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samedi 14 janvier 2017

14 janvier 2017. Nouvelles de la Résistance. Egalitarisme, égalité et hiérarchie

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR.
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(a) "L’égalité moderne, développée de nos jours outre mesure, a nécessairement développé dans la vie privée, sur une ligne parallèle à la vie politique, l’orgueil, l’amour-propre, la vanité, les trois grandes divisions du moi social. Les sots veulent passer pour gens d’esprit, les gens d’esprit veulent être des gens de talent, les gens de talent veulent être traités de gens de génie ; quant aux gens de génie, ils sont plus raisonnables, ils consentent à n’être que des demi-dieux. Cette pente d’esprit public actuel, qui rend à la chambre le manufacturier jaloux de l’homme d’État, et l’administrateur jaloux du poète, pousse les sots à dénigrer les gens d’esprit, les gens d’esprit à dénigrer les gens de talent, les gens de talent à dénigrer ceux qui dépassent de quelques pouces, et les demi-dieux à menacer les institutions, le trône, enfin tout ce qui ne les adore pas sans condition. Dès qu’une nation a très impolitiquement abattu les supériorités sociales reconnues, elle ouvre les écluses par où se précipite un torrent d’ambitions secondaires dont la moindre veut encore primer ; elle avait dans son aristocratie un mal, aux dires des démocrates, mais un mal défini, circonscrit ; elle l’échange contre dix aristocraties contondantes et armées, la pire des situations. En proclamant l’égalité de tous, on a promulgué la déclaration des droits de l’Envie."
In
Honoré de BALZAC.
La Comédie humaine. Béatrix. Bernard GAGNEBIN et René GUIZE, éditeurs. Bibliothèque de la Pléiade.
Gallimard, Paris, 1976, tome II, pp. 905-906.

(b) "La BRUYÈRE parle quelque part de cette vénération ardente et irréfléchie des pauvres à l’égard des grands. « Si les grands s’avisaient d’être bons, commente-t-il amèrement, ce serait de l’idolâtrie. »
On croit rêver aujourd’hui en évoquant cet état d’âme. Cela a existé cependant : cet incoercible besoin humain de voir la puissance unie à la pureté, de croire à un ordre social fondé sur la vérité intérieure, à quelque reflet temporel de la justice divine, ― ce pressentiment d’une grandeur étrangère et protectrice qui constitue, pour l’homme d’en bas, l’unique raison saine de vivre et de servir, entretint longtemps dans l’esprit du peuple, une image profonde et sacrée de la personne des grands. Peu d’envie alors (l’envie présuppose une espèce d’identité dans les vocations et les intérêts : ainsi un commerçant enviera les bénéfices d’un autre commerçant et non le « génie » d’un poète) : l’homme du peuple vivait trop la distance irréductible qui le séparait des grands pour envier ceux-ci autrement qu’en rêve."
In
Gustave THIBON.
Diagnostics. Essai de physiologie sociale. Préface de Gabriel MARCEL. Collection "Civilisation".
Librairie de Médicis, Paris, 1942, p. 43.

(c) "Quand il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi envers vous."
Jn 13, 12-15.
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2. COMMENTAIRES.
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Pour que l’ordre social que décrit THIBON (avec une certaine nostalgie) soit juste, il aurait fallu, il faudrait et il faut que les hommes qui ont l’honneur de gouverner leurs concitoyens (dans la cité ou dans l'entreprise), les grands par conséquent, unissent en leur personne la compétence, le désintéressement et le service des plus petits. C’est pourquoi, dans cet ensemble de citations qui se répondent, figure l’acte exemplaire et inouï de Jésus et du lavement des pieds.
L’instillation dans l’esprit public du poison de l’égalitarisme (qui n’est pas l’égalité) a conduit à la situation que décrit si bien BALZAC, et qu’a analysé avec une profondeur non pareille feu René GIRARD ; elle aboutit à l’envie et à la violence. Mais le comportement des grands nourrit cette envie et cette violence. Comment accorder du crédit et du respect à un homme qui, nuitamment, rejoint sa maîtresse, coiffé d’un casque, et chevauchant un scooter ? Comment accorder du respect et de l’estime à un fonctionnaire qui dépense sur fonds publics 40 000 euros pour ses déplacements en taxi, alors qu’il dispose d’une voiture de fonction ? Comment avoir de l’estime pour un député sans vergogne qui ne paye pas ses impôts mais continue de siéger à la Chambre en palpant ses indemnités ? Comment accorder du crédit à un maire qui planque ses avoirs à l’étranger ou à un responsable politique important qui a été condamné par la justice à plusieurs reprises ?
Si les grands, si les gens de la France d’en haut, dont parle si bien Christophe GUILLUY, ne sont pas exemplaires, il ne peut y avoir d’ordre social juste, et l’existence d’une hiérarchie sociale acceptable par tous n’est pas justifiable.
Et ce sont les champions de l’égalité proclamée, dont les bobos constituent une fraction non négligeable, qui sont, dans leur pratique sociale, les plus inégalitaires. En somme, il ne peut y avoir de hiérarchie acceptable que si elle répond à la plus haute exigence du service et du désintéressement. On en est loin.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Bachar El ASSAD et la France.

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Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens…







mercredi 5 août 2015

05 août. Nouvelles estivales de la Résistance : pourquoi ils veulent détruire la famille.

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Alors là, je redis sans hésiter que

ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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"L’utopie égalitaire butte toujours sur le fait incontournable de la famille. Faut-il alors la supprimer ou ici culpabiliser les parents qui parlent avec leurs enfants et dans une langue grammaticalement correcte au risque d’en faire des privilégiés ? Ou faut-il dissocier la culture scolaire de la culture dite bourgeoise, bannir VIRGILE et CHATEAUBRIAND et renoncer à sanctionner les fautes de français ? Les sociologues critiques évitent toujours d’aller au bout de leur démonstration. La tactique est payante : l’héritage culturel est reconnu coupable et cette condamnation a contribué aux réformes qui ont modifié le modèle culturel transmis par l’école. Or une telle pratique non seulement détache les Français de leur patrimoine culturel, mais elle peut également porter préjudice à ceux qu’elle prétend aider. Les savoir-faire que l’école devait traditionnellement transmettre – l’exactitude de l’orthographe, la correction de la syntaxe, la rigueur du raisonnement – n’ont évidemment pas perdu toute valeur aux niveaux supérieurs de l’enseignement et dans la vie professionnelle. Les plus pénalisés seront alors ceux qui ne trouveront pas dans leur famille les moyens de pallier les insuffisances de l’école."

In 
Philippe BENETON.
Le Fléau du bien, page 75.
[Cité par le modérateur d'une conférence de Philippe BENETON, intitulée Les fondements de la justice, dans À LA RECHERCHE D’UNE ÉTHIQUE UNIVERSELLE.]
Académie d’éducation et d’études sociales. (Collection "Histoire essentielle" de l’Éditeur.)
François-Xavier de Guibert, Paris, 2012.
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2. Commentaires.
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Comprenez-vous maintenant les raisons des lois sociétales, de la laïcité, de la loi de Séparation, l'instruction dite laïque qui n'est qu'obligatoire, assez peu gratuite, mais tout à fait dissolvante ? Ils veulent de toutes leurs forces, ces imbéciles, détruire la famille pour imposer la prétendue Egalité qui n'est jamais qu'un moyen de pérenniser leur pouvoir, leurs abus, leurs privilèges, leurs manipulations et leur tyrannie intellectuelle. Comprenez-vous pourquoi des JOFFRIN-MOUCHARD, ou des DELUCQ se permettent abjectement de se moquer de la maman de Vincent LAMBERT, comme si une mère n'était pas liée à son fils par toutes les fibres de son corps ? Comprenez-vous pourquoi ils veulent supprimer le latin ou le grec ou à tout le moins en restreindre le prestige culturel au point de le ravaler à une option archaïque certainement, amusante sans doute, mais tout à fait impropre à servir leurs desseins ; ils escomptent que quelques familles un peu ringardes perpétuent le système, comme si l'accès aux sources de notre langue ne devait pas être rendue possible à un maximum de jeunes ! Ils sont vraiment ignobles (sans noblesse) jusqu'au tréfonds de leur être. SCHOPENHAUER, toujours lui, disait que la liberté n'est pas logée dans l'action (operari), mais dans l'être (esse) lequel rend NÉCESSAIRE l'action quand bien même elle serait immorale. Il n'y a rien à attendre de responsables dont l'être est ce qu'il est.
Je pense que jamais nous n'avons eu des dirigeants aussi tordus, aussi venimeux, aussi invétérés dans leurs desseins et je me demande comment les Français peuvent encore les supporter. Ils n'aiment pas leur patrie, ils n'aiment que leur système de pensée qui leur fait exclure de la sphère de leurs concitoyens ceux qui ont le malheur de se mettre en leur travers.
BOUCAULT le sinistre peut avoir donné des ordres pour transformer le million et plus de manifestants de La Manif Pour Tous en 300 000, le réel est ce qui résiste, et la famille résiste. Ils auront sans aucun doute l'occasion de s'en rendre compte. Au cas terrifiant où l'imbécile bernanosien en chef viendrait à être réélu - ce qu'à Dieu ne plaise - il conviendrait alors que les opposants organisent une sorte d'exil intérieur et boycottent systématiquement les porte-coton médiatiques qui les encensent à la manière d'un porte-coton ! Cherchez dans un dictionnaire historique et vous comprendrez à quoi servait le Gentilhomme de la boîte à coton. Par décence, je n'en dirai pas plus.
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3. Informations diverses.
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Sentinelles-Veilleurs debout, le 1er août à VERONE (via un Tweet des Sentinelles de France).


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Les chrétiens chinois résistent aussi (photo du site du Salon beige).

Les autorités communistes ont fait enlever toutes les croix placés au sommet des Eglises et des Temples. Les chrétiens chinois résistent en brandissant pacifiquement des croix dans la rue, à leur pare-brise de voiture ou à leur fenêtre. Je ne vois pas de différences entre la prétendue Libre Pensée française qui entend supprimer la statue de Jean-Paul II ou les crèches des édifices publics, et les autorités chinoises. Ces initiatives procèdent de la même façon de pensée : le totalitarisme et la haine de tout ce qui est spirituel.











dimanche 24 mai 2015

24 mai 2015. Nouvelles de la Résistance : l'égalitarisme est criminel !

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Jours sombres pour l'humanité !
Raison de plus pour clamer sur tous les toits :

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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Si je ne craignais d'offenser la mémoire de mon cher Gustave, je dirais volontiers : "Chez THIBON, tout est bon". Jugez plutôt. Et surtout, allez jusqu'au bout.

"Soit dans l'ordre économique, soit dans l'ordre social, le libéralisme absolu est une monstruosité. Certes, les inégalités sociales sont naturelles dans leur fondement, mais il n'appartient pas à la seule nature de régler leur expansion et leurs rapports. Le libre jeu des intérêts et des appétits n'a jamais enfanté que de terribles désordres. Ici, comme dans tout ce qui est humain, la bonne nature ne se suffit pas à elle-même ; elle doit être à la fois respectée et achevée ; et c'est à la volonté humaine (en l'espèce au pouvoir politique) qu'incombe la tâche de coordonner et de contrôler les inégalités enfantées par la nature.
La tâche est ardue. Il s'agit d'intervenir sans blesser, d'organiser sans détruire. En face des inégalités naturelles entre les hommes, deux aberrations opposées guettent les pouvoirs publics : la première consiste à abandonner la nature à elle-même (c'est l'ancienne conception du libéralisme : laissez faire, laissez passer, le hasard s'en tirera mieux que nous...) ; la seconde à s'insurger contre la racine même de l'inégalité et à procéder à une espèce de refonte générale de la nature (et c'est l'idéal de l'étatisme socialiste). L'un vaut l'autre, et l'un appelle l'autre. L'étatisme suit implacablement le libéralisme absolu. [...]. Il est aussi insensé - en toute matière humaine, et a fortiori en matière sociale - d'abandonner la nature à elle-même que de lutter contre la nature.
[...].
Le passage à niveau constitue un merveilleux symbole de l'Etat socialiste et égalitaire. Une société naturelle a des hauts et des bas, des différences, une hiérarchie. Mais comme la nature est compliquée ! Et cette complexité, cette gradation, ce fourmillement d'inégalités et de privilèges dont la nature offre le spectacle apparaissent forcément, aux regards niveleurs d'un esprit nouveau-né, comme l'image du chaos ou, plus précisément, de l'injustice. [...]. On conçoit donc - et on tente de réaliser - un organisme social sur le modèle du passage à niveau. C'est la solution la plus simple, la plus facile, et surtout la plus équitable. Mais comme la facilité joue de méchants tours ! Il y a beaucoup de souplesse dans la vraie hiérarchie. [...]. Sur les passages à niveau, où se rencontrent les équipages les plus disparates, les catastrophes foisonnent. L'égalitarisme a nié les degrés (en fait, il est pénible autant qu'injuste de superposer la route et la voie ferrée.)  [...].
Confusion, collision... Il faut éviter cela. Alors surgissent les barrière et les gardes-barrières : une complexité infernale, rançon de l'utopique simplicité de la construction sociale. Le garde-barrière n'a pas de fonction sociale positive, il ne sert à rien - si ce n'est à protéger l'égalitarisme contre lui-même : son labeur, purement négatif, consiste à inhiber, hacher, perturber la marche de véhicules qui se croiseraient si harmonieusement, sans contrôle rigide, sans gaspillage de temps ni d'énergie, à condition de circuler à des niveaux différents ! Et malgré le fourmillement de barrières et de gardes-barrières, les catastrophes se succèdent, fatales, stupides. [...]."
In
Gustave THIBON.
Diagnostics. Essai de physiologie sociale. Collection "Civilisation".
Librairie de Médicis, Paris, 1942.
Au chapitre "Égalitarisme et fonctionnarisme ou le mythe du passage à niveau."
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2. Commentaire.
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J'ose dire que l'égalitarisme est criminel. La belle et carnassière Najat a expliqué que les opposants à sa réforme des collèges défendaient l'élitisme, et que son idée à elle était de promouvoir l'égalité. Il est évident que faire apprendre une deuxième langue étrangère à des gamins et gamines de 12 ans qui parlent à peine français, font une faute d'orthographe à chaque mot ou presque et ont un vocabulaire limité à 400 mots, va très certainement améliorer la connaissance de leur langue maternelle ! 
Il se trouve qu'au début des années 2000, alors que j'étais président de l'Institut pour la Promotion du Lien Social à STRASBOURG, un Institut créé à l'initiative du Pr Pierre KARLI - une sommité mondiale en matière d'agressologie - et du Dr Marc HAUG, un neurobiologiste du comportement lui aussi, nous avons entrepris une enquête dans les collèges du Bas-Rhin. Il s'agissait de voir comment les divers acteurs pédagogiques des Collèges tentaient de prendre en charge les élèves en difficulté. Nous avons visité et enquêté 20 % des collèges du Département : Principal, Conseiller principal d'éducation, Infirmière scolaire, Psychologue scolaire, Professeurs (notamment les responsables des SEGPA ; nous en avons examiné deux, l'une à SELESTAT, l'autre à STRASBOURG), autres personnels. (Un rapport, présenté à la presse par le Recteur d'alors a été publié par nos soins ; on peut se le procurer à l'IPLS, STRASBOURG.)
J'ai personnellement enquêté auprès des acteurs de 6 établissements (2 à SELESTAT, 1 à BARR, 3 à STRASBOURG). Je voudrais donner ici un témoignage concret.
Lors de l'entretien que j'ai eu avec monsieur M..., principal d'un collège de SELESTAT, un homme remarquable, bienveillant, d'une haute culture littéraire, lui-même poète excellent, j'ai appris que 15 à 20 % des enfants rentrant en sixième savaient à peine lire (ou ne le savait pas), que le même pourcentage d'enfants ne parlait pas français dans leur famille, mais la langue maternelle de leurs parents (notamment le turc, car la communauté turque est très importante dans cette région), que la moitié ou presque des enfants avaient un vocabulaire très pauvre (400 mots au maximum). Monsieur M... avait pris des initiatives remarquables pour tenter de rattraper ce retard, en instituant des heures de remise à flot en français mais aussi en mathématiques. Qui, aujourd'hui, peut dire que la maîtrise de la langue n'a aucune importance pour s'insérer dans la société ? Prétendre le contraire est criminel. Monsieur M... avait un réel souci de "ses" jeunes, et il avait adapté sa pédagogie en fonction de leur statut culturel.
La belle et carnassière Najat n'a cure de la réalité. Elle met des passages à niveau partout, des barrières et des gardes-barrières partout (y compris en dépêchant des inspecteurs généraux dans les établissements d'enseignement hors contrat, qui ne doivent rien à l'Etat). Utopie, totalitarisme, sectarisme, fanatisme... Il n'y a pas assez de mots pour qualifier les visions prétendument éducatives du "Ministre". Cette idolâtrie de l'égalité est un mensonge démagogique. Aristote disait déjà qu'il n'y a rien de plus injuste que de traiter également des gens inégaux. La vraie question serait donc : que faire, quelle structure imaginer, pour remédier à cette inégalité si aisément visible chez les préadolescents qui rentrent au Collège et qui obère si manifestement leur avenir professionnel ? L'inégalité par le haut n'entraîne, il s'agit de le dire haut et fort, aucun droit particulier. Elle confère à ceux qui pourraient aisément se dispenser d'emprunter les passages à niveau, des obligations singulières, faites de davantage de devoirs que de droit (hélas, le monde politique ne donne guère l'exemple, qui accumule des droits et des privilèges, et souvent croit pouvoir se moquer des lois [cf. Mme HIDALGO et son excès de vitesse sur le périphérique]).
Je redis haut et fort que l'égalitarisme est criminel et participe à la marginalisation sociale d'un nombre croissant de nos jeunes. Rappellerais-je que j'ai été enseignant pendant près de 40 ans et que j'ai sur le ministre un avantage certain dans ce domaine ?
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3. Informations diverses.

Merci au Salon beige
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L'Europe et la famille ; une conférence à FONTAINEBLEAU .

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Les mamans à l'honneur.

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A LYON, dictée, dîner au profit des écoliers d'IRAK.

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La christianophobie se porte bien !




lundi 11 mai 2015

11 mai 2015. Nouvelles de la Résistance. Dangers d'une démocratie sans transcendance...

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Frénésie de l'égalité à tous crins, matrice de la violence ! Il est bon de rappeler les dangers
qui menacent une démocratie sans médiation externe.

Car ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. Les citations du jour.
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Il y a des chances que je fasse bondir Pierre-Henri avec ces citations. Je me lance cependant, et je m'efforcerai de vous en montrer la pertinence. Elles sont toutes relatives aux dangers d'une égalité dépourvue de médiation externe. Je supplie mes lecteurs fidèles d'avoir la patience et l'attention nécessaires à la compréhension exacte de ce que signifie l'ambition de nos gouvernants depuis l'avènement de l'idéologie révolutionnaire.

(a) De Thomas HOBBES (Leviathan. Traduction française de François TRICAUD, Sirey, Paris, 1983).

"Si deux hommes désirent la même chose alors qu'il n'est pas possible qu'ils en jouissent tous les deux, ils deviennent ennemis."

(b) De Stéphane VINOLO, (René Girard : du mimétisme à l'hominisation : la violence différante (a sic).

"Ce que nous permet de penser GIRARD, c'est que plus je suis proche de quelqu'un et paradoxalement, plus la violence augmente. Il est donc possible de comprendre par avance par cette double face du désir mimétique, comment les désirs peuvent à la fois être ce qui rapproche les hommes, et en même temps ce qui déclenche la violence entre eux. Mais d'un autre côté, l'impossibilité pour deux individus de détenir, ni même de convoiter un même objet tend à les éloigner, en en faisant des rivaux."

(c) Du même.

"[...], la disparition du pouvoir divin, ouvre la possibilité théorique à chaque citoyen d'occuper la place la plus haute de la nation, et cette possibilité théorique depuis la modernité politique s'est faite de plus en plus réelle. Par conséquent, là où la convoitise régnait entre les quelques membres d'une famille royale, celle-ci s'étend désormais, celle-ci s'étend désormais par contagion à l'ensemble des citoyens.

(d) D'Alexis de TOCQUEVILLE. (De la démocratie en Amérique. II, 2, Chapitre 13. Editions Robert Laffont, Paris, 1986).

"Quand toutes les prérogatives de naissance et de fortune sont détruites, que toutes les professions sont ouvertes à tous, et qu'on peut parvenir de soi-même au sommet de chacune d'elles, une carrière immense et aisée semble s'ouvrir devant l'ambition des hommes, et ils se figurent volontiers qu'ils sont appelés à de grandes destinées. Mais c'est là une vue erronée que l'expérience corrige tous les jours. Cette même égalité qui permet à chaque citoyen de concevoir de vastes espérances rend tous les citoyens individuellement faibles. Elle limite de tous côtés leurs forces, en même temps qu'elle permet à leurs désirs de s'étendre."
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2. Commentaires.
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Pour bien comprendre les dangers de l'égalité politique telle qu'elle est conçue depuis l'avènement de la Révolution française et de l'idolâtrie de l'égalité ("je rigole" aurait dit COLUCHE) en général et de l'égalitarisme en particulier, il faut d'abord comprendre ce qu'est un médiateur et la médiation. Il y a deux types de médiateur (selon René GIRARD) : le médiateur externe et le médiateur interne. Le médiateur interne est un sujet (un être humain qui dit "je") qui fait d'un objet, quel qu'il soit, un objet désirable. Ce faisant il le désigne comme désiré et il le désire lui-même. Ce mécanisme est le fondement de l'action publicitaire : tout le monde doit avoir un I-phone, ou des vêtements de marque, ou encore faire du ski à bon compte dans diverses stations. Le médiateur externe est le sujet qui désire un objet, le déclare désirable, mais ne peut devenir un rival. Dans l'ordre humain, ce serait un roi : seuls peuvent désirer le trône les membres de la famille royale (essayons à cet égard de rentrer dans la mentalité du Prince Charles). Ce désir est interdit et même inimaginable pour qui n'est pas membre de cette famille. (Et c'est ainsi que la petite Charlotte Elizabeth Diana de CAMBRIDGE a été classé comme quatrième dans l'ordre de succession au trône de Grande-Bretagne). Mais la seule médiation externe qui exclut toute rivalité est la médiation divine. Nul ne peut prendre la place de Dieu. C'est pourtant ce que font systématiquement les hommes depuis les origines de l'humanité : que la Tour de Babel, l'Empire d'Alexandre, l'Empire du Premier Empereur QIN (QUIN SHI HUANGDI), le troisième Reich ne sont que des tentatives couronnées de malheurs, de destructions, de sang, pour se faire Dieu à la place de Dieu.
Quand dans le magazine Pilote parlait d'IZNOGOUD, le méchant vizir qui voulait être calife à la place du calife, il ne faisait qu'illustrer sur un mode plaisant, le désir mimétique et les initiatives violentes nécessaires à sa satisfaction.
Allons plus loin, la rivalité entre le Président SARKOZY et monsieur HOLLANDE est la démonstration parfaite de la justesse des vues de HOBBES. Les rivalités internes entre madame AUBRY et monsieur VALLS, idem. Et je ne parle pas des rivalités internes entre messieurs COPE et FILLON et maintenant, entre messieurs FILLON, JUPPE et SARKOZY. 
Comme le dit VINOLO, "en faisant des citoyens des gens égaux en droits, la modernité nivelle leurs désirs et fait des citoyens,  des concurrents de façon de plus en plus radicale."
Il est possible de sortir de cette spirale mimétique. On verra comment demain. Mais on peut déjà imaginer que c'est le recours à un médiateur externe inégalable que l'égalité peut s'instaurer sans faire régner la violence : ce médiateur a un nom, Dieu. Encore faut-il faire un inventaire. Il n'y a pas de démocratie possible sans transcendance.
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3. Informations diverses.
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Le week-end a été calme (via le Salon beige).
  • A Besançon samedi soir, les CRS ont essuyé des tirs de mortier (du type des feux d’artifices du 14 juillet)
  • A Marseille, la police a été caillassée par une cinquantaine d’individus
  • Des policiers circulant en voiture, à Villeneuve-la-Garenne (94), ont subi des jets de projectiles divers, vendredi soir. Ils avaient une trentaine d’individus face à eux.
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Marche pour la vie à ROME (idem).

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Chers Bretons de PLOERMEL, on vous aime !

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vendredi 26 octobre 2012

L'égalisateur imbécile ou la faillite du socialisme

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Mon ami d'Avignon m'envoit cette histoire vraie, qui se passe aux Etats-Unis.
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"Un professeur d'économie dans un collège a annoncé qu'il n'avait jamais eu un étudiant qui avait failli son cours mais il s'est retrouvé à faillir une classe entière récemment. La classe entière avait insisté pour dire que le socialisme fonctionne et que, par conséquent, personne ne serait ni pauvre ni riche. Un égaliseur extraordinaire.

Alors, le professeur annonça : "D'ACCORD ! nous allons tenter une petite expérience en classe".. Je prendrai la moyenne de toutes vos notes. Vous aurez alors tous la même note, personne ne faillira ni n'aura un A.... ( En remplaçant les dollars par des notes, on aura un résultat plus concret et mieux compris par tous).

Après le premier examen, les notes furent moyennées et tout le monde obtint un B. Ceux qui avaient étudié fort étaient déçus et ceux qui avaient étudié peu étaient ravis. Lors du deuxième examen, ceux qui avaient étudié peu, étudièrent moins et ceux qui avaient étudié fort décidèrent de prendre la route du peuple libre et étudièrent peu.
La moyenne du deuxième examen fut un D! Personne n'était content.
Lors du troisième examen, la moyenne fut un F.
Pendant les examens ultérieurs, les notes ne montèrent jamais, les pointages de doigts commencèrent, les jugements dominaient les conversations et tout le monde se sentait mal. Personne ne voulut étudier pour le bénéfice de l'autre.

À la grande surprise de tout le monde, ils faillirent tous. C'est alors que le professeur déclara que le socialisme était pour faillir ultimement car lorsque la récompense est grande, l'effort pour réussir est grand aussi. Mais lorsque le gouvernement enlève toutes les récompenses, personne ne fournira l'effort ni voudra réussir.

Cela ne pourrait être plus simple.

Les 5 phrases qui suivent sont possiblement les meilleures conclusions sortant de cette expérience:

1. Vous ne pouvez pas ordonner aux pauvres d'obtenir le succès en ordonnant aux riches de ne plus en avoir.
2. Ce qu'une personne reçoit sans avoir à travailler , une autre personne doit travailler sans en recevoir la récompense.
3. Le gouvernement ne peut donner quelque chose à quelqu'un sans l'avoir enlevé à quelqu'un d'autre auparavant.
4. Vous ne pouvez pas multiplier la richesse en la divisant!
5. Lorsque la moitié du peuple perçoit l'idée qu'ils n'ont pas besoin de travailler car l'autre partie va s'occuper d'eux et lorsque l'autre moitié comprend que ça ne vaut pas la peine de travailler car quelqu'un d'autre récoltera ce qu'ils méritent par leur efforts, cela est le début de la fin de toute une nation.

Pouvez vous trouver une raison de ne pas faire suivre ce message ?

dimanche 26 juin 2011

Billet compensateur N°2

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Jusqu'ici, je n'ai rien compensé du tout. Mais nous sommes dimanche et je puis encore produire aujourd'hui deux billets pour retrouver un niveau de publication quotidien.
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Dans le droit fil du billet d'hier, je vais encore vous parler de l'égalité en vous citant celui qui en le mieux dévoiler l'imposture qu'il associe au caractère politique des Français, je veux parler encore de TAINE (Livre troisième, Le Régime Moderne. Objet et mérites du système. In  Les Origines de la France contemporaine).
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"Dans les objets et les individus, le Français saisit aisément et vite un trait général, quelques caractères commun, ici ce caractère est la qualité d'homme ; il la détache avec dextérité, il l'isole nettement, puis d'un pas leste et sûr, en droite ligne, il se lance sur le grand chemin des conséquences. Il a oublié que sa notion sommaire ne correspond qu'à un extrait, à un très mince extrait de l'homme total ; son opération tranchante et précipitée dérobe à ses regards la plus grande partie de l'individu réel ; il a omis quantité de caractères, et les plus importants, les plus efficaces, ceux que la géographie, l'histoire, l'hérédité, l'habitude, la condition, le travail manuel ou l'éducation libérale imprime dans l'esprit, l'âme et le corps, et qui, par leurs différences, constituent les différents groupes, locaux ou sociaux. Tous ces caractères, non seulement il les néglige, mais il les écarte ; ils sont trop nombreux et trop compliqués ; ils le gêneraient pour penser. Autant il est propre aux pensées distinctes et suivies, autant il est impropre aux pensées complexes et compréhensives ; en conséquence, il y répugne, et, par un travail secret dont il n'a pas consciences, involontairement, il abrège, il simplifie, il écourte ; désormais son idée, même partielle et superficielle, lui semble adéquate et complète : à ses yeux , la qualité d'homme prime et absorbe toutes les autres ; non seulement elle a une valeur, mais cette valeur est l'unique. Partant tous les hommes se valent, et la loi doit les traiter en égaux. - Ici, l'amour-propre, si vif et si promptement susceptible en France, intervient pour interpréter et appliquer la formule : Puisque tous les hommes se valent, je vaux n'importe quel homme ; si la loi confère un droit aux gens de telle ou telle condition, fortune ou naissance, il faut qu'elle me le confère aussi. Toute porte qui leur est ouverte doit m'être ouverte ; toute porte qui m'est fermée doit leur être fermée : autrement on me traite en inférieur, je suis froissé dans ma fibre intime."
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Voilà la plus belle description de l'esprit de système qui est si particulier à l'esprit français et qui irrite tant nos voisins européens. Notre cher Hippolyte continue un peu plus loin :
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"Telle est la composition interne de l'instinct égalitaire, et tel est l'instinct naturel des Français : il est bienfaisant ou malfaisant, selon que l'un ou l'autre ingrédient y prédomine, tantôt le noble sentiment de l'équité, tantôt la basse envie de la vanité sotte, mais, sain ou malsain, sa force en France est énorme, et le régime nouveau [NDT : celui de Napoléon BONAPARTE] lui donne toutes les satisfactions, les bonnes comme les mauvaises."
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Il semble bien que dans l'esprit public contemporain, ce soit l'égalitarisme malfaisant, égoïste et utilitaire qui serve de dogme central aux doctrines politiques. Mais cette passion malfaisante vient de loin, et bien des observateurs politiques contemporains de TAINE l'avaient déjà noté. Je vous en parlerai demain.
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mardi 16 septembre 2008

Je suis pour les médailles

L'idée de donner des médailles aux jeunes bacheliers ou diplômés titulaires de mention est une excellente idée. Les protestataires qui prétendent que cette mesure est bling-bling, inutile, et qu'elle ne traite pas des inégalités (sic) devraient un peu s'informer. J'ai sur eux un certain avantage qui est celui de l'expérience de terrain : j'en ai deux exemples qui méritent d'être ici résumés.
Le premier a trait à l'enquête que l'Institut pour la Promotion du Lien Social (IPLS) a conduite dans 20 collèges du Bas-Rhin. J'ai été le Président de cet Institut pendant trois ans, et j'ai interviewé près d'une trentaine d'intervenants surtout dans les Collèges de ZEP (sur la centaine d'interrogatoires conduits dans le cadre de cette étude). Tous mes interlocuteurs, en des termes divers mais convergents, ont souligné le déficit de transmission intergénérationnelle, l'absence de prise au sérieux des jeunes, indéfiniment cantonnés dans l'irresponsabilité de leurs vie par des adultes eux-mêmes irresponsables, la difficulté qu'ils avaient à intéresser les parents aux problèmes rencontrés par leurs enfants. Que des générations d'adultes marquent leur intérêt pour les performances scolaires des jeunes gens et jeunes filles me paraît aller dans le bon sens, permet de les préparer à la vie active, manifeste qu'ils existent comme futur responsables ou acteurs dans la société. Donc, malgré les dénégations des syndicats et d'une fédération de parents d'élèves, émanation des organisations dites de gôôôche, les enseignants, principaux, conseilles principaux d'éducation, psychologues, infirmières, conseillers d'orientation, insistent sur la nécessité de prendre au sérieux les jeunes et de les reconnaître comme des acteurs de leur vie, et des responsables de leurs actes et de leurs choix. Du reste, dans le cadre des activités de l'IPLS, nous avons organisé depuis plusieurs années au début du mois de mai, un Forum de la Tolérance et de la Fraternité, auquel étaient invités plus d'une centaine de jeunes des collèges et lycées. Il leur était proposé de découvrir ces notions à travers des ateliers de mime, d'écriture, de musique, de théâtre, de jeux de rôle, etc. Ils venaient accompagnés d'un enseignant de leur établissement. Nous leur remettions, à la fin de la journée, un diplôme d'Ambassadeur de la Tolérance et de la Fraternité. Il fallait voir la fierté de ces jeunes se faisant photographier, groupe par groupe, en exhibant leur diplôme (pour certains, le premier jamais reçu, et sans doute l'unique). Il fallait voir aussi la déception des très rares participants, inscrits trop tard, et pour qui nous n'avions pas eu le temps de faire imprimer ces diplômes et qui réclamaient qu'on le leur envoyât (ce que nous avons fait). Et enfin, il était intéressant de noter au minimum l'intérêt, au mieux l'enthousiasme des accompagnateurs pour cette initiative.
Deuxième exemple. J'ai enseigné pendant 33 ans à l'Université Louis Pasteur. Les trois derniers doyens qui ont conduit les affaire de la Faculté, ont réintroduit une séance de remise solennelle des diplômes, suivi d'un cocktail festif. L'atmosphère de cette fête était et est toujours extraordinaire. Étudiants bien habillés (pour une fois), étudiantes en robe pimpante (idem), parents fiers de leurs enfants, enseignants entourés et sollicités (pour des photos, par exemple).
On me rétorquera qu'il s'agit là de l'élite. Je veux bien. Mais faut-il, parce qu'ils sont l'élite, les mépriser ? En quoi honorer les meilleurs ôte-t-il à ceux qui ont moins et pour lesquels la nation fait beaucoup (je peux en témoigner ; voir enquête évoquée ci-dessus) ? Toujours cette haine qu'éprouve le médiocre pour ce qui le dépasse, ce ressentiment des incapables, cette prétention qu'il suffit de dénoncer un mal pour croire qu'il est guéri. Pas une tête ne doit dépasser dans l'esprit de ces fanatiques de l'égalité. Et c'est sans doute pourquoi leurs ancêtres se sont employés à en couper autant lors de la Révolution. Rien n'est pire qu'un médiocre qui accède au pouvoir. Ou bien il est violent, ou bien il est impotent. Ou bien, et c'est le cas le plus fréquent, il est les deux à la fois.
Merci à un ami très cher, le Pr D. G... qui a lancé cette idée de remise solennelle des diplômes quand il était Doyen (un très bon...)

mardi 9 septembre 2008

Au risque de choquer

Au risque de choquer mes (rares) lecteurs, je fais mien ce que dit Gustave THIBON dans son Diagnostics. Essai de Physiologie sociale. Avant de commenter ce constat lucide, je le cite dans son ensemble :
C'est un fait : jamais peut-être, d'une classe à l'autre de la société ou entre hommes de niveau culturel différent, on n'avait observé tant de distances et si peu d'échanges. L'influence humaine, positive des élites sur le peuple est maintenant voisine du néant. On avait cru pourtant - et ce fut un des mythes majeurs du XIXe siècle - que la fraternité, la communion symphonique des hommes naîtrait du relâchement de l'esprit de classe et, à la limite, de la suppression des barrières sociales. Mais ce qui arrive n'est paradoxal qu'en apparence. La confusion n'unit pas, elle sépare : elle crée entre les éléments confondus des oppositions irréductibles. Toute réciprocité d'influence implique une solide diversité de nature et de position. C'est dans les sociétés fortement diversifiées et hiérarchisées, où le passage d'un étage à un autre est très difficile, voire impossible, que s'établissent entre les membres de ces hiérarchies, les échanges les plus féconds et les plus durables.
Avant de s'emporter, de pester contre ce vieux réactionnaire de Gustave THIBON, il me paraît utile de se poser quelques questions. Égalité ! Égalité ! crie la populace (que je n'aurai garde de confondre avec le Peuple). Elle se fait l'écho de toute une classe de politiciens qui ne cessent de gloser sur les inégalités, les commenter, critiquer les distinctions sociales, non pour les combattre, mais pour les utiliser à des fins impures : la prise du pouvoir, et rien que cela. En général, leurs petites réunions se tiennent dans des bistrots chics, et l'on trouve autour de la table des normaliens, des énarques, des professeurs (notamment en Sciences Politiques), toutes personnes fort honorables certes, mais qui ont peu de points communs avec un salarié, un ouvrier, ou un fonctionnaire subalterne. Abolissant en esprit la distance qui les sépare de ces citoyens moins favorisés, avec lesquels ils ne fraient point, si ce n'est en paroles, ils feignent de se mettre à leur place en ignorant tout de leurs préoccupations, de leurs angoisses, de leurs désirs profonds. Et ils inscrivent dans les esprits le "Pourquoi pas moi ?" de l'envie la plus basse.
Mais qui de ces jeunes, désolés de leur maigre situation et de perspectives d'avenir bouchées, aurait passé ses vacances à travailler physique ou mathématiques ou anglais, pour préparer la future année scolaire, comme l'a fait un de mes neveux, dont la famille n'est pas spécialement fortunée ? Qui, parmi les revendicateurs, aura profité des six mois de gratuité de nombreux musées nationaux, pour se cultiver, profiter des conférences explicatives, commencer à rentrer dans le monde enchanté de la culture ?
Il n'est pire démagogie que de laisser croire à une ascension sociale automatique, garantie par le seul jeu des lois, de la redistribution des ressources, et de l'abolition artificielle des barrières de classe. S'élever dans l'échelle de la société, réclame efforts, ascèse et responsabilité accrue vis-à-vis de ses concitoyens. L'objectif n'est pas de consommer plus, ni même de gagner plus (fatale erreur), mais d'être plus, plus libre, plus fraternel, plus bienveillant, plus ouvert, plus généreux, plus partageur, plus responsable. Loin de moi l'idée que ces vertus ont déserté le Peuple. Bien au contraire. (Un peuple sain regorge de vitalité, et de richesse humaine. Le rôle du politique est de la détecter et de la mettre au service du pays.) La véritable égalité, selon moi, est de donner à ceux de ses fils qui en présentent le désir et les aptitudes, les moyens, tous les moyens pour réaliser en acte.
Tout le reste est littérature. L'homme n'est grand que s'il est responsable. La responsabilité peut être plus ou moins avérée selon les cas ; mais elle n'est jamais nulle. Mettre sur le compte de la société la totalité des misères qui frappent tel ou tel relève en partie de l'imaginaire. Qu'il y ait des conditions sociales qui favorisent ou défavorisent l'évolution des vies humaines est l'évidence même. Mais il n'y a pas d'automatisme. Et la bonne question que l'on devrait se poser est la suivante : pourquoi, dans des familles à conditions socio-économiques défavorisées, y-a-t-il des jeunes gens et jeunes filles qui développent des talents de tous ordres, réussissent fort bien dans leurs études, font une brillante carrière et restent simples, ouverts et bienveillants ? Pourquoi ? J'en connais, et plus d'un. Si l'on arrivait à trouver des réponses scientifiquement fondées à cette question, on aurait fait faire bien des progrès à l'éducation et à la politique.

mercredi 7 mai 2008

Avant de partir en vacances

Un dernier billet avant de partir pour quelques jours en vacances. Ce sera pour livrer à votre réflexion quelques aphorismes de Gustave THIBON. J'ai dit dans mon profil que c'est un auteur qui m'est bien cher. Pourquoi ne vous ferais-je point partager mes trouvailles, je vous le demande ?
C'est un symptôme très grave de décadence que d'entendre parler du 'conflit de la morale et de la vie'. De telles contradiction ne sont pas naturelles : elles n'existent pas sur le plan de la santé, ou du moins, elles n'y présentent pas ce caractère réfléchi et doctrinal qu'elles revêtent aujourd'hui. Le conflit n'est pas entre la vraie morale et la vraie vie : nos révolutionnaires attaquent une caricature de la morale au nom d'une caricature de la vie (les instincts d'un homme sain ne s'amusent pas à médire de la morale : ou bien ils lui obéissent ou bien ils la violent sans plus d'embarras. L'instinct qui discute avec la morale est un instinct impuissant et corrompu).
La fièvre égalitaire est un des maux les plus profonds et les plus graves de notre époque. Avouée ou déguisée, elle perturbe, dans tous les domaines, l'équilibre de l'humanité. Elle fait se heurter entre eux, dans une compétition sans issue, les individus, les classes sociales et les nations. A la limite, chacun en arrive à trouver insupportable de n'être pas l'égal de n'importe qui, en n'importe quoi. Un aventurier aspire au pouvoir suprême, le 'prolétariat' veut balayer les classes dominantes, les peuples 'pauvres et dynamiques' se sentent tous les droits à l'égard de leurs voisins riches. Evidemment, on a inventé, pour justifier cette maladie honteuses, des vocables pleins de grandeur : le pauvre attaque le riche au nom du 'droit à l'existence', le taré physiologique qui veut se marier au mépris de tout devoir social excipe de 'droit à l'amour', et les nations conquérantes agitent la doctrine de 'l'espace vital'. Mais tous ces grands mots ne servent qu'à rendre plus répugnante l'égoïste réalité qu'ils recouvrent. (Gustave THIBON précisera dans ce chapitre la différence qu'il y a entre égalitarisme, inégalité naturelle, inégalité artificielle, et il fera la très juste observation que voici. Le peuple français possède en effet à un degré unique, le double sens de l'égalité et de l'inégalité. Aucun autre n'est aussi individualiste, aussi rebelle à l'esprit grégaire : c'est en France qu'on observe dans l'ordre des fonctions et des préséances sociales, les inégalités les plus nombreuses et les plus subtiles. Nous sommes le peuple qui présente le maximum de 'distinction', (au double sens du mot) et, par conséquent, le minimum d'égalité. Mais nous sommes le peuple où la conscience de l'égalité profonde entre les hommes s'est affirmée, saine, avec le plus de justice, et a causé, corrompue, les plus grands ravages.
Et enfin ceci, La guérison de l'humanité exige une science totale et un amour total de l'humanité.
A l'aide de quelques exemples pris dans notre histoire nationale, je vous illustrerai dans mon prochain billet la vérité profonde de ces paroles prophétiques, prononcées à la fin des années 1930 !