. (Et nous qui nous plaignons de notre pouvoir d'achat !).
On en finirait pas de citer les épouvantables pratiques sociales de la Chine communiste. Et c'est ce régime que les présidents vont honorer de leur présence. Le livre de Thierry WOLTON, duquel j'ai tiré ces données chiffrées (La Grand Bluff chinois. Comment Pékin nous vend sa révolution socialiste. Robert Laffont, Paris, 2007) égrène au long de ses pages admirablement documentées une série de faits qui font froid dans le dos. De quoi avons-nous peur ? Savez-vous que le géant américain de la distribution, Wal Mart importe de Chine 80 % des produits vendus à bas prix dans ses magasins ? A lui seul, il y achète plus de produits que le Canada ou l'Australie. Il suffirait qu'il cesse d'acheter pour le l'économie chinoise traversât une terrible crise. On peut en conclure que les Etats-Unis soutiennent le régime chinois, qui pourtant est leur ennemi le plus juré, et qu'ils contribuent à maintenir un système oppressif épouvantable.
La Chine communiste détient une masse considérable de bons du Trésor américains. Que craint-on ? Ces bons du Trésor ne sont que du papier. Il suffirait à un gouvernement souverain de les déclarer in-remboursables (après tout l'URSS en a bien fait autant avec les emprunts russes) pour ruiner la Chine. Que craint-on ? En vérité ces géants démographiques, financiers et économiques se tiennent par la barbichette. Aucun d'eux n'est dupe. Et le système durera tant que les pauvres, en Chine (et aux USA peut-être, car il y a aussi des pauvres aux USA), courberont la tête devant ces financiers corrompus, ces puissants avides, ces monstres froids.
N'ayons pas peur ! N'ayons pas peur de la vérité ! Soutenons les admirables penseurs chinois dissidents. Leur pays est digne de leur lutte. Et la culture, l'histoire, l'art de l'Empire du milieu méritent qu'on les aime et que l'on se batte pour eux.

mardi 8 juillet 2008

Au père Christian Delorme

Dans le numéro du Monde daté du 4 juin, le père Christian DELORME, prêtre de l'archidiocèse de LYON publiait un article sur les relations islamo-chrétiennes. Ce prêtre est un spécialiste de ces relations, c'est tout à fait indéniable. Mais il est aussi prêtre, et son article soulève bien des questions et suscite le scandale. Que dit-il, le père Christian DELORME ?

Ceci :

Ce qui fait fondamentalement l'unité de l'Algérie, c'est son islamité.

Le débarquement des Français en Algérie, en 1830 ? Le père DELORME évoque les atteintes à la culture et aux institutions musulmanes qu'ont perpétrées (rien que ça) les coloniaux.

L'existence d'une minorité chrétienne en Algérie pourrait devenir prétexte à des interventions militaires. Le père DELORME proclame l'urgence d'une réflexion sereine sur la légitimité ou non du prosélytisme chrétien en terre d'Islam.

Et encore : L'Évangile, certes, demande aux chrétiens d'annoncer le Christ, mais pas au prix du déchirement d'un peuple, pas au prix de l'engendrement de situation de violence.


Il me semble que le père DELORME marche sur la tête. Est-il violent d'assister à une messe dans une maison privée ? Est-il possible d'empêcher des hommes et des femmes d'accéder à une Lumière qui est tout le contraire de la violence ? Devons-nous accepter l'islamisation de notre patrie et la persécution de nos frères chrétiens algériens ? Qui déchire le pays ? Le juge de TIARET qui condamne ses compatriotes à l'amende et à la prison pour des délits d'opinion ou ces chrétiens héroïques qui ne font que retrouver leurs racines, affirment très haut l'amour qu'ils portent à leur patrie, mais réclament la liberté de conscience et de culte.


Nous n'avons pas fini de payer notre apostasie. Madame ROYAL peut bien proclamer dans ses déclarations que le métissage est une bonne chose pour la France, mais pour qu'elle fasse accepter par nos compatriotes cette idée, qui est philosophiquement et religieusement juste, il faudrait encore qu'elle et son parti comprennent une chose : il est impossible à un être humain coupé de son Dieu d'accepter totalement la différence et la fraternité fondée en Christ. Cette schizophrénie d'un régime laïc qui ne s'inspire que d'exigences chrétiennes coupées de leurs racines, dépourvues de la sève qui leur donne vie, nous conduit à la catastrophe. Oui à l'évangélisation de tous les peuples. Il n'y a pas de salut hors de l'accueil du Message. On ne peut imposer par la loi l'amour et la charité.