dimanche 7 avril 2013

Il s'appelle Franck Talleu

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De plusieurs amis et lecteurs, je reçois copie du témoignage d'un père de famille, verbalisé pour avoir porté un tee-shirt de la Manif pour tous. Je n'ai pu joindre la photo de Franck TALLEU qui a été la victime de ce pandore zélé, ni celle du double du procès-verbal qu'a dressé cet imbécile. Mais l'information est sûre et contrôlée. Je vous disais que l'atmosphère de la Manif pour tous du 24 mars était pré-insurrectionnelle ; monsieur MELANCHON utilise le même mot pour qualifier l'état d'esprit de ses troupes. [Outre les partisans du PC et du NPA, une partie non-négligeable des opposants à la loi TAUBIRA (vous savez cette dame qui prônait l'indépendance de la GUYANE, vantait le changement de civilisation que son projet va introduire nas notre pays, et déclare qu'il est fin de mettre temps à la civilisation judéo-chrétienne !) est en train de se radicaliser (25 %). Voilà l'oeuvre d'un monarque du nom de François-Normal, d'un homme qui se vantait d'unir les Français et qui ne fait que les diviser, les exaspérer, et s'est entouré de personnes au passé douteux. Donc, voici le témoignage. Je vous demande instamment de le  commenter en faisant part ici même de votre indignation. Sont exclus du commentaire ceux qui auraient un compte caché en SUISSE ou à SINGAPOUR ou aux îles CAÏMAN. Je fais confiance à leur bonne foi ; je sais qu'ils ne mentiront pas !]
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"Franck TALLEU

Père de famille en colère

J’étais lundi au jardin du Luxembourg avec mon épouse et mes six enfants au « pique-nique pour tous » qui s’y improvise depuis quelques jours. Devant y retrouver quelques amis rencontrés sur des réseaux sociaux, nous étions convenus, pour nous reconnaître, de porter le sweat-shirt rendu célèbre par les manifestations des 13 janvier et 24 mars dernier. Vêtement non militant puisqu’il ne comporte pas le titre de la « Manif pour tous », mais juste une famille « normale » symbolisée. Nous n’avions emmené aucun drapeau, sifflet, vuvuzela ou autre matériel de manifestant : seule une chasse aux œufs avec les enfants devait y être organisée. Les amis, jusqu’alors virtuels, que nous y avons retrouvés étaient nombreux certes, mais ni plus ni moins agités que la foule de badauds profitant de cette belle journée du 1er avril.

Moins d’un quart d’heure après notre arrivée, quelques agents s’approchèrent de notre groupe, agacés par nos vêtements, nous demandant de retirer ou couvrir ces sweat-shirts au motif, je suppose ô combien subversif, qu’ils représentent la silhouette d’un papa et d’une maman tenant par la main leurs deux enfants. Refusant d’obtempérer, un des agents réclama mes papiers et m’emmena au poste pour m’y verbaliser. Restait à trouver motif à contravention. On commença par « port d’une tenue contraire aux bonnes mœurs », mais devant ma réaction très amusée et les conseils de son collègue (plus gradé, donc plus réfléchi), il fut transformé en « organisation d’une manifestation ludique sans autorisation ». La nature de la contravention invoquée me semblant fallacieuse, j’ai signé mon désaccord au bas du procès verbal, ce qui me vaudra d’être convoqué par le tribunal de police pour des poursuites judiciaires ultérieures.

Le brave agent qui m’a verbalisé n’a probablement jamais lu les penseurs du « gender » comme Judith Butler ou Nicolas Gougain, et aurait même du mal à mettre des mots derrière les initiales LGBT. Cependant, il a reconnu dans la famille stylisée de mon sweat-shirt un symbole à même de troubler le nouvel ordre public qu’imposera à tous le mariage homosexuel.

Chers pères de famille, une nouvelle résistance s’annonce : ce n’est pas celle des combats interminables dans des tranchées pour garder quelques mètres d’une patrie à transmettre aux enfants, ce n’est plus celle des maquis dont on ne revient que quelques nuits noires pour embrasser nos bien-aimées. Non, la résistance des mois à venir est celle des parcs et des lieux publics, en famille, au bras de madame, arborant fièrement notre joie (et nos sweats) de vivre un mariage heureux. Ne craignons pas trop les amendes, car nous serons tellement nombreux qu’avec le maigre budget que le nouveau régime socialiste a laissé à la police et la justice, ils seront bien obligés d’abandonner avant nous.

Franck Talleu, le 2 avril 2013."
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Voici mon commentaire personnel :

Il est temps de faire savoir à ces jean-foutres que nous ne nous laisserons pas faire. Nous porterons ces tee-shirts, ces foulards, ces pièces de vêtement qui les irritent et qui nous enchantent, car nous sommes gentiment révoltés. Qu'ils changent ou qu'ils s'en aillent s'ils ne peuvent tenir les promesses économiques inconsidérée qu'ils nous ont faites, tout en voulant nous imposer des changements dont nous ne voulons pas.
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samedi 6 avril 2013

Tous responsables, tous coupables

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Je me souviens parfaitement de cette interview au cours de laquelle, interrogée sur le scandale du sang contaminé au titre de ses fonctions ministérielles, madame Georgina DUFOIX avait dit : "Je suis responsable, mais non coupable". Les censeurs de tous poils avaient condamné ces propos qui sur le coup et rétrospectivement me paraissent justes et adaptés à la situation. Je l'ai du reste dit également à propos de monsieur FABIUS qui, dès qu'il a été informé du désastre, a pris les mesures qui s'imposaient pour sauver ce qui pouvait l'être encore. La justice et la vérité ne se divisent pas. Le socialisme n'est pas ma tasse de thé, on s'en est aperçu, mais il ne faut pas accabler injustement ou inconsidérément des personnes innocentes. Il se peut que ces propos ne plaisent pas à tout le monde, mais c'est ce que je pense.
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Qu'en est-il de la situation dans laquelle est plongée aujourd'hui notre pays ? Nous traversons une crise politique, une crise morale et une crise économique sans précédent. Nous en sommes tous responsables, mais, à la différence de madame DUFOIX, nous sommes tous coupables. En vérité, d'ailleurs il s'agit d'une crise unique à trois facettes. Et tout découle de la facette morale. Quand une société refuse de se référer à des critères moraux universels pour guider son agir, chacun se comporte au gré de son désir, et il est impossible de définir un but commun. La faiblesse morale des sociétés développées en général et de la nôtre en particulier, c'est d'avoir placé l'argent au centre de toutes les préoccupations, et l'individu comme mesure du jugement. C'est ainsi que l'on peut voir un ministre du budget faire une conférence sur la fraude fiscale tout en ayant un compte non déclaré à SINGAPOUR, que l'on a comme premier magistrat un homme qui prône le mariage pour tous, sauf pour lui-même, que les corporatismes les plus étroits (je pense notamment à celui des magistrats, le plus rétrograde, le plus conservateur, le plus crispé sur son pauvre pouvoir ; mais voilà qui vient de loin ; ça commence avec les Parlements de l'Ancien Régime) se donnent libre cours sous couvert d'intérêt général, et que chacun d'entre nous n'hésite pas à prendre tout ce qui est bon à prendre, surtout quand c'est gratuit (mais il y a bien quelqu'un qui paye quelque part). Comme il n'y a pas de délibération et de discernement dans nos propres choix qui vont souvent à l'encontre du bien commun, la loi est obligée de se substituer à la liberté et nous tombons dans un régime autoritaire, voire dictatorial.
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Puisque crise morale il y a, et qu'elle frappe au plus haut niveau, il y a nécessairement une crise politique. Il est impossible d'invoquer le civisme si l'exemple du civisme ne vient pas d'en haut. L'ampleur du séisme déclenché par les aveux de monsieur CAHUZAC est sans exemple, et ne peut que susciter le cynisme des citoyens. Ils ne se gênent pas là haut ? Pourquoi nous gênerions-nous ? Délitement du lien social, de la volonté du vivre ensemble, sauve-qui-peut général, et déclin de l'amour de la patrie.
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La conséquence de tout cela, qui ne la voit ? Si l'argent et les désirs individuels sont les mesures de l'agir économique, alors on cherche à faire le maximum de profit, l'homme devient la variable d'ajustement des décisions économiques (y compris des nôtres : l'exemple qui me vient à l'esprit est celui des loyers et du comportement d'un nombre croissant de propriétaires vis-à-vis de leurs locataires ; on tire sur les réparations ; on garde la caution ; on accroît les charges) , le chômage augmente (il faut maintenir la rentabilité des investissements), le goût du travail bien fait se perd (à quoi bon, pusiqu'il n'est pas reconnu), la consommation diminue, la nécessaire redistribution des revenus pour subvenir aux besoins des chômeurs, des pauvres, des exclus aboutit à des prélèvements confiscatoires, sans bénéfices pour la consommation ni pour la création de richesses. La boucle est bouclée. Voilà très exactement la situation de la France. Qui aura le courage de nous dire que nous devons agir ensemble et non pas les uns contre les autres ? Qui convaincra les mieux pourvus qu'il est moralement indispensable de consentir à des efforts pour sauver le pays ? Monsieur HOLLANDE, s'il était courageux et lucide, pourrait être l'homme de la situation. Tout porte à croire qu'il préfèrera son parti et son clan, même s'il voit ce qu'il faut faire. Video meliora, deteriora sequor.
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vendredi 5 avril 2013

Les rats quitteraient-ils le pédalo ?

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Il y a dans le soudain revirement de la presse vis-à-vis de monsieur HOLLANDE quelque chose qui m'intrigue et tout particulièrement la révélation par le journal Le Monde des attaches de monsieur AUGIER, chargé des finances de la campagne présidentielle du présent locataire de l'Elysée, avec les îles Caïman, un paradis fiscal de première grandeur. Et ceci au beau milieu de l'affaire CAHUZAC. Je me demande si le revirement de ce quotidien du soir, partiellement contrôlé par monsieur Pierre BERGE, fervent supporteur de la loi sur le mariage homosexuel, n'est pas lié à une manoeuvre sénatoriale, inspirée par les actuels gouvernants, qui consisterait à faire voter par le sénat une union civile sans possibilité d'adoption, avec les avantages fiscaux et testimoniaux du mariage civil ordinaire, pour les paires homosexuelles. Ce serait un moyen d'éteindre, très provisoirement, l'incendie que ces imbéciles bernanosiens ont allumé inconsidérément et qui voit se lever vent debout (mauvais pour un incendie, ça) un nombre croissant de nos compatriotes qui ne veulent pas être grillés. Ce serait se donner un peu d'air (mais l'air active aussi les feux !). Il est vrai qu'il y a tout de même plus urgent que d'examiner cette ineptie : dette, chômage, retraite, production, compétitivité, etc.
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En tout cas, j'ai noté le ton incisif de France Info (qui pour une fois donne le bon chiffre des manifestants d'hier soir), la rage de Libération, et les critiques du Monde. Oui, vraiment, que s'est-il donc passé pour que les rats quittent le pédalo en perdition, sans compter les journalistes de TF1, de BFMTV et d'autres ? Soyez attentifs, et écoutez bien le nouveau ton des journalistes, jusqu'ici inconditionnels du changement tout de suite. Ou alors reçoivent-ils des courriers en nombre croissant de lecteurs exaspérés ? Il sera intéressant de suivre la manière dont les événements importants à venir vont être présentés. 
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En tout cas, en quinze jours, nous aurons appris que monsieur HOLLANDE n'avait pas pris la mesure de l'ampleur de la crise, qu'il ignorait les attaches financières de son trésorier, et qu'il ne savait absolument pas que monsieur CAHUZAC avait un compte off shore à SINGAPOUR. Voilà qui fait beaucoup d'ignorance pour un homme qui prétend gouverne le plus vieux pays d'Europe !
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Pédalo présidentiel

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Hier soir, je vous disais que j'avais ma petite idée sur les aveux de Jérôme CAHUZAC. Je ne crois pas que l'ancien ministre ait choisi au hasard le moment de les faire connaître aux juges. Il l'a fait très probablement en toute connaissance des conséquences que cette révélation aurait sur le pouvoir en place.
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Il convient de reprendre un peu l'histoire de ce drame politique, car c'est un drame. Monsieur PLESNEL et son Médiapart, dès le mois de décembre, font part des résultats de l'enquête qu'ils ont conduite sur le compte off-shore de monsieur CAHUZAC. Je n'aime pas les manière de faire de monsieur PLESNEL et je l'ai déjà dit ici à plusieurs reprises : il est responsable de l'arrestation des faux époux TURRENGE (orthographe non garantie) par les autorités néo-zélandaises après le sabotage du Rainbow warrior  par les services secrets français ; il a contribué par ses révélations fracassantes à pousser Pierre BEREGOVOY au suicide. On ne peut pas dire que ce soit très reluisant ; monsieur PLESNEL n'est pas qualifié pour être redresseur de torts, mais il faut reconnaître qu'il est toujours très bien informé et qu'il ne s'avance guère dans les eaux troubles de l'information scandaleuse sans avoir de nombreux biscuits dans sa besace. Pourtant, je n'ai pas cru monsieur PLESNEL et j'ai cru à la bonne foi de monsieur CAHUZAC.
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Avec une unanimité touchante, les médias ont jeté le doute sur ces révélations sulfureuses. L'enregistrement était un faux, c'était une basse vengeance du rival politique malheureux de monsieur CAHUZAC qui avait chassé de la mairie de VILLENEUVE-SUR-LOT ledit rival. Il faut avouer que ces dénégations en forme de contre-feu se tenaient. Puis, tout d'un coup, patatras ! monsieur CAHUZAC est prié de démissionner au motif que la justice s'est saisie, de manière préliminaire, de l'enquête, après, du reste, que monsieur PLESNEL eut téléphoné à un procureur. C'est à ce moment que va se jouer la vengeance et le remord. Si vous vous reportez aux articles des journaux au lendemain de cette démission, vous constatez que ceux-ci affirment : "le PS a laissé tombé monsieur CAHUZAC". En d'autres termes, il y a fort à croire que les haute sphère de l'Etat et l'appareil socialiste connaissent la vérité, et laissent le malheureux seul devant la justice et devant sa conscience. C'est, à mon avis, ce sentiment d'abandon qui a poussé l'ancien ministre à aller au bout d'une démarche que le réalisme le poussait du reste à entreprendre. Il y a là comme un petit air de vengeance mêlé de désespoir.
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Et c'est là que se révèle l'ignominie insondable des anciens amis de monsieur CAHUZAC, et de ses pairs, médecins ou francs-maçons.

Ce n'est pas une affaire qui atteint le Gouvernement, dit monsieur HOLLANDE, c'est l'affaire d'un homme qui a agi seul. Mon oeil ! Comment se fait-il que monsieur MOSCOVICI, qui a diligenté une enquête auprès de l'UBS en Suisse, s'est empressé de faire savoir qu'on avait rien trouvé de louche là-bas, tandis que la justice française sollicitait monsieur BERTOSSA, un haut magistrat du canton de GENÈVE, d'entreprendre la même enquête avec les résultats que l'on sait ? Comment ne pas conclure soit à la légèreté des services dépendant de monsieur MOSCOVICI, soit à un mensonge du ministre ?
D'un seul coup, on accable l'homme, le Grand-Orient suspend l'affiliation du frère à son obédience, l'ordre des médecins envisage des poursuites, les journaux titre : "Indigne", "Impardonnable", et j'en passe, les ministres le traitent de brebis galeuse, etc. Mais ils nous prennent pour des pommes ou quoi ?  En recrutant comme ministre du budget un ancien chirurgien esthétique, du reste fort talentueux, et un ex-conseiller de grands laboratoires pharmaceutiques, les grands chefs faisaient-ils rentrer une rosière lot-et-garonnaise dans leur équipe ? Il semble qu'il y ait là peu de discernement. Mais, il faut aussi le dire, monsieur CAHUZAC a été très apprécié, y compris par l'actuelle opposition, quand il était Président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale. Ne pas oublier, SVP. Et ne pas brûler ce que l'on a adoré
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La seule réaction digne d'un homme d'honneur et d'amitié est celle d'un collègue socialiste de monsieur CAHUZAC. Je n'arrive pas à retrouver ses paroles exactes. Mais monsieur LEFEVRE (orthographe non garantie) a dit, et il faut l'en féliciter, qu'il fallait accompagner la démarche d'un homme ravagé par le remord pour qu'il aille jusqu'au bout de son aveu : accompagnement, amitié et vérité. Voilà qui sonne juste.
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En vérité, le pédalo présidentiel est muni de deux flotteurs ; l'un est plein de vide qui, chacun le sait, est plus léger que l'air, l'autre est crevé et riche de promesses en train de s'évaporer. Au train où vont les choses, il se pourrait bien que la boîte à outil accroché au dossier du frêle esquif (cf. la caricature de Libération du mercredi 3 avril) se révèle ne point contenir l'objet idoine propre à le maintenir à flot.
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jeudi 4 avril 2013

Les sénateurs de la majorité auraient-ils la pétoche ?

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Je suis allé en fin de soirée manifester contre le projet de loi dont l'examen par le Sénat commençait aujourd'hui. Je dois dire que je suis stupéfié de voir que le Sénat a été transformé en forteresse assiégée. Rue de Seine barrée, rue de Vaugirard, rue racine, rue de Tournon, les rues longeant le théâtre de l'Odéon (à hauteur du parvis), idem avec des engins munis de grille. Bref, le grand jeu. Les sénateurs de gauche ont la pétoche. Ils craignent le Peuple.
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J'ai entendu toutes sortes d'instruments qui permettaient de faire du bruit : sifflets, corne de chasse, casserole, trompettes, harmonica (sic), vuvuzuela, trompes diverses, etc. C'était d'un drôle, d'un fraternel, incroyable. Monsieur BOULEAU, sur TF1, a dit qu'il y avait 500 personnes ! On se demande d'où il tire ce chiffre. Personnellement, je pense qu'il y avait entre 2000 et 3000 personnes, ce qui, compte-tenu du temps glacial, de l'heure, et du climat politique nauséabond dans lequel nous sommes plongés, est assez performant. Ce qui est sûr, c'est qu'il y avait un nombre considérable de jeunes gens et jeunes filles qui ne venaient pas tous des beaux quartiers comme ce sinistre et imbécile bernanosien de sénateur Jean-Pierre MICHEL se plaît à l'imaginer. Mais on sait bien qu'un idéologue est quelqu'un qui regarde dans son cerveau avant de regarder le réel.  En fait, je réalise que la rupture est consommée entre monsieur HOLLANDE et une grande partie des Français. Il venait rassembler disait-il ! Il a coupé la France en deux parties irréconciliables en voulant forcer les consciences. Il est encore temps de reculer. Mais Jupiter aveugle ceux qu'il veut perdre. Et monsieur HOLLANDE, faute de pouvoir créer la dynamique nécessaire à la création d'emplois et de richesse, en est réduit à se draper dans les promesses les plus inconsidérées et les moins coûteuses en argent (ce qui indique assez bien le cas qu'il fait des coûts sociétaux, moraux et nationaux de ses initiatives) pour montrer qu'il se tient à son programme. Avec une ingénuité (feinte), il prétend qu'il n'avait pas pris la mesure de l'ampleur de la crise ce qui l'exonère de ses responsabilités, pense-t-il. Pour un énarque qui sait tout mais ne sait que ça, ça fait désordre.
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Demain, je vous parlerai de l'affaire CAHUZAC. Il y a bien des choses à dire sur la manière dont elle a été traitée, et nos gouvernants auront bien du mal à prouver qu'ils ignoraient la vérité sur le ministre du budget. J'ai ma petite idée sur les véritables raisons qui ont poussé monsieur CAHUZAC à des aveux à ce moment préfcis. Nous en parlerons demain.
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Bonne soirée. Et souvenez-vous ! Nous ne lâcherons rien. Nous manifesterons autant que nécessaire jusqu'à ce que le coût politique de cette malheureuse et folle initiative devienne prohibitif pour ceux qui prétendent nous gouverner et veulent nous imposer les conclusions de leurs esprits tordus.
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Le catéchisme du sénateur

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’avais envoyé aux sénateurs de mon Département une lettre dans laquelle j’exprimais mon désaccord sur le projet de mariage pour tous. J’ai reçu la réponse que voici, celle d’un catéchisme navrant, de la part du sénateur Philippe KALTENBACH, maire de CLAMART. (En rouge, mes remarques.)

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"Madame, monsieur,

Vous avez souhaité attirer mon attention sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe qui sera prochainement examiné par le sénat. (Je n'ai pas sollicité l'attention du sénateur ; je lui ai manifesté mon opposition définitive.)

Ce texte respectueux d’une universalité des droits, sur laquelle repose largement les fondements de notre République, vise à permettre l’ouverture de l’institution du mariage civil aux personnes de même sexe. (Les droits universels de l'homme sont très bien présentés et revendiqués dans la Déclaration de l'ONU de 1948 ; l'égalité de dignité de l'homme et de la femme y est évidente ; l'égalité des rôles dans la filiation et  la procréation ne relève pas de la dignité humaine, mais d'un état de fait dépendant du sexe biologique et ne figure pas dans cette déclaration ni dans la déclaration de 1789 ; prétendre qu'un homme et une femme ne sont pas différents ou sont interchangeables est une négation de l'altérité.)

La droit à l’adoption sera en outre reconnu à ces personnes, cette fois en tant que couple. Ceux-ci ont en effet déjà accès à ce droit aujourd’hui en tant que célibataires. Les deux membres du couple civilement unis par le mariage, et non plus un seul, auront ainsi désormais des droits et des responsabilités vis-à-vis de l’enfant. (Couple vient du latin copula ; ça dit bien ce que ça veut dire ; il serait plus conforme à la langue française de parler de paire, c'est-à-dire de l'union de deux entités identiques)
Le Gouvernement soutenu par sa majorité parlementaire, porte cette réforme déjà adoptée par de nombreux États européens : Les Pays-Bas (2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009) et le Portugal (2009). Le retour d’expérience dans ces pays démontre que l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe n’a pas conduit à la disparition de la famille mais plutôt à une évolution qui au contraire favorise sa pérénnité. Ce qui fonde la famille, c’est le désir de la vie, de l’échange, de la transmission. Cette loi vient avant tout renforcer le lien familial, comme il renforce celui du mariage. (Cet argument est d'une telle pauvreté qu'on aurait envie de laisser tomber ; "vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà" dirait PASCAL. L'évocation de la transmission est assez cocasse : que transmettre à un enfant de l'inscription dans une histoire familiale, si les parents n'en sont pas les parents biologiques.)

Depuis le 15 novembre 1999, date de promulgation de la loi autorisant les couples de même sexe à conclure une union reconnu par le droit civil (PACS), ni les équilibres humains de notre société, ni ses valeurs n’ont été bouleversées. Vous aurez également observé que durant ces bientôt quatorze années, aucune initiative parlementaire ou gouvernementale n’a entrepris la suppression de la loi adoptée. Le débat qui avait entouré l’adcoption du PACS fut pourtant aussi intense que celui qui accompagne actuellement le projet de loi dit du « mariage pour tous ». (Le PACS a fait les choux gras des hétérosexuels qui ne veulent pas s'engager pour la vie, mais ont suffisamment de points communs entre eux pour entretenir des relations affectives et sexuelles plus ou moins fortes). 

Ce débat que le Président de la République souhaite le plus large possible, se fait actuellement dans le cadre parlementaire, au sein d’une Assemblée Nationale renouvelée il y a seulement sept mois sur des engagement explicites en faveur de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, ainsi que dès demain au Sénat. Je tiens en outre à attirer votre attention sur le fait que ce débat ne peut faire l’objet d’une consultation directe du Peuple français. En effet, l’article 11 de la Constitution limite expressément le champ d’utilisation de cette procédure à des sujets précis : l’organisation des pouvoirs publics, les réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale et aux services publics qui y concourent, la ratification de certains traités. À l’évidence, le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ne relève d’aucune de ces catégories. Je tiens à ajouter que la revendication d’un référendum par l’actuelle opposition est pour le moins insolite lorsque l’on sait que cette impossibilité a été voulue et décidée par eux-là même qui aujourd’hui feignent d’oublier son existence. En effet, lors de la révision constitutionnelle, voulue par l’ancien Chef de l’État en 20087, si l’hypothèse référendaire fut étendue aux questions environnementales, la majorité parlementaire UMP rejeta un amendement, pourtant présenté par un de ses députés, qui prétendait l’élargir aux questions de société. (A l'Assemblée nationale, Erwan BINET a donné la parole aux représentants des religions pendant 4 minutes, montre en main : quant au sérieux du sinistre (sinister : situé à gauche) Jean-Pierre MICHEL, j'en doute quand je le vois déclarer comme RODOMONT, qu'il ne se laissera pas intimider par quelques serre-têtes et jupes plissées ; le roi des imbéciles bernanosiens ! Faut-il également souligner que le non moins sinistre député Erwan BINET n'a pas réussi à prendre la parole lors d'une conférence qu'il devait tenir à SAINT-QUENTIN EN YVELINES.)

Dans le même esprit, je tiens en outre à rappeler qu’il n’est aucunement question dans le texte qui est soumis à l’examen du Sénat de Procréation médicalement assistée (PMA) ou encore des Gestation pour autrui (GPA). Le premier point, un temps évoqué par certains parlementaires, n’a pas été retenu dans le texte que souhaite porter le Gouvernement et sa Majorité. Quant au second, il n’a jamais été évoqué par aucun ministre ni par aucun groupe parlementaire. J’y suis d’ailleurs, à titre personnel, parfaitement opposé, refusant toute démarche pouvant conduire à une marchandisation des corps. (Chef d'oeuvre d'hypocrisie ; la Cour Européenne des Droits de l'homme se chargera de donner raison à celles des paires homoparentales qui réclameraient le droit à la PMA ou la GPA, au cas où les autorités françaises les leur refuseraient.)

Durant la campagne de l’élection présidentielle, François HOLLANDE s’est clairement déclaré en faveur de l’ouverture du mariage et de l’adoption à tous les couples. Cet engagement n’a pas été pris sans réflexion. Depuis de nombreuses années, sa formation politique débat ouvertement de l’accès au mariage pour les couples homosexuels (Notez que c'est la première mention du qualificatif "homosexuel" dans cette lettre ; comme si c'était une situation innommable mais qu'il faut bien nommer quand même ; on préfère utiliser "de même sexe"). Suite à son élection à la présidence de la République, le travail gouvernemental visant à concrétiser cet engagement ne s’est pas fait non plus sans la consultation d’un grand nombre d’ssociations et d’institutions. Dans les deux chambres du Parlement, le débat qui entoure l’élaboration de ce texte de loi se poursuit dans un cadre parlementaire dont la légitimité et la rigueur ne sauraient être mises en cause. Au Sénat, plus d’une cinquantaine d’auditions ont conduit mon collègue Jean-Pierre MICHEL, le rapporteur du texte. La Commission des lois, au sein de laquelle je siège, à adopté son rapport et ce, avec deux voix de sénateurs UMP. (Oui, la légitimité de ces Assemblées ne peut être mise en cause, sauf à détruire la démocratie ; mais j'ai de grands doutes sur leur rigueur.)

L’essentiel pour les couples qui souhaitent se marier et faire famille, c’est d’aboutir à un projet parental solide et réfléchi. Ce qui compte avant toute chose pour l’enfant, c’est l’équilibre de sa famille. Parce que c’est une question d’égalité entre tous les citoyens, parce que les droits de l’enfant sont garantis, je soutiendrai le projet de loi porté par le gouvernement ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. (Voir mes billets sur les travaux de REGNERUS.)

Demeurant à votre écoute etc. (J'ai de très très grands doutes sur l'écoute des élus de l'actuelle majorité !)

Philippe KALTENBACH,

Sénateur-Maire de Clamart."
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Je vais ce soir Place Edmond ROSTAND protester contre cette loi. Je n'arrive pas à retrouver mon sifflet à roulette. J'en suis chagriné. Prendrais-je une casserole, ou utiliserais-je celle(s) qui pendent aux basques des messieurs MOSCOVICI, AYRAULT et HOLLANDE ?





lundi 1 avril 2013

Misère de la vie sociale contemporaine

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Dans son livre essentiel intitulé Réflexion sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale (Collection Folio/série Essai, N°316, Gallimard, Paris, 2004, date du dépôt légal de cette édition), Simone WEIL dit ceci, qui me paraît éclairer singulièrement la situation dans laquelle nous sommes plongés, et qui a nom misère de la vie sociale. A la page 124 de l'édition précitée, on peut lire ceci :
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"Jamais l'individu n'a été livré aussi complètement livré à une collectivité aveugle, et jamais les hommes n'ont été plus incapables, non seulement de soumettre leur action à leurs pensées, mais même de penser. Les termes d'oppresseurs et d'opprimés, la notion de classe, tout cela est bien près de perdre toute signification, tant sont évidentes l'impuissance et l'angoisse de tous les hommes devant la machine sociale, devenue une machine à briser les coeurs, à écraser les esprits, une machine à fabriquer de l'inconscience, de la sottise, de la corruption, de la veulerie et surtout du vertige. Nous vivons dans un monde où rien n'est à la mesure de l'homme ; il y a une disproportion monstrueuse entre le corps de l'homme, l'esprit de l'homme et les choses qui constituent actuellement les éléments de la vie humaine ; tout est déséquilibre. Il n'existe pas de catégorie, de groupe ou de classe d'homme qui échappe tout-à-fait à ce déséquilibre dévorant, à l'exception peut-être de quelques ilôts de vie primitive ; et les jeunes qui y ont grandi, qui y grandissent, reflètent plus que les autres à l'intérieur d'eux-même le chaos qui les entoure."
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Les décisions que prend l'actuel Gouvernement me semblent bien aller dans le sens de ce texte prophétique, écrit en 1934 ! Ouverture de salle de shoot à l'étude, remboursement de l'IVG à 100 % pour les adolescentes de moins de 18 ans, remboursement à 100 % de la pilule contraceptive pour ces mêmes jeunes filles, recherche (prétendument encadrée !) sur l'embryon, mariage homosexuel, mais féminisation (dont il n'est pas responsable du reste) des titres (avec ces ridicules "Professeure", "Docteure", etc. qui offensent le génie de notre langue). Plus de repères, plus de barrière au bord de ce gouffre rempli de vide, oui, de vide de sens et d'espérance que nous construisent ces apprentis sorciers. Soyons justes, ils ne font que donner leur plein développement à des tendances lourdes nées depuis quelques décennies, et dont feu le Président MITTERRAND à été l'initiateur déclaré. C'est en les faisant sienne, en effet, qu'il a pu prendre le pouvoir.
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Il me semble, en particulier, que la dénonciation par Simone WEIL de la disproportion entre le corps et l'esprit de l'homme (que j'avais brièvement évoquée  dans un récent billet) est en train de trouver son achèvement dans la négation de l'altérité des sexes, dans l'affirmation démiurgique d'une totale souveraineté de l'homme sur lui-même, dans l'exaltation de sa toute puissance. Tout cela reste idéologique, théorique, flou, mais règne sans partage dans les esprits, dans les médias et trouve ses relais dans l'éducation dite "nationale". Et puis il y a la réalité. En voulez-vous un exemple ?
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En effet, allant hier chercher quelques gâteaux merveilleux (dans tous les sens du terme puisqu'ils portent aussi ce nom) rue de l'Annonciation, des gâteaux d'ailleurs moins chers que ceux que l'on trouve dans les pâtisseries classiques (qui offrent aux chalands des préparations tout-à-fait sympathiques, je n'en disconviens pas !), j'ai croisé un homme entre deux âges assis par terre. Il avait été expulsé, lui et son fils de 11 ans, de son logement, en vérité un taudis, mais qui l'abritait de la pluie, du froid et du vent. J'ai fait ce que mon coeur me dictait ; mais il était serré mon coeur, devant tant de détresse et d'injustice. Ceux qui nous gouvernent et qui remboursent les plaisirs et les drames des ados irresponsables, veulent marier les homosexuels, et rêvent d'un homme nouveau, seraient bien inspirés de s'occuper des hommes réels, ceux qui n'ont d'autres solutions pour survivre que de s'humilier en faisant la manche dans les rues des beaux quartiers.