mardi 12 avril 2011

Sur les intellectuels contemporains

-
A plusieurs reprises, je vous ai parlé de Jürgen HABERMAS. C'est un philosophe et penseur allemand d'abords parfois difficiles, mais sa pensée me paraît profonde. Je m'efforce de relire ses Écrits politiques. Voilà ce que j'ai trouvé et que je désire examiner d'un oeil critique :


"En s'engageant au moyen d'arguments rhétoriquement bien formulés, en faveur des droits lésés et des vérités réprimées, en faveur des innovations qui s'imposent et des progrès qui ont été retardés, les intellectuels s'adressent à un espace public capable de réagir, vigilant et bien informé. Ils comptent sur le respect des valeurs universelles, font confiance à un État de droit qui fonctionne plus ou moins bien et à une démocratie qui ne vit que de l'engagement des citoyens à la fois méfiants et combatifs."


HABERMAS, quelques paragraphes plus loin, cite un extrait de Dietz BERING qui s'est attaché à faire le portrait-robot de l'intellectuel vu par les adversaires de l'Universalisme et de l'Individualisme des Lumières. Bien entendu, c'est l'antithèse de la description qu'HABERMAS en fait. Pour BERING, les adversaires de l'intellectuel le désignent comme un être dépourvu d'instinct, déraciné. Il est caractérisé par "l'universalité abstraite de sa pensée, [...] une absence de patriotisme et de loyalisme, une décadence irrémédiable et un manque de caractère, la manie de la critique négative. [...]"


Et puis il y a mon cher BERNANOS, mon cher et inépuisable Georges, qui dit ceci, toujours dans cet ouvrage qui est devenu comme mon oreiller, mon coussin, mon doudou : La France contre les robots. Je radote car j'ai déjà cité ces propos dans un ancien billet. Mais il est bon de proclamer sans arrêt quelques idées aussi férocement roboratives :


"L'expérience m'a depuis longtemps démontré que l'imbécile n'est jamais simple, et très rarement ignorant. L'intellectuel devrait donc nous être, par définition, suspect ? Certainement. Je dis l'intellectuel, l'homme qui se donne à lui-même ce titre, en raison de ses connaissances et des diplômes qu'il possède. Je ne parle évidemment pas du savant, de l'artiste ou de l'écrivain dont la vocation est de créer - pour lesquels l'intelligence n'est pas une profession, mais une vocation. Oui, dussé-je, une fois de plus, perdre en un instant tout le bénéfice de mon habituelle modération," [!, le ! est de votre serviteur] "j'irai jusqu'au bout de ma pensée. L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il ait prouvé le contraire."


Il dit aussi : "J'affirme une fois de plus que l'avilissement de l'homme se marque à ce signe que les idées ne sont plus pour lui que des formules abstraites et conventionnelles, une espèce d'algèbre, comme si le Verbe ne se faisait plus chair, comme si l'humanité reprenait en sens inverse, le chemin de l'incarnation."


J'ose dire ici que les Lumières avec leur "universalisme et leur individualisme" sont responsables de la prolifération offensante des imbéciles, et que le portrait-robot des intellectuels vus par les adversaires des "Eclairés" et des "Hommes de Progrès" que fait BERING est tout à fait celui des imbéciles de BERNANOS. C'est une conséquence inévitable de la primauté des idées sur la pensée, des systèmes sur l'examen des faits, de l'idéalisme ravageur sur le réalisme.


Lisez, je vous en prie, les critiques et analyses amphigouriques, obscures, absconses que les intellectuels médiatiques contemporains font de tout et de rien, le sommet du ridicule dans le domaine étant atteint par les disciples de LACAN dont j'affirme que pas un sur dix ne comprend le centième de ce que leur Maître a voulu dire, si tant est qu'il ait voulu dire quelque chose.


Revenons à nos premières amours : clarté de la pensée, amour de la vie et du beau, respect des particularités légitimes, gaieté, élégance, courtoisie, belle langue. Tout le reste est de la littérature.

lundi 11 avril 2011

Cantonales déni de démocratie

-
Un fidèle lecteur me demandait au lendemain des cantonales ce que je pensais d'un article produit par Aurélien VERON et que j'ai fini par trouver après quelques déboires.


Je partage entièrement l'avis d'Aurélien VERON. Il est anormal que des petits partis, ayant récolté 7 ou 8 % des voix, au grand maximum, se voient attribuer des dizaines de sièges, alors que le FN, qui en a récolté près de 20 % n'en voit récolte que deux.


Je voudrais ici faire plusieurs remarques :

(a) Il est scientifiquement et mathématiquement démontré qu'il est impossible de dégager une opinion majoritaire légitime, exprimant donc l'avis du corps politique souverain qu'est le peuple, quand on propose plus de deux choix à ses suffrages. CONDORCET avait montré cela en son temps. Ce théorème dit de CONDORCET a été vérifié par d'autres mathématiciens, américains notamment. Et c'est tellement vrai que si monsieur BAYROU était arrivé en deuxième position aux dernières élections présidentielles, il eût été élu contre Nicolas SARKOZY.

(b) Il est parfaitement scandaleux que près d'un votant sur 5 n'ait aucune représentation politique dans des assemblées chargées de voter l'impôt. Mais en l'état actuel des choses, il n'y a rien à faire.

(c) Si l'on estime que le FN n'est pas un parti démocratique, pourquoi l'autorise-t-on ? Je ne pense pas qu'il soit un parti totalitaire ou antidémocratique. Ceux de monsieur MELANCHON ou de monsieur BESANCENOT me paraissent bien plus dangereux pour les libertés personnelles et publiques des citoyens. J'ai dit hier pourquoi je pensais que la fixation de ce parti sur l'immigration et spécialement l'immigration musulmane me paraissait mal fondée et nécessiterait une approche nuancée, et plus fidèle à ce qui caractérise le génie français.

(d) Je pense que si l'on expliquait aux fidèles musulmans un certain nombre de points d'histoire de leur religion, ils seraient plus éclairés dans leurs pratiques et trieraient d'eux-mêmes ce qui relève de leur foi et ce qui relève des contingences politiques actuelle ou anciennes.

(e) Je n'accepte pas que l'on frappe d'indignité morale 20 % des votants. Il faut interroger les raisons profondes de ce vote. Ces 20 % ne sont pas des fascistes, des antisémites, ou des cinglés. Ils voient un certain nombre de choses sur lesquelles les pouvoirs publics et leurs agents (magistrature, police, par exemple) ferment les yeux. C'est là me semble-t-il la raison essentielle de ce vote qui mélange la contestation à un réel amour de la patrie.

(f) A de nombreuses reprises j'ai indiqué dans mes billets qu'il fallait déchoir de la nationalité française les richissimes français qui placent leur argent à l'étranger ; je n'en suis que plus à l'aise pour réclamer la même mesure vis-à-vis des délinquants naturalisés de fraîche date. On ne peut se réclamer de son pays quand on se refuse à le servir.


Ces cantonales sont donc un vrai déni de justice démocratique. Et aucun des partis en lice dans cette joute électorale n'a vraiment de quoi se réjouir.


J'espère avoir répondu à Roparz HEMON qui me demandait mon avis.

dimanche 10 avril 2011

Une journée pour réfléchir

-
Je me suis donné la journée avant de répondre à un commentaire de mon billet d'hier. J'admets volontiers que le nom de fanatisme donné au programme du FN est mal choisi. J'aurais dû utiliser celui de systématisme, plus explicite et moins injurieux. Je voudrais également faire remarquer que j'ai bien pris soin d'indiquer que les excès langagiers et idéologiques des responsables du FN conduisaient les responsables politiques de l'actuelle majorité et de l'opposition à ignorer les réelles problèmes soulevés par le FN et instrumentalisés par lui et à le rejeter dans les ténèbres extérieures de l'indignité politique. Je m'explique.


(a) Immigration : il y a un réel problème de l'immigration. Le nier est suicidaire. Faut-il pour autant mettre tous les immigrés dans le même sac ? Certes non. Il en est qui travaillent chez nous et que nous sommes très heureux d'utiliser pour exécuter des tâches souvent rebutantes, fatigantes, salissantes, ou réputées indignes. D'autres immigrés viennent enrichir de leur savoir et de leur créativité la vie de notre patrie. Et puis il y en a effectivement qui sont là pour profiter de la vache à lait. La difficulté - elle est énorme - est de séparer le bon grain de l'ivraie. La désignation des immigrés comme responsables de tous nos maux conduit les descendants d'immigrés, nés français car nés en France, à se considérer comme rejetés ; ils sentent bien qu'on les identifie à tort comme des profiteurs ; et de fait, dans l'esprit de nombre de nos concitoyens qui du reste ne votent pas forcément FN, émerge une tendance fâcheuse : elle consiste en effet à assimiler les français descendants d'immigrés aux immigrés clandestins. Ces Français, se sentant rejetés, forment des ghettos, se réfugient dans des ghettos identitaires mélangeant langue, culture, politique et religion. La réaction est visible surtout chez les jeunes de lointaine origine maghrébine, les plus nombreux ; mais on la retrouve aussi chez les jeunes d'origine africaine et même asiatique. Bref, le tort du FN est d'amalgamer, de généraliser, de ne pas voir que nous sommes en partie responsables de ce repli identitaire et de ne pas voir qu'une partie importante des immigrés ou descendants d'immigrés est parfaitement capable de s'intégrer, puis de s'assimiler sur le long terme. Il y a certes pour les croyants de religion musulmane un réel problème ; il faut donc mieux connaître l'islam, faire confiance à la raison et aux découvertes philologiques, historiques, archéologiques dont j'aurai l'occasion de reparler.


(b)Identité nationale : là encore, il y a un réel problème. Le refus de l'opposition de gauche d'envisager que ce problème existe tient à son idéologie internationaliste, dont j'ai parlé récemment. Les hésitations de la majorité semblent tenir à l'ostracisation dont cette valeur, justement mise en lumière par le FN, fait l'objet de la part des médias, des cultureux, des bien pensants, y inclus certaines bonnes âmes chrétiennes. Mais l'identité nationale combine bien des facteurs et ne sauraient se résumer à Jeanne d'Arc ou au drapeau bleu-blanc-rouge (encore que...) ; de tous temps, il y a eu en France une tradition d'ouverture aux nations, à leurs cultures, à leurs savoirs, à leurs savants et lettrés. L'apogée de cet esprit d'ouverture à l'autre se situe sans doute sous Louis XIV qui députa des envoyés dans de nombreux pays (Chine, Siam, par exemple). Et nous ne pouvons vivre dans une identité "frileuse", attitude que nous critiquons chez les autres. Il y a un ciment de l'identité qui est la langue. Elle est massacrée par les imbéciles qui nous parlent d'écrivaine, de Professeure, de Députée, que sais-encore, de buzz, de sponsors, de meeting. Ne parlons pas des publicités ("What else ?" de ce bon George CLOONEY et le "George, we recycle", ou bien "Das Auto" à propos d'une voiture allemande), elles sont à pleurer. Il y a un autre ciment qui est l'espace public, la géographie, les traditions (qui survivent dans les lundis de Pâques, de Pentecôte, le jeudi de l'Ascension, Noël ou le 15 aôut), souvent d'origine chrétienne, mais dévoyées par les marchands du temple (exemple de la fête de la Lumière à Lyon). Tout cela peut s'expliquer aux Français ; personne ne le fait. Et tout ce qui faisait le prix de ces traditions se dévoient dans un oubli souvent voulu par les acharnés de la laïcité, c'est-à-dire les anticléricaux et les athées militants. La vérité est que l'identité de la France est profondément chrétienne, et je dirai même sans doute catholique. Mais cette identité-là n'a rien à voir avec un christianisme sociologique ou idéologique. Elle est d'un autre ordre, et il revient à quelques disciple,s dont le nombre croît dans l'ombre, de maintenir dans notre patrie cette tradition vivante : Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Soeur Emmanuelle en été de très bons flambeaux.


(c) Laïcité : il y a à l'évidence un énorme problème, surtout du côté des revendications d'un islam intégriste et radicalisé. Il suffit d'appliquer la loi. Et d'exiger des politiques qu'ils ne se mêlent pas des religions ou des cultes. Madame ROIG a mélangé les genres, par exemple (n'oubliez pas : ne plus jamais voter pour l'UMP, si elle et monsieur Frédéric MITTERRAND ne retirent pas leur soutien financier à l'exposition Piss Christ). Et d'autres encore, en subventionnant la construction de mosquées ou d'autres lieux de culte. Les catholiques parisiens ont leur "chantier du cardinal" ; ils financent eux-mêmes la construction de nouvelles églises. C'est un bon exemple, à suivre par tous les autres.


Je reviendrai sur les autres problèmes soulevés par le FN. Je résume. Le FN a des positions tranchées, insuffisamment respectueuses des autres, en rupture avec une partie du génie national. Il faut qu'il s'assagisse. Il est trop systématique. Suis-je clair ?

samedi 9 avril 2011

Madame Roig persiste...

-
J'ai protesté auprès de madame ROIG contre l'exposition Piss Christ. Bien entendu, je n'ai eu aucune réponse. Mais un ami parisien m'a fait part de la réaction indignée et forte de Mgr CATTENOZ, Archevêque d'AVIGNON et de la misérable réaction de l'élue. Elle n'a pas à s'immiscer, dit-elle, dans les choix artistiques d'une collection privée, exposée dans un musée qui n'appartient pas à la ville ! Soit. Mais alors pourquoi la subventionne-t-elle des deniers de ses contribuables ? Je vous invite à protester par courriel auprès de cette dame et je persiste dans mon refus de voter désormais pour un parti dont un membre fait preuve d'une telle lâcheté et d'un tel mépris des croyants. Plus jamais une voix ne doit désormais lui aller. Ne parlons pas du PS ; monsieur VAUZELLE, Président de la Région PACA n'a pas hésité à arroser la dite exposition avec l'argent des Provençaux. Mais enfin de la part d'un membre du PS, cela n'étonne guère, comme n'étonne guère le soutien financier que monsieur Frédéric MITTERRAND, ministre de la culture, a accordé à monsieur LAMBERT, propriétaire de "l'oeuvre d'art" ! Bon sang ne saurait mentir.


Puisque les chrétiens sont des étrangers dans leur propre pays, dans ce pays que leurs oeuvres et leurs travaux ont façonné au long des siècles, qu'ils votent blanc, et laissent les loups, les tigres et autres animaux politiques se déchirer entre eux. Et qu'ils continuent, là où ils sont, à partager, à aider, à faire briller la charité, dans le silence et dans l'humilité. Je persiste à croire qu'une campagne de promotion du vote blanc auprès des chrétiens, blessés par un Etat qui ne les respecte pas, aurait un grand impact.N'hésitez pas à soutenir cette idée. Réagissez.


Oui, n'oubliez pas ! Protestez, et indiquez dans votre protestation votre refus citoyen de voter désormais pour l'UMP. Ce parti ne vaut pas mieux que le PS. Ne parlons pas du FN dont le fanatisme et l'aveuglement contribuent à l'obscurcissement du débat public sur des questions pourtant essentielles. Notre patrie a renié ce qui la constituait. Elle meurt à petit feu. Et tous ces gens-là sont des complices. Un jour, ils seront même transformés en croque-morts !


Je vous invite aussi à lire la réaction de Mgr CATTENOZ (voir Internet). Elle est forte et juste. Nous aimerions que les responsables des Églises chrétiennes en France protestent identiquement et que la Conférence des Évêques de France prenne une position publique et solennelle sur ce scandale. S'il faut aller à AVIGNON déloger la photo, nous irons. Maintenant, ça suffit.

Liés et non juxtaposés

-
Dans Pilote de guerre, Antoine de SAINT-EXUPERY raconte l'expérience transformante qu'il fit au début de la seconde guerre mondiale et qui lui permit, dit-il, de "déchirer l'écorce" (je cite de mémoire). Elle devait bouleverser la vie de ce grand écrivain, trop tôt disparu - son avion a été abattu le 31 juillet 1944 ; j'ai de bonnes raisons de me souvenir de la date - qui dès lors conçut la vie et l'homme d'une manière toute différente.


Il écrit ceci qui me semble devoir être médité par tous les hommes politiques et par tous ceux que la vie a placé en position de responsabilité.


"On ne peut être frère qu'en quelque chose ; s'il n'est point de noeud qui les unisse, les hommes sont juxtaposés et non liés."


Depuis l'ouverture de ce ce Blog, je n'ai cessé de rappeler que l'homme est un sujet social, qu'il est une personne en relation avec autrui. Je n'ai cessé de pourfendre le concept idiot et abstrait de solidarité (au moins dans le sens que lui donnent les médias et les responsables politiques) quand il se fonde en effet sur la seule contrainte du partage imposé et j'ai proposé qu'on lui substitue celui de générosité (alors que j'eusse préféré le beau mot de charité, entendu non point au sens caricaturé que lui prête les médias bien-pensants de l'heure, mais à celui que lui donne Paul de TARSE dans sa première épître aux Corinthiens).


Les anticléricaux qui, en France, tiennent le haut du pavé, infiltrent la magistrature, le corps des élus (sénateurs et députés), les grands corps de l'état, les rouages décisionnels des pouvoirs publics, ont réussi ce tour de force : chasser de l'esprit public la foi en un destin commun à tous les hommes de ce monde, le remplacer par l'idéologie du plaisir individuel et de l'hédonisme, du matérialisme le plus plat. Et ils récoltent les mauvais fruits de leur mauvaise action. Si rien ni personne ne vient unir les hommes, alors oui, ils sont juxtaposés et non pas liés. Pourquoi s'intéresser à l'autre ? Pourquoi lui manifester de l'attention par le respect des formes de politesse ? Pourquoi ne pas remplacer la solidarité, entendue au sens fort, cette fois-ci, celui d'un commun destin inscrit dans la nature même de l'homme, par une solidarité de pacotille ? Cette solidarité qui consiste à prendre de force aux uns pour le donner aux autres, alors qu'une prise de conscience collective, murie, ancrée dans une saine anthropologie suffirait à faire jaillir dans l'esprit public l'évidente nécessité du partage. Le lien entre les hommes ne peut être noué que par un homme parfait en son humanité, non pas par une idéologie, mère de tous les corporatismes de parti et de la violence civile.


Celui qui unit les hommes, pour moi, est Jésus ; lui seul est l'homme parfait qui justement prouve sa messianité et sa divinité : il nous établit tous fils d'un même Père, et il ajoute qu'il y a dans la maison de ce dernier "plusieurs demeures". Voilà qui suffit à effacer de la réalité, l'abstraction mortifère et violente d'une identité absolue entre tous les êtres humains, vendue sous le vocable mensonger d'égalité. Qui peut nier l'appartenance commune de tout être humain à l'humanité ? Voilà l'identité du genre (mêmeté). Qui peut nier que les conditions concrètes de vie de chacun d'entre sont différentes ? Où est l'égalité ? Certes, et je l'affirme très haut, il y a des différences qui offensent l'image de Dieu en l'homme ; celles-là, nous devons y remédier, mais pas au prix du reniement de notre propre humanité. Et il y en a d'autres qui sont légitimes, nécessaires mêmes, et qui justement tiennent à l'identité de l'espèce, c'est-à-dire des groupes humains et des personnes (ipséité) .


Ah, il nous faudrait des gens qui pensent à l'homme avant de penser au pouvoir, des gens qui réfléchissent autant sur eux-mêmes que sur autrui, des gens qui aient des réponses concrètes et moralement fondées aux conflits, à la violence qu'elle soit ouverte ou rampante. Car la morale est un art de vivre. Elle donne des solutions unifiantes et apaisantes à la seule question qui vaille : Que dois-je faire pour avoir la vie bonne ? Est-ce trop vous demander messieurs de donner un début de réponse à cette question ? Au lieu de parler de plaisir, parlez-nous de bonheur, du vrai, pas du plaisir que vous drapez dans le manteau emprunté à ce beau mot. Ce n'est pas tout à fait la même chose.

vendredi 8 avril 2011

Heureusement, il y a les poètes anciens de la Chine

-
Où trouver dans un monde trop humain des paroles susceptibles de toucher le coeur de ceux qui ne croient point en Jésus ? Ce ne peut être que des paroles humaines, marchepied ou béquilles vers le zénith de la foi. Ah ! J'en ai trouvées, j'en ai trouvées chez des auteurs ou des poètes anciens de la Chine.


Tout semble sombre aujourd'hui : les passions humaines dévorent l'homme, que ce soit en Côte d'Ivoire ou en Libye ou ailleurs, la nature semble se venger des offenses que l'homme ne cesse de lui faire, la terre tremble, la mer est déchaînée, le ciel se dérobe à nos regards dans la fumée échappée des volcans en feu. Les luttes pour le pouvoir n'ont jamais été aussi âpres, notamment chez nous où prolifèrent les lynchages médiatiques, l'insulte et la dérision, l'aveuglement.


De LAO ZI (ou LAO TSEU, que l'on pourrait traduire par le Vieux [LAO] Maître) : "Quiconque veut s'emparer du monde et s'en servir court à l'échec !"


De HAN YU : "Regarder le ciel du fond d'un puits et affirmer que le ciel est étroit !"


Allons, ne regardons pas le monde du fond d'un puits. Ne considérons pas l'homme comme un animal, ou autrui comme un ennemi à abattre. Nous sommes faits à l'image de Dieu. Nous n'en avons perdu que la ressemblance. J'aime que de très grands esprits puisant dans leur sagesse fasse éclater des vérités définitivement accomplies en Jésus. Je ne cesse de découvrir ces convergences, au point que par moment, je me demande s'il n'y a pas eu une révélation originelle dont la chute nous aurait voilé la lumière jusqu'à la venue du Fils de l'Homme.


Il nous faut espérer contre toute espérance. Et nous efforcer de mettre en accord nos actes et nos paroles.


C'est tout pour aujourd'hui.


jeudi 7 avril 2011

Ce sont des misérables

-
Une amie de Lorraine et un ami parisien me font indépendamment part de leur indignation et m'invitent ainsi que mes lecteurs à manifester la nôtre à qui de droit. Voilà d'abord le texte qui expose le légitime motif de protestation :

"En France, le ministère de la Culture du gouvernement SARKOZY, une mairie UMP et un Conseil Régional PS financent actuellement une exposition (appelée "je crois aux miracles") organisée autour de la photo d'un Christ plongée dans l'urine. Des affiches de cette photo blasphématoire, appelée "Piss Christ", sont exposées publiquement en pleine rue d'Avignon.

Devant ces faits inacceptables, nous exigeons des autorités et dirigeants impliqués les mesures immédiates suivantes :

1-Faire retirer la photo blasphématoire de cette exposition et interdire toute présentation publique en France, en raison de son caractère provoquant et discriminatoire envers les chrétiens.

2-Faire enlever et détruire tous les supports de communication utilisant cette photo (affiches, panneaux municipaux, brochures, etc.).

3-Faire stopper tout financement public et privé de cette exposition (près d'un million d'euros pas an prévu pour cette exposition prévue pour une nouvelle période de dix ans !!! dont une grande partie par le contribuable). Nous attendons avant la fête de Pâques la prise en compte de ces trois mesures sans aucune négociation possible."

Au moment où nombre d'hommes politiques s'interrogent sur l'opportunité qu'il y a à débattre de la laïcité, il me semble que les chrétiens ont le droit de dire aux hommes politiques : occupez-vous de vos oignons. Ne vous mêlez pas de ce qui touche la foi ou la pratique religieuse, tant qu'elles n'offensent pas les lois. Où alors ne vous offusquez pas de voir que des croyants, chrétiens ou musulmans vous interpellent sur ce point.

Vous pouvez déjà signer la pétition concernant cette affaire à l'adresse suivante :


Je vous invite aussi à écrire au Ministère de la Culture, et plus précisément à monsieur Frédéric MITTERRAND, à monsieur Michel VAUZELLE, Président PS de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et à madame Marie-José ROIG, maire UMP d'Avignon, dont voici les adresses électroniques :








Autre adresse où protester


Yvon@yvon-lambert.com (monsieur LAMBERT est le propriétaire du Piss Christ).

Maintenant je vais dire à tous ces gens quelque chose : si vous n'obtempérez pas à la demande légitime des chrétiens, plus jamais, pour ce qui me concerne, vous n'aurez ma voix. Et j'inviterai mes lecteurs à en faire autant et à propager autour d'eux cette exigence. Il y a des limites à l'ignominie. Je sais bien que ces belles âmes vont répondre qu'on ne censure pas les oeuvres de l'esprit. C'est ce que le député-maire de BOULOGNE-BILLANCOURT, monsieur BAGUET, m'a répondu quand j'ai protesté auprès de lui contre la parution dans le Journal 20 minutes d'une photo représentant un homme en train de s'essuyer le derrière avec le drapeau français et lui ai demandé d'intervenir au Parlement. Ils osent appeler ça des oeuvres de l'esprit ! Je tiendrai bon sur ce point et tous les jours que Dieu fait, je rappellerai à mes lecteurs (de plus en plus nombreux, et venus du monde entier : j'en profite pour les saluer et les remercier de leur fidélité) que nous n'avons pas à soutenir de tels hommes politiques en leur apportant nos suffrages. Et puis je demande à mes lecteurs, quand ils règleront leurs impôts, d'envoyer un chèque majoré d'un centime (et surtout de ne pas envoyer le TIP). Minorer sa contribution est incivique (encore que dans ce cas, on aurait le droit de le faire en conscience), la majorer bloque le système informatique.

On pourrait aussi demander à nos évêques, Cardinal Vingtrois et Archevêque d'Avignon en tête, aux responsables des Eglises Réformée et Luthérienne, au Métropolite orthodoxe de France, qu'ils envoient aux commanditaires de cette ordure une vigoureuse lettre de protestation. Pour l'instant, leur silence est assourdisssant

Quand les élites ne respectent rien, il ne faut pas demander au Peuple - qu'ils sont censés éclairer -, le respect et l'obéissance de la chose publique.

Honte à Frédéric MITTERRAND !

Honte à Michel VAUZELLE !

Honte à Marie-José ROIG !


Ce sont des misérables, au sens étymologique, des gens pleins de misères intérieures. Elles les étouffent de telle manière qu'ils ne discernent plus l'inacceptable de l'acceptable.

Et s'ils sont baptisés, que le Père de Miséricorde leur inspire un repentir sincère et une conversion du regard. Ils peuvent le faire en publiant un communiqué conjoint regrettant leur acte, et en prenant les mesures qui s'imposent. LVMH et monsieur LAMBERT, qui soutiennent de leurs deniers cette exposition, qu'en dire ? L'argent trompeur, dans lequel paraissent baigner cette maison et ce mécène, les étouffe. Je les plains. Et j'en suis réduit à prier pour qu'un brin de lumière vienne percer l'opaque ténèbre dans laquelle ils se sont perdus.