mardi 8 novembre 2011

Concurrence déloyale

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Dans son  commentaire de mon billet sur un "économiste courageux", Pierre-Henri dit que quand nous parlons de concurrence déloyale, nous voyons les choses de notre point de vue. Je ne suis évidemment pas du tout d'accord avec lui. Mais je pars d'une perspective différente.
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On peut, en effet, comme Pierre-Henri ou Aerelon, se placer sur le terrain de l'économie et des échanges de biens et services, sans regarder le moins du monde les conditions dans lesquels ces derniers sont produits. Je voudrais placer ici le résumé d'une analyse que j'ai faite d'un chapitre du livre de Thierry WOLTON, Le grand bluff chinois. Comment Pékin nous vend sa "révolution" capitaliste. Robert Laffont, Paris, 2007 :

Dans le capitalisme le plus sauvage, les exploités s'organisent pour défendre leurs intérêts. Rien de tout cela en Chine. L'absence d'espace de liberté empêche l'expression d'un marché régulateur. La population est étouffée par un encadrement très strict et ne peut contester, et le flic est ici l'unique syndicat autorisé. Les mines de charbon sont emblématiques de cette spécificité chinoise. Le secteur est massivement privatisé depuis une dizaine d'années. N'importe qui peut creuser un trou pour ouvrir une exploitation. Mais la quasi-totalité des mines privatisées a été récupérée par la nomenklatura communiste. La famille, au sens large, n'a pas laissé échapper un business si rentable dans un pays qui manque cruellement d'énergie. Les nouvelles exploitations, elles, restent le patrimoine de l'État-Parti, unique propriétaire du sol. Ainsi, le 14 février 2005, le contrôleur de la sécurité de la mine SUN JIANWAN (LIAONING) constate que les veines d'exploitation présentent une densité anormale de gaz. Le patron passe outre et menace d'une forte amende les ouvriers qui voudraient sortir du puits. Ce jour-là, l'explosion a fait 213 morts. Il y a en Chine dix fois plus de décès de mineurs qu'en INDE, trente fois plus qu'en AFRIQUE DU SUD, cent fois plus qu'aux Etats-Unis par million de tonnes de charbon extraites. Selon le China Labour Bulletin de HONG-KONG, il y a 20.000 morts chaque année dans les mines chinoises, qui n'ont aucun équipement (foreuses, trépans), et laissent leurs ouvriers attaquer les veines à la pioche. Absence totale de sécurité, corruption des inspecteurs, carence des dirigeants décuplent le danger. Partout ailleurs dans le monde, de vrais syndicats, le droit de grève, une justice indépendante ont fait reculer la mort dans les mines. Le PC chinois n'en veut rien savoir. Beaucoup d'accidents sont cachés au public. La zone sinistrée est interdite aux journalistes. Et le syndicat officiel se charge de calmer les esprits, de disperser les familles endeuillées, de prévenir toute velléité de révolte. Un journal du HEBEI a révélé l'existence d'un réseau de professionnels spécialisés dans la dissimulation des explosions minières : enterrements discrets, achat du silence des familles. Les médias se taisent sur ordre des autorités. Mais le mépris de l'État-Parti est encore plus manifeste dans le secteur de la santé. Le pouvoir n'assure là aucun minimum garanti. La maladie est en Chine la pire des catastrophes qui puissent arriver à un paysan chinois. L'accès aux soins lui est financièrement interdit. Toute intervention à l'hôpital nécessite un dépôt de garanti égal à un an de revenus. Il faut tout payer d'avance. Les médicaments sont vendus par les médecins à des prix prohibitifs. Tuberculose, malaria, choléra, dysenterie frappent des centaines de millions de citoyens. Soixante pourcent d'entre eux seraient atteints d'hépatite B, dix millions du SIDA. Dans le HUNAN, on compte des centaines de milliers de paysans qui sont morts contaminés par le VIH, ou frappés d'hépatite, après avoir vendu leur sang pour une poignée de yuans. En réponse à ces vies sacrifiées, LI CHANGCHUN, le responsable du drame, a été promu.IL est chargé de la propagande au Bureau Politique, instante suprême du PC. En termes d'équité, le système de santé chinois arrive au 181e rang mondial, sur les 191 qu'a examiné l'OMS. La nomenklatura, cependant, est bien soignée. Lors de l'épidémie de SRAS, en 2003, les puissants du parti se sont mis à l'abri avec leur famille, en organisant un pont aérien pour s'installer loin du danger sur le littoral, sans se soucier du sort du peuple. Une noria d'Airbus A300 a transporté en un jour, de la capitale aux lieux refuges, 1.700 dignitaires, escortés de forces spéciales, de médecins, et de services d'urgence, alors que la population ignorait tout du danger. Même MAO avec ses médecins aux pieds nus n'a jamais été vraiment préoccupé de santé publique. Il y a en Chine un peu plus de 2 millions de médecins, soit 6 pour 100.000 habitants, comme dans un pays en voie de développement. Dans ce pays-là, il n'y a pas d'avenir pour les plus pauvres. Du reste, signe révélateur, la Chine est le seul pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes, signe de leur infini désespoir face aux violences de tous ordres dont elles sont les victimes. Ainsi, la vie est peut-être une chance pour ceux qui parviennent à s'enrichir, mais c'est une menace pour le plus grand nombre. Dans cette situation de contention totalitaire, la violence est une tentation quotidienne. L'absence de rapports institutionnels entre le pouvoir et la population engendre la révolte, seule voie possible de réaction pour ceux qui souffrent. Des tonnes d'explosifs ont été volées, nombre d'armes sorties des casernes lors de la Révolution Culturelle n'ont jamais été rendues ; la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres dans ce pays où flotte une odeur de poudre. Les informations sur les grèves, émeutes, explosions diverses qui secouent régulièrement le pays, sont soigneusement filtrées. N'en ont connaissance en détail que les responsables du PC. Émeute contre l'implantation d'une usine polluante, manifestation contre la corruption de la police, jacquerie contre la réquisition de terres par un potentat du Parti, 80.000 incidents de ce genre ont été recensés pour la seule année 2005. Tous les ans, des millions de Chinois se rebiffent contre le sort injuste qui leur est réservé, surtout dans les campagnes où sévit l'arbitraire fiscal, le contrôle des naissances, les expropriations, l'enrichissement des cadres du Parti.
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Avec ces conditions lamentables de production, il est facile d'inonder les marchés de produits peu chers (je n'ai parlé que des mines ; même raisonnement pour les aciéries [émeutes dans les aciéries de WUHAN il y  a deux ou trois ans, après le licenciement de milliers d'ouvriers dont le salaire n'avait même pas été versé] ou pour les usines de chaussures, d'appareils électo-ménagers. Certes, on peut  comprendre que le niveau de vie d'une grande partie du peuple chinois étant très faible (essentiellement la population rurale qui, sans travail sur place, émigre en masse dans les grandes villes, y espérant trouver un travail salarié, et le trouvant en effet, mais à quelles conditions !), il est normal que le prix de revient des objets manufacturés soient moins élevé que chez nous. Il n'empêche que le bon marché excessif est financé avec la sueur des MING GONG  ! En achetant ces produits, souvent de médiocre qualité du reste, nous nous rendons complices de cette exploitation, au seul motif qu'ils coûtent moins chers et sont bons pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Oubliées les délocalisations, évaporés les scrupules des belles âmes de gauche, envolées les tirades lyriques sur la défense des travailleurs. C'est loin la Chine, et nous ne les voyons pas ces pauvres hères, accablés de travail et de sommeil. Plutôt que de se satisfaire de voir leur pays être l'atelier du monde, les responsables chinois devraient tourner leurs efforts vers leur population et l'énorme marché intérieur que constitue les 800 millions de personnes exclues des bienfaits du progrès économique qui explose en effet dans la partie orientale de l'Empire.
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Concurrence déloyale il y a. Et pas pour des raisons purement économiques, mais pour des raisons sociales et morales. Devons-nous nous satisfaire d'une telle situation ?
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Technique et servitude

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Avant d'expliquer à mes lecteurs pourquoi il ne faut pas accepter de concurrence déloyale de la part de pays qualifiés, à tort ou à raison d'émergents, et pour compenser mes récents silences, je voudrais faire part à mes lecteurs d'une réflexion que ma chère Simone WEIL fait dans un ouvrage à tous égards remarquable, qu'elle a intitulé : Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. Il me semble que tout honnête homme, surtout les responsables politiques, devrai(en)t lire ce livre avant de s'embarquer dans la nef de la chose publique. Après avoir livré à votre méditation ce court extrait et en prévision du prochain billet de ce jour, je ferai un très bref commentaire.
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"Nous acceptons trop facilement le progrès matériel comme un don du ciel, comme une chose qui va de soi ; il faut regarder en face les conditions au prix desquelles il s'accomplit. La vie primitive est quelque chose d'aisément compréhensible ; l'homme est piqué par la faim, ou tout au moins la pensée elle-même lancinante qu'il sera bientôt saisi par la faim, et il part en quête de nourriture ; il frissonne sous l'emprise du froid, ou du moins sous l'emprise de la pensée qu'il aura bientôt froid, et il cherche des choses bonnes à créer ou à conserver la chaleur. Quant à la manière de s'y prendre, elle lui est donnée tout d'abord par le pli, pris dès l'enfance, d'imiter les anciens, et aussi par les habitudes qu'il s'est donné lui-même. [...].

Au contraire, dès qu'on passe à un stade plus avancé de la civilisation, tout devient miraculeux. On voit alors les hommes mettre de côté les choses bonnes à consommer, désirables, et dont cependant ils se privent. On les voit abandonner dans une large mesure la recherche de la nourriture, de la chaleur et du reste, et consacrer le meilleur de leurs forces à des travaux en apparence stériles. A vrai dire, ces travaux, pour la plupart, loin d'être stériles, sont infiniment plus productifs, car ils ont pour effet un aménagement de la nature extérieure dans un sens favorable à la vie humaine ; mais cette efficacité est indirecte, et souvent séparée de l'effort par tant d'intermédiaires que l'esprit peine à les parcourir ; elle est à longue échéance, souvent à si longue échéance que seules  les générations futures en profiteraont ; alors qu'au contraire la fatigue exténuante, les douleurs, les dangers liés à ces travaux se font immédiatement et perpétuellement ressentir. Or chacun sait par sa propre expérience combien il est rare qu'une idée abstraite d'une utilité lointaine l'emporte sur les douleurs, les besoins, les désirs présents. Il faut pourtant qu'elle l'emporte dans l'existence sociale, sous peine de retour à la vie primitive."
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Et, après avoir analysé la complexité des travaux humains modernes, la nécessaire division des tâches qui en est la compagne importune et obsédante, la parcellisation des responsabilités, la déshumanisation qui souvent accompagne ce processus lié au progrès technique, Simone WEIL ajoute (ce qui est capital pour comprendre l'erreur anthropologique fondamentale des doctrines socialistes) : "Plusieurs esprits humains ne s'unissent point en un esprit collectif, et les termes d'âme collective, de pensée collective, si couramment employés de nos jours, sont tout à fait vides de sens."
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Pour faire bon ménage avec ce qu'il est convenu d'appeler "le progrès", dont, faute d'en avoir peser les conséquences, on ne mesure pas toujours la nocivité (car le "progrès" est un concept lui aussi vide de sens ; il est en réalité fait de l'accumulation de myriades de petits ou de grands changements dans tous les domaines qui intéressent la vie humaine ; et on confond souvent "progrès" et "nouveauté"), il faut penser, et passer du monde existentiel utilitaire au monde existentiel moral, pour ne pas parler du monde existentiel transcendant, évacué depuis longtemps de la conscience de nos dirigeants et de l'espace public. Nous en sommes loin. Pour l'instant, l'homme contemporain est réduit à l'homo economicus, au consommateur que les promoteurs du marketing font rentrer dans des cases socio-économiques prédéterminés de façon à optimiser les profits de ceux qui ont commandités les études de marché. Il me semble qu'il faut interroger sérieusement la notion de "croissance" et qu'il est urgent de mettre en usage un appareil qu'il y a quelques années j'ai proposé d'appeler le "bonheuromètre". S'il existait et qu'on eût valider scientifiquement les items servant à la mesure du bonheur, je pense que nous aurions des surprises.
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A tout à l'heure.
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dimanche 6 novembre 2011

A propos de Gaël Giraud, réponse à Pierre-Henri

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Il me semble que l'on peut résumer l'argumentaire Gaël GIRAUD en quatre points : (a) les dépenses de l'Etat n'ont pas augmenté et l'Etat ne joue pas vraiment son rôle ; (b) la monnaie unique nous prive du moyen d'ajuster notre politique économique aux particularités, en partie idéologiques certes, mais aussi bien réelles de la France ; (c) la concurrence déloyale de pays dits émergents ruinent notre économie ; (d) les financiers, pudiquement appelés "le système financier" sont devenus fous, aveugles et sourds, c'est-à-dire incapables de remplir la mission qui normalement leur est assignée : aider au développement des peuples et des personnes.
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(a) Les dépenses de l'Etat. Que ces dépenses soient souvent injustifiées est l'évidence et je partage sur ce point l'opinion de Pierre-Henri THOREUX. Mais Gaël GIRAUD nous présente des chiffres qui semblent tirés des statistiques officielles et nous n'avons aucune raison de les mettre en doute. Il y a seulement un hic. Ces statistiques sont présentées en valeur relative, c'est-à-dire en pourcentage de la richesse nationale produite qui est réinjectée dans les dépenses de l'Etat. Il aurait fallu nous donner les dépenses en valeurs absolues et à monnaie constante (en tenant compte de l'inflation). C'est là où le raisonnement de Gaël GIRAUD me semble le plus faible. Cette baisse de pourcentage peut tout simplement signifier que nous avons produit plus de richesses que l'Etat n'a produit de dépenses. Cette augmentation de la richesse qui n'est pas utilisées dans le circuit étatique, si elle était prouvée, pourrait être due à une augmentation de la productivité. Toujours si elle était prouvée, il serait intéressant de savoir comment elle a été distribuée. Malheureusement, il semble bien que ce soit surtout aux actionnaires et fort peu aux salariés. Notons qu'il ne s'agit même pas de parler de la spéculation sur les actions, mais tout simplement de faits économiques relatifs à la production. A force de vouloir s'occuper de tout, du diamètre des pommes à l'allure des prises de courant, l'Etat ne joue son rôle souverain, celui de conduire les citoyens à la fin qui leur est due. Je la résume : permettre à chacun de porter ses capacités et ses talents à la puissance maximum, donner à chacun (et à tous) les moyens d'une vie décente pour lui même, ses proches, sa famille, et lui ouvrir suffisamment l'esprit et le coeur pour le rendre sensible à des réalités autres que celles de la Star Ac, de la Bourse ou du foot (encore que ces activités ne soient pas méprisables ; on peut les qualifier de ludiques, peut-on les dire vraiment humanisantes ?)

(b) Il est tout à fait anormal que les responsables politiques soient privées des moyens de leur politique dans l'actuel système européen. Ou bien nous allons vers un système fédéral, le budget est vraiment européen, le gouvernement est démocratiquement constitué, et nous abandonnons le concept révolutionnaire d'Etat-nation, ou bien nous restons immobiles, au milieu du gué partagé entre le souvenir des splendeurs passées de la patrie et la contrainte imposée par des Traités internationaux que le peuple français ou ses représentants légitimes ont ratifiés. Imposer à la Grèce et de l'extérieur une cure d'austérité sans exemple dans le passé est sans doute insupportable au peuple grec ; laisser à ses dirigeants incompétents l'initiative de revenir à la drachme et de dévaluer de 55 % cette monnaie (niveau de dévalution nécessaire pour tenter de régler la question de la dette) imposerait de très cruels sacrifices au peuple hellène, mais au moins il ne s'en prendrait pas à des boucs émissaires (enfin, partiellement boucs émissaires). Exit l'euro hors du Péloponèse. Il y a un hic là encore, c'est que de nombreux épargnants grecs seraient ruinés, ainsi du reste que les banques créancières (qui, je le rappelle ne travaillent qu'avec l'argent que nous leur confions). Par conséquent, et enfin, ou bien nous récupérons notre entière liberté de manoeuvre nationale, mais nous devons supporter les conséquences désastreuses de la politique politicienne conduite depuis trente ans chez nous et dont tout indique qu'elle va se poursuivre, avec ou sans Europe, ou bien nous allons vers un système politique européen de nature fédérale. Pour ce qui est de l'inflation, je répondrais encore ceci. Dans le cadre d'une monnaie commune et de protections douanières légitimes, il y aurait certes quelques pertes pour les épargnants, mais il y aurait augmentation des traitements des salariés, et sans doute une amélioration de la situation économique.

(c) Quand on lu les livres de WOLTON, ou de CAI CHONGGUO ou de Bruno ASTARIAN (j'en ai parlés ici-mêmes dans divers billets) relatifs à la manière dont l'actuel régime communiste chinois dirige les affaires économique, on se persuade que l'on se rend complice de l'exploitation des pauvres (qui travaillent 12 et 14 heures par jour dans des usines insalubres de CANTON ou SHANGHAI, logent sur place dans des taudis, n'ont aucune couverture sociale, doivent avoir un passeport intérieur (le hukou), sont payés avec un lance-pierre) si l'on accepte d'acheter à des prix dérisoires des biens produits dans de telles conditions. Ah oui ! C'est bon pour le pouvoir d'achat ! C'est bon pour notre nombril ! Mais c'est inique et les grands esprits de gôôôôche (je suis obligé à ce point de reprendre l'ironique vocable) ne me semblent pas pressés de dénoncer le scandale. Ne parlons des petites filles qui travaillent à s'en crever les yeux dans les sous-sols des gourbis pakistanais ou dans des usines des Indes pour le compte de grandes marques sportives. Alors on peut en effet acheter peu cher un ballon de foot-ball ou des chaussures de sport. Une seule solution pour mettre fin à ce qui reste une honte (pour la Chine, je dirai que les Chinois ont repris les habitudes des investisseurs européens, anglais spécialement, des années 30 ; des femmes à peine accouchées étaient rivées à leurs machines, surveillant d'un oeil distrait et épuisé leur bébé et la navette qui filait à un train satanique entre les fils des métiers à tisser). C'est bien là où le commerce rejoint le vice, la cupidité et le jeu immonde des flux de fric.

(d) Qu'un MADOFF, que des GOLDMAN-SACHS, des LEHMAN-BROTHERS puissent mettre en péril l'économie mondiale, en fabriquant des "produits structurés", en spéculant, en vendant de l'air (car ces gens ne font rien d'autres que de transférer de l'argent d'un poste à l'autre), en faisant de la carambouille ou de la cavalerie, est inacceptable. Bien sûr, dans une civilisation développée, et très malheureusement ultra-technique, il faut des capitaux pour investir dans la production. Mais il s'agit-là d'un capitalisme à vocation industrielle, et non financière. On parle de système financier. Mais on se fout du monde. A la tête de ces navires en folie, il y a bien des hommes et des femmes qui décident, qui conçoivent, qui dirigent, non ? A-t-on le droit de leur laisser faire n'importe quoi ? Pour moi c'est non. J'aurais l'occasion demain de revenir sur des solutions qui me paraissent plus humaines.
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Je résume : (a) moins de dépenses de l'Etat ou en tout cas des dépenses mieux ciblées, sans aucun doute ; (b) ou bien fédéralisme politique, ou bien retour au concept d'Etat-nation, pas de demi-mesures dont on voit les limites et les nuisances ; (c) vigoureuses mesures de protection douanière contre les concurrences déloyales ; elles flattent et les statistiques de la croissance et les vices de quelques puissants ; (d) non à l'argent comme marchandise : c'est un moyen, et non un objet. Pas d'actions en bourse, seulement des obligations nominatives et incessibles, une définition plus claire des objectifs assignés aux banques (ce ne peut être un beau bilan, de beaux dividendes, de gros bonus, des traitements mirobolants ; non, non et non. Ce doit être le bien de tous).
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Voilà pourquoi je crois que dans les grandes lignes Gaël GIRAUD dit des choses intéressantes.
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A demain.

Europe, Europe...

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Aux rarissimes lecteurs de ma prose quotidienne, je présente mes excuses. J'ai omis de leur signaler que je m'absentais et qu'il ne me serait pas possible de délivrer mes billets habituels. Je répondrai par une note spéciale aux objections très argumentées que Pierre-Henri THOREUX fait aux propositions de Gaël GIRAUD.
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Donc, je vous parlais, il y a quelques jours de René GILLOUIN et de son petit livre, L'homme moderne bourreau de lui-même, publié aux éditions du Portulan, Paris, 1951. Dans le chapitre qu'il intitule LIBERTÉ DE CONSCIENCE ET POURVOIR SPIRITUEL, l'auteur fait preuve d'une sorte de prescience prophétique ; après avoir analysé les aspects positifs et négatifs des régimes politiques antérieurs à la Révolution (et notamment du régime qui prévalait en France), il dit ceci qui mérite d'être écouté et qui me fait murmurer avec regret Europe, Europe... :

"Et il est une autre constatation non moins évidente, c'est que ce régime n'avait pas si mal réussi, puisqu'il avait eu pour résultat, ni plus ni moins, cette Europe chrétienne tant décriée par le libéralisme et par l'idéalisme, mais dont nous commençons à mesurer le prix depuis que nous l'avons perdue. Cela ne veut pas dire que tout y fût digne d'admiration et de louange, mais qu'elle gagne singulièrement à la comparaison avec ce qui l'a suivie.
Ce qui l'a suivie en effet et qu'on peut considérer comme un siècle et demi de "liberté religieuse", nous n'avons qu'à ouvrir les yeux pour le voir : c'est l'Europe athée, achrétienne ou antichrétienne, et non point certes irréligieuse pour autant, mais tout au contraire convulsée et déchirée de mystiques récentes, et d'autant plus ardentes : rationalisme et matérialisme, racisme et marxisme, culte du surhomme ou de l'humanité, faustisme et titanisme, prométhéisme et luciférisme, qui sont à n'en pas douter les religions dominantes de notre âge, le Christianisme ayant passé au rang de religion récessive (pour parler le langage des biologistes. [...]"
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L'intérêt des analyses de René GILLOUIN est qu'il démontre que la confusion des deux pouvoirs, le spirituel et le temporel dans l'espace public, c'est-à-dire l'absorption du premier par le second, aboutit à créer un système de croyances, qui inféode les personnes, réduites à l'état d'individus, non pas à des chefs - le politique ne peut s'en passer - mais à des GUIDES (Führer en allemand !).
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L'Europe chrétienne a vu certes fleurir nombre de fleurs vénéneuses d'hypocrisie, de violence, d'oppression, mais aussi des saints, des mystiques, des témoins. Et GILLOUIN fait ce constat fulgurant, que je vous livre en conclusion et qui explique pourquoi nous sommes en train de crever dans un air devenu irrespirable tant ils est corrompu par l'argent, le vice et la cupidité (disons le mot, par le commerce) : "Rien ne fait sur l'être de désir une impression plus profonde que l'être de renoncement". N'aurait-il écrit que cela dans cet ouvrage fort intéressant, il mériterait de rentrer dans le panthéon des sages immortels.
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A tout à l'heure.
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jeudi 3 novembre 2011

Un économiste courageux

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Il a 41 ans, il est normalien, docteur ès-sciences (mathématiques) et chercheur au CNRS. Gaël GIRAUD présente une autre caractéristique intéressante : il est jésuite. Cocktail explosif de compétences, de savoirs (pluriel), de connaissance (singulier) et de foi, sa parole n'est pas celle d'un intellectuel tel que le fustige notre cher BERNANOS. Il rentre dans la catégorie (que BERNANOS a parfaitement identifiée dans son ouvrage souvent cité ici La France contre les robots) des hommes qui par leur activité font progresser la connaissance du monde : BERNANOS les appelle les Savants. Mais je ne suis pas certain que Gaël GIRAUD aimerait qu'on l'affublât de ce titre.
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Si je donne ces détails, c'est parce que le point de vue de Gaël GIRAUD sur la crise de la dette, sur la crise de l'Euro, sur l'Europe, est iconoclaste et par bien des points brisent des tabous.

Je vais vous donner ici trois réponses qu'il a faites aux questions que lui posaient Antoine d'ABBUNDO et Frédéric NIEL pour le compte de l'excellent magazine Pèlerin.
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Question : Pour éviter la catastrophe et rassurer les marchés, les pays endettés, dont la France, vont devoir adopter des plans d'austérité. Or vous affirmez que le problème est mal posé. Que voulez-vous dire ?

Réponse : On entend partout que l'Etat est trop dépensier. En France c'est faux. Les dépenses rapportées au PIB sont passées de 55 % en 1993 à 52,3 % en 2007. Ce ne sont donc pas les dépenses publiques qui ont explosé, mais les recettes de l'Etat qui ont diminué. Les cadeaux fiscaux principalement consentis aux hauts revenus depuis dix ans pèsent grandement sur le budget. Si l'on revenait à la fiscalité de 2000, on récupérerait entre 70 et 100 milliards d'euros par an. Au contraire les plans d'austérité ne peuvent que renforcer la crise car ils vont freiner un peu plus la croissance.

Une simple remarque de ma part : j'adhère à ce raisonnement, avec toutefois ce petit bémol qu'il convient de mentionner pour comprendre comment est composé le PIB. Il inclut la totalité des salaires des fonctionnaires dont on considère que la richesse qu'ils produisent est exactement représentée par la rétribution dont ils sont gratifiés. La diminution du pourcentage de PIB affecté aux dépenses de l'Etat reflète donc peut-être la diminution du nombre des fonctionnaires d'Etat (je ne parle pas de la Fonction Publique Territoriale, dont les effectifs ont explosé, ni de la Fonction Publique Hospitalière qui serait plutôt la parente pauvre du système) ou une augmentation réelle des richesses produites avec une stagnation des effectifs de fonctionnaires ou une évolution moins rapide que le rythme de production des autres richesses. Par ailleurs, la période considérée inclut deux magistratures présidentielles : la fin des années MITTERRAND et les deux mandatures de Jacques CHIRAC. Il serait donc peu honnête d'imputer à Nicolas SARKOZY cette diminution de pourcentage.
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Question : Que faire alors ? [...] vous proposez un plan de sauvetage qui préconise un retour au protectionnisme, le passage de l'euro, monnaie unique, à l'euro monnaie commune et un grand plan de transition énergétique et écologique. En quoi ces mesures seraient-elles efficaces ?

Réponse : Il nous faut sortir du tout pétrole devenu un produit trop rare pour assurer une croissance forte. Cela exige des investissements à long terme que seul l'Etat peut prendre en charge. Alors rêvons : pourquoi ne pas autoriser la Banque centrale européenne à faire marcher la planche à billets pour financer ces grands chantiers ? On me rétorquera que cela va créer de l'inflation. Et alors ? L'inflation peut être supportable si les salaires augmentent. Or qu'est-ce qui bloque la hausse des salaires ? La concurrence des pays émergents comme la Chine. D'où l'importance de rétablir des barrières douanières limitant les effets néfastes de cette concurrence déloyale. Pour ce qui est de l'euro, les pays européens les plus fragiles doivent pouvoir dévaluer leur monnaie. Vendus moins chers, leurs produits redeviennent compétitifs. Mais ces pays ne peuvent pas le faire tant qu'ils sont dans la zone euro. Je propose donc que l'on garde l'euro comme monnaie commune pour les transactions hors de la zone euro, mais qu'à l'intérieur de l'Europe on en revienne à des monnaies nationales.
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Question : Votre discours est très radical. Qu'ya-t-il de chrétien dans votre analyse ?

Réponse : En tant que jésuite, j'essaye de vivre l'option préférentielle pour les pauvres qui nous vient de l'Evangile. En France huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ! Parmi eux, des travailleurs, des femmes seules avec enfants, sont obligés d'aller à la Banque alimentaire pour se nourrir. On ne peut pas continuer comme cela. les chrétiens ne peuvent pas rester aveugles face à cela. J'en rencontre de plus en plus qui veulent agir et ne sont plus dupes d'un discours qui voudrait que le marché permette plus de justice.

Remarque : Je m'associe tout à fait à cette analyse, avec toutefois un bémol. Le marché dont il est question dans cette réponse semble viser un système de liberté d'entreprendre. Je crois que ce qu'il faut dénoncer avec vigueur, c'est la domination du marché de l'argent. Oui, il est trompeur ! Oui, ce système est scandaleux ! Et à dire vrai, je me demande s'il ne faudrait pas supprimer l'existence des actions, propice à toutes les spéculations, les manipulations, et les remplacer toutes par des obligations. Les entreprises ont besoin de liquidités pour investir. Il est normal que ceux de nos concitoyens qui épargnent et ont le désir d'aider notre économie puissent prêter à intérêt. Plus d'actionnaires, plus de dividendes, adieu la valse insane des indices, du CAC 40, du NASDAQ, du DOW JONES etc. Les grands lacs américains risqueraient de déborder sous l'effet de la stimulation lacrymale qu'une telle mesure déclencherait chez les rapaces de Wall Street, idem pour le HOANG HO ou le YANG ZI JIANG, pareil pour la SEINE, la TAMISE, la SPREE, le PO, et tous les fleuves du monde qui baignent les murailles en or des Temples idolâtres de la Finance.
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mercredi 2 novembre 2011

Le retour du Catoblépas

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En demandant au peuple grec de donner son avis sur l'accord arraché à l'Europe et destiné à sauver la Grèce d'un désastre économique, social et financier, Georges PAPANDREOU déclenche des réactions unanimement réprobatrices, y compris au sein de son propre parti le PASOK.
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Il y a, selon moi, au moins trois manières de juger cette initiative.

(a) Le première est politique. Il est clair que cette décision surprise est déloyale au regard des concessions et des sacrifices demandées aux peuples européens, au travers de leurs banques. Car abandonner 50 % de ses créances sur la Grèce, ce n'est pas rien pour une banque. Songez-y, chers lecteurs, l'argent des banques, c'est d'abord le nôtre, celui des déposants. Et compte tenu de l'altruisme assez spécial de ces institutions, nous pouvions conjecturer que la facture aurait été ou sera payée par les déposants, car les banques, toujours en vertu de cet altruisme qui leur fait chérir les riches et abominer ceux qui n'alimentent leur compte courant que de leur salaire mensuel, ne vont pas manquer ou n'auraient pas manqué (le conditionnel est utilisé ici puisque nous ne savons pas ce que le peuple grec votera) de répercuter sur leur clients les douloureuses concessions faites au système. Monsieur PAPANDREOU avait, semble-t-il, donné son accord à cet accord. Il s'est dédit. Il peut paraître parjure, et en tout cas, le système étant ce qu'il est, il met l'Europe dans une situation impossible.
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(b) La seconde lecture est philosophique. En absence d'un système fédéral européen, de la persistance des États-Nations en Europe, et de la sacro-sainte référence à la démocratie, je ne vois aucune espèce de difficulté à demander à un peuple sur lequel pourrait s'abattre des contraintes lourdes, s'il est d'accord ou non pour souffrir (afin d'être beau ?). Le référendum est éminemment  démocratique. Conformément au théorème de CONDORCET (dont j'ai parlé plusieurs fois ici-même), il permet de connaître l'opinion majoritaire du peuple, en lui offrant deux choix, et deux seulement : oui ou non. C'est sûr que si l'on pouvait se passer de l'opinion  du peuple, semblent dire certains empêcheurs de tourner en rond, ce serait bien. Mais dans un pays qui a inventé la démocratie, il est d'assez bon ton de lancer cette initiative référendaire, dont nul ne peut connaître l'issue ni les conséquences. On ne peut pas vouloir la démocratie quand ça arrange, et ne pas la vouloir quand ça dérange.
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(c) La troisième est financière. A l'annonce du référendum grec, les valeurs bancaires cotées en bourse se sont effondrées : la véritable raison des décisions politiques européennes est d'ordre financier. Pour faire passer la pilule, on demande aux banques de banquer (après tout c'est un peu leur métier), en fait et in fine, aux déposants particuliers de payer la facture, puisque leur argent c'est notre argent, de façon à pérenniser un système de fou. Faire de l'argent une marchandise est moralement, intellectuellement, économiquement une monstruosité. Il se pourrait bien que le référendum grec marque le glas des idoles, le déboulonnage de MAMMON. Les Grecs auraient alors à supporter les conséquences des inconséquences de leurs gouvernements successifs, une certaine Europe irait à l'agonie, et ceux des peuples européens qui en ont la volonté et les moyens pourraient enfin s'unir pour le bien des leurs. L'Europe actuelle est une pétaudière à 27. Nous n'avions pas besoins de 27 membres. L'Europe des 6 suffisaient, et il y avait encore bien du travail à conduire pour harmoniser les politiques, les finances, la fiscalité, le commerce, la culture. Je suis désolé de les mettre ici dans le même sac, mais Arnaud MONTEBOURG et sa lutte contre la mondialisation et Marine LE PEN et son combat contre l'Europe financière et sans âme, risquent bien de trouver des adeptes, car tout n'est pas faux dans ce qu'ils disent.
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Je voudrais simplement conclure et justifier le titre de ce billet. Les mesures européennes étaient faites pour les financiers. Le référendum grec se moque des financiers. Les financiers se vengent à la bourse. Le Catoblépas se mord la queue. Tout est à reprendre. 
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mardi 1 novembre 2011

Les partis au crible de la Parole de Dieu (2)

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Je continue comme prévu et promis, d'extraire du discours des divers partis politiques, les propositions, opinions, manières de faire, qui me plaisent, et je m'efforce de les éclairer par des paroles puisées dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
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D'abord, le Mouvement des Démocrates ou MoDem. Je dois dire que j'aime dans ce parti le souci de coller à la réalité, le désir de réflexion, la modération pacifiante des propositions. A l'appui de cette appréciation, cette parabole de Jésus : "Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ?" (Luc 14, 28). Je trouve donc fort sages les remarques de François BAYROU sur la manière de conduire une politique qui ait des chances de réussir. Mais j'aimerais aussi que ses opinions sur certains sujets soient plus claires, et qu'un flou artistique savant ne vienne pas embrumer les positions de ce parti en matière d'innovations sociétales. A cet égard, Jésus est clair : "Que votre oui soit un oui, que votre non soit un non : ce qu'on dit de plus vient du mauvais." (Matthieu 5, 37).
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Union pour un mouvement populaire ou UMP. Ce que j'aime dans les propositions de ce parti, c'est le choix assumé de faire fructifier les talents des personnes, et de les responsabiliser : la création du statut d'auto-entrepreneur par exemple, celle des pôles de compétitivité, celle des appels à projets lancés aux universités, une réglementation sage du droit de grève. Je ne trouve pas, hélas, que monsieur COPE soit l'homme de la situation ; je le trouve trop sectaire. Mais, indépendamment des critiques que l'on peut faire à certains traits de personnalité du Président de la République, je considère qu'il a le courage de faire des choix qui desservent sa réélection (s'il est candidat, ce qui n'est pas acquis, figurez-vous) mais qui servent les intérêts à long terme de notre patrie. Et légitimement, j'applique à certains des responsables de ce parti, et à Nicolas SARKOZY entre autre, ce que Jésus dit d'un des trois serviteurs à qui le Maître parti en voyage avait confié un talent, et leur demande des comptes à son retour : "C'est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établierai." Hélas, je suis au regret de mettre au débit de ce parti une certaine frénésie à vouloir copier pour ne pas dire singer les pratiques étatsuniennes et celles de leurs hommes d'affaire ; et le prophète Amos vient lui dire : "Vous croyez reculer le jour du malheur et vous hatez  le règne de la violence ! Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leur divan, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux pris à l'étable ; ils braillent au son de la harpe..." (Amos 6, 3-5a). Les riches tiennent trop de place dans les analyses politiques de ce parti. Des riches, il en faut certes, mais il faut que leurs richesses servent les intérêts de leur patrie, et non pas l'économie des paradis fiscaux.
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Enfin le Front National. J'aime dans ce parti l'amour qu'il porte à la France et à ses traditions. Et je trouve dans l'Ancien Testament de nombreux passages où la possession par les Hébreux de la Terre Promise est célébrée, chantée, chérie, louée. Je trouve donc légitime la revendication de ce parti à vouloir que notre Patrie ne soit pas dénaturée par des pratiques, des comportements, des "valeurs" éloignés de son génie ou en contradiction flagrante avec lui. Et dans ce moment où beaucoup de Français se sentent, à tort ou à raison, étranger sur leur sol, il me revient en tête ce Psaume magnifique :

"Au bord des fleuves de Babylone,
Nous étions assis, nous pleurions,
Nous souvenant de Sion ;
Aux peupliers d'alentours,
Nous avions suspendu nos cithares.

Alors nos gardes nous demandèrent
De chanter des chants,
Nos ravisseurs, de la joie :
Chantez-nous, disaient-ils,
Un cantique de Sion."
Du Psaume 137, 1-3.

Mais je me souviens aussi de cette prescription impérative de l'Exode : Tu ne molesteras pas l'étranger ni ne l'opprimeras, car vous avez-vous-mêmes résidé comme étrangers dans le pays d'Egypte." (Exode, 22, 20), et je crois que la condamnation globale et indiscriminée de tout étranger vivant régulièrement sur notre sol est injuste et contraire à la volonté de Dieu.
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Vous voyez que quand on cherche, on trouve.