mercredi 18 juillet 2012

Retour à l'évidence, ou Lanza del Vasto à l'honneur

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Si vous saviez la joie que l'on à déballer de leurs cartons poussiéreux des livres qui y dormaient depuis 6 ans ! J'ai enfin pu trouver un lieu où il me sera loisible de ranger sur des étagères les milliers d'ouvrages que j'ai accumulés, parfois sans discernement, depuis des décennies, et qui sont les seuls biens, hélas, auxquels je suis attaché, trop attaché sans aucun doute.
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Figurez-vous que j'ai retrouvé dans l'un de ces cartons un petit opuscule publié en 1945 aux Éditions Denoël, intitulé Principes et préceptes du retour à l'évidence, que l'on doit à LANZA del VASTO. C'était un homme en tous points remarquable et qui s'efforçait d'unifier en lui l'être, la parole et le faire. Dire que j'ai compris tout ce mon cher LANZA, Prince di TRABIA (car il était effectivement Prince) veut exprimer dans cette langue elliptique, imagée, parfois hachée, qui lui est si personnelle, est présomptueux. Car il nous faut être passé par sa propre expérience du jeûne, de l'érémitisme, de la vie à la campagne, pour goûter la saveur et le sel de ses propos, lâchés en apparence à bâtons rompus, alors qu'ils obéissent à une logique de vie d'une rare cohérence.
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Tout de même voilà un ensemble d'aphorismes que je me plais à vous livrer :
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"Ne proteste pas contre ce que tu désapprouves.
Passe-t-en... [je commenterai plus bas].
Passe toi de toutes les organisations industrielles, commerciales, officielles.
Si tu désapprouve le mensonge, quitte la ville.
Si tu désapprouves la banalité, ne lis pas le journal.
Si tu désapprouves la laideur du siècle, jette loin de toi tout ce qui vient d'une usine.
Si tu désapprouves la boucherie, cesse de manger de la viande.
Si tu désapprouves le bordel, regarde toute femme comme ta mère.
Si tu désapprouves la guerre, ne serre jamais les poings.
Si tu désapprouves les contraintes de la misère, dépouille-toi librement.
Mais approuve pleinement ce qui te reste et l'apprécie."
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"L'argent, cela ne se mange ni se boit, ce n'est pas un objet utile à garder, ni bel à voir."
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"Injustice du don que l'amour seul pardonne."
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"N'oublie pas que la générosité est un privilège.
Ceux qui reçoivent de ta main le savent, n'en doute pas.
Si donc tu donnes sans pudeur, leur ingratitude ne sera que justice."
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 J'ai dit que je commenterai les deux premières phrases de ces citations :
Nous ne donnons du pouvoir à ceux qui nous gouvernent que pour autant que nous le leur reconnaissons. Le jeune Etienne de LA BOËTIE l'a bien vu dans son Discours de la servitude volontaire. Nous voilà gouvernés par des hommes, sans doute pleins de bonne volonté, mais à l'esprit faux, parvenus au pouvoir par des méthodes et pour des raisons qui, de mon point de vue, relèvent de tout ce qu'il y a de plus "bas" en l'homme : l'envie, le partage théorique entre les gentils (ceux qui votent socialiste) et les méchants (les autres), le matérialisme, la méconnaissance de la part spirituelle de l'homme qui fait qu'il est homme et non pas singe. Un bon conseil. Ne les désapprouvons pas ni ne les approuvons. Ignorons-les. Ne regardons pas la télévision, ce lieu irréel où l'on nous abreuve d'approximations. Ne lisons-pas les journaux, ou, si nous le faisons, que ce soit avec recul, esprit critique, et mémoire. Non, laissons ces puissants dans leur tour d'ivoire ; laissons-les là où ils sont. Acceptons de n'être pas de leur monde.
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Notez chers lecteurs la convergence des vues d'un THIBON, d'un LEGAUT, d'un LANZA. Tous ont été dans le monde ; aucun n'a été du monde. Voilà à quoi, si vous donnez suite au projet un peu fou de créer là où nous vivons ces petites cellules de vie animées par le seul désir de relation fraternelle, nous sommes appelés. Et n'oubliez jamais que l'Etat, en exerçant sans pudeur une générosité qu'il doit à l'argent des autres, ne récoltera ni gratitude, ni reconnaissance, mais simplement l'aigreur du "ce n'est pas assez" et la revendication permanente.
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mardi 17 juillet 2012

Il y exactement 218 ans


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Qu'avaient-elles donc fait ces femmes ?
Je vais vous le dire, et ce sera dans la continuité des sanglantes litanies que je vous livre depuis quelques jours sur les morts de la Révolution Française.
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Elles étaient carmélites ; leur couvent était sis à Compiègne. Elles priaient pour que cessent la Terreur. Les ordres religieux avaient été interdits et les fous furieux qui régnaient sur la France faisaient alors la chasse à toutes ces femmes qui avaient choisi de servir Dieu plutôt que les hommes. Déjà, le 26 juin 1794, quatre Filles de la Charité d'Arras avaient été décapitées ; 32 religieuses et 30 prêtres dans le seul mois de juillet avaient payé de leur vie la fidélité à leur engagement. Les carmélites de Compiègne sont arrêtées au mois de juin, emprisonnées dans un ancien couvent de la ville, transférées le 12 juillet 1794 à Paris, et guillotinées de 17 juillet. Elles viennent s'ajouter à la liste sanglante des religieuses et des prêtres que je viens d'évoquer.
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La plus jeune (29 ans), la première à avoir été tuée, s'agenouille devant sa Supérieure et lui demande la permission de mourir. Elle monte les degrés de l'échafaud en chant le Veni creator. Les autres soeurs chantent le Psaume 113, Laudate Dominum... La Supérieure est la dernière à être exécutée. Devant la grandeur et la dignité de ces femmes, la foule est saisie d'étonnement et se retire en silence du lieu du supplice. Elles avaient d'avance consenti à donner leur vie pour ramener la paix dans leur Patrie. Elles ont été béatifiées en 1906. L'Eglise catholique célèbre aujourd'hui même leur mémoire. Permettez-moi d'en faire autant, avec vous.
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Tout le monde aura reconnu dans cette histoire authentique la matière de l'admirable Dialogue des Carmélites de Georges BERNANOS. Je vous invite à relire ce chef-d'oeuvre.

Voici la liste des martyres ; vous remarquerez qu'aucune d'elle n'était d'origine aristocratique sauf Mère Henriette de Jésus et Soeur Julie-Louise de Jésus.

Sœur Constance de Jésus - Marie-Geneviève Meunier, 29 ans, novice

Sœur Saint Louis - Marie-Anne Brideau, 42 ans
Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception - Marie Claude Cyprienne Brard, 58 ans
Sœur Julie-Louise de Jésus - Rose Chrétien de Neuville, 53 ans
Sœur Sainte Marthe - Marie Dufour, 51 ans
Sœur de Jésus Crucifié - Marie-Anne Piedcourt, 78 ans
Sœur Marie du Saint Esprit - Angélique Roussel, 52 ans, sœur converse
Sœur Saint François-Xavier - Juliette Verolot, 33 ans, sœur converse
Sœur Thérèse de Saint Ignace - Marie Gabrielle Trézel, 51 ans
Sœur Charlotte de la Résurrection - Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, 78 ans
Sœur Thérèse du Cœur de Marie - Marie-Anne Hanisset, 52 ans
Sœur Catherine - Catherine Soiron, 52 ans, tourière, n'était pas religieuse mais « femme gagée »
Sœur Thérèse - Thérèse Soiron, 49 ans, tourière, même statut que sa sœur Catherine
Mère Henriette de Jésus - Marie Françoise Gabrielle Colbert de Croissy, 49 ans
Sœur Marie-Henriette de la Providence - Marie-Anne Pelras, 30 ans
Mère Thérèse de St. Augustin - Marie-Madeleine-Claudine Lidoine, 41 ans
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Quand on lit le récit de ces massacres, on a envie de vomir et de dire NON à la République telle qu'on nous l'enseigne dans les Etablissements d'Enseignement dépendants du Ministère dit "de l'Education Nationale". Parents qui me lisez, lecteurs occasionnels, souvenez-vous de ces horreurs, "car le ventre est encore fécond d'où est sortie la bête immonde" disait un certain BRECHT dont je détourne allègrement les propos !

lundi 16 juillet 2012

Visionnaire

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Peu avant les événements de Mai 1968, un jeune écrivain répondant au nom de Jean-François REY, un visionnaire, décrivait en ces termes la société dans laquelle nous sommes en train d'achever d'étouffer (merci à mon cher Gustave THIBON, chez qui, encore une fois, j'ai trouvé ce diamant).
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"Quel carnaval, mes frères ! En moins de vingt ans, les idoles se sont effondrées une à une et généralement dans le sang. La puissance des ténèbres s'est installée, et si nous survivons, c'est bien par la force de l'habitude et la vitesse acquise. Il y encore des naïfs qui viennent nous parler de morale. Il faut être juste, ils sont de moins en moins nombreux, le public se fait rare. Il y a des mots que l'on a de la peine à prononcer sans rire - ou sans pleurer. Après vingt ans de désastre sanglant, il fallait nous distraire un peu des coups de pied au cul, des cadavres suppliciés, des atomes suspendus au-dessus de nos têtes. Alors, on a inventé les biens de consommation, les gadgets, les amuse-gueule, les drug-stores et les palladium, le jerk et les autoroutes, les filles à poil - à épingler, pas à toucher -, la télévision et le tiercé, l'optimisme à tout-va et la politique des revenus, la révolution immobile et les vacances presque à l'oeil, les croisières au pays des Baloubas, le whisky au petit-déjeuner, le LSD, l'érotisme sous cellophane, le streap-tease métaphysique, le curé en blue-jean, la bonne soeur en minijupe, le nouveau roman, le cinéma vérité, le transistor dans le soutien-gorge, le tigre dans la braguette, la civilisation atlantique, le style yé-yé, les casernes de Sarcelles, les maisons-clé-en-main, l'histoire en pilules, les conciles inconciliables, l'éducation sexuelle et les référendums. Une gigantesque mayonnaise, un puzzle indéchiffrable pour une intelligence moyenne, une mise en condition sans défaut, bref une aliénation probablement irréversible. Jusqu'au massacre final. Des foules idiotes roulent pare-chocs contre pare-chocs, sans savoir où elles vont, mais elles y vont, trimbalant leur fatigue et leurs complexes, en giflant de temps en temps leur progéniture abrutie. Allant du Nord au Sud et du Sud au Nord à la poursuite de quelque chose de vague, d'un très lointain souvenir, d'une très ancienne sensation, la sensation qu'autrefois, elles devaient avoir une conscience... La boucle est bouclée.
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Voilà de quoi, (depuis l'inénarrable Valéry GISCARD d'ESTAING qui pour se faire élire a su flatter ce que dénonce REY, suivi par un homme plus préoccupé de son nombril et du nom qu'il laisserait dans l'histoire que d'élever la condition de ses compatriotes au-dessus de la médiocrité des désirs et des appétits, suivi encore d'un Président que l'on a honni, dénigré, vilipendé mais qui -maladroitement sans doute - a cherché à rendre les Français responsables de leur vie, jusqu'à François HOLLANDE enfin, empêtré dans ses mensonges, ses intenables promesses et ses contradictions) est faite la politique. De cette société-là, de ces responsables politiques-là, de ces médias-là, de ces marchands-là, nombre de Français ne veulent plus. Ils ne savent pas très bien formuler ce qu'au fond d'eux-mêmes ils cherchent, et aucun de ceux qui causent dans les étranges lucarnes, dans les baveux payants ou gratuits, dans les spectacles complaisants, ne cherche à les aider : ils ont besoin de l'aliénation de leur clientèle pour assurer leur pitance, et ils le font avec une âpreté et une inconscience qui frise la folie suicidaire.
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Nombre de mes lecteurs et moi-même pensons que ces armes du pouvoir n'ont aucun impact profond sur leur semblable, en tout cas aucun autre impact que celui de les enfoncer dans leur solitude et dans leur aliénation. Il est possible de changer - petitement certes- ce qui relève de notre volonté, de notre sensibilité, de notre intelligence, dans l'ici et maintenant. Il suffit de le désirer et d'agir. La sortie du bourbier se fera par le haut, et non par le bas !
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dimanche 15 juillet 2012

Une méthode pour résister

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Des amis et des correspondants me demandent comment il convient de résister à ce climat de décadence qui plane sur l'ensemble des pays dits évolués ou civilisés, et plus particulièrement sur notre patrie dans son actuel contexte politique. En rejeter la cause exclusivement sur le socialisme et ses représentants est probablement injuste. L'un et les autres ne sont que les incarnations d'un mal profond qui nous ronge depuis que nous avons résolument rejeté "ces lois que les dieux ont gravé dans le coeurs des hommes" (SOPHOCLE).
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Je propose donc à ceux de mes lecteurs qui partagent ce désir, de devenir membres actifs de ce Blog et par conséquent de contribuer régulièrement par des billets (et non plus seulement par des commentaires) à une réflexion susceptible de changer, oh ! bien modestement, les choses. Je proposerai, dès leur réponse, une charte d'adhésion qui impliquera l'engagement de respecter certaines règles de courtoisie, de vérification des sources, et de respect de ses adversaires politiques le cas échéant.
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Et comme j'ai la conviction que l'entrée en résistance consiste en premier lieu à investir les lieux qui se prétendent culturels, je vous inviterai à signaler dans vos billets, comme moi je le ferai aussi, les lectures, les lieux, les rencontres où cet esprit de résistance pourra se développer, se propager et commencer à porter son fruit. C'est en continuant de lire les conférences de Gustave THIBON, que m'est venue cette idée. Oyez plutôt ce que dit ce penseur, sans doute l'un des plus incisifs de la fin du siècle dernier et des plus volontairement méconnus des cultureux contemporains, et pour cause :
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"Nous devons prendre conscience que tous, tels que nous sommes, nous avons une petite zone qui dépend de nous et où notre effort doit porter des fruits. Tous, nous pouvons, dans une plus ou moins large mesure, contribuer à recréer ces îlots de santé. Il ne nous appartient pas de forger la fédération européenne ou mondiale, mais nous pouvons commencer à nous fédérer par la base. Il est essentiel de recréer ces petits groupes humains de base sans lesquels les meilleures réformes politiques n'ont aucune efficacité. Si les cellules périphériques ne reprennent pas leur vitalité, l'Etat quelle que soit sa politique ne pourra rien faire. [...] Au fond, le rôle de l'Etat est à la fois très humble et très précieux : il consiste à ordonner, à harmoniser l'activité des cellules sociales de base qui, dans leur domaine propre, se suffisent déjà à elle-mêmes."
(In Gustave THIBON, Les hommes de l'Eternel, Conférence VI, parue aussi dans Économies  et Humanisme, Ecullly, 1944.)
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Et comme le mouvement se prouve en marchant, je vous invite dès à présent à acheter, de toute urgence, ce livre en tous points remarquables. Et puis, si ce Blog collectif prend jour, nous essaierons de voir comment ces petites cellules sociales, faites d'hommes interdépendants et non point ressemblants, pourraient à leur juste mesure, sans faire de bruit, sans claironner, transformer là où elles se sont constituées l'atmosphère toxique qui nous étouffe, celle d'un immeuble, celle d'un petit bout de quartier, d'une petite entreprise, d'un simple bureau même. Pas d'association, pas d'usine à gaz, pas d'encartement : une règle de vie et de comportement humaine, tout simplement, ouverte, saine et témoignante.
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samedi 14 juillet 2012

La vérité vous rendra libres

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Voilà pour moi un sujet d'étonnement qui dure depuis des années. Pourquoi les médias, pourquoi nombre d'associations, de partis politiques, de sociétés de pensée au rang desquels il faut placer certaines obédiences maçonniques, pourquoi le monde politique français - depuis des décennies, en fait depuis l'avènement de la République - combattent-ils si violemment le christianisme ? Ils le font d'une manière sournoise, détournée, mensongère, en s'attaquant, avec raison, non point au message lui-même, ni même à ceux, multitude immense, silencieuse, priante, qui sont de vrais disciples. Non, ils attaquent, avec raison d'ailleurs, mais sans contextualiser, sans relativiser, sans mettre en arrière-plan cette humble foule de fidèles, les dérives de ce qu'ils appellent "l'Église" : pédophilie, ostentation de certains prélats du Vatican, mouvements de fonds louches à l'Institut pour les oeuvres de religion, raideur inhumaine de certaines condamnations morales, théologiques et même politiques. Tout cela est vrai. Et toute conscience droite doit le reconnaître.
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Mais tous ces contempteurs que savent-ils de la souffrance qu'éprouvent les disciples de Jésus, les attachés du fond du coeur à cette Église du Christ (dont je souligne que, réalité invisible et mystique, elle a des frontières qui ne se confondent pas avec celles de l'Église catholique) ? Leur arrivent-ils seulement d'évoquer les dizaines de martyrs chrétiens qui sont tués (quelquefois dans des conditions épouvantables, tel ce jeune tunisien converti, à qui des fous ont coupé la tête, lui vivant), torturés, emprisonnés, TOUS LES JOURS ? Ils s'en foutent, s'en contre-foutent, s'en battent les fesses avec une patte de langouste, pour reprendre une expression qui dit bien ce qu'elle veut dire.
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Ne parlons pas de cet imbécile (au sens de BERNANOS) d'ONFRAY et de ses amis qui se font gloire de démolir le monothéisme, et semblent vouloir revenir à l'idolâtrie antique (cf. polémique du Point).
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Alors pourquoi ? Je crois en avoir découvert la raison profonde et l'explication m'est venue depuis que je me suis attaché à dénoncer les massacres commis par la Révolution française sur ses prétendus enfants ("Allons enfants de la patrie...). C'est que le disciple de Jésus ne craint pas ceux qui tuent les corps mais ne peuvent tuer l'âme (texte de l'Evangile de ce jour). Ils craignent bien davantage ceux qui peuvent tuer les deux. Et il leur paraît évident que toutes les forces de désagrégation morale, sociale ou politique contribuent à tuer l'âme. Il en résulte, et je l'affirme avec force, que le seul homme au monde qui soit LIBRE est celui qui fait passer la vérité avant son propre intérêt et ne craint ni la mort, ni les moqueries, ni les persécutions. Oui, chers lecteurs dont certains partagent cet attachement au Verbe de Dieu, seul le chrétien est libre, car "La vérité nous rend libres".
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Vérité ? Mais il n'y a pas de vérité diront les imbéciles (toujours au sens de BERNANOS), affirmant ainsi qu'il en est au moins une, l'absence de vérité, et détruisant par là-même la valeur de leur argumentation. Il n'y a pas de vérité diront les imbéciles, sauf qu'ils ne cessent de choisir telle ou telle solution politique ou économique, donnant ainsi la preuve qu'ils exercent un jugement et qu'il n'est pas de jugement possible sans évaluation de la vérité.
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La vérité nous rendra libres. Je vous dirai demain comment je vois la possibilité d'organiser une résistance contre les atteintes à la vérité, tout en restant dans la charité, car amour et vérité se rencontrent. D'ores et déjà, ne comptez pas sur moi pour diffuser les ragots qui circulent sur les réseaux sociaux contre François HOLLANDE ou les membres de son gouvernement. Je laisse à ces derniers triste privilège de les avoir colporter contre le Président SARKOZY que nous ne serons pas long à regretter.

vendredi 13 juillet 2012

La loi et la conscience ou la République totalitaire

Dans l'optique de mon précédent billet, je continue d'illustrer l'esprit qui anime nos actuels gouvernants.
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12 septembre 1793.
Un certain GALLET écrit une lettre au citoyen LAPLANCHE, dépêché à ORLEANS par la Convention Nationale pour y pratiquer l'épuration et notamment arrêter les prêtres non jureurs et tous les fidèles qui les servent. GALLET est sans doute un lâche, et il ne dénonce pas vraiment les demoiselles BARBERON dont il est le locataire et qui hébergent en secret le Père PLOQUIN, ainsi que le jeune BIMBENET de la ROCHE. Non ! Il demande simplement à la municipalité le droit de résilier son bail, arguant dans sa lettre que ses logeuses sont "soupçonnées de loger des gens suspects" et qu'il se pourrait que cette situation "compromît en cela [sa] responsabilité".
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La lettre à peine lue et reçue, on envoie (une heure plus tard !) le commissaire d'ORLEANS, un nommé DUTET, chez les demoiselles BARBERON. pour perquisitionner leur domicile. Passons sur les détails des vexations imposées à ces deux femmes. On ne trouve pas d'abord les suspects, bien cachés ; on se contente d'emprisonner les logeuses. Ne les voyant pas revenir, l'abbé PLOQUIN et le jeune BIMBENET de la ROCHE sortent de leur cachette. Hélas, "ils" veillaient . On met sur eux la main.
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Le 14 septembre, on interroge les suspects :
On questionne l'abbé PLOQUIN. A-t-il prêté le serment de la constitution civile du clergé ?
-J'ai refusé de le prêter, parce qu'il répugnait à ma conscience.
-N'avez-vous pas excité d'autres prêtres à le refuser ?
-Je n'ai jamais excité qui que ce soit à refuser ce serment, mais, lorsque j'étais consulté, je faisais part de mon opinion.

On lui reproche, sans fondements, ses écrits contre la constitution civile du clergé. Il proteste :

-Pour les opinions religieuses, nul ne peut être gêné.

On envoie les prisonniers à PARIS. C'est que le cas est grave, n'est-ce pas ? FOUQUIER-TINVILLE l'ignoble se chargera de le régler de la manière que l'on sait.
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Le 26 novembre 1793, on arrête un jésuite orléanais, le Père DERVILLE, place du Martroi. Il a été dénoncé par le citoyen DUHAMEL car il avait un air suspect (en effet, pour échapper à la police, le Père DERVILLE qui a poursuivi son ministère clandestins au milieu des plus grands dangers est déguisé en femme) mais sa voix n'a rien de féminin. C'est finalement le citoyen BONNEAU, un notaire devenu jacobin, qui interroge celle qui se présente comme madame Angélique. Le Père DERVILLE ne cache ni son nom, ni sa qualité, ni son âge et avoue sa fidélité à l'Eglise catholique. Les objets du culte qu'il porte sur lui achève de le désigner à la vindicte de ces fous.
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On l'interroge :
-Pourquoi as-tu désobéi à la loi qui défendait d'exercer les fonctions du culte, telles que confesser sans avoir prêté le serment ?
-Les lois doivent être subordonnées à la religion, et la religion catholique ayant Dieu pour auteur, ce n'est point à elle à ployer sous les lois, mais les lois à ployer sous elles.
-Mais il n'est question de faire ployer la religion sous les lois, mais de l'obéissance que tu dois aux lois.

Écoutez bien chers lecteurs la réponse admirable et juste de cet homme :

-Je ne veux pas me soumettre aux lois dans les points où elles contrarient la religion catholique.

Le Père fut décapité peu après sa condamnation.
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Les quatre premiers accusés étaient convaincus de conspiration contre la République et furent condamnés à mort à Paris, le 25 février 1794. BIMBENET de la ROCHE - qui avait reconnu avoir servi dans l'armée des Princes émigrés mais était revenu dans sa patrie - avait aux alentours de 23 ans. Tous les quatre furent guillotinés quelques heures après leur condamnation. BIMBENET de la ROCHE chantait le Laudate dominum en montant le degrés de l'échafaud  "et ce fut le couperet [qui] en tombant arrêta son chant". (Récit de Jacques HERISSAY dans son Hors-la-loi sous la terreur, Éditions de Fontenelle, Abbaye de Saint-Wandrille, 1946).

Pourquoi ce récit ? Deux raisons.

(a) La première est tirée des paroles de Jésus que l'Église propose aujourd'hui à la méditation de ses fidèles : "Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi ; il y aura là un témoignage pour eux eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous" (Matthieu 10, 8-10). Les réponses des abbés PLOQUIN et DERVILLE sont admirables de sérénité, de justesse, de grandeur humaine et de courage. Elles concrétisent ces paroles de Jésus.

(b) La seconde est tout aussi actuelle. En proposant une loi autorisant le mariage homosexuel et l'adoption homoparentale, le gouvernement de monsieur AYRAULT se comporte, mutatis mutandis, comme les interrogateurs des abbés PLOQUIN ou DERVILLE. Ils entendent faire ployer les hommes sous le joug de lois dépourvus de tout fondement moral ou anthropologique (sans parler des fondements religieux). Notez que le Père DERVILLE ne méconnaît pas la nécessité d'obéir aux lois, tant que celles-ci ne violent pas sa conscience. Ce qui n'est point de l'incivisme.

Nous sommes très exactement dans ce cas de figure. Héritier de la Révolution, le Parti Socialiste n'a changé que les formes extérieures du totalitarisme ; il n'en a nullement gommé le fond. Désolé, monsieur AYRAULT, désolé, monsieur HOLLANDE, mais il y a de vos compatriotes qui préfèrent obéir à Dieu qu'aux hommes. Et nous attendons de nos évêques qu'ils le leur rappellent. Pour l'instant, leur silence est assourdissant.

jeudi 12 juillet 2012

Vous avez dit République fraternelle ?

Je vous en supplie, ayez la patience de lire jusqu'au bout
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Martin ALLEAUME, 17 ans, garçon coiffeur ;
Pierre BALIN, 18 ans, racheveur de boucles ;
Julie BOISSARD, 18 ans, journalière ;
Raymond BORIE, 19 ans, cordonnier ;
Marie-Nicole BOUCHARD, 18 ans, domestique ;
Armand BOURREE-CORBERON, 16 ans ;
François-Ursule BURKE, 17 ans, matelot ;
Charles-Alexis de CHARMES, 19 ans, ancien aide de camp de DAMPIERRE ;
André CHENIER, 31 ans, poète (je donne son nom par exception) ;
Joseph-Hippolyte CURTON,18 ans, domestique ;
Jean DELVAUX, 19 ans, brocanteur ;
Louis-François DESREAULX, 18 ans ;
Eleonore de FAUDOAS, 18 ans ;
Agathe GREAUDE, 19 ans, couturière ;
Hugues HOT, 17 ans, ex-jockey ;
Paul LAUNAY, 18 ans, volontaire ;
Jean-Baptiste LEGUAIN, 18 ans, étudiant ;
Adélaïde LIENARD, 17 ans ;
Fortuné-Charles-Louis-François de MAILLE, 17 ans, ex-noble ;
Louis MENOU, 19 ans, sous-lieutenant de carabiniers ;
Joseph MEYNARD-MELLET, 17 ans ;
Charles-Pierre NEVEUX, 17 ans, charron ;
Julie-Agathe de SAINT-PRIEST, 17 ans, mariée ;
Louis de SAINT-AMARANTHE, 17 ans ;
Joseph VERINE, 16 ans ;
Charles VOILLEMIER, 18 ans.
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Vous qui fûtes condamnés à mort et décapités avant que vous n'eussiez atteint vos 20 ans, vous qui n'étiez pas tous nobles, tant s'en faut à voir les métiers que vous exerciez, vous serez présents dans mon coeur et ma mémoire en ce 14 juillet où une foule amnésique et un gouvernement inculte célébreront la fête dite nationale, en oubliant que leur République, soi-disant et prétendue fraternelle, est née tout entière dans le sang. S'il avait fallu que j'ajoute à cette liste, les noms des condamnés de moins de 25 ans, rares et chers lecteurs, vous auriez abandonné la lecture de ce martyrologe en raison de sa longueur et de sa monotonie. Oui, la populace parisienne se délectait à la vue des exécutions de ces compatriotes, condamnés à mort entre 26 prairial et le 9 thermidor de l'an 2, par le tribunal révolutionnaire de la Commune de Paris, et exécutés place de la Barrière du Trône. En ces jours sanglants, 1306 français périrent : 1109 hommes, 197 femmes. Parmi les hommes, il y avait 579 gens du peuple, 178 hommes d'épée, 136 nobles de robe, 108 gens d'église et 108 ex-nobles. Il y avait chez les femmes, 123 femmes du peuple, 51 ex-nobles, et 23 religieuses.
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La République qui a honoré l'abbé GREGOIRE d'une place au Panthéon, n'a pas daigné offrir à ces martyrs une sépulture digne de ce nom. Ils ont eu pour lot une fosse commune. En fait, il y a en deux ; elles furent creusées dans le jardin de Picpus. Les descendants de ces martyrs réparèrent autant qu'ils le purent cet outrage.
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Vous remarquerez que j'ai adjoint à cette liste le nom d'André CHENIER, qui avait plus de 20 ans ; un très grand poète, sans aucun doute, mais qui a payé de sa vie son aveuglement sur la vraie nature de la Révolution. Elle a dévoré ses enfants, et son héritière, l'actuelle République, continue de le faire. On comprend pourquoi tant de jeunes Français quitte cette ingrate patrie pour chercher air et liberté sous des cieux moins oppressifs. Tant que nous ne reconnaîtrons pas collectivement ces horreurs et que nous n'en ferons pas repentance, il n'y a aucune chance pour que la France se trouve réconciliée avec elle-même.
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Vous allez me dire : mais les jeunes victimes de Picpus, c'est une anecdote. Une anecdote ? Vraiment ? Alors je vais encore vous rafraîchir la mémoire. Le 12 janvier 1794, on fusillait à AVRILLE (Maine-et-Loire), 105 personnes, dont 20 avaient moins de 30 ans ; aucun d'eux n'était noble ou prêtre. Le 15 janvier 1794, toujours à AVRILLE, on fusillait 300 personnes dont 12 avaient moins de 30 ans (le plus jeune, François GESSARD avait 19 ans). Le 18 janvier 1794, on continuait en fusillant 250 personnes dont 80 femmes ; 27 des suppliciés avaient moins de 30 ans. Les plus jeunes, Pierre CHARBONNIER, laboureur, et Marie RIPEAU, avaient respectivement 18 et 19 ans. Les lundi 20 janvier, mardi 21 janvier et mercredi 22 janvier 1794, on fusilla encore plus de 500 personnes. La plus meurtrière des journées fut celle du lundi : 108 hommes et 300 femmes laissèrent leur vie entre les mains de ces monstres. Pendant ces jours terribles ont  donné leur vie : René BILLON, 16 ans,  tisserand, Jacques BREHERET, 18 ans, menuisier, François BRICHET, 16 ans, Louis CHARRIER, 16 ans, garçon métayer, François COUDRET, 19 ans, voiturier, Emmanuel DELAUNAY, 19 ans, laboureur, Charles DUTERTRE, 17 ans, Louis GALARD, 18 ans, Louis GASCHER, 17 ans, vigneron, Claude GASTINEAU, 17 ans, François GIFFARD, 18 ans, tisserand, Pierre GIRAULT, 17 ans, tisserand, Pierre GODINEAU, 17 ans, métayer, Pierre GOISET, 18 ans, vigneron, Antoine GRELLIER, 19 ans, tisserand, Pierre HAMELIN, 18 ans, laboureur, Jacques JAMIN, 18 ans, serger, Pierre LAHAYE, 16 ans, journalier, Jean LOYTIERE, 17 ans, journalier, Jacques MAUNOIR, 18 ans, marchand, Jacques ONILLON, 18 ans, métayer, Nicolas POINTET, 18 ans laboureur, François POISSONNEAU, 18 ans, laboureur, François RUBION, 17 ans, voiturier, Perrine BROUARD, 18 ans, Anne EMERIAU, 19 ans, Marie POIDEVIN, 18 ans, René CESBRON, 17 ans, serger,  Pierre COICAULT, 17 ans, cordonnier, Henri COUDRAIN 16 ans, Etienne FRENOT, 17 ans, sabotier, Simon MARTIN, 17 ans, Louis PICHONNIERE, 16 ans (fusillé avec son frère âgé de 24 ans), Pierre POREAU, 17 ans, cordonnier, François QUETINEAU, 14 ans et demi, André BAUCHET, 16 ans, pêcheur, Jean DALIGON, 16 ans, laboureur, François LAMBERT, 18 ans, laboureur, Pierre MOREAU, 15 ans, tisserand,  Nicolas RIDEAU, 18 ans, journalier. La dernière fusillade eut lieu le mercredi 16 avril 1794. Elle fit 198 victimes. On n'en compte aucune de moins de 20 ans.

Quel est donc le crime de ces enfants ? De n'avoir point voulu renier leur foi ! On les a déclarés martyrs, et ce n'est que justice.
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Et qu'on ne vienne pas me casser les pieds en disant que ce sont là des choses passées, anciennes, vermoulues, que sais-je. Mais VOLTAIRE, DIDEROT, et tous ces soi-disant philosophes dont les systèmes ont amené la Révolution et ses horreurs, ne sont-ce pas aussi des vieilles lunes ? Pourquoi parlerait-on des uns et non des autres ? Qui se soucie des tisserands, des laboureurs, des cordonniers, des sergers, des domestiques ? Ces gens étaient de basse extraction, n'est-ce pas ? Allons, passons-les par profit et perte, semble dire l'opinion publique. Mais pas VOLTAIRE qui a droit à des Boulevards et des Lycées. Guy MOQUET a donné son nom à une station de métro (et ce n'est que justice, pour ce jeune admirable), pour avoir été exécuté par les Allemands alors  qu'il avait 17 ans. Mais ceux que je viens de citer, n'avaient-ils point aussi autour de 17 ans ?

Profit et perte ? Il n'en est pas question. Je resterai fidèle à ma méthode : des faits, rien que des faits, situés dans leur contexte (la Commune de Paris pour la première liste ; les Guerres de Vendée pour la seconde), et l'évocation des penseurs dont les idées ont conduit à ces crimes.

Oui, tandis que la foule parisienne acclamera les soldats qui défilent, peut-être aussi monsieur HOLLANDE, moi je penserai à vous, chers enfants trop tôt disparus par la folie des hommes, et je demanderai à Dieu, qu'en son Paradis, il vous comble de son amour et de sa présence