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mercredi 8 novembre 2017

08 novembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Violence mimétique pas morte !

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Léon BLOY raconte, et de belle manière, l’accusation portée contre BARBEY d’AUREVILLY par une péripatéticienne dont il avait repoussé les avances, pendant le siège de PARIS et dont il failli périr lynché
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"L’invariable jurisprudence des rétributions pénales exercées par la multitude pouvait-elle, en cette occasion, se démentir ? sans que nul ne songeât à s’informer de quoi que ce fut, avant même qu’on eut le temps d’apercevoir le malheureux qu’une abominable salope accusait du plus exaspérant de tous les forfaits, ― en une minute, cinq cents langues, cinq cents groins altérés, sans le savoir, du plus noble sang qui coulât en France, clamèrent le mort de cet inconnu qui vendait Paris aux envahisseurs."

"Se sentant perdu, sans secours à espérer d’aucune police régulière, le contempteur aristocratique de la Loi du Nombre n’ignorait pas que le premier coup serait immédiatement suivi de mille autres et que le moindre signe de faiblesse démusellerait aussitôt le chien populaire. Ayant, dès le début, tout compris et tout deviné, il avait fait simplement et spontanément le sacrifice d’une existence que le spectacle uniforme des lâchetés et des trahisons ne le disposait plus à chérir."
In Léon BLOY.
Sueur de sang. Préface de Joseph ROYER.
L’arbre vengeur, Talence, 2010. (Page 80 et 81.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il convient de souligner que BLOY décrit avant l’heure la violence mimétique si bien analysée par René GIRARD. BARBEY est évidemment innocent ; il joue le rôle de bouc émissaire dans cette situation d’extrême détresse qu’est le siège de PARIS par les Prussiens.
Comme cela sonne juste, la jurisprudence des rétributions pénales exercées par la multitude ! Retenez bien qu’il s’agit de la populace ameutée par une personne qui donne l’exemple de la première pierre qui pourrait être suivie de multitude d’autres pour lyncher BARBEY.
Vous croyez que c’est fini, la jurisprudence des rétributions pénales ? Il n’en est rien. Elles sont bien pires encore puisqu’elles se jouent sous couvert de l’anonymat. Voilà qui a un nom : le lynchage médiatique.
Tous les jours, des sondages nous enjoignent de donner notre avis sur tel harcèlement, telle ignominie, telle perversion ― cas le plus bénin, puisqu’il y a matière à exercer son jugement ― ou, cas le plus malin au sens satanique du terme de donner encore un avis sur des hypothèses, des suppositions, des insinuations portées contre tel ou tel qui n’a pas l’heur de plaire à la grande presse bobotisée.
Vous avez remarqué que je me suis abstenu de commenter certaines informations sur des hommes qui furent célèbres et riches de leur vivant, mais qui ne sont plus là pour se défendre et ont eu une vie dissolue. C’est le cas bénin.
De même, je m’abstiendrai de vilipender les manœuvres des grossiums démocrates américains destinées à dézinguer TRUMP. Je note simplement qu’en un an, ce méchant, ce mauvais, a ramené le chômage de son pays au taux historiquement le plus faible que les États-Unis aient connu (4,2 %), et que les accusations de connivence avec la Russie ne sont lancées dans la presse que pour le faire démissionner et laisser la place à des financiers mondialistes et dépourvus de toute morale.
Oui ! La loi du nombre quand elle est utilisée par les manipulateurs les mieux armés (cumulant dans leurs mains les médias, les finances, et les relais de pouvoir) conduit au mensonge et à la ruine : elle est typiquement la forme moderne du sacrifice de l’innocent.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Signez cette pétition.

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C’est hélas très vrai.

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Il y a migrants et migrants.

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Un bilan de Donald TRUMP.


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Ah ! Ces Polonais. On les aime.

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A bas TURREAU et AMEY, les bourreaux de la Vendée.

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Merci, Claudia !

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L’information n’a pas fait la une ! Il faut cependant la diffuser.



lundi 13 juin 2011

Je vous prie de m'excuser, chers lecteurs

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Je vous prie de m'excuser, chers lecteurs, si je reviens sur un sujet dont j'ai assez longuement parlé quand il a défrayé les chroniques vengeresses et mensongères de la presse, française en particulier. Je dois ces détails à Bernard LECOMTE et au livre qu'il a consacré à BENOÎT XVI et à la réputation exécrable dont ce pape jouit dans les milieux anticléricaux. Si je les rapporte ici, c'est pour montrer comment fonctionnent les médias.
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Voici, très facilement et très exactement traduits, les propos du pape, tenus dans l'avion qui le conduisait en Afrique.
"S'il n'y a pas d'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne pourra pas résoudre ce fléau [entendez ici : "le SIDA"] par la distribution de préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème."
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Voilà donc quelque chose de clair : le pape parle de distribution et non d'usage. Qu'importe. Trop heureux de faire du chiffre, trop heureux de servir ceux qui leur servent de mentors ou de financeurs, les médias comprennent que le pape confirme l'interdiction du préservatif dont l'utilisation augmente les risque du SIDA. Mensonge volontaire ? Occasion bénie d'enfoncer la gueuse ? Souci de plaire au plus grand nombre ? Difficile de trancher. En revanche, il est intéressant de voir comment, VOLONTAIREMENT, les choses ont été progressivement présentées.
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Dans Le Monde, Stéphanie LE BARS rapporte très fidèlement ces propos. Mais son journal décide de titrer : "Préservatif : BENOÎT XVI plus intégriste que JEAN-PAUL II." Le Figaro reçoit de son envoyé spécial, Jean-Marie GUENOIS des propos scrupuleusement retranscrits. Mais, à PARIS, son journal titre sur le fait que le pape "a dénoncé l'usage du préservatif". La première dépêche d'agence de l'AFP, transmise par Martine NOUAILLE de l'avion même à 10 h 50, arrive dans les rédactions. Cette dépêche est tout à fait claire et honnête. La journaliste indique bien que, selon le pape, le "problème du SIDA ne peut être réglé  par la distribution de préservatifs". A 11 heures, une dépêche de la même agence est formulée de manière ambiguë : "Benoît XVI : le SIDA ne peut pas être réglé avec le préservatif." A 19 h 11, juste avant le JT de 20 heures, une dépêche de synthèse de la même agence titre : "Le pape conteste l'usage du préservatif", et stigmatise la position de l'Église "contre l'usage du préservatif".
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Et bien messieurs les compilateurs de dépêches, vous êtes tout simplement des menteurs, et des menteurs volontaires, à moins que vous ne soyez des incultes incapables de faire la différence entre la distribution et l'usage, en tant que MOYEN de limiter la diffusion de la maladie. C'est un déchaînement de haine, la palme revenant peut-être à notre Isabelle ADJANI qui accuse le pape de "crime contre l'humanité". Ils s'y mettent tous : les Philippe GELÜK, les Christophe DECHAVANNE, les Line RENAUD (qui n'a jamais répondu à l'invitation que je lui avais envoyée de venir rendre visite à nos amis de l'association Tibériade), les Alain DUHAMEL, et même le très sympathique Jean-Pierre COFFE qui, dans l'émission "Vivement Dimanche", critique le pape avec virulence, donne des conseils d'usage du dispositif et indique que le préservatif n'empêche nullement de jouir, comme j'ai pu l'entendre de mes propres oreilles.
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J'ai longuement analysé ici-même l'un des deux rapports de l'OMS sur l'intérêt et les limites de l'usage du préservatif, ainsi que les propos du responsable du programme SIDA à l'Université de HARVARD qui apporte son soutien de scientifique à BENOÎT XVI et explique pourquoi : le sentiment de protection absolue lié à l'usage du préservatif augmente le nombre absolu de conduite à risque et donc le nombre de cas de contamination. En fait, j'avais moi-même fait une erreur. J'avais compris "usage" et non "distribution", et j'avais concentré mes remarques sur cette question, en vous rappelant, chers lecteurs, que j'ai enseigné la virologie pendant près de 40 ans, et que, sans être un spécialiste du virus de l'immunodéficience humaine, j'en sais tout de même plus que ces bateleurs d'estrade.
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Et pour terminer, j'ajoute que condamner des propos qui n'ont jamais été tenus, et des propos censés être sortis de la bouche d'un homme qui n'a aucun moyen de coercition, d'un homme que chacun est libre d'écouter ou non, et qui de toute façon ne cherche pas à persuader, ni même à convaincre, est intellectuellement insoutenable. BENOÎT XVI parle en croyant, à des croyants, et pour des croyants. Et les prêtres, comme c'est leur mission et leur devoir, reçoivent avec miséricorde les confidences de leurs ouailles, comme j'aurais demain l'occasion de vous le dire en rapportant les propos du père Camille BRISCHOUX.

jeudi 28 janvier 2010

Justice pour Pie XII

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J'ai à plusieurs reprises critiqué certaines opinions de Bernard-Henry LEVY. Je n'en suis donc que plus à l'aise pour manifester mon étonnement, et un étonnement admiratif, devant la prise de position qu'a prise l'écrivain sur Pie XII.
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Dans un article paru le 20 janvier 2010 dans le Corriere della sera, et repris le lendemain par l'Osservatore romano, BHL a dénoncé la mauvaise foi et la désinformation que de nombreux médias français ont entretenues sur Benoît XVI et Pie XII. BHL désire mettre les points sur les i et il le fait avec une rare vigueur : Il faudrait, dit-il, en finir avec la mauvaise foi, le parti pris et, pour tout dire, la désinformation, dès qu'il s'agit de Benoît XVI.[...] A l'occasion de la visite du pontife à la synagogue de Rome, les médias n'ont pas attendu que le pape passe le Tibre pour annoncer urbi et orbi, qu'il n'avait pas su trouver les mots qu'il fallait dire, ni accomplir les gestes gestes qu'il fallait faire, et qu'il avait donc manqué son objectif....
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BHL rappelle aussi, ce que les médias français n'ont jamais dit, que Rolf HOCHHUTH, qui a écrit la pièce de théâtre intitulée le Vicaire dans laquelle est condamné le prétendu silence de Pie XII sur la shoah, est un négationiste patenté et qui, ultime provocation d'une carrière honteuse mais économiquement juteuse (c'est moi qui met ces qualificatifs), a pris la défense de David IRVING, un homme qui niait que les chambres à gaz eussent jamais existé, dans le journal d'extrême droite Junge Freiheit.
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Enfin, avec beaucoup d'émotion et de probité, BHL, rappelle les paroles de Golda MEIR : pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux.
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Et BHL de conclure en s'étonnant que dans le silence assourdissant du monde entier, qui savait, on fasse porter tout le poids ou presque à celui qui, parmi les dirigeants d'alors (a) n'avait ni canons ni avions à sa disposition ; (b) ne ménagea pas ses efforts pour partager avec ceux qui avaient des canons et des avions des informations dont il avait connaissance ; (c) sauva en personne, à Rome et ailleurs, un très grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale. [...] Benoît et Pie, ou peut-être des papes boucs émissaires.
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Merci à BHL. Si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, je dois dire que cet hommage rendu à la vérité des faits et des personnes me remplit de gratitude et d'admiration. Pour cette fidélité à la vérité, BHL mérite décidément le nom de philosophe. Merci.
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Quant à nos journaleux qui se font les propagateurs de ces mensonges, on ne peut que leur souhaiter de connaître un jour la lumière et de faire amende honorable

mercredi 6 mai 2009

L'essence criminelle du lynchage médiatique

En continuant de ranger mes livres dans le box où je stocke provisoirement une partie d'entre eux, je retrouve avec joie un livre de Jean-Claude GUILLEBAUD, intitulé La force de conviction. Il y au chapitre 7 de ce livre ("La grand-messe médiatique") une analyse du phénomène contemporain des médias qui est époustouflante. J'aurai l'occasion de revenir dessus. Elle rejoint en de très nombreux points les réflexions de Simone WEIL, de Gustave THIBON, de René GIRARD, de Marcel DE CORTE.
Pour aujourd'hui, je me bornerai à vous donner le texte d'un encart que Jean-Claude GUILLEBAUD intitule Lynchage et foule psychologique. J'irai de mon commentaire après vous avoir livré ce passage crucial.
Indiscutablement, la fréquence des lynchages médiatiques s'amplifie. A croire que le désarroi de l'époque et notre quête d'unanimité pacificatrice exigent une consommation sans cesse accrue de victimes propitiatoires. Chaque année, donc, quantité de personnages (coupables ou non) sont symboliquement déchiquetés par l'appareil médiatique : un criminel supposé, un élu, l'auteur d'une gaffe, un homme d'Église, le pape, etc. Dans chaque cas, le même mécanisme, la même structure et le même discours sont à l'oeuvre. Trop souvent, on assimile le lynchage tantôt à je ne sais quelle cruauté intempestive, tantôt à l'impérialisme d'une idéologie ou d'une pensée unique ; tantôt à un ostracisme dont on se sent victime. Or qu'il soit médiatique ou pas, le lynchage, ce n'est pas du tout cela. C'est un mécanisme sacrificiel autrement sérieux.
Et l'auteur compare ce lynchage médiatique à des lynchages réels comme la lapidation. Il conclut :
Seule différence, ce ne sont pas des pierres qui sont lancées mais des mots. Les mécanismes n'en sont pas moins identiques. Il y a bien dans ces ruées confuses et ces meurtres abstraits, un quelque chose qui nous épouvante parce que tressaille en nous une mémoire obscure. Nous y reconnaissons la trace d'une fureur fusionnelle échappant à l'emprise de la raison, une abdication du libre arbitre, une couardise reconnaissable entre toutes parce qu'elle pue le crime.
Cette analyse rejoint tout à fait les trouvailles de René GIRARD sur le phénomène du Bouc Émissaire. On voit bien l'emballement de l'opinion, qui fait que chacun imite son voisin, et le faisant "en foule" s'exonère de toute responsabilité personnelle. Voilà comment une foule violente peut innocenter ses membres des crimes dont elle est l'auteur. Voilà comment on a pu lors du massacre des gardes suisses clouer des enfants de 7 ans sur le cadavre de leur père, ou, pendant les guerres de Vendée, brûler vifs des femmes et des enfants dans des fours à pain, exterminer des familles entières, sans que quiconque ne se sente responsable de ces atrocités, pas même nos livres d'histoire.
Dans le cas des propos de Benoît XVI, dont j'ai abondamment parlé, c'est l'emballement mimétique qui a poussé l'opinion, entraînée par des médias aveugles et irresponsables (cf. ma lettre ouverte à madame Dorothée WERNER) à jeter les pierres des mots à le tête de cet homme qui a très justement réagi en pointant, avec humour et douceur, le phénomène de cristallisation de la hargne collective contre sa personne. J'ai essayé de montrer, scientifiquement, que les propos du pontife étaient parfaitement justifiés. Peine perdue, provisoirement.
Car les faits sont têtus et le réel nous résiste ; l'humanité paiera ses égarements, sans aucun doute. Et ce qui est vrai des désastres écologiques, de l'épuisement des ressources naturelles, de la pollution chimique de l'environnement, est vrai aussi la transmission du virus du SIDA. Ce n'est pas être pessimiste (je pense à Eugénie, une de mes fidèles lectrices), mais lucide que de prévenir avant d'avoir à guérir le très probable inguérissable. Il nous faut donc lutter contre le lynchage médiatique de toute la force de notre raison.

jeudi 23 avril 2009

L'information déformante

Il y a presque deux ans, lorsque j'ai ouvert ce Blog, j'avais fait état de ce livre absolument décapant. J'en avais cité quelques passages. L'actualité m'incite à y revenir. Dans le chapitre III de son livre (L'intelligence en péril de mort), Marcel DE CORTE traite de "l'information déformante". Et je trouve dans ces réflexions une illustration parfaite de la manière dont nos médias traitent des non événements. (Il s'agit surtout de la polémique artificielle suscitée par madame ROYAL à propos de réflexions qu'aurait faites le Président SARKOZY et que toutes les personnalités présentes à ce dîner - de la majorité comme de l'opposition - disent avoir été déformées, voire inventées de toutes pièces, par la Présidente de la Région POITOU-CHARENTES à seule fin de faire parler d'elle dans les médias.)
Le chapitre III, donc, commence ainsi
L'intelligentsia et ses utopies, l'exaltation de la science comme critères universels des connaissances, panacée de tous les mots et substance de la société future sont des phénomènes qui caractérisent notre siècle et qui témoigne du divorce de l'intelligence et de son objet propre : le réel extramental, ainsi que le triomphe corrélatif de l'imagination poétique, constructrice d'un univers qui soit uniquement l'oeuvre de l'homme. Mais si puissantes que soient notre faculté imaginative et notre capacité d'illusion, elles ne parviennent néanmoins pas à créer de toutes pièces, à partir de rien, leur contenu dont les artifices passeront dans la réalité. Elles ont beau renoncer délibérément, avec une sorte d'assurance olympienne, aux données de l'expérience et de la tradition, elles ne peuvent pas se nourrir de néant. Il leur faut quelque chose dont elles puissent tirer partie tant pour justifier l'objectivité qu'elles veulent revêtir que pour continuer sous ce masque leur travail de destruction du réel. Mais ce quelque chose doit être aussi peu indépendant de leur domination que possible. Il doit être malléable à l'extrême. Il doit pouvoir accueillir avec docilité la forme que la volonté de puissance de l'homme entend leur donner. Ce quelque chose dont la volonté de puissance axée sur l'imagination peut faire à peu près tout ce qu'elle veut a reçu un nom : l'information.
Et Marcel DE CORTE d'insister sur le fait que l'information porte sur tout ce qui arrive, advient, survient, a lieu, surgit dans l'immensité de l'Univers. Elle se déploie sur un arrière-fond de changement continu. En somme, l'information porte sur le nouveau. Et le fait nouveau, dans notre civilisation contemporaine, prend la place jadis attribuée à l'expérience et à la tradition. Et Marcel DE CORTE de citer quelques dizaines de pages plus loin la remarque de Jean MADIRAN : L'information moderne, par nature, ignore ce qui est important, ou n'en retient que l'écorce étrangère à la dimension intérieure et à la dimension historique... Les techniques de l'information moderne réclament d'abord de celui qui les manie qu'il se place hors des conditions humaines de réflexion, de méditation, de confrontation personnelle permettant de saisir la portée d'un événement.
Dans le cas qui nous préoccupe, les propos prêtés à tort au Président de la République n'ont strictement aucune importance, si ce n'est celle d'être saisie avec une rare bêtise par une femme politique avide d'un pouvoir qu'elle croyait fermement tenir de par son verbe et sa beauté (qu'il faut lui reconnaître), un pouvoir qui pour le bien de notre patrie et celui du PS lui a échappé. Monsieur GEOFFRIN de Libération a accordé crédit à une ou deux confidences, non recoupées, venues de sources qu'il ne cite pas, dont il garantit la fiabilité. Certes. Mais où étaient-elles ces sources ? Ont-elles entendu vraiment ? Ont-elles saisi quelques bribes d'une conversation privée ? Et dans quel but se sont-elles empressées de la faire connaître ? Les relations de la France et de l'Espagne méritent qu'on accorde un peu plus de réflexion dans la diffusion de ces (fausses) réflexions. Mais c'était nouveau ; ça risquait de faire vendre du papier. Dame ! Il faut bien vivre ! Et surtout, ça nuisait à un "ennemi" qui est quand même le représentant légitimement élu des Français. Il n'y a pas la moindre trace de réel, de vérité, d'importance dans la relation de ces (faux) échanges. Il y a un événement crée de toutes pièces qui permet à une irresponsable de rebondir dans l'opinion.
Ce journal-là, décidément, me dégoûte. Et pourtant je ne saurais dissimuler qu'il lui arrive de publier des analyses et des points de vue intéressants, noyés hélas dans une idéologie culturo-marxisto-boboïque, dépourvue de recul, et de connaissances historiques. Mais agir avec une telle légèreté, faire tant de mal à son pays pour soutenir sa camarilla, voilà qui est insupportable. On sait où peuvent conduire ces "informations" inintéressantes, dépourvues de toutes prises sur le réel. Monsieur Edwy PLESNEL fut un champion du genre qui a très probablement contribué au suicide de Pierre BEREGOVOY en diffusant des "informations" sur un prêt parfaitement régulier à lui consenti par un ami.
Tout cela est minable.

lundi 5 mai 2008

A la mémoire de Pierre Bérégovoy

Ce n'est pas un mystère pour mes lecteurs, je ne suis pas socialiste. Mon refus d'adhérer à cette idéologie est fondé sur une réflexion personnelle que je mène depuis des années. Je n'en suis que plus à l'aise pour évoquer aujourd'hui la mémoire d'un honnête homme, assassiné par les médias. La chaîne parlementaire a consacré hier soir une émission à ce militant intègre, autodidacte, proche des humbles et sympathique. Autour de la table : monsieur François LONCLE qui fut ministre du gouvernement BEREGOVOY, Gérard CARREYROU - dont je découvre avec stupeur et admiration qu'il fut militant du PSU, et ami de Pierre BEREGOVOY et qui n'a jamais laissé paraître, quand il officiait comme journaliste, ses appartenances partisanes - et Marc BLONDEL, lui aussi un ami de longue date du premier ministre défunt.
Un documentaire fort bien fait raconte les derniers mois de la vie politique de Pierre BEREGOVOY. On y entend un journaliste du Canard Enchaîné (journal qui a lancé toute l'affaire du prêt), dire avec un culot sans égal que le Premier Ministre n'avait aucune raison de s'en faire puisque le prêt était contracté de manière tout à fait régulière, et le sinistre Edwy PLESNEL (orthographe non garantie) ne rien regretter de ses écrits, lui qui pendant sa carrière n'a cessé de tremper sa plume dans le fiel pour démolir tous ceux qui ne lui revenaient pas, et de jouer la "vérité" journalistique" contre les intérêts de son pays (cf. l'affaire du Rainbow Warrior) au mépris de la prudence et de la vérité factuelle. Au journaliste du Canard, que dire ? Sinon qu'on ne voit pas d'autre intérêt à la dénonciation d'un prêt régulier que celui de nuire à un puissant pour compenser la propre médiocrité du dénonciateur. Quant à monsieur PLESNEL, dont il semble me souvenir qu'il a été remercié du journal Le Monde, le mieux est de l'ignorer. Qu'il continue de baigner dans son amertume et de ruminer la perte de sa capacité de nuisance !
Plusieurs faits : le prêt de monsieur BEREGOVOY était parfaitement légal, contracté devant notaire et enregistré. Monsieur PELAT, un homme autrement moins transparent, avait le droit de consentir à prêter sans intérêt à un homme qui était son ami. Monsieur BEREGOVOY, non seulement n'a jamais aidé monsieur PELAT à investir en Corée du Nord avec le soutien de l'Etat - il n'était pas en état de le faire au moment où ce soutien a été accordé, et on a laissé dire que ce prêt était la contrepartie de son soutien ! - mais il avait manifesté son opposition quelques mois auparavant à cette opération alors qu'il était ministre. Toute cette affaire est montée par des spécialistes de la manipulation médiatique, sans aucun respect des faits et des personnes. Pierre BEREGOVOY s'était fort justement inquiété pour la démocratie d'une telle dérive.
Quelques remarques. Gérard CARREYROU a souligné combien, après la débâcle électorale de mars 1993, le silence du Président MITTERRAND envers son premier ministre, et l'évitement que les anciens courtisans manifestaient à l'égard de ce dernier dans la salle des Pas Perdus de l'Assemblée, avaient été douloureux, insupportables à un homme qui avait lutté de toute ses forces contre la corruption et qu'on avait accusé d'y avoir succombé. Monsieur LONCLE a contesté le silence présidentiel et prétendu qu'un rendez-vous avait été convenu le lundi suivant la disparition du Premier Ministre. Monsieur CARREYROU a maintenu sa dénégation. Monsieur LONCLE, ensuite, a fort justement souligné qu'on ne pouvait en un an redresser une situation politique et économique compromise. Quant à monsieur BLONDEL, il a révélé, ce qu'il avait tu jusqu'ici, que Pierre BEREGOVOY savait que la situation était politiquement désespérée pour le PS, et qu'on l'avait appelé pour cette raison au poste de Premier Ministre.
Voilà comment des médias peuvent disposer de l'honneur et de la vie d'un homme intègre. Il faut s'en méfier, accueillir leurs nouvelles et leurs analyses avec du recul, confronter les opinions diverses, et toujours partir des faits, et non des idées.
La ressemblance avec la présente situation du Président de la République est frappante. Monsieur LONCLE devrait rappeler à ses amis qu'on ne juge pas des résultats d'une politique sur un an. Monsieur BLONDEL devrait leur dire que la mise en cause injuste d'un homme politique peut être mortelle, et monsieur CARREYROU, qui avait proposé à monsieur BEREGOVOY de venir s'expliquer à la télévision le soir même de la révélation du Canard, après qu'il avait rencontré son ami à Matignon le matin même, devrait dire aux socialistes de ne pas trop insister sur la collusion des actuels journalistes de télévision avec les actuels hommes politiques.

lundi 25 février 2008

Pour grand que soient les Rois...

On s'est offusqué dans les média de la réaction inattendue, vive, et... surprenante du Président de la République, aux insultes d'un quidam qui refusait de lui serrer la main, le tutoyait, prétextait avoir été sali par le contact avec lui. Il faut bien comprendre ce que peut représenter pour un homme politique surchargé de responsabilité, quotidiennement attaqué dans sa personne par des journalistes inconséquents qui se moquent comme d'une guigne de l'état de notre pays et n'ont qu'une idée en tête : décharger leur bile, faire suer leur haine d'un homme qu'il déteste, on ne sait pas trop pourquoi ; un homme qui est insulté par le Canard enchaîné, traqué par Le Monde, hebdomadairement brocardé par Jean-François KAHN et Marianne, subtilement contré par France Info et France 3. Jamais, on n'a vu un tel lynchage médiatique. Encore une fois, je ne suis pas un inconditionnel de notre Président. Mais je considère qu'il essaye de trouver des solutions à des problèmes politiques, économiques et sociaux qui pourrissent la vie de notre pays depuis 30 ans, problèmes qu'aucun des Présidents Bouddhas qui l'ont précédé n'a essayé de résoudre, en vertu de l'adage bien connu : "il n'est nul problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre". Je trouve indigne les basses critiques de la plupart des chefs de l'opposition. Et je leur rappelle ce vers du Cid : "Pour grands que soient les Rois, ils sont ce que nous sommes/Et peuvent se tromper comme les autres hommes". En d'autres termes, on ne peut reprocher à un homme insulté de réagir vivement à l'insulte, même si la chose est étonnante de la part d'un Président.
J'ose dire que ceux qui attisent ainsi le feu et la haine prennent le risque de faire assassiner l'actuel Président, en en faisant le réceptacle unique des plaintes, des frustrations, des désirs inassouvis et souvent peu légitimes, du ressentiment, des aigris de tous poils et de toutes les échelles de la société. Je voudrais bien avoir tort. Mais si jamais un attentat était perpétré contre lui (après tout, mis à part le faux attentat contre monsieur MITTERRAND, qui n'était pas encore Président, il y a déjà eu deux tentatives d'assassinat de nos Présidents : l'une contre le général de GAULLE, l'autre contre le Président CHIRAC), vous vous souviendrez que je vous avais mis en garde. A Dieu ne plaise que vous ayez jamais cet effort de mémoire à faire.
PS : Si je fais allusion à un possible attentat, c'est que le risque m'en a été suggéré par une personne que je rencontre régulièrement dans le cadre de l'accueil que l'Association Tibériade, dont je fais partie comme bénévole, offre aux personnes séropositives qui y cherchent écoute, bienveillance et soutien fraternel.