mardi 11 octobre 2011

A propos de la mondialisation et des primaires

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A la surprise générale, Arnaud MONTEBOURG a fait un score tout à fait remarquable aux élections primaires organisées par le PS. Peut-être serait-il intéressant de savoir pourquoi.
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L'un des thèmes de prédilection du trublion était la démondialisation. Et je pense qu'il faut attribuer à cette volonté d'y mettre un terme, ou en tout cas d'en atténuer les effets, la pluie inattendue de suffrages qui est tombée sur lui.
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Définition (provisoire) de la mondialisation : nous appelons mondialisation un phénomène économique et culturel qui tend à transformer le monde entier en un marché unique, et à uniformiser les modes de vie, de consommation et de pensée, quand ce n'est pas la langue.
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Causes de la mondialisation : il y en a au moins deux. (a) La première est la diffusion instantanée de l'information (télévision, internet, radiodiffusion). Peu importe que celle-ci soit vraie ou fausse. Ce qui compte pour les détenteurs des moyens d'information, c'est le pouvoir qu'ils exercent sur l'humanité, grâce au monopole de la collecte et de la diffusion des "nouvelles". Bien entendu, les détenteurs  ne se formulent pas la chose ainsi. Mais c'est bien ainsi que ça fonctionne, et à un point tel que nombre d'états tentent à cette fin de créer des agences d'information du type AFP, Reuters ou Chine Nouvelle. Qui détient l'information, détient le pouvoir. (b) La deuxième raison est que la mondialisation du marché permet de simplifier les moyens de production et donne aux grandes entreprises multinationales de belles perspectives de gains, au seul profit des actionnaires (privés ou publics [fonds souverains] ou semi-publics [fonds de pension]). Pour uniformiser le marché, il convient d'uniformiser la langue d'échange, d'où le forcing des anglo-saxons pour imposer l'anglais, et ce, avec un certain succès.
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Les conséquences de la mondialisation. Elles sont terribles et terrifiantes dans leurs perspectives de violence ! A force de multiplier le même, de n'avoir qu'un profil de "consommateur" et d'être humain, on suscite la rivalité mimétique, l'indifférenciation et la violence, comme l'a si bien analysé René GIRARD. C'est pour cette raison que le monde est parcouru de crises identitaires ; le port du voile, du tchador, de la burka, du turban sikh, de la kippa, n'est jamais qu'un moyen de marquer sa différence. Il ne peut y avoir d'entente entre les peuples si on nie leur identité culturelle, historique, traditionnelle. Il ne faut pas chercher ailleurs la montée du FN. La revendication de l'identité nationale est légitime, n'en déplaise à tous les internationalistes. J'aimerais du reste que monsieur MONTEBOURG ne borne pas sa critique de la mondialisation aux seuls aspects économiques du phénomène, mais l'étende aux aspects culturels, historiques et traditionnels. Chiche ?
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Pour moi, c'est clair ! Non à la mondialisation à l'américaine. Oui au dialogue culturel, à l'échange entre des peuples, des hommes différents. Le respect de l'autre passe par la reconnaissance de sa singularité. Par autre, en effet, j'entends aussi bien les peuples que les personnes.
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C'est tout pour aujourd'hui.

lundi 10 octobre 2011

Message d'un correspondant

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Je reçois ce message d'un ami très cher. Je vous le livre en y mettant des guillemets. J'en ai supprimé également une phrase qui me paraissait déplacée et que j'ai remplacée par des crochets. Je ferai simplement un commentaire in fine.
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"Juste une petite piqûre de rappel !!!!.....

Demain le gouvernement va exposer son plan d’austérité, que vont dire tous ces tartuffes, rebelocrates des plateaux de télévision ???.
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(a) Les enfoirés.... les vrais ! De bons Français !!!!
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Le cas d'Emmanuelle BEART..........est particulièrement intéressant (voir plus bas).
Et Florent PAGNY, qui vit en Argentine, a refusé de payer ses impôts en France, mais vient donner des leçons de générosité aux français avec les enfoirés.
[...].
Mais celui de NOAH qui vit aux USA et ne vient en France que pour vendre ses disques et ponctionner encore plus les Couillons de Français qui l'élisent régulièrement le Français le plus populaire de l'année....Et en plus il fait des commentaires sur la France ....
Pour DSK pas de problème...pour lui tout est net d'impôt.....
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(b) Instructif
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A l'aube d'une période d'austérité et d'un plan de rigueur pour la France, il peut être intéressant de connaître la liste (non exhaustive, tirée du « Nouvel Observateur » n° 2359 du 21 Janvier 2010) des personnalités qui ont fui fiscalement le pays pour s'installer en Suisse, ou dans un autre paradis fiscal.
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S'ils l'ont fait en toute légalité (achat dune résidence en Suisse, séjour inférieur à 6 mois sur le sol français), il est par contre inadmissible que certains d'entre eux continuent à s'immiscer dans la vie politique française, en participant activement aux campagnes électorales, pour soutenir tel ou tel candidat, ou pire, en étant officiellement investi par l'Etat pour représenter la France à l'étranger, comme c'est le cas actuellement pour Alain DELON qui est le parrain officiel du pavillon français à l'exposition universelle de Shanghai. [Commentaire personnel : le rayonnement international d'Alain DELON pourrait justifier cette désignation, je tiens à le préciser]
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Parmi les plus actifs dans ce domaine, il y a donc :
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Alain DELON (à Genève depuis 1999).
Johnny HALLIDAY à Gstaad depuis 2006 (le concert du 14/07/2009 à coûté 500.000 euros payé par le contribuable Français).
Charles AZNAVOUR (résidant à Genève).
Patricia KAAS.
Emmanuelle BEART (la dinde qui manifeste EN FRANCE pour que les Français accueillent et nourrissent les "sans papiers" !....puis s'en retourne en Suisse, tranquillement... ).
Daniel AUTEUIL.  
Marc LEVY .
Michel HOUELLEBECQ.
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(c) Parmi les sportifs on peut citer :
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Alain PROST
Jean ALESI
Richard VIRENQUE
Guy FORGET et toute son équipe de joueurs de Coupe Davies
Richard GASQUET
Henri LECONTE
Amélie MAURESMO, Gaël MONFILS, Cédric PIOLINE, Jo-Wilfried TSONGA qui payent tous leurs impôts en Suisse.
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(d) Moins étonnant, mais encore plus scandaleux, des Personnalités des affaires qui exercent actuellement (ou ont exercé récemment) un pouvoir politique économique ou financier en France, parmi eux :
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Antoine Zacharias (Vinci).
Claude Berda (AB groupe, TF1).
Daniel Hechter (couturier).
Jean-Louis David (salons de coiffure, cosmétiques).
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Mais aussi des rentiers et des héritiers, dont les fortunes ont été créées en France, avec la participation de centaines de milliers d'ouvriers français :
Eric Peugeot.
Jean Taittinger (PDG de la société du Louvre, ancien ministre de la justice et député de la Marne).
Philippe Hersant (patron de presse du Groupe Hersant).
Corinne Bouyques (héritière de la fortune Bouygues).
Les familles : Defforey (Carrefour), Mulliez (Auchan) (Promodès).
Tous résidant à Genève ou aux environs.
Si ces gens n'aiment pas (fiscalement) la France, qu'ils la quittent et qu'ils l'oublient, et surtout qu'ils n'en profitent pas quand ils en ont besoin (comme par exemple pour venir s'y faire soigner).
A tous les français qui vont se serrer la ceinture dans un proche avenir, nous proposons de boycotter les concerts, les disques et les livres de tous ceux qui ne participeront pas à l'effort de solidarité nationale et aux médias, nous demandons de ne plus offrir de tribunes télévisées (pour la promotion de films et de disques) aux artistes concernés et de ne plus faire de sponsoring aux sportifs exilés.
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Aux députés nous demandons d'instaurer une loi pour qu'il ne soit plus possible pour un évadé fiscal de venir se faire soigner en France (dans un hôpital public) ni de représenter officiellement la France à l'étranger.
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Si vous pensez que ce message est légitime, faites-le circuler.  Il aura peut-être le pouvoir de ramener certains de ces égarés fiscaux à revoir leur position. Maintenant, il reste à trouver le Député qui aura le cran de présenter un texte, et là, c'est pas gagné !!!...." [Fin du message transmis.]
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Commentaire personnel.
A trois ou quatre reprises, j'ai signalé qu'il faudrait déchoir de leur nationalité les Français qui placent leur fortune à l'étranger et y payent leurs impôts, au détriment de notre patrie. Ils ont parfaitement le droit de préférer l'argent à la France. Mais qu'ils ne viennent pas nous donner des leçons de civisme, d'économie, ou de morale. Je répugne toujours aux attaques ad hominem  et je n'aime pas trop désigner à la vindicte émotionnelle des personnes qui, malgré tout et à des titres divers, ont servi le rayonnement de la France. Mais le temps n'est plus à ces réserves. Et si l'amputation d'une partie de la fortune des "riches" ne représente qu'une goutte d'eau dans la mer du déficit, elle aurait le mérite d'avoir une grande portée symbolique.
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J'ignorais que madame Emmanuelle BEART eût recommandé que nous accueillions tous les sans-papiers. Je lui suggère d'en prendre quelques uns chez elle, en contrepartie des facilités fiscales que lui apporte son statut de Français résidant en Suisse. Et qu'elle ne vienne pas nous casser les pieds avec ses pleurnicheries qui n'émeuvent que ses fans et servent ses intérêts avant de servir la cause qu'elle prétend défendre.
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Esprit de parti, esprit faux, esprit de système...

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Je comprends fort bien le contentement des responsables du PS. Ils ont obtenu un très grand succès en organisant ces élections primaires. Du côté de la majorité, un seul élu a reconnu ce succès. Monsieur COPE a tenté, lui, de le limiter en constatant, ce qui est juste mais un peu court, que 4 % seulement des Français avaient participé à ce vote. Ce n'est pas ainsi qu'il va rallier des sympathisants à sa cause.
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Mes lecteurs réguliers savent combien que je ne puis pas rentrer dans l'esprit de parti. Pour des raisons que j'ignore, il semble être plus fortement ancré dans le coeur des électeurs socialistes que dans celui des électeurs de la majorité, où il y habite plus le souci des élus que celui des électeurs.
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Alors, pour éclairer ma position, il m'est infiniment délicieux de proposer à votre réflexion ces deux petits passages de la Note sur la suppression générale des partis politiques, ouvrage que l'on doit au génie que fut Simone WEIL :
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"Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l'étendue d'un pays, pas un esprit ne donne son attention à l'effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité."

et

"Un homme qui adhère à un parti a vraisemblablement aperçu dans l'action et la propagande de ce parti des choses qui lui ont paru justes et bonnes. Mais il n'a jamais étudié la position du parti relativement à tous les problèmes de la vie publique. En entrant dans le parti, il accepte des positions qu'il ignore. Ainsi, il soumet sa pensée à l'autorité du parti. Quand, peu à peu, il connaîtra ces positions, il les admettra sans examen."
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C'est la raison pour laquelle, hier, je faisais allusion à la signature que l'on demandait aux votants des primaires, une signature d'adhésion "aux valeurs de gauche", et suggérais qu'on y réfléchisse à deux fois avant de le faire. Je n'ai aucune illusion. La passion l'emportera sur la raison, et nous rencontrerons les mêmes désillusions si le candidat socialiste est élu Président de la République, jusqu'à ce que les yeux s'ouvrent. Symétriquement, je prédis les mêmes désillusions au cas, pour l'instant improbable, où ce serait le candidat de l'actuelle majorité.

dimanche 9 octobre 2011

Un joli portrait

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Je n'y peux rien ! Mes lectures me ramènent constamment vers la Chine, ses historiens, ses philosophes, ses historiens. Au moment où les sympathisants dits "de gauche" sont appelés à désigner leur candidat aux prochaines élections présidentielles, et après avoir lu les compte-rendus des débats qui ont précédé ces élections "primaires", je suis poussé à vous faire connaître le portrait que le légiste HOUEN YU-YUE (orthographe selon la notation de l'EFEO) fait de LI SSEU, (un soi-disant lettré, se réclamant des anciens rois, et adepte d'un CONFUCIUS dont il avait tordu la bienveillante doctrine au seul profit de sa caste) au premier empereur QIN SHI HUANGDI. La traduction du texte chinois est sans doute due à ÉTIEMBLE, dont j'ai récemment parlé.
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"Que veulent donc ces prétentieux lettrés qui attaquent en toute occasion un gouvernement qu’ils devraient admirer et auquel certainement ils ne refuseraient pas leur admiration s’ils étaient mieux renseignés ? Pourquoi louer sans cesse les anciens et accabler de reproches Votre Majesté ? Ne serait-ce pas pour créer dans les esprits un lent mécontentement et pour pousser ensuite la population à une révolte ouverte ? Ô, mon maître, prenez garde, ces gens-là sont plus à craindre que vous ne le pensez. Moi qui observe et surveille leur conduite depuis longtemps déjà, qui suis exactement renseigné sur leurs menées et qui les connais à fond, je vois en eux vos plus dangereux ennemis. À chaque heure, on les voit se glisser de maison en maison, de rue en rue, et répandre partout sur vous les bruits les plus outrageants. Au dire de ces gens, vous êtes un prince rempli d’orgueil, qui a la cynique prétention de surpasser tout ce qu’il y a d’estimable dans l’antiquité, un homme exalté, inquiet et révolté, qui veut tout bouleverser et renverser l’Empire. Dès que vous promulguez une loi, ils la jugent injuste ou inutile. De même quand vous promulguez un  décret, ils le tournent, le critiquent, ainsi que les termes dans lesquels il est rédigé, et s’efforcent de vous rendre méprisable. Si vous entreprenez quelques travaux publics, ils disent que vous trompez le peuple, que vous accablez vos sujets et en faites des victimes de vos humeurs. Rien de ce que vous faites ou dites ne leur convient."
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C'est  très exactement l'impression que donnent ces messieurs (Manuel VALLS excepté, le plus malin des six, et le plus en prise avec la réalité) quand ils critiquent l'actuel gouvernement : évocation des mânes de feu le Président MITTERRAND, hommage aux grands ancêtres du socialisme, nostalgie du bon vieux temps où les radicaux faisaient construire dans leur circonscription électorale des lignes de chemin de fer qui n'ont jamais servi (oh, ils ne furent pas les seuls), où l'on bouffait du curé ouvertement (aujourd'hui, c'est sournoisement), où l'on négociait des légions d'honneur au plus offrant ou au mieux pensant.  Soyons juste. Tout ne fut pas nul quand ils étaient au pouvoir et régnaient sur la France. Ce serait inepte de le prétendre, et je ne le dirai pas. En matière sociale, il y eut jadis de très bonnes décisions. Mais le péché de ces messieurs, comme celui de leurs actuels successeurs, c'est de vouloir régner par tous les moyens sur les esprits, en colonisant la culture et l'enseignement, en adulant leurs porte-voix (je veux parler de nombreux journalistes), et en faisant croire au peuple qu'il est possible d'être riche, heureux et libre, sans travailler, sans aimer sa patrie, sans épargner. Ils prétendent (par exemple), imposer aux jeunes médecins le lieu où ils devront s'installer (belle liberté) ; leurs alliés prévisibles proposent de porter certaines tranches d'imposition à 70 % (madame JOLY) voire à 100 % (monsieur MELANCHON) (belle richesse) ; nombre d'entre eux militent pour la libéralisation de la vente de drogues (belle conception du bonheur). Tout est faux dans leur vision de l'homme ! Ils ont une conception purement politique du bonheur, et ils veulent nous l'imposer. Voilà leur péché originel.
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Si vous signez votre adhésion aux valeurs de gauche avant d'aller voter, soyez conscient de ce que vous signez. C'est tout pour aujourd'hui.

samedi 8 octobre 2011

Qu'est-ce que l'esprit critique ?

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Le mot "critique" vient du grec krinein que le Petit Robert traduit par juger comme décisif alors que j'avais jadis trouvé un autre sens à ce verbe, celui de cribler, tamiser. Le mot crise a la même origine. On peut le traduire par décision  ou par tamisage. Je préfère cette traduction.
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Si je parle d'esprit critique aujourd'hui, c'est pour répondre à divers commentaires de mes billets. Selon moi, l'esprit critique est tout le contraire de l'idéologie. Il pèse chacune des situations, chacun des éléments qui les constituent, pour autant qu'ils soient connaissables ou accessibles, et il reste constamment sur cette incertitude qu'il peut se tromper, en raison même de l'insuffisance de connaissance de ces éléments. Il se garde bien de généraliser, et il regarde le réel, essaye de cerner les faits, avant de regarder dans son cerveau pour projeter son système croyance sur ce qu'il voit ou expérimente. Cele ne l'empêche pas de juger. Mais au moins son jugement est-il pesé sur la balance de l'humilité et des faits. Je conviens que c'est un exercice difficile, qui demande beaucoup d'ascèse personnelle, un contrôle de ses passions et de ses affects, de l'empathie (c'est-à-dire une capacité à rentrer dans les émotions d'autrui) laquelle n'est pas la même chose que la sympathie (littéralement la capacité de souffrir avec) et que je suis encore loin d'avoir atteint cette sérénité de la parole et du regard !
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C'est pourquoi, au risque de déplaire à TIPPEL, je ne puis accepter que l'on traite de voyous, fût-ce en puissance, les 150.000 à 180.000 jeunes qui sortent tous les ans du système scolaire sans diplôme ni qualifications. Les exonérer de toute responsabilité personnelle dans leur situation, comme le font les bonnes âmes du PS est également une erreur que je qualifierai de symétrique. Le réel est complexe. J'ai été payé pour l'explorer ;  je demeure rempli de confusion devant l'écheveau, apparemment indémêlable dans sa réalité ultime, des phénomènes de la vie, aussi bien ceux qui président à la vie des cellules, qu'à celle des personnes ou des groupes humains.
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Voilà pourquoi plus j'avance, plus je crois que la manière dont nous vivons à l'heure actuelle la démocratie dans notre pays est le fruit d'une vaste duperie qui dissimule l'âpreté des luttes de faction et les rivalités des chefs. La démocratie ce n'est pas cela, n'en déplaise au Monde, à Charlie Hebdo, à Marianne  et accessoirement au Figaro. Et je me sens le droit d'approuver Arnaud MONTEBOURG quand je juge qu'il a raison, et de le désapprouver quand il m'apparaît qu'il a tort, et ainsi du reste pour tous les autres responsables politiques.
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C'est tout pour aujourd'hui

vendredi 7 octobre 2011

Ai-je bien compris ?

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Je n'ai pas suivi le dernier débat (ni le premier, ni le second du reste) entre les candidats aux élections primaires du PS. (Ne trouvez-vous pas que ces élections primaires ont un petit goût américain ? Curieux pour des responsables politiques qui critiquent le capitalisme ou le libéralisme, non ?) Je n'ai fait qu'en lire les compte-rendus. A contre-coeur, je dois le dire, il me faut reparler de monsieur François HOLLANDE, auquel je m'étais promis de ne plus jamais faire allusion.
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Si le sujet n'était pas aussi grave, il y a aurait de quoi se taper le derrière par terre de rire. Enfin, d'après ce que je crois avoir compris des propositions assez nébuleuses du "favori des sondages". Un  des moyens de créer des postes d'enseignants consisterait, (si j'ai bien compris, j'insiste), à supprimer les redoublements. Il faut avoir de sacrées oeillères pour proposer une telle imbécillité. Dans tel collège du Bas-Rhin, que je ne nommerai pas, le Principal me disait que 20 % des élèves arrivent en sixième sans savoir lire correctement, et ne possèdent que 300 à 400 mots de vocabulaire. Cent cinquante mille jeunes de 16 ans quittent tous les ans le collège sans diplôme et sans qualifications, et sont aiguillés vers des voies sans issues et socialement marquées par la honte et la dévalorisation. Supprimer le redoublement, c'est condamner définitivement l'élève à aller d'échec en échec, à en faire un révolté, un aigri, un malheureux. Mais les statistiques sont sauves. Vive monsieur HOLLANDE !
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Je me permets se signaler à l'intention du candidat la lecture du rapport publié par l'Institut pour la Promotion du Lien Social sur la prise en charge des élèves en difficulté (siège STRASBOURG) ; j'ai été le Président de cet Institut pendant 3 ans et c'est pendant mon mandat que cette enquête, conduite par une armée nombreuse de bénévoles, a été réalisée. Nous avons analysé plus d'une centaine de réponses à des entretiens faits auprès des principaux, des conseillers principaux d'éducation, des assistantes sociales, des infirmières scolaires, des conseillers d'orientation psychologues, des professeurs principaux. Chaque entretien a duré entre une heure trente et deux heures et a fait l'objet d'une retranscription soigneuse avant analyse de contenu. La lecture de ce rapport est éclairante, je dirai même édifiante.
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Il faut quand même savoir que dans tel autre collège de la banlieue de STRASBOURG, un professeur principal nous confiait que, sur une heure de cours théorique, il arrivait à enseigner pendant dix minutes au plus, et qu'un jour un élève lui a dit : "monsieur, vous pouvez dire ce que vous voulez, on s'en fout". La vérité est qu'on ne peut pas faire boire des ânes qui n'ont pas soif, et que l'institution de l'Education dite Nationale navigue à l'aveugle, complètement dépassée par l'ampleur des phénomènes sociaux qui bouleversent notre pays en particulier et les pays développés en général. Elle ne parvient pas à susciter l'intérêt du plus grand nombre. Et ce n'est pas seulement une question de méthode. Lui coller la responsabilité de cet échec est certainement injuste ; la crise est une crise de système. Le courage politique consiste à la regarder en face et à en tirer les conséquences pratiques : critique perpétuelle de l'autorité, absence d'inculturation d'un nombre croissant d'enfants d'origine étrangère, chômage des parents, développement de trafics en tout genre dont le rendement est plus juteux que celui d'un travail honnête, culte de la facilité et du plaisir promu par les médias, par la publicité, matérialisme total des doctrines politiques qui se disputent âprement le pouvoir, etc. 
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Prétendre créer 60.000 postes d'enseignants en 5 ans, pour faire face au problème, est une imbécillité de plus à mettre au compte déjà chargé du candidat à la candidature. Je ne parle même pas du coût insensé de cette mesure. Il me semblerait bien utile que l'administration de l'Education Nationale commence par faire ménage et fasse un recensement exact de son personnel. Or, présentement, personne, je dis bien personne, n'est en mesure de dire combien il y a d'enseignants titulaires, stagiaires, contractuels, en congé maladie, remplaçants. Il conviendrait ensuite de dresser la liste des enseignants qui, pour diverses raisons, dont certaines très valables, n'enseignent pas   et sont payés par l'Education Nationale. C'est bien joli d'épingler Luc FERRY qui, professeur des universités, n'a pas donné de cours tout en continuant de percevoir son salaire. Mais allons plus loin : combien d'enseignants ont des décharges dites "syndicales" ? Combien d'enseignants titulaires académiques (remplaçants) ne remplacent pas, car il n'y a personne à remplacer ? Combien de professeurs de disciplines rares (souvent des langues étrangères) n'enseignent pas faute d'auditeurs ? Une mesure utile ne consisterait-elle pas à former des professeurs bivalents (il en existait il y a quelques années ; j'en connais un, un ami alsacien, qui enseigne les mathématiques et l'éducation physique) ? Une autre enquête à conduire : déterminer avec précision le nombre de jeunes titulaires d'un CAPES ou d'une agrégation qui, dégoûtés des conditions dans lesquelles on les fait enseigner, dépourvus de tous moyens de coercition et de sanction, démissionnent de leur poste au bout de deux ou trois mois (j'en connais) ? Est-il normal de nommer d'emblée les plus jeunes professeurs, sans expérience ou peu expérimentés, dans des Collèges ou des Lycées réputés "difficiles" ? Ce sont là de vraies questions.
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Lors des dernières années de ma carrière, mon Doyen m'a demandé d'enseigner la biologie cellulaire en première année des études pharmaceutiques. Ce n'était pas ma discipline, j'étais agrégé de virologie, mais faire de la virologie sans connaître un minimum (c'est peu dire) de biologie cellulaire est impossible. Mon Doyen avait raison. Une semblable aventure m'est arrivée à mes tout débuts : on m'a chargé de l'enseignement de mycologie (micromycètes), discipline qui m'était parfaitement inconnue. Il a bien fallu que j'apprenne. Je dois dire que ce fut difficile. C'était même une corvée. Je m'en suis acquitté du mieux que j'ai pu jusqu'à l'arrivée dans notre faculté d'un spécialiste très qualifié.
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Monsieur HOLLANDE veut recruter 60.000 enseignants ? Sur 5 ans ? Encore faudrait-il qu'il ait des candidats (le métier est de moins en moins attrayant) et des candidats compétents. Bien sûr on peut arriver par des mesures incitatives à avoir ce nombre de postulants. S'assurer de leur compétence est une autre affaire quand on voit le nombre de candidats recalés au CAPES ou à l'agrégation dans la forme actuelle des concours.
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Enfin, croire qu'un professeur qui ne peut tenir une classe de 30 élèves, tiendra fermement en main une classe qui en fait 25 est une imposture. En outre, un simple calcul indique que le temps dégagé par cette diminution des effectifs est de 18 %. Sur une classe de 30 élèves et pour une heure, un professeur peut théoriquement consacrer 2 minutes à chacun de ses auditeurs. S'ils sont 25, cela lui donne 20 secondes de plus à consacrer à chacune de nos têtes blondes ou brunes. Il y a un intérêt évident à augmenter le nombre de professeurs, mais ce n'est pas celui des enfants, c'est le leur, car 18 % de temps en moins pour les corrections des devoirs et des compositions, ça fait du temps en plus pour regarder la téloche, siroter un apéro, ou lire un bon roman. (Que l'on prenne cette remarque avec recul ; elle est faite cum grano salis !)
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Nostalgie du bon vieux temps des hussards noirs ? Pas du tout. Car il y  avait un souffle, une générosité, du dévouement dans cette entreprise. On peut en contester certains aspects (et je les conteste, mais seulement les aspects négatifs). Ces candidats-là se moquent de nous. Je préférais l'idée de Ségolène ROYAL. Faire raccompagner en leur domicile des policières par des policiers, c'est tout de même plus sexy.
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jeudi 6 octobre 2011

De la vérité

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Dans l'introduction, brillantissime, qu'il donne à une réédition (dans les Cahiers Rouges ; Grasset, Paris, 1975) du livre de Julien BENDA, La trahison des Clercs, livre que je me suis procuré sur les indications de Pierre-Henri THOREUX, André LWOFF cite Miguel de UNAMUNO :
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"Le visage de la vérité est redoutable, le peuple a besoin de mythes, d'illusions, le peuple a besoin d'être trompé. La vérité est quelque chose de terrible, d'insupportable, de mortel."
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On ne saurait mieux dire. Et je ne saurais mieux dire à nombre de mes lecteurs qui parfois me taxent de contradiction ou de mollesse condamnatoire. Je vous donnais hier un exemple des mensonges que notre République entretient sur notre histoire nationale. Je pourrais commenter les mensonges dont nous abreuvent les actuels responsables politiques de tous horizons. C'est inutile pour l'instant. Simplement, je voulais rappeler ici que je ne me soucie point des idéologies, mais de justice, de vérité, de raison (toutes vertus dites "cléricales", au sens de "propres au clerc" selon BENDA), et d'expériences personnelles (ce que ne cite pas cet auteur) sans prétendre y parvenir, hélas. Mais en tout cas, j'essaye. Mais je n'aurai garde de me compter au nombre des intellectuels. Je m'efforce de penser.
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Dans mon billet d'hier, je ne défendais point l'abbé du CHAYLA, assassiné par les camisards. Ce meurtre est ignoble et injustifiable. Il a été suscité, hélas, par les mauvais traitements que le curé de PONT-DE-MONVERT a fait subir à de nombreux huguenots qui ne voulaient point se convertir. D'aucun côté, le commandement d'amour de JESUS n'y trouve son compte. Et j'accusais formellement les instaurateurs de la République (de Jules FERRY à CLEMENCEAU) de mensonge. La démocratie ne trouve pas son compte dans les omissions et les silences pudiques sur les ignominies, les massacres (NANTES, LYON, BORDEAUX, PARIS, tout l'Ouest de la FRANCE, et ailleurs) révolutionnaires qui ont enfanté ce monstre, ou plutôt ce JANUS BIFRONS qu'est la République française ; sur combien de cadavres, sur combien d'injustices, de vols, de spoliation, d'oppression, de tyrannie, notre devise s'est-elle levée ? Liberté, Égalité, Fraternité vraiment ? Il y a bien du chemin à faire pour qu'elle commence à trouver un minimum d'incarnation dans l'espace public. Certes, il a fallu casser bien des oeufs pour faire une telle omelette. On voit l'omelette, mais on ne voit plus les coquilles.
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C'est que la vérité, comme le soleil, ne peut se regarder fixement.