jeudi 30 juin 2011

Quelques précisions

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Je viens de regarder les journaux télévisés, et les reportages sur le retour de nos deux compatriotes enlevés par des taliban (pas de s à taliban).
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Il est important, pour respecter les faits, de souligner que les deux reporters nient avoir été informés du danger par l'armée (ou des personnes informées et qualifiées). L'un d'eux indique qu'ils ont été vendus par un taliban infiltré, lors de leur passage à un "check point". Le détail est important. Il signifie qu'au delà de ce point de contrôle, la zone n'était plus sûre, et qu'il était le dernier installé. Il s'agit donc de savoir si leur voyage au-delà de ce point de contrôle était motivé par un travail journalistique commandé par la chaîne, où s'ils l'ont accomplis de leur propre chef. La manière dont le général GEORGELIN parlent des deux journalistes semble suggérer qu'ils ne les tient pas en très haute estime et que c'est la deuxième hypothèse qui est sans doute la bonne.
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Autre élément. Les ex-otages ont eu, eux, une pensée forte et émue pour ceux de nos compatriotes que des fous retiennent encore prisonniers. Ils n'en connaissaient pas les noms, et pour cause, puisqu'on ne les a jamais nommés, à la différence de tous les ex-otages appartenant au monde journalistique (Jean-Paul KAUFFMANN, Florence AUBENAS, Jean-Louis NORMANDIN). Mais ils ont eu ce mouvement d'humanité qui semble bien avoir fait défaut à madame BEAUDOUX (de France Info).
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Dernier élément. Sur le site de France Info même, il est indiqué par un autre journaliste que si les nombreuses tentatives faites pour les faires libérer ont échoué, c'est en raison du double jeu d'un proche du Président KARZAI. Il faut croire qu'il y a des cloisons étanches entre les divers services de France Info. Si madame BEAUDOUX avait eu connaissance de ce détail, elle n'eût pas craché son fiel et distillé son venin. Je lui recommande vivement de lire un peu l'histoire de l'Afghanistan. Elle verra comment le Général anglais ELPHINSTONE parti de KABOUL à la tête de 16500 hommes (dans les années 1840) pour rejoindre les  Indes via DJELALLABAD a vu sa colonne presque totalement anéantie. Un seul survivant, un médecin militaire a pu raconter la genèse du désastre. Le Général lui même a été fait prisonnier avec quelques officiers de haut rang et il est mort en captivité. Le souverain afghan lui avait assuré qu'il pouvait partir tranquille, s'adressant à lui en une langue comprise du militaire, mais toujours devant lui, et dans une autre langue, il avait donné l'ordre à ses sbires d'anéantir la colonne. Il faut bien comprendre cette mentalité, très proche de celle qui a cours en Iran. Allez, un petit effort madame BEAUDOUX. Et vous arriverez presque à passer pour objective.
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Je m'absente demain. Reprise samedi soir.

France Info a encore frappé

Nos deux compatriotes, Hervé GHESQUIERE et Stéphane TAPONIER, ont dont retrouvé la liberté et sont de retour en France. Nous devrions, medias en tête, nous réjouir de ce retour. Au lieu de cela, madame Clara BEAUDOUX, sur le site de France Info, fait la fine bouche. C'est tout juste si elle n'impute pas à l'exécutif le long exil de ses confrères. Elle a un sacré culot. Je me permet de rappeler ici une petite remarque de Bernard LECOMTE dans le livre d'entretiens qu'il a eu avec Marc LEBOUCHER sur Benoît XVI : "Il est toujours plus facile de dire le bien et le mal que de distinguer le vrai du faux." Madame BEAUDOUX devrait méditer cette parole avant de dire n'importe quoi dans cet article où elle insinue que l'armée, les gouvernement et l'Elysée ont fait des erreurs, et qu'elle intitule : "Crise des otages : les maladresses de la communication élyséenne". C'est que madame BEAUDOUX ne veut pas que l'exécutif puisse tirer quelques bénéfices d'une libération à laquelle il n'est probablement pas étranger. Ca lui ferait mal au sein !
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Permettez-moi d'abord, pour le respect des faits, de vous renvoyer à mon billet du 28 avril 2011 : "Rétablir la vérité"'. Je n'ai pas à revenir, en ce moment de liesse, sur les faits. Ils mettent en évidence la présomption de ces deux journalistes, qui ayant terminé leur mission, ont pris sur eux, malgré l'avis défavorable des militaires d'entreprendre une excursion en territoire dangereux, alors que leur avion était sur le tarmac prêt à décoller dans les heures proches.
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Oui, madame BEAUDOUX, Claude GUEANT, alors sécrétaire général de l'Elysée, a eu raison de dénoncer" l'imprudence coupable" de vos confrères. Vous utilisez un conditionnel "dont aurait fait preuve les deux reporters" pour commenter cette opinion. Mais c'était une imprudence, et votre conditionnel n'est qu'un moyen de mensonge pour dédouaner vos confrères. Et monsieur SARKOZY a non moins eu raison d'ajouter quelques jours plus tard : "Il sera temps, une fois qu’on les aura fait revenir dans leurs familles, de voir ce qui s’est passé, et pourquoi ils se sont conduits comme cela".
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Ces déclarations suscitent l’indignation, dites-vous. On se demande bien pourquoi eu égard aux faits. Faut-il ajouter que les deux journalistes avaient affirmé leur solidarité avec les taliban (pas de s à taliban) ?
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Deux mois plus tard, nouvelle indignation face aux propos du général Jean-Louis Georgelin, le chef d’état-major des armées qui déclare que le gouvernement a "déjà dépensé plus de dix millions d’euros pour cette affaire". Chère madame BEAUDOUX, que savez-vous du coût des opérations aériennes et terrestres conduites par nos armées afin de localiser et de récupérer nos ôtages ? Ces opérations mettaient en jeu la vie de nos soldats ; mais ils sont payés pour ça pourriez-vous rétorquer avec cette froide indifférence qui caractérise les esprits de système. Et vous n'en avez cure, des dangers encourus par eux.
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Vous déplorez une succession de faux espoirs, faites allusion au coup de téléphone du Président SARKOZY du 14 février 2010, aux familles des ôtages (pas aux médias) pour leur annoncer une libération probable. Espoir déçu. "Il a parlé trop vite dites-vous". Car bien entendu, vous étiez au bout du fil, que dis-je vous étiez sur place dans les vallées pierreuses de l'Afghanistan, et vous connaissez par coeur les moeurs et les façons de faire de ses habitants. Vous devriez être professeur aux Langues O', pour dire avec tant d'aplomb des énormités de ce genre. Créditer les Afghans des modes de pensée d'un journaliste occidental est risible. Renseignez-vous. Toutefois, je vous accorderai volontiers que nos responsables ont fait preuve de naïveté en croyant à la parole de leurs interlocuteurs. On ne saurait leur en tenir rigueur.
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Et vous glosez, et vous commentez, vous supputez, vous hypothétisez, vous imaginez : "Une succession de faux espoirs, dites-vous, qui met à rude épreuve les familles. Le comité de soutien met alors carrément en doute publiquement la réalité des tractations. Des rumeurs à répétition, qui ont même fait douter les membres du comité de soutien à l’annonce de la libération. 'On avait reçu plein de fois des nouvelles positives', 'on nous disait à chaque fois qu’ils allaient être libérés', expliquent plusieurs membres du comité de soutien. 'Les rumeurs, depuis un an et demi, ça avait été quelque chose de très dur à vivre', ajoute Florence Aubenas." J'aurais tendance à accorder plus de crédit à cette remarque, qui vient d'une personne ayant fait l'expérience de la vie d'ôtages, qu'à vos malveillances infondées, madame, et purement intellectuelles.-
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Tiens, à propos, connaissez-vous le nom de nos trois compatriotes, membres d'une organisation humanitaire retenus en ôtage, probablement par des islamistes, au Yémen ? Ils n'ont pas le bonheur d'être des militants actifs de gauche. Ils ne sont pas journalistes. Leurs portraits ne sont pas affichés sur la façade de la mairie de Paris, non plus qu'aux Journaux Télévisés. Ils étaient seulement là au service des pauvres et des malades. Je vous plains, Claire BEAUDOUX, je vous plains extrêmement. Et j'espère que vous mettrez à défendre la cause de ces trois ôtages la même énergie que celle que vous avez déployée pour critiquer ceux qui, n'étant pas de votre bord idéologique, ont cependant tout fait pour la libération des deux reporters. Vous devriez au moins leur reconnaître ce succès, au lieu de gérer, bien mal, le ministère de la parole malveillante.

mercredi 29 juin 2011

Primaires au Parti Socialiste

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Madame AUBRY a donc présenté hier sa candidature aux élections primaires du PS. Elle l'a fait, disent les journaux, depuis et dans son "fief" de LILLE. Jolie manière de désigner le pré carré que le PS s'est taillé dans la région, à coup de subventions, de rattachement de communes périphériques socialistes à la ville de LILLE (pour garder la mairie), de politique clientéliste. La langue trahit et traduit toujours une réalité. Mais le PS n'est pas le seul à  avoir agi ainsi. Il fut un temps où, régnant en maître à PARIS, le RPR a pratiqué la même politique.
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Il vaut la peine de regarder en face ces élections primaires : sont candidats François HOLLANDE, Martine AUBRY, Ségolène ROYAL, Manuel VALLS, Arnaud MONTEBOURG. C'est d'abord de ce dernier que je voudrais parler. Stéphane LENEUF a fait paraître en 2010 un livre intitulé Le goût du pouvoir. Rencontres avec les jeunes loups de la politique. Je n'ai pas eu le temps encore d'en lire la totalité. Mais bien de ces jeunes loups sont mis gentiment sur le grill par l'auteur : François BAROIN, Manuel VALLS, Jean-Christophe LAGARDE, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Benoît HAMON, Najat BELKACEM, etc. et bien entendu Arnaud MONTEBOURG.
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J'ai lu le chapitre consacré à l'entretien que LENEUF a eu avec Arnaud MONTEBOURG. Le jeune loup y apparaît sous un jour nettement plus sympathique et ouvert que dans les interventions qu'il destine aux médias. Il n'a pas sa langue dans sa poche. Voici quelques réponses  aux questions et réflexions que lui fait l'auteur.
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(a) "[...] Je pense qu'il y a un problème de renouvellement des dirigeants politiques, parce que le parti est un héritage ainsi qu'une sorte de système de protection d'intérêts acquis. Toute remise en question est donc vécue comme un danger, alors qu'elle serait d'une grande utilité. Dans la vie ce sont souvent les héritiers qui dilapident le patrimoine et le capital du fondateur [NdT : Il s'agit ici du capital mitterrandien]. Pour moi le Parti socialiste est aujourd'hui dans cette situation."
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(b) Arnaud MONTEBOURG explique ainsi les raisons de l'échec de 2007, et le report de nombreuses voix socialistes sur François BAYROU :
"Les électeurs se détournent parce que le Parti socialiste a dix ans de retard par rapport à la société. Il y a un problème d'immobilisme. L'ancienne génération a transformé le parti en parti conservateur. Préserver des positions acquises, défendre des fromages, cela ne représente pas mon parti socialiste ! Je ne suis pas d'accord avec cela, donc je cherche à le transformer. Je pense que c'est rattrapable, mais il y a un moment où l'on ne pourra plus passer notre temps à rattraper. Le jour où je serai convaincu que ce n'est pas possible, je le quitterai. On approche du moment de vérité. Ce sera sans doute avant 2012."
Arnaud, vous souviendrez-vous de ce que vous disiez si justement au début de l'année 2010 ?
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(c) Et à propos de l'audace de Nicolas SARKOZY qui a recruté de nombreux quadras comme ministres, Arnaud MONTEBOURG déclare :
"Ils [NdT : Les quadras du Président.] n'ont pas eu la malchance d'avoir Lionel JOSPIN qui n'a jamais eu l'idée de préparer sa succession puisqu'il était persuadé d'être élu. C'est par orgueil que ces choses-là se sont passées ! Je me souviens qu'au moment du départ de l'équipe gagnante de 1997 avec Martine AUBRY et Dominique STRAUSS-KAHN, il a été décidé de réinstaller Laurent FABIUS et Jack LANG alors qu'il aurait fallu nous aider et faire monter une nouvelle génération. Le PS donne des coups à ses enfants. Tout cela, c'est la faute de Lionel JOSPIN qui a ossifié le parti !"
Cher Arnaud, conviendrez-vous avec moi que la stratégie conservatrice du PS et de ses éléphants n'a guère varié. Vous citez deux noms de l'équipe gagnante de 1997, Marine AUBRY, Dominique STRAUSS-KAHN, des noms que précisément on retrouve ou aurait dû retrouver aux primaires. Aurez-vous le courage de quitter ce parti de fossiles ?
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Je dois dire que dans de nombreux billets précédents, je n'ai guère été tendre avec Arnaud MONTEBOURG. Je tempérerais volontiers mes critiques en lisant les déclarations qu'il fait dans ce livre. S'il persiste dans ses analyses et s'il a la force de proclamer ses convictions, il a certainement de l'avenir. On peut espérer qu'il n'attendra pas d'être centenaire.

mardi 28 juin 2011

Réponse à la question d'un lecteur

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Que pensez-vous de la peine de mort, me demande un(e) lecteur (trice) dans un commentaire fait hier ? Je note d'abord qu'il (elle) en est partisan(ne), qu'il (elle) donne des exemples effroyables de crimes horribles, et qu'à entendre leur description, on comprend l'envie qui nous prend de supprimer les monstres qui les ont commis. Mais CORATINE sait que je suis un farouche opposant à la peine de mort
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Je vais essayer d'expliquer le plus clairement possible pourquoi. La peine de mort peut satisfaire à deux fins : (a) la prévention des crimes ; (b) la réponse de la société, une fois le crime commis. Il faut donc examiner l'adéquation de la peine et des objectifs visés.
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Pour autant que j'ai pu lire sur le sujet, il ne semble pas que la peine de mort ait un effet dissuasif sur les sujets violents, souvent compulsifs, qui agissent sous le coup de la colère ou de la passion, et qui de toute façon espèrent bien échapper à la peine en se cachant, en fuyant, en faisant usage de toutes les astuces qu'un esprit faux peut avoir en tête. Il s'agit là du premier type de crime, que l'on peut ranger dans la catégorie des "crimes passionnels". Il y a aussi les crimes prémédités. Ils soulèvent bien des questions. Planifier, organiser un meurtre suppose un sang-froid et une cruauté glaciale. Ce sont en général des pervers qui en sont responsables. La mort ne leur fait pas plus peur que la mort qu'ils infligent à autrui, et là encore, je doute de la valeur dissuasive de la peine capitale. Je ne parle pas des crimes affreux commis par les esprits dérangés. Là encore, effet dissuasif nul. Il faut toutefois signaler que du temps où elle existait, la peine de mort empêchait les truands de tuer les policiers ou les membres des forces de l'ordre pour se protéger. C'était là un réel effet dissuasif.
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La réponse de la société aux crimes et criminiels consiste à retrancher de la société des hommes, des hommes qui ne sont plus jugés dignes d'en faire partie. Il s'agit là tout simplement de l'assouvissement de l'esprit de vengeance lequel ne résoud rien. Elle suppose qu'il n'y a pas de rédemption possible pour ces criminels. J'ai là à dire deux choses : la première, c'est qu'un homme convaincu de crime, et de crime affreux, doit être privé de liberté, effectivement, réellement, et pour le restant de ses jours, sans possibilité de libération anticipée. Il faut pour cela disposer de prisons adaptées qui ne transforment pas les prisonniers en bêtes fauves, prêtes à tout ; la seconde est qu'infliger la mort à un criminel revient à estimer qu'il lui est impossible de changer, qu'il n'y a pas de rédemption possible pour lui. Or l'histoire pénitentiaire montre qu'en prison, condamnés à mort ou non, souvent se convertissent et finissent comme des saints ou des mystiques. On connaît l'histoire de Jacques FESCH qui rentrent dans la catégorie des premiers. On connaît moins l'histoire de ce responsable khmer rouge qui a rencontré la foi, a demandé pardon à ses victimes et accepte par avance le jugement des hommes. En somme, il ne faut jamais désespérer de l'homme, jamais l'enfermer dans un acte ou dans une parole, fussent-ils criminels.
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Je ne sais pas si j'ai répondu à CORATINE de manière satisfaisante. Mais j'ai essayé de le faire le plus honnêtement possible.

lundi 27 juin 2011

Petites et grandes scènes qui révoltent

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Claire est baptisée depuis trois ans. Sa rencontre avec Jésus glorifié en Christ a été décisive. Sa vie est transformée. Elle a trois enfants, Diane, Ariane et Achille. A la suite de sa conversion, son mari est devenu littéralement fou furieux. Elle a décidé de divorcer. Il a plaidé, pour avoir la garde de ses enfants, que sa femme faisait partie d'une secte. Il a perdu. Mais, comme il est de règle, il a la garde périodique des trois petits et, quand il les a avec lui, il passe son temps à démolir par ses remarques ce qui est pour lui des bondieuseries, et la mère de ses enfants. Il semble qu'il soit écouté d'une oreille attentive par Achille, qui doit avoir une dizaine d'années, et qui ne prive plus pour ricaner quand sa maman parle de ce à quoi elle croit. Claire avait l'intention d'emmener ses enfants à Parys-le-Monial pendant les vacances. C'est un lieu de pélerinage et un centre de prières pris en charge par la communauté de l'Emmanuel. Référé du père auprès du juge des affaires familiales. Le juge donne raison au père. Claire ne pourra pas emmener ses enfants à Paray-le-Monial : "Vous comprenez, dit cet imbécile (au sens de BERNANOS), il y a du religieux à Paray-le-Monial. Vous risquez d'influencer les enfants". Ainsi, un père a parfaitement le droit de démolir dans l'esprit de ses enfants tout sentiment religieux, toute aspiration à la transcendance, mais une mère n'a pas le droit de leur faire une autre proposition que celle de la République laïque, antichrétienne, anticléricale. Nombre de Magistrats font partie de ces sociétés de pensée discrètes ou secrètes, aux mains desquelles notre patrie a été livrée dès l'avènement de la 3ème République. Ceci explique cela (voir la lutte de monsieur Eric de MONTGOLFIER à Nice). Permettez-moi de vous rappeler ici une parole de cet autre imbécile, je veux dire le petit père COMBES, un ancien séminariste : "J'entends aussi me prévaloir des lois de la Révolution et faire triompher en matière de politique religieuse l'esprit de la Révolution" (cité par Defendente GENOLINI dans le numéro du journal gratuit Direct Matin daté de ce jour). Ils n'ont pas lâché prise ; ils n'entendent pas lâcher prise, ces penseurs de l'ombre. Un jour viendra où les chrétiens devront payer pour louer des Églises qu'ils ont construites au fil des siècles, des Églises qui serviront aussi de salle de cinéma, de salle de bal, de salle des ventes voire de lupanar. Monsieur le juge, vous n'avez pas été juste avec Claire. Vous n'êtes pas un honnête homme. Vous êtes un sectaire. Votre fonction mérite certes le respect ; votre personne, c'est une autre affaire.
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C'est avec stupeur que je lie dans le journal Valeurs actuelles la lettre ouverte que le père Julien de POMMEROL, aumônier militaire du 2e Régiment étranger de parachutistes a été obligé d'envoyer au Ministre des Armées Gérard LONGUET. Je résume : le père de POMMEROL fait poser par monsieur BOUCHET, député, une question audit ministre (Question écrite 100.539 publiée au Journal Officiel du 22 février 2011). Celui-ci répond à cette question écrite dans le Journal Officiel du 17 mai 2011. On admirera au passage la promptitude avec laquelle le Ministre répond à un homme qui tout de même risque sa vie pour notre pays, puisque, sans prendre part aux combats, il accompagne nos soldats en opération. Monsieur le Ministre LONGUET met en cause l'exactitude des faits narrés par l'aumônier dans son rapport de mission, sans que celui-ci ait jamais été entendu. Voici trois paragraphes de la réponse pleine de dignité du père de POMMEROL.
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"J'aurais pourtant pu vous préciser le sens de ma démarche [si j'avais été entendu]. Je le fais donc ici, et publiquement, puisque mon honnêteté est maintenant mise en cause publiquement. Ce que je dénonce dans le rapport n'est en fait que le prolongement de ce qui se passait il y a vingt ans lors de la guerre du Golfe. Déjà, la soumission à l'islam est flagrante.
Cela commence à l'arrivée au port de YANBU (Arabie Saoudite), lorsque les soldats français débarquent des bâtiments de la Marine nationale. La police religieuse saoudienne les attend au bas de la passerelle, vérifiant en écartant les cols des treillis, que les militaires ne portent pas de croix autour du cou ; et si c'est le cas, la croix est retirée, mise dans une enveloppe et retournée en France.
Avant même d'arriver, des consignes incroyables ont été données : ne pas transporter de porc ou d'alcool dans ses bagages ; ne pas s'en faire envoyer dans les colis (la prévôté a même la mission sur place de le vérifier en ouvrant des colis au hasard, confisquant et détruisant les victuailles interdites par l'islam) ; ne pas arborer de croix rouges sur les véhicules sanitaires... Tout cela en dit long sur l'état d'esprit de la mission et ceci jusqu'au bout..."
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Cher monsieur le Ministre, feriez-vous partie, vous aussi de la cohorte des imbéciles (au sens de BERNANOS), et d'une sous-cohorte plus terrible encore, celle des imbéciles lâches ? Faudrait-il que nous acceptassions les mosquées dans nos villes et les prières publiques dans nos rues sans exiger la réciprocité de mesures de même nature vis-à-vis des chrétiens dans les pays musulmans ? Vous combattez, dites-vous, la xénophobie et le racisme du FN, mais vous encouragez celui des musulmans les plus fanatiques. Pour dire le vrai, si nous avons le sentiment que l'islam envahit notre patrie, c'est parce que nous avons renié la foi de nos pères et que nous ne sommes plus capables d'évangéliser, ni par la parole, ni par l'exemple, et ce avec la bienveillante complicité des plus sectaires de nos "élites".
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Le cas de Claire est celui d'une petite scène, d'une scène minuscule sans doute, qui révolte au plus profond d'elles-mêmes, les âmes droites. Le cas de nos soldats est celui d'une grande scène, d'une scène majuscule qui révolte silencieusement un nombre croissant de nos compatriotes ; ils pensent que le prix de la dignité vaut bien que l'on se prive de pétrole. Et si les musulmans veulent s'étriper entre eux, finalement, je suis en train de me demander s'il n'est pas plus productif de les laisser faire. Plus un soldat français ne doit mourir en Afghanistan après avoir transité par des pays aussi "tolérants" que l'Arabie saoudite. Nous n'avons rien de bon à retirer de ces combats. Le gaz du TURKMENISTAN et de l'OUZBEKISTAN, et les richesses du sous-sol centre-asiatique, qu'ils restent là où ils sont. Les multinationales attendront des jours meilleurs pour agrandir leur pré-carré.
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C'est tout pour ce soir.

dimanche 26 juin 2011

Billet compensateur N°2

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Jusqu'ici, je n'ai rien compensé du tout. Mais nous sommes dimanche et je puis encore produire aujourd'hui deux billets pour retrouver un niveau de publication quotidien.
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Dans le droit fil du billet d'hier, je vais encore vous parler de l'égalité en vous citant celui qui en le mieux dévoiler l'imposture qu'il associe au caractère politique des Français, je veux parler encore de TAINE (Livre troisième, Le Régime Moderne. Objet et mérites du système. In  Les Origines de la France contemporaine).
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"Dans les objets et les individus, le Français saisit aisément et vite un trait général, quelques caractères commun, ici ce caractère est la qualité d'homme ; il la détache avec dextérité, il l'isole nettement, puis d'un pas leste et sûr, en droite ligne, il se lance sur le grand chemin des conséquences. Il a oublié que sa notion sommaire ne correspond qu'à un extrait, à un très mince extrait de l'homme total ; son opération tranchante et précipitée dérobe à ses regards la plus grande partie de l'individu réel ; il a omis quantité de caractères, et les plus importants, les plus efficaces, ceux que la géographie, l'histoire, l'hérédité, l'habitude, la condition, le travail manuel ou l'éducation libérale imprime dans l'esprit, l'âme et le corps, et qui, par leurs différences, constituent les différents groupes, locaux ou sociaux. Tous ces caractères, non seulement il les néglige, mais il les écarte ; ils sont trop nombreux et trop compliqués ; ils le gêneraient pour penser. Autant il est propre aux pensées distinctes et suivies, autant il est impropre aux pensées complexes et compréhensives ; en conséquence, il y répugne, et, par un travail secret dont il n'a pas consciences, involontairement, il abrège, il simplifie, il écourte ; désormais son idée, même partielle et superficielle, lui semble adéquate et complète : à ses yeux , la qualité d'homme prime et absorbe toutes les autres ; non seulement elle a une valeur, mais cette valeur est l'unique. Partant tous les hommes se valent, et la loi doit les traiter en égaux. - Ici, l'amour-propre, si vif et si promptement susceptible en France, intervient pour interpréter et appliquer la formule : Puisque tous les hommes se valent, je vaux n'importe quel homme ; si la loi confère un droit aux gens de telle ou telle condition, fortune ou naissance, il faut qu'elle me le confère aussi. Toute porte qui leur est ouverte doit m'être ouverte ; toute porte qui m'est fermée doit leur être fermée : autrement on me traite en inférieur, je suis froissé dans ma fibre intime."
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Voilà la plus belle description de l'esprit de système qui est si particulier à l'esprit français et qui irrite tant nos voisins européens. Notre cher Hippolyte continue un peu plus loin :
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"Telle est la composition interne de l'instinct égalitaire, et tel est l'instinct naturel des Français : il est bienfaisant ou malfaisant, selon que l'un ou l'autre ingrédient y prédomine, tantôt le noble sentiment de l'équité, tantôt la basse envie de la vanité sotte, mais, sain ou malsain, sa force en France est énorme, et le régime nouveau [NDT : celui de Napoléon BONAPARTE] lui donne toutes les satisfactions, les bonnes comme les mauvaises."
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Il semble bien que dans l'esprit public contemporain, ce soit l'égalitarisme malfaisant, égoïste et utilitaire qui serve de dogme central aux doctrines politiques. Mais cette passion malfaisante vient de loin, et bien des observateurs politiques contemporains de TAINE l'avaient déjà noté. Je vous en parlerai demain.
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Billet compensateur N°1

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Voici le premier des billets compensateurs dont je vous avais fait briller, chers lecteurs, la très hypothétique parution, avant de m'absenter pour deux jours.
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Grande discussion avec un ami sur la notion d'égalité des droits réclamée par les personnes homosexuelles. Pour lui, c'est une évidence. Le mariage entre un homme et une femme est une institution culturelle et il n'y a aucune raison de l'interdire pour des sujets de même sexe.
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Bien entendu je ne suis pas du tout d'accord.

(1) Tout d'abord, je trouve très curieux qu'à une époque où le mariage lui-même est mis en question (le nombre des PACS explose, les naissances hors mariages sont aussi nombreuses que les naissances dans le mariage, les divorces augmentent de façon vertigineuse, et les médias, dans le droit fil des idées soixante-huitardes, vantent les aventures extra-conjugales, les amants, les maîtresses, les familles recomposées), des personnes homosexuelles exigent le droit au mariage et je me pose donc la question : que recouvre cette exigence d'une égalité des droits ? Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je suis bénévole dans une Association qui accueille des personnes séropositives dont nombre ne cachent pas leur homosexualité. C'est une expérience unique et d'une rare richesse. Pour me faire une idée de l'état de leur opinion, je les ai récemment interrogées. Hormis l'une d'elle (taille de l'échantillon sondé très faible et résultat non représentatif mais seulement indicatif), aucune n'exige que la loi autorise le mariage entre deux personnes de même sexe. J'ai simplement noté chez nos amis un certain regret de ne pas avoir d'enfants. J'ai trois réponses à donner à la question ci-dessus. (a) La revendication est portée par les partis politiques de gauche. Du reste les journaux télévisés que j'ai pu regarder hier soir et qui rendaient compte de la Gay Pride nouvelle formule (Journée des Fiertés) ont bien souligné que des hommes politiques participaient à la manifestation, et qu'ils appartenaient en majorité au PS ou aux partis situés plus à gauche. J'ai pu ainsi voir parader (au sens étymologique : participer à la parade) monsieur MELANCHON. Il s'agit pour ces partis de s'attacher les minorités pour remporter les élections présidentielles, lesquelles en effet se gagnent à la marge. Toutefois, il se peut aussi que cette adhésion soit une adhésion de conviction et non d'intérêt. (b) La revendication est destinée à "normaliser" un état de vie qui certes n'a pas à être jugé moralement par la société des hommes, mais qui est l'objet d'un jugement négatif des personnes homosexuelles sur elle-même. Là, je suis certain de ce que j'avance, car j'ai constaté combien celles-ci ont du mal à accepter cette orientation sexuelle que par ailleurs elles n'ont pas choisie mais le plus souvent subie. (c) La revendication cherche à gommer, dans le désespoir, et en dépit de ce qu'en disent les médias, une orientation sexuelle perçue très souvent comme différente de l'orientation normale. En somme, au lieu de faire travailler à une acceptation de soi-même, la revendication conduit à externaliser la culpabilité dévastatrice (et infondée), et  à la faire porter et annuler par la société et par la loi, comme si elles pouvaient tenir lieu de norme morale.
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(2) La revendication est aussi pour ses promoteurs un moyen d'ancrer dans l'esprit public que tout est culturel, et que la nature n'a rien à nous dire. Il y a là une erreur et une contradiction. Qu'on le veuille ou non, on naît sexué (hormis les très rares cas d'hermaphrodisme ou de mosaïque génétique). Et jusqu'à preuve du contraire l'appareil sexuel de l'être humain sert à deux fins : l'une est le plaisir, tout à fait légitime, l'autre la procréation. L'homme contemporain étant foncièrement auto-centré, il est heureux pour l'avenir de l'espèce que le sexe soit un moyen de plaisir, car il y a fort à parier que, dans le cas contraire, la population mondiale n'aurait pas cette dimension. En effet, beaucoup de conceptions ne sont que le sous-produit du plaisir, au lieu d'en être l'accompagnement. Et le développement massif des moyens de contraception est lié au besoin de dissocier les deux dimensions de la sexualité. Ce qui, je l'ai déjà dit, ne me paraît pas illégitime, à condition de ne pas se contenter sempiternellement que du plaisir. Les écologistes, par ailleurs, ne cessent de nous intimer que l'on doit un grand respect à la planète. Les uns le placent dans le cadre de l'avenir de l'humanité, les autres dans celui de la vénération que l'on doit à GAÏA, la déesse-terre. Mais si tout est culturel, il faut accepter l'idée que l'humanité a les moyens culturels et techniques de continuer sa course folle au progrès, et non pas considérer que la nature, même si elle ne pense pas, n'a rien à nous dire.
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Tout cela est d'une rare incohérence. Et le plus curieux, c'est que l'argumentation produite utilise les catégories de la logique, d'une logique dont elle ne cesse de dire qu'elle est dépassée.