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mercredi 3 octobre 2018

Mercredi 03 octobre 2018. On entend chanter la Rossignol ! Méfiance ! Méfiance !

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Madame Laurence ROSSIGNOL est un drôle d’oiseau. Elle est devenue socialiste après un passage assez long par la Ligue communiste révolutionnaire. Il semble qu’elle soit aujourd’hui quelque chose comme sénateur (très) socialiste, et que l’une de ses activités principales en tant qu’ancien ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes consiste à rendre inopérant et inutile l’existence du susdit ministère. Il n’y a pas de meilleur moyen de défendre les enfants, en effet, que de les empêcher de venir au monde, et, de son passage éclair à ce ministère, elle aura arraché la possibilité d’élargir le délit d’entrave à l’avortement. Mais cette activité hautement humanitaire ne lui suffit pas, et bien qu’elle ait déserté les ors miteux des palais de la gueuse, toujours dans l’optique de défendre la famille, l’enfance et les femmes, elle entend supprimer la clause de conscience pour les médecins qui ne veulent point procéder à des avortements.
En vérité, je vois très bien madame ROSSIGNOL endosser le rôle qu’en son temps le célèbre MILGRAM fit jouer à "l’expérimentateur", celui qui dans son expérience jouait le rôle de représentant de l’autorité. Il convient de rappeler ici en quoi consistait cette expérience. Des acteurs (appelés élèves) devaient apprendre des listes de mots et les réciter par cœur à des "enseignants", des enseignants (il s’agissait de volontaires, payés, qui croyaient participer à une expérience sur la mémorisation et le rôle de la décharge électrique) devaient en effet les leur faire répéter et leur envoyer à chaque erreur une décharge électrique de plus en plus forte. Bien entendu, l’expérimentateur était dans la confidence, et les "élèves" devaient simuler des réactions de plus en plus violentes au fur et à mesure que les décharges électriques étaient accrues. L’"expérimentateur" demandait aux "enseignants" avec insistance et autorité d’augmenter à chaque erreur la force de la décharge électrique (jusqu’à 450 volts) et les "élèves" simulaient des douleurs de plus en plus fortes, au point d’émettre des cris et de supplier qu’on arrêtât l’expérience. Il s’est trouvé 65 % des "enseignants" pour obéir à l’ordre de l’"expérimentateur"et envoyer à plusieurs reprises des décharges de 450 volts aux "élèves".
L’expérience avait pour but de prouver que les êtres humains ont tendance à obéir à des ordres, fussent-ils immoraux, s’ils leur sont demandés, même sans contrainte.
Le bel oiseau croit donc qu’il est possible de menacer des foudres de la loi ceux des médecins qui sont rebelles à ses ordres, en l’occurrence tuer un fœtus, et d'interdire qu’ils opposent de la résistance. Il est intéressant de noter, pour autant qu’il m’en souvienne, que ce fut un pasteur qui, en entendant la "plainte" d’un élèves, refusa de poursuivre l’expérience au nom des exigences de sa conscience et que ce fut le seul à les invoquer, même si d’autres "enseignants" arrêtèrent leur participation avant d’atteindre les 450 volts fatidiques.
Nous y sommes. Madame ROSSIGNOL croit qu’il est possible d’obliger des médecins à pratiquer des avortements, c’est-à-dire à les faire condamner par la loi, non pas à les pratiquer je pense, mais à payer d’une lourde amende leur refus.
Sombre et sinistre oiseau, madame ROSSIGNOL. Et il est bien dommage que son patronyme si beau soit associé à une initiative mortifère. Un jour pourrait bien venir où, après avoir détruit l’héritage d’HIPPOCRATE, on le remplace par celui des eugénistes nazis qui trouvèrent des complices complaisants pour éliminer environ 20 000 handicapés lesquels faisaient vraiment désordre dans le beau théâtre des vrais aryens. Il se trouva alors un évêque, Mgr Von GALLEN, pour s'opposer avec une incroyable audace à ces horreurs qui cessèrent après son intervention.
Quand on entend chanter la ROSSIGNOL, il convient de se méfier. Car ce n’est pas, comme dans la belle chanson, la brume qui monte du sol quand il module ses trilles, ce sont les vapeurs de soufre qui s’échappent du cratère homicide que l’on appelle le progrès.


mercredi 20 septembre 2017

20 septembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Idéologie et liberté !

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Nous en avons presque fini avec TODOROV.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"De surcroît, les exigences idéologiques deviennent rapidement un pur prétexte à la répression dont l’unique objectif est de maintenir au pouvoir le groupe qui a réussi à s’en emparer. De sorte que ces États qui se réclamaient de la science s’emploient en pratique à écarter tout esprit libre de recherche, toute argumentation se fondant sur la seule raison ; dans leur existence effective, ils se rapprochent curieusement des régimes autoritaires s’inspirant du conservatisme, et cultivent la même vertu de soumission. Dans un État totalitaire, on cherche à contrôler la conformité à la morale plutôt que de laisser chacun s’en occuper ; en ce sens, on peut dire que la morale y est remplacée par la politique. Au lieu de se poser des questions, l’individu soit se soumettre à la règle du groupe entier."
In
Tzvetan TODOROV.
Le Jardin imparfait. La pensée humaniste en France. (Collection dirigée par Jean-Paul ENTHOVEN ; Biblio essais ; Le Livre de Poche N°4297.)
[Le Livre de Poche], Grasset, Paris, 2006. (Page 232.)
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2. COMMENTAIRES.
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Nous avons vu comment le socialisme à la sauce hollandaise a condamné la liberté de conscience des maires, fermé la bouche à ceux qui entendent dissuader une femme de mettre fin à la vie de l’enfant qu’elle porte en son sein, donner aux juges le liberté de déterminer si une critique, fût-elle argumentée, de l’islam, de l’homosexualité, du sionisme tombe ou non sous le coup de la loi. Sous prétexte que reconnaître qu’il existe des différences phénotypiques évidentes entre un africain, un tibétain, un chinois et un suédois, il est impossible de dire qu’il existe des races humaines. Tout simplement parce que les imbéciles qui pullulent dans le monde de la bien-pensance estiment qu’employer le mot race implique nécessairement qu’on introduise dans ce concept une idée de hiérarchie, ce qui bien entendu est faux, et inepte. Car les mêmes qui ne voient aucune différence de nature entre un animal et un être humain ne répugnent pas à parler de races de chevaux ou de chats ou de chiens. Je vous donne dans la section 3 de la revue de presse insolente un lien qui en dit long sur ce que les grands penseurs de la gauche radicale-cassoulet du début du XXe siècle disaient, eux, des races inférieures et supérieures.
Bref, ces gens qui détiennent un pouvoir qu’ils ont usurpé par le mensonge, la manipulation, et l’inculture entendent nous dicter par le moyen de la loi ce qui est bien et mal. Mais ce même pouvoir ne s’offusque nullement de l’existence du CRAN… (Conseil Représentatif des Associations Noires de France ; vous avez bien lu Associations  NOIRES. Qui est raciste ?).
Eh bien je vous qu’il est plus important d’obéir à Dieu qu’aux hommes !
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Très belle critique d’un livre qui demande à être lu, sans tarder !

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Les racistes ne sont pas ceux qu’on croit.

Les discours des Jaurès, Blum, Hugo ou Herriot (sans compter Jules Ferry) tomberaient aujourd’hui sous le coup de la loi, et ce serait justice, car ce sont effectivement des discours racistes.

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Lui, il ne rougit pas du Christ devant les hommes.

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De l’importance du discernement !

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Monsieur JUNCKER ne tient aucun compte des peuples. 

Il convient que les peuples ne tiennent aucun compte de lui.

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Nommer les choses par leur nom !

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Drôle de justice !


dimanche 4 juin 2017

04 juin 2017. Nouvelles de la Résistance. La République a besoin de saints, mais elle s'en fout !


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Chers amis, en ce dimanche de Pentecôte, je clos le cycle consacré à Georges BERNANOS. Je dois dire que j’ai eu peu d’écho, en fait aucun, à ma demande de création d’un Blog collectif où chaque membre pourrait exprimer son point de vue à la condition expresse d’argumenter en raison et de garder un ton courtois. Bon, je vais attendre un peu ! L’Esprit souffle quand il veut et où il veut. Je dédie ce billet à Etienne. Il se reconnaîtra.

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"L’univers matérialiste n’a que faire de l’homme moral. L’univers des déistes à la manière de l’auteur de La Henriade, n’a pas de place pour les saints ― le saint serait aussi déplacé dans ce monde qu’un poète lyrique à l’école des Ponts et Chaussées… Comment pourrais-je vous parler des saints et de la sainteté sans vous rappeler ― ou vous apprendre ― que pour nous chrétiens, Dieu est Amour, la Création est un acte d’amour. Je ne parle pas ainsi dans l’intention de vous convaincre, je vous demande seulement d’entendre avec moi, un moment, dans une telle hypothèse, autrement nous nous parlerions en vain. Oh ! je sais, je sais, vous pensez aussitôt à gémissement de la douleur universelle qui ne se tait ni jour ni nuit. Vous vous rappelez les vers de BAUDELAIRE :

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité.

Mais réfléchissez bien que c’est au nom de la Raison et de la Justice que vous dénoncez la cruauté de ce monde, et dans cette voie, une longue expérience prouve que vous ne pouvez aller qu’à la révolte, au désespoir ou à la négation absolue. Il est vrai que nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nous lui ressemblons même beaucoup plus que nous n’osons le penser. « Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » ― comme une telle expression est mystérieuse et redoutable, mais comme elle a perdu peu à peu sa signification par l’usage, ainsi qu’une pièce de monnaie son effigie, pour avoir passé dans trop de main ! […]." (Pages 220-221.)
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2. COMMENTAIRES.
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Vous comprenez pourquoi il y a une incompatibilité absolue entre les « valeurs » qu’entend promouvoir cette civilisation et la perspective de bonheur qui est ouverte à tous ceux qui accueillent la Parole de Dieu. Vous comprenez, (ce que des agnostiques, des athées, des ennemis déclarés des chrétiens ne peuvent comprendre), que nous sommes faits pour la vie éternelle et que pour y accéder, il suffit d’ouvrir les yeux et de tendre l’oreille. Vous comprenez le « non possumus » de ces millions de Français qui ne peuvent adhérer à l’iniquité élevée à la dignité d’une déesse de la République et qui s’appelle le Droit Positif. Ce foutu droit nous enjoint d’obéir à ce que notre conscience réprouve. Les chrétiens (tant pis pour les évêques qui ne veulent pas trop se mouiller les mains, à de rares et magnifiques exceptions près) s’opposeront toujours aux lois sur l’avortement, sur la PMA, sur la GPA, sur le mariage homosexuel (qui, par un effet du droit européen ouvre le droit à la reconnaissance que ces couples forment de constituer une famille éligible pour avoir des enfants), sur l’euthanasie.
Ils peuvent nous classer dans les fichiers S ; c’est fait pour les principaux responsables de La Manif Pour Tous et pour tous les dissidents dont notre cher David Van Hemelryck, et sans doute votre serviteur. Je m’en fous, mais alors je m’en contrefous. J’obéis, tout naturellement et sans aucune réserve aux lois positives de mon pays, quand elles n’engagent pas les notions de bien ou de mal, mais JAMAIS je ne consentirai à appeler bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Un réchauffement climatique particulier : Bernard ANTHONY allume madame SCHIAPPA.

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Alerte !


Les médias aux ordres s'en contre-tamponnent le coquillard avec une patte de langouste !
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Non à cette Europe qui méprise celles des nations qui ne veulent pas s'en laisser compter !

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Je persiste à croire que l’analyse de C. GUILLUY est toujours valable.

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Voilà pourquoi je voterai au premier tour pour un candidat du PCD. Pour le second, je verrai…

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Remettre la famille au cœur de la cité et de la politique.

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Tout le monde, il marche ! Humour.
Pendant que nombre de citoyens piétinent (Photo du site du Salon beige).


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vendredi 1 août 2014

1er août 2014. Nouvelles de la Résistance : décisions curieuses mais prévisibles de nos "élites"

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Juste avant de partir en vacances pour quelques jours, je vous rappelle la devise qui doit unir tous les amoureux du bien, du beau et du vrai.

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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Autant vous le dire tout de suite, je déteste Jean-Jacques ROUSSEAU, l'inventeur d'une "Volonté générale" qui ne satisfait aucun de ceux qui sont censés avoir participé à son élaboration. Mais il dit parfois des choses dont il faut bien convenir qu'elles sont justes, dont celles-ci, par exemple :

"La voix de la conscience [synonyme de la morale pour ROUSSEAU] ne peut pas plus être étouffée dans le cœur humain que celle de la raison dans l’entendement, et l’insensibilité morale est tout aussi peu naturelle que la folie." 

"Il n’y a jamais dans ces corps collectifs nul amour désintéressé pour la justice : la nature ne l’a gravé que dans le cœur des individus." 

In
Jean-Jacques ROUSSEAU, VOLUME 11. Rousseau, juge de Jean-Jacques. Dialogues. Collection complète des oeuvres, Genève, 1780-1789, vol. 11, in-4°.
Edition en ligne www.rousseauonline.ch, version du 7 octobre 2012.
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2. Commentaires.
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Il ne sert à rien de se lamenter sur la perte du sens civique et la dissolution du lien social. Un Marcel GAUCHET a parfaitement décrit dans son Désenchantement du monde le processus qui nous conduit là où nous en sommes, et qui est étroitement lié au développement de ce que les faux-nez de la tyrannie appelle "démocratie". GAUCHET montre que la "démocratie" conduit d'une part au développement du pouvoir d'un état fondamentalement anonyme et tyrannique, et d'autre part, à un nécessaire individualisme, puisque le vivre ensemble n'est plus réglé sur l'occupation du monde par les dieux et pas davantage par le vrai Dieu, dont la passion, l'abaissement et le retrait - avant la montée glorifiante vers le Père - nous laisse totalement libre de nos actes.
ROUSSEAU, que je viens de vous citer, illustre bien ce processus. C'est la voix de la conscience personnelle qui aujourd'hui nous conduit au bien, ce n'est plus la loi ; la société est ce gros animal social, un animal incapable de faire quoi que ce soit par amour de la justice, et il revient à l'Etat d'en huiler les articulations. ROUSSEAU a contribué à l'avènement de cette société, déjà dénoncée il y a des siècles par PLATON ! 
Il en résulte que si, par voie démocratique, nous élisons des gouvernants immoraux, nous n'avons d'autres moyens d'agir dans le champ politique que la pratique de la vertu personnelle, l'union de ceux qui partagent la même vision de l'homme, la résistance des personnes ou des groupes, la désobéissance civile, voire la violence, quand ces mauvais élus offensent la justice et le droit.
Nous vivons de tels moments. Le CSA a tancé la chaîne de télévision qui a eu le courage de montrer la joie des parents d'enfants trisomiques, au motif que le sujet n'était pas d'intérêt général. Le Conseil constitutionnel a rejeté le recours d'environ 80 parlementaires qui voulaient qu'on maintînt la notion de "détresse" dans l'accès à l'avortement. Ce n'est pas la première fois que ce Conseil donne des avis de ce genre : rappelez-vous : le Mariage pour tous ou le rejet du recours des Maires contre la loi qui l'autorise. Cette instance ne représente plus rien d'autre qu'une chambre d'enregistrement. Il se pourrait toutefois qu'elle fît l'objet prochain de quelques bouleversements, dans l'histoire du rejet de la Pétition citoyenne et le coup de théâtre spectaculaire qui intime au CESE l'ordre de l'examiner.
Nous sommes entrés dans une décadence morale que l'actuelle majorité précipite. Parviendrons-nous à l'enrayer ? Cela ne dépend que de nous.
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3. Informations diverses.
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Communiqué du CSA après la diffusion de l'émission sur les petits trisomiques.

"Dans le cadre de ses missions, le Conseil ne cesse de soutenir toute initiative de lutte contre la stigmatisation des personnes handicapées et en faveur de leur insertion dans la société. A ce titre, il encourage l’ensemble des médias audiovisuels à donner une image profondément respectueuse de leur vie personnelle et sociale.
Concernant le message « Chère future maman » qui met l’accent sur les possibilités offertes grâce à leur entourage aux enfants trisomiques, le Conseil n’a nullement entendu gêner sa diffusion à la télévision. En effet, il a constaté que ce message présente un point de vue positif sur la vie des jeunes trisomiques et encourage la société à œuvrer à leur insertion et à leur épanouissement. 
Cependant, le Conseil a observé au vu de plaintes que, pour autant, ce message était susceptible de troubler en conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents. Il s’est borné à en tirer la conséquence que son insertion au sein d’écrans publicitaires était inappropriée."
Bref, le CSA respecte les personnes trisomiques, mais il ne faut pas pousser, si on peut continuer à les exterminer avant leur naissance, sans se poser trop de question...
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Publicités du Métro parisien (via le Salon beige).



Elle est pas belle la France ?
C'est-y-pas beau la démocratie du fric ?
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Décision du Conseil constitutionnel.

"Le Conseil constitutionnel a relevé que les dispositions existantes réservent à la femme enceinte le soin d'apprécier seule si elle se trouve dans une situation de détresse. La modification de leur rédaction pour prévoir que la femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption à un médecin ne méconnaît aucune exigence constitutionnelle. L'article 24 de la loi déférée est conforme à la Constitution."


lundi 15 juillet 2013

Nouvelles de la Résistance : Qu'est-ce qu'une loi inique ?

A méditer par nos Princes, cette définition d'une loi inique, donnée par saint THOMAS d'Aquin, reprise du site 

http://www.itinerarium.fr  

lequel indique que l'Université de HARVARD l'a mise en évidence dans son aula, avec d'autres citations. 

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"La loi humaine a raison de loi en tant qu’elle est conforme à la raison droite ; à ce titre il est manifeste qu’elle découle de la loi éternelle. Mais dans la mesure où elle s’écarte de la raison, elle est déclarée une loi inique, et dès lors n’a plus raison de loi, elle est plutôt une violence."
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Contrairement à ce que j'ai dit hier, il m'est encore possible de publier un billet quotidien unique jusqu'à la fin de la semaine... Tant mieux. Mais ces billets seront plus courts.
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Il semble bien que Monsieur HOLLANDE ait été copieusement hué et sifflé lors de sa descente des Champs Elysées. Il semble bien aussi que la presse ait très peu parlé de ces marques d'opposition. En effet, la reprise est devant nous, tout va bien, et les impôts n'augmenteront qu'en tant que de besoin, comme du reste viennent de le faire l'électricité et les cigarettes.

mardi 28 mai 2013

Résistance

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Prenant le ton inspiré d'un chanoine sentencieux, monsieur HOLLANDE, Président de la République, déclare qu'il ne faut pas utiliser le mot "Résistance" pour qualifier le profond mouvement de protestation contre la loi dite TAUBIRA qui secoue notre patrie. Il n'a strictement rien compris, et pour une raison qui lui échappe, et lui échappera à tout jamais, à moins d'une conversion du regard intérieur : il ne croit pas à l'esprit, à la vie de l'esprit, au sens de la vie, aux fins de la vie, à ces impalpables beautés qui installent l'homme à qui elles sont données, dans un univers qualitatif et non point quantitatif. Monsieur HOLLANDE est un matérialiste affirmé. Les protestataires sont des amoureux de l'esprit et des chercheurs de vérité. Les positions sont irréconciliables, à vues humaines. Mais le vent, le vent de l'Esprit, nul ne sait d'où il vient, et nul ne sait où il va. Il souffle, il se contente de souffler ; formons le vœux qu'il vienne effleurer les joues de monsieur HOLLANDE.
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C'est bien d'une résistance, absolument inespérée d'ailleurs, qu'il s'agit. N'importe quel homme sensé s'interrogerait. Quelle force motive ces centaines de milliers de Français pour les mettre sur le chemin de manifestations dignes, paisibles - quoi qu'en disent les médias à la botte - et résolues ? On peut y trouver, bien entendu, des motifs politiques d'opposition au socialisme. Mais c'est faire une erreur d'analyse complète que de n'y voir que cela. Il s'agit de bien autre chose ; il s'agit du sentiment qu'un combat essentiel se livre en faveur de la dignité humaine et du respect de la nature de l'homme. Et sur ce point, j'ai l'avantage d'avoir discuté avec d'autres manifestants pendant toutes les manifestations organisées par la Manif pour tous pour l'affirmer, ce que les journaleux n'ont point fait. Diantre, il leur fallait pondre du feuillet. Bien entendu, monsieur HOLLANDE ne voit point cet aspect de l'opposition à sa loi. La chose n'est pas illégitime pour qui  aspire au pouvoir et se croit appeler à l'exercer : monsieur HOLLANDE est dans la logique du pouvoir, le prendre, s'y maintenir et en jouir le plus longtemps possible. Il se peut même qu'il croit faire le bien de son pays... Et il est donc essentiel de lui faire, au moins provisoirement, le crédit de la bonne foi. Quant à lui faire celui de chercheur de vérité, il y a un pas qu'il n'est pas possible de franchir, car pour lui la vérité se résume à la question de PILATE : Quid est veritas ?
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Nul n'est tenu d'obéir à des lois qui violent la conscience. C'est bien le procès que l'on fit aux exécutants des ordres de HITLER. Ils disaient, en tuant, qu'ils obéissaient et n'avaient pas le moyen de faire autrement. Il aurait suffi que la moitié d'entre eux refusent d'exécuter ces œuvres de mort pour remettre en cause le pouvoir diabolique du tyran. Il y aura des maires, sans doute pas si nombreux qu'on le désirerait, pour refuser en conscience de marier des homosexuels. Il y aura des milliers de Français, aussi longtemps qu'il le faudra, pour dénoncer un coup de force fait à leur liberté. Nous entrons en résistance, en effet, car ce qui est en cause, au-delà de cette loi qui est anecdotique par rapport à l'essentiel, c'est la liberté. Nous n'avons pas à obéir, nous ne devons pas obéir à des lois iniques. Nous ne sommes pas des moutons, mais des personnes.
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Demain soir, muni cette fois-ci d'une couverture, je vais me joindre aux Veilleurs. Espoirs de notre patrie, ces jeunes sont admirables de patience, de bienveillance, de respect pour l'autre. Surtout, si vous en avez la possibilité, rejoignez-les.
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Je ferai tout à l'heure un autre billet sur un article légèrement ironique produit par monsieur Guillaume GAVEN sur le site de France Info. Il lui reste encore beaucoup de chose à apprendre, à monsieur Guillaume GAVEN... au nombre desquelles je placerai la modestie du propos et l'esprit de curiosité.

vendredi 13 juillet 2012

La loi et la conscience ou la République totalitaire

Dans l'optique de mon précédent billet, je continue d'illustrer l'esprit qui anime nos actuels gouvernants.
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12 septembre 1793.
Un certain GALLET écrit une lettre au citoyen LAPLANCHE, dépêché à ORLEANS par la Convention Nationale pour y pratiquer l'épuration et notamment arrêter les prêtres non jureurs et tous les fidèles qui les servent. GALLET est sans doute un lâche, et il ne dénonce pas vraiment les demoiselles BARBERON dont il est le locataire et qui hébergent en secret le Père PLOQUIN, ainsi que le jeune BIMBENET de la ROCHE. Non ! Il demande simplement à la municipalité le droit de résilier son bail, arguant dans sa lettre que ses logeuses sont "soupçonnées de loger des gens suspects" et qu'il se pourrait que cette situation "compromît en cela [sa] responsabilité".
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La lettre à peine lue et reçue, on envoie (une heure plus tard !) le commissaire d'ORLEANS, un nommé DUTET, chez les demoiselles BARBERON. pour perquisitionner leur domicile. Passons sur les détails des vexations imposées à ces deux femmes. On ne trouve pas d'abord les suspects, bien cachés ; on se contente d'emprisonner les logeuses. Ne les voyant pas revenir, l'abbé PLOQUIN et le jeune BIMBENET de la ROCHE sortent de leur cachette. Hélas, "ils" veillaient . On met sur eux la main.
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Le 14 septembre, on interroge les suspects :
On questionne l'abbé PLOQUIN. A-t-il prêté le serment de la constitution civile du clergé ?
-J'ai refusé de le prêter, parce qu'il répugnait à ma conscience.
-N'avez-vous pas excité d'autres prêtres à le refuser ?
-Je n'ai jamais excité qui que ce soit à refuser ce serment, mais, lorsque j'étais consulté, je faisais part de mon opinion.

On lui reproche, sans fondements, ses écrits contre la constitution civile du clergé. Il proteste :

-Pour les opinions religieuses, nul ne peut être gêné.

On envoie les prisonniers à PARIS. C'est que le cas est grave, n'est-ce pas ? FOUQUIER-TINVILLE l'ignoble se chargera de le régler de la manière que l'on sait.
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Le 26 novembre 1793, on arrête un jésuite orléanais, le Père DERVILLE, place du Martroi. Il a été dénoncé par le citoyen DUHAMEL car il avait un air suspect (en effet, pour échapper à la police, le Père DERVILLE qui a poursuivi son ministère clandestins au milieu des plus grands dangers est déguisé en femme) mais sa voix n'a rien de féminin. C'est finalement le citoyen BONNEAU, un notaire devenu jacobin, qui interroge celle qui se présente comme madame Angélique. Le Père DERVILLE ne cache ni son nom, ni sa qualité, ni son âge et avoue sa fidélité à l'Eglise catholique. Les objets du culte qu'il porte sur lui achève de le désigner à la vindicte de ces fous.
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On l'interroge :
-Pourquoi as-tu désobéi à la loi qui défendait d'exercer les fonctions du culte, telles que confesser sans avoir prêté le serment ?
-Les lois doivent être subordonnées à la religion, et la religion catholique ayant Dieu pour auteur, ce n'est point à elle à ployer sous les lois, mais les lois à ployer sous elles.
-Mais il n'est question de faire ployer la religion sous les lois, mais de l'obéissance que tu dois aux lois.

Écoutez bien chers lecteurs la réponse admirable et juste de cet homme :

-Je ne veux pas me soumettre aux lois dans les points où elles contrarient la religion catholique.

Le Père fut décapité peu après sa condamnation.
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Les quatre premiers accusés étaient convaincus de conspiration contre la République et furent condamnés à mort à Paris, le 25 février 1794. BIMBENET de la ROCHE - qui avait reconnu avoir servi dans l'armée des Princes émigrés mais était revenu dans sa patrie - avait aux alentours de 23 ans. Tous les quatre furent guillotinés quelques heures après leur condamnation. BIMBENET de la ROCHE chantait le Laudate dominum en montant le degrés de l'échafaud  "et ce fut le couperet [qui] en tombant arrêta son chant". (Récit de Jacques HERISSAY dans son Hors-la-loi sous la terreur, Éditions de Fontenelle, Abbaye de Saint-Wandrille, 1946).

Pourquoi ce récit ? Deux raisons.

(a) La première est tirée des paroles de Jésus que l'Église propose aujourd'hui à la méditation de ses fidèles : "Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi ; il y aura là un témoignage pour eux eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous" (Matthieu 10, 8-10). Les réponses des abbés PLOQUIN et DERVILLE sont admirables de sérénité, de justesse, de grandeur humaine et de courage. Elles concrétisent ces paroles de Jésus.

(b) La seconde est tout aussi actuelle. En proposant une loi autorisant le mariage homosexuel et l'adoption homoparentale, le gouvernement de monsieur AYRAULT se comporte, mutatis mutandis, comme les interrogateurs des abbés PLOQUIN ou DERVILLE. Ils entendent faire ployer les hommes sous le joug de lois dépourvus de tout fondement moral ou anthropologique (sans parler des fondements religieux). Notez que le Père DERVILLE ne méconnaît pas la nécessité d'obéir aux lois, tant que celles-ci ne violent pas sa conscience. Ce qui n'est point de l'incivisme.

Nous sommes très exactement dans ce cas de figure. Héritier de la Révolution, le Parti Socialiste n'a changé que les formes extérieures du totalitarisme ; il n'en a nullement gommé le fond. Désolé, monsieur AYRAULT, désolé, monsieur HOLLANDE, mais il y a de vos compatriotes qui préfèrent obéir à Dieu qu'aux hommes. Et nous attendons de nos évêques qu'ils le leur rappellent. Pour l'instant, leur silence est assourdissant.

mercredi 22 décembre 2010

Laïcité

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Le Pr Abdennour BIDAR enseigne la philosophie à SOPHIA-ANTIPOLIS. Il a fait paraître dans la livraison du journal Le Monde datée du 21 décembre 2010, un article fort intéressant et qui stimule le réflexion. Il le consacre à la nécessité qu'il y a de mettre en oeuvre dans notre pays une pédagogie de la laïcité, arguant à juste titre que la "République ne saurait se contenter d'imposer la neutralité par la seule loi". Probablement d'origine musulmane, le Pr BIDAR constate qu'une "minorité active [de musulmans]" considère que "cette laïcité n'est qu'une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence". C'est fort bien poser le problème.
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Il ajoute quelques paragraphes plus avant : "Se souvenir de ce qu'on appelle aussi 'être laïque' est l'occasion de rappeler qu'avant d'être un principe politique, la laïcité est une 'position de conscience' : est laïque la conscience critique capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent".
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Fidèle à la nouvelle règle de conduite que je me suis fixée, et dans la mesure où la question des revendications islamistes (je n'ai pas dit musulmanes) de visibilité dans l'espace public met la laïcité au premier plan des questions politiques, je vais NOUS poser quelques questions à propos de ce texte :
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(a) Une conscience critique peut-elle arriver à conclure, par le seul fait de son libre jeu, que telle vision lui paraît juste et telle autre fausse ? Et si oui selon quels critères ?
(b) Une conscience, telle que la définit ce texte, doit elle être nécessairement sceptique (révoquer en doute a priori toute vision affirmée du monde, toute conviction, toutes vérités qui la sollicitent) pour mériter le qualificatif de critique et laïque ?
(c) Si la réponse est : oui elle doit l'être, une conscience critique peut-elle accepter l'idée même que des hommes et des femmes tiennent pour vérité telle ou telle croyance qu'elle-même révoque en doute avant même d'en avoir examiné les fondements au motif que ce sont des affirmations, des convictions, des visions du monde personnelle, ou propres à des communautés humaines plus ou moins grandes ?
(d) Une conscience critique peut-elle admettre que l'espace public, laïc par définition, est imprégné dans sa structure même, par l'histoire, la culture, la géographie, et qu'une pure indifférence vis-à-vis de ces déterminations est purement abstraite et impossible ?
(e) Une conscience critique peut-elle admettre que l'on doit obéir en tout à sa propre conscience ?
(f) Peut-elle surplomber toutes les consciences individuelles ?
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Le Pr BIDAR fort justement fait une différence entre le principe politique de laïcité, et le principe éthique de laïcité. En somme, et là je me vois dans l'obligation de commenter, la neutralité reconnue de l'espace public reviendrait à renoncer personnellement, au nom du bien commun, à y imposer des comportements, des paroles, des gestes manifestant explicitement une appartenance religieuse ; mais dans ce cas pourquoi tolérer des comportements non religieux mais de nature idéologique, et relevant eux aussi de croyances ?
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Ces questions sont fort complexes, et je n'ai pas de réponses à ce dilemme vieux comme ANTIGONE et CREON. J'ai tout de même un élément à apporter : une conscience est toujours la conscience d'une personne. Car la société non plus que les groupes humains ne pensent pas. Cela a été très bien dit par Simone WEIL. En somme une conscience critique est une abstraction dépourvue de tout caractère concret.
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J'attends vos réponses.

lundi 15 septembre 2008

La vraie laïcité

Le politique et le religieux relèvent de deux ordres différents, pour un chrétien en tout cas. Tout le monde connaît le fameux épisode du denier de César où Jésus dit à des hypocrites qui tentaient de le prendre au piège : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Et Jésus dira devant Pilate : Mon Royaume n'est pas de ce monde. (Il lui dira aussi : Tu n'aurais sur moi AUCUN pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut).
Il faut donc affirmer avec force (a) que les chrétiens n'ont pas à vouloir instaurer le règne de Dieu sur la terre et (b) que les autorités politiques ont reçu pouvoir de diriger les nations et les peuples et qu'un chrétien est tenu EN CONSCIENCE de leur obéir, tant qu'elle n'offensent pas les droits de Dieu et ne font pas violence à leurs convictions.
Là est tout le problème. Les grecs nous ont appris à mettre la conscience au-dessus de la tyrannie. ANTIGONE a préféré obéir aux dieux en ensevelissant son frère que d'obéir à CREON, ce tyran, qui prétendait l'en empêcher. Pour un chrétien, il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes quand se pose le problème du choix. Ce sont là droits élémentaires, non pas ceux de l'individu, mais ceux de la personne.
Selon moi, la vraie laïcité consiste (a) à ne pas prendre de décisions politiques qui s'inspireraient d'une religion ou D'UNE IDÉOLOGIE ; elles ne doivent désirer que le service du bien commun ; (b) à laisser à la conscience tous ses droits, y compris celui de s'exprimer dans l'espace public.
Voilà pourquoi nous devons admettre (a) qu'il existe des conceptions diverses du bien commun, lesquelles s'expriment (plus ou moins nettement, et d'une manière plus ou moins idéologique) au moment des élections et s'offrent au choix du citoyen ; apprendre (b) à ne pas protester quand un pape visite notre pays, mais pas davantage quand des fidèles musulmans organisent leur grand rassemblement au Bourget, ou les protestants l'assemblée du Désert, ou les fidèles juifs la commémoration des déportations et des camps de la mort ; et (c) à refuser de faire ce que notre conscience réprouve ; ce droit est donné aux journalistes sous la forme de la "clause de conscience" ou "de la protection de l'anonymat de leurs sources", il doit être donné aux médecins chrétiens qui refusent de procéder à des avortements ou à des euthanasies actives, à des militaires chrétiens qui refusent de pratiquer la torture (cf. le général de La BOLLARDIERE), à des fonctionnaires chrétiens qui ne veulent pas couvrir des pratiques de corruption, à des enseignants chrétiens qui combattent les mensonges historiques. Cela me paraît être le minimum de respect que la vraie démocratie doit aux citoyens. La chose est admise en théorie. En pratique, c'est un peu différent... En revanche, et au nom même de la conscience, se soustraire à l'impôt, frauder le fisc, transgresser les lois par tous les moyens, cela un chrétien ne peut pas le faire. (Et c'est pourquoi je ne trouve pas honteux de payer 1,1 % d'impôts sur les revenus du patrimoine pour permettre à des chômeurs de réintégrer une vie sociale normale en travaillant. Ce n'est pas là une mesure injuste.) Voilà, selon moi, ce qu'est la vraie laïcité : non pas un combat permanent entre la calotte et les hussards noirs de la République, mais un respect des lois, et la possibilité d'exprimer - de manière argumentée - dans l'espace public, qui est l'espace politique par excellence, des choix de conscience. Et par espace public, je n'entends pas parler des médias, mais des lieux où s'élaborent et se décident les lois.