Je pars pour quelques jours et reprendrai mon Blog lundi prochain.
A tous mes lecteurs, amicalement
mardi 29 janvier 2008
lundi 28 janvier 2008
Gogo ?
A qui fera-t-on croire qu'un unique employé peut planter une Banque de 5 milliards d'euros en un an sans que les dizaines de personnes chargés du contrôle des opérations ne se soient jamais aperçu de quoi que ce soit, n'aient rien détecté d'anormal, et aient continué de mettre des tampons "conformes" sur les papiers (en alsacien, pour tampon, on dit de manière savoureuse "stampele") de comptes-rendus de procédure ? Ils nous prennent pour des imbéciles tous ces grands de la finance qui ont les yeux rivés sur les résultats et qui se moquent des moyens utilisés pour les obtenir. On ne peut même pas dire que la nationalisation des Banques serait une bonne chose. Le désastreux exemple du Crédit Lyonnais indique bien que ce sont les hommes, et non les structures, organisations, organigrammes, et autres clés du "management" qui font et défont une réputation.
A demain.
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samedi 26 janvier 2008
Ellipse !
Il faut que je développe ici ce qui risque sinon de paraître comme un jugement de nanti, et que j'ai présenté de manière trop elliptique dans un récent billet. Je me suis fait incendié par un proche pour avoir, paraît-il, laissé entendre que les chômeurs étaient responsables de leur situation. Pour que les choses soient claires, je précise que telle n'est pas ma pensée. Mais j'ai dit et je maintiens qu'il n'y a pas de crise de l'emploi. Alors pourquoi tant de chômeurs ?
Tout simplement parce qu'il y a une inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi. Notre système éducatif est incapable de former aux professions dont notre pays a besoin. Nos représentations collectives font de certains métiers le refuge des incapables et des incultes, et n'ont pour eux que du mépris. Notre civilisation du moindre effort et du bonheur à tout prix répugne à encourager les efforts. Nos références anthropologiques font que la frustration, hélas normale et consubstantielle à l'état d'homme, est devenue insupportable, comme si la vie devait être un chemin couvert de pétales de roses. On m'accordera, je l'espère, que ces constats peuvent faire l'objet d'un consensus général.
Et voilà pourquoi les restaurants emploient tant de cuisiniers (excellents) originaires d'Afrique ou d'Extrême-Orient. Voilà pourquoi les entreprises de nettoyage recrute essentiellement du personnel africain ou maghrébin. Voilà pourquoi, comme j'ai pu le constater récemment de visu, des artisans qui perpétuent des traditions séculaires dans les métiers du luxe n'ont que du personnel d'origine indienne ou pakistanaise. J'ignore si ces salariés sont recrutés de manière légale. Supposons que oui. J'ignore également s'ils sont correctement rémunérés, et je préfère imaginer que oui, sans en être tout à fait sûr. Arrêtez-moi si je me trompe : ne sont-ce point là des emplois qui manquent à nos jeunes compatriotes ?
Encore deux choses. Cet ami me reproche de taper à bras raccourcis sur les socialistes. Ce n'est pas parce qu'ils sont socialistes qu'ils font l'objet de mes critiques. C'est pour leur manque de contre-propositions et leur façon oblique et insinuante de démolir les messagers faute de pouvoir critiquer intelligemment leurs messages. Si j'accordais un aveugle crédit à cette doctrine - qui a des côtés que j'approuve - je ferais des propositions. J'encouragerais le partage et la solidarité par des mesures incitatrices (par exemple, et anecdotiquement, des déductions sur la TIPP pour les automobilistes qui font du covoiturage à titre gracieux) plutôt que par des appels au ressentiment, à l'envie, à la jalousie, à la dénonciation incessante des riches, et à la bureaucratie étatique .
Ensuite, non pour me justifier mais par souci de vérité, je dirais que je fais partie des privilégiés, que je le reconnais, que je n'en ressens aucune culpabilité mais une grande responsabilité vis-à-vis de ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir un métier passionnant, bien considéré, et bien rémunéré. Je dirais aussi que j'ai commencé à gagner convenablement ma vie à 32 ans, après des années d'études que j'ai pu payer en occupant (c'était facile à l'époque) des postes correspondant à ma formation (interne en biologie, puisque j'étais biologiste), après des années de préparation à des concours difficiles qui m'ont valu bien des veilles jusqu'à des heures avancées de la nuit, et après de multiples renoncement à des soirées en boîte, à des soirées entre amis, à des soirées de cinéma. En d'autres termes, il me semble avoir fait ce qu'il fallait pour arriver au succès dans une voie qui n'était pas tracée d'avance, au prix d'un effort auquel l'éducation reçue de mes parents m'avait formé. Je leur rends grâce, et pense souvent à eux, pour tout ce qu'ils m'ont donné, et que je me suis efforcé d'honorer par mon activité professionnelle. C'est d'un bourgeois banal, me direz-vous. Mais les contempteurs de cet idéal crèvent de ressentiment pour n'avoir pas su faire un choix de vie qui leur eût assuré d'obtenir ce qu'ils feignent aujourd'hui de mépriser. Le peuple, qui est sain et plein de bon sens, ne tombe pas dans l'amertume que j'ai vu trop souvent déborder des lèvres d'étudiants en sociologie, ethnologie, anthropologie, psychologie, musicologie, etc, inemployés en raison de leur passion pour le principe du plaisir et de leur mépris pour le principe de réalité. "Ils sont trop verts, disent-ils des raisins succulents qu'ils ne peuvent manger, et bons pour des goujats." Sauf qu'ils en ont faim.
PS : j'ajoute qu'avec des amis, nous avons pu créer une société de recherche sur contrat avec quatorze emplois à la clé, de l'animalier au chercheur en passant par le technicien, la secrétaire, le responsable administratif, etc. Nous avons pris des risques en y mettant de notre argent et de notre temps. Notre plus grande joie est de voir que cette société, devenue la propriété d'une compagnie australienne, est toujours bien vivante.
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vendredi 25 janvier 2008
Trois pensées de Pascal
Dans l'article IX (Pensées morales détachées) de la première partie, la pensée XXXVII (édition de 1803, publiée à Paris chez Antoine Augustin RENOUARD) : "Plaindre les malheureux n'est pas contre la concupiscence ; au contraire, on est bien aise de pouvoir rendre ce témoignage d'humanité et de s'attirer la réputation de tendresse, sans qu'il en coûte rien : ainsi ce n'est pas grand chose".
Et la pensée XLIV : "La science des choses extérieures ne nous consolera pas de l'ignorance de la morale, AU TEMPS DE L'AFFLICTION (majuscules du transcripteur) ; mais la science des moeurs nous consolera toujours de l'ignorance des choses extérieures".
Enfin la pensée LIII : "Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c'est là ma place au soleil ; voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre".
Leçons à tirer :
Pensée XXVII : plutôt que de s'afficher avec les mal logés de la Rue de Banque, en héberger quelques uns chez soi.
Pensée XLIV : plutôt que de moquer la morale au temps de la technique, de l'abondance et de la consommation, se forger une âme forte pour ne pas sombrer dans la bassesse quand des temps difficiles et très prévisibles viendront.
Pensée LIII : plutôt que de prendre, d'accaparer, d'accumuler, de s'étourdir de l'ivresse du propriétaire, comprendre que la terre est à tous et partager équitablement les biens qu'elle produit.
Plus moderne que PASCAL ? Impossible. Plus génial que lui ? Difficile. Autant témoin de la lumière que lui ? Très souhaitable, car ce siècle a besoin de saints. PASCAL devrait être un maître pour les hommes politiques qui cherchent d'abord le bien de la Cité. On peut les inviter à lire et relire l'un des plus grands génies que notre Patrie ait jamais vu naître.
jeudi 24 janvier 2008
Enfin !
Madame ROYAL doit lire mon Blog. Et je m'en félicite, comme je reconnais qu'elle a, contrairement à nombre de ses amis politiques, une vision un peu moins idéologique de la politique. Que dit-elle en effet à propos du rapport ATTALI et de ses préconisations pour doper la croissance française ? (a) Premièrement que "Ce rapport a au moins le mérite d'être là." Il n'y a donc pas d'opposition a priori à un travail commandé par le Président de la République ; (b) Deuxièmement, qu'elle s'engage "à avoir l'honnêteté intellectuelle de regarder les propositions mises sur la table". Il apparaît que ce sont deux excellentes réactions de la part de madame ROYAL. On examine, on soupèse ; on ne ricane pas en déclarant comme le dit monsieur DRAY "que ce rapport est un programme alternatif de gouvernement qui en dit long sur l'échec économique des premiers mois de François FILLON et Nicolas SARKOZY". Il propose quoi, monsieur DRAY, dont le mentor a vu sous son règne grimper le chômage à des niveaux jamais atteints, les scandales de tous ordres éclabousser la nomenklatura socialistes (mais en cette matière, il y a eu des émules...), le suicide d'un honnête homme traîné dans la boue par des médias infects, et celui d'un intime, abandonné par l'homme qu'il avait servi. Comment monsieur DRAY veut-il redresser la barque de la France ? Imagine-t-il qu'il est possible d'obtenir en six mois des résultats que quatorze ans de Présidence socialiste n'ont pas pu effleurer ? Va-t-il influencer par son verbe enflammé les choix des dirigeants chinois, indiens ou américains ? Régler la crise des prêts hypothécaires aux Etats-Unis ? Distribuer des biens qui n'ont pas été produits ?
Crise de l'emploi en France ? Allons donc. Une de mes nièces a épousé un Égyptien, un homme délicieux et travailleur. Moins d'un mois après son arrivée en France, il avait deux propositions de CDI dans l'hôtellerie. La chose date de cinq mois.
Crise du pouvoir d'achat ? Mais depuis que nous ne sommes plus libres de faire fonctionner la planche à billets et de dévaluer notre monnaie pour faire semblant d'augmenter les revenus, quelles sont les mesures qui ont permis de l'augmenter ? Les trente-cinq heures ! Voilà bien une décision inopportune dans le contexte économique qui se profilait au moment où elle a été prise.
La crise que nous traversons est avant tout une crise morale. Nous n'aimons plus notre patrie, nous ne croyons plus à une solidarité de destin, nous ne voulons pas nous priver ou partager, nous avons perdu tout sens des autres, et - il faut bien le dire - tout spécialement les riches, qui sont devenus riches non par leur travail ou par leurs talents, mais par leur goût du lucre. Je le redis, un Français qui place sa fortune à l'étranger - il en a le droit et les possibilités juridiques - ne peut prétendre garder la nationalité d'un pays qu'il méprise et qu'il appauvrit pour son seul profit personnel.
Monsieur ATTALI, conseiller du Président MITTERAND, a eu raison d'accepter la mission qui lui était proposée par monsieur SARKOZY. Madame ROYAL a raison de dire qu'elle va étudier les propositions de monsieur ATTALI avant de les critiquer de façon argumentée. Voilà comment il faut faire de la politique si l'on veut réconcilier les Français avec leurs responsables, de la majorité comme de l'opposition.
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mercredi 23 janvier 2008
La renommée et le journalisme
TERTULLIEN dit ceci de la Renommée. "Chacun sait ce que c'est que la Renommée. Un de vos citoyens [l'auteur s'adresse aux Romains] l'appelle le plus prompt de tous les maux. Pourquoi l'appelle-t-il un mal ? Est-ce à cause de sa vitesse ? Est-ce parce qu'elle rend les choses publiques ? Ou bien parce qu'elle n'est presque jamais véritable ? Car lors même qu'elle annonce quelque chose de vrai, elle le corrompt par le mensonge, ôtant, ajoutant, et changeant toujours quelque chose à la vérité. D'ailleurs sa nature est telle qu'elle ne se soutient que par le mensonge et ne subsiste qu'autant de temps qu'elle laisse la chose incertaine. Est-elle assurée ? La Renommée se retire et comme si toute ses fonctions étaient faites, elle expose la vérité. [...]. Mais, heureusement pour nous, le temps découvre tout, comme le disent vos Proverbes et vos Sentences : & suivant l'ordre que Dieu a mis dans la nature, rien ne peut demeurer longtemps caché, pas même les choses qui échappent à la Renommée." (TERTULLIEN. Apologétique ou défense des premiers Chrétiens contre les calomnies des Gentils. Traduction de J.B. VASSOULT. A Paris, chez Jacques COLLOMBAT, rue S. Jacques, au Pélican, 1714 ; j'ai le bonheur de posséder ce livre.)
Il me semble que la chose s'applique bien aux ras et aux flas des tambours de cette divinité capricieuse, quand ils sont battus par tout un peuple de journalistes en quête de rumeurs, de ragots, de "scoops", de photos, de faits mesquins. On fait et défait des réputations par ce que TERTULLIEN appelle la Renommée, et qui est l'opinion couramment répandue dans le public après qu'elle a été élaborée et calibrée dans le salles de rédaction. Il faut s'en méfier comme de la peste.
Une sorte de conspiration souterraine des medias s'efforcent de ternir la personne du Président, et lui façonne une image qui me semble loin de la réalité ; au lieu d'argumenter, d'analyser les causes explicitées et les conséquences possibles d'une décision politique, elle assène des jugements qui ne prennent naissance que dans le cerveau de ceux qui les portent. Ainsi sur les déclarations présidentielles aux responsables religieux. Il m'apparaît que le contenu des propos mériterait d'être discuté et validé ou invalidé par un dialogue socratique entre approbateurs et critiques. Il n'en est rien. Quel dommage pour la Pensée. Elle est en train de mourir, victime de la consommation, de l'argent, de l'hédonisme, de l'individualisme, de la volonté de pouvoir, du goût du paraître, et du plus grands des mots qui accable notre patrie depuis deux siècles l'idéalisme utopique des Lumières.
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mardi 22 janvier 2008
Témoignage d'un grand écrivain
Voici ce que dit Chateaubriand dans le Préface de son Génie du Christianisme : "Ceux qui combattent le christianisme ont cherché à élever des doutes sur la sincérité de ses défenseurs. Ce genre d'attaque, employée pour détruire l'effet d'un ouvrage religieux, est fort connu ; il est donc probable que je n'y échapperai pas, moi surtout à qui l'on peut reprocher des erreurs. Mes sentimens (sic, selon l'orthographe de l'époque) religieux n'ont pas toujours été ce qu'ils sont aujourd'hui. Tout en avouant la nécessité d'une religion et en admirant le christianisme, j'en ai méconnu plusieurs rapports. Frappé des abus des institutions et des vices de quelques hommes, je suis tombé jadis dans les déclamations et les sophismes. Je pourrais en rejeter la faute sur ma jeunesse, sur le délire des temps, sur les sociétés que je fréquentais ; mais j'aime mieux me condamner ; je ne sais point excuser ce qui n'est point excusable."
L'immense écrivain poursuit en décrivant les horreurs dont la "Révolution" a accablé sa famille : emprisonnement de sa mère, âgée de 72 ans ; mort d'une partie des siens, dont une soeur des suites de son emprisonnement, et de son frère, sa belle-soeur et son père, tous trois guillotinés.
On n'en finirait pas d'énumérer les maux dont la "République" l'a accablé. Pourtant, une autre de ses soeurs avait obtenu de la Roche-Jaquelin, le fameux chef vendéen, la grâce de 800 soldats des armées républicaines, que l'on avait condamnés à être fusillés, après qu'ils avaient été faits prisonniers à Fougères, et elle l'avait fait savoir (pour obtenir la libération d'une de ses soeurs) à un Commissaire de la République de Rennes, dont la réaction et les décisions furent ignobles comme l'étaient celles de tous ses homologues, ivres de pouvoir, de vin et de bêtise (cf. H. TAINE !). La générosité de mademoiselle de Chateaubriand ? Un trait qui distingue le caractère aristocratique de celui de la populace (et je ne confondrai pas celle-ci avec le peuple, qui est d'une autre nature, et d'une autre trempe).
Chateaubriand doit à sa mère (qui avant de mourir avait confié à l'une de ses filles une lettre dans laquelle elle suppliait le fils qui lui restait de revenir à Dieu) sa conversion. "Ma conviction est sortie du coeur, j'ai pleuré et j'ai cru" dit-il des sentiments qu'il éprouva après la lecture de ce message.
Pourquoi rappeler ce texte, me direz-vous ? C'est, me semble-t-il, assez clair, et dans la ligne de mon billet d'hier. On le voit bien : l'esprit qui anime les critiques les plus virulents des propos présidentiels sur la foi en général et le christianisme en particulier, est celui qui animaient les furieux de la Révolution (monsieur HOLLANDE, le pauvre, dénonce "une vieille rengaine de la droite la plus cléricale" ; monsieur BAYROU s'y met aussi, et je m'en attriste, qui y voit le retour à une religion "opium du peuple"). Leur anthropologie est fausse, leur ambition démesurée, leur mépris de la vertu, de l'ascèse et du désintéressement est abyssal. Puissent les chrétiens, ceux qui se réclament de Jésus et de lui seul, leur pardonner, et leur faire comprendre leur erreur.
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