Affichage des articles dont le libellé est Histoire officielle-histoire réelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire officielle-histoire réelle. Afficher tous les articles

vendredi 6 septembre 2013

Nouvelles et esprit de la Résistance : Soljénitsyne au Luc-sur-Boulogne, troisième billet du 6 septembre 2013

-
Le 28 février 1794, plus de 500 personnes, dont plus de 100  enfants (le plus jeune avait 15 jours)  étaient massacrés par les armées  de la république au Luc-sur-Boulogne en Vendée. Vous trouverez le nom l'âge des jeunes victimes dans mon billet du 14 septembre 2008. Je vous disais dans un récent articulet, que monsieur BRAESCH, un obscur universitaire de la fin du XIXe siècle qualifiait d'anecdotiques ces massacres... On a oublié monsieur BRAESCH, fort heureusement ; il aurait été prince, roi, empereur, chancelier, grand amiral, et chef d'état-major au Royaume de l'impudence et de la honte réunies. Paix à ses cendres. Mais on n'a pas oublié le massacre du Luc-sur-Boulogne et l'on doit à l'abbé BARBEDETTE d'avoir pu dresser la liste des victimes innocentes suppliciées par ces monstres.
-
On l'a tellement peu oublié ce massacre que, le samedi 25 septembre 1995, on a demandé à Alexandre SOLJENITSYNE de prononcer une allocution à l'occasion de l'inauguration du monument érigé en mémoire de ces pauvres martyrs.  SOLJENITSYNE, ce géant de la littérature russe, est l'un des trop rares auteurs à avoir vu le lien entre la Révolution française et toutes les autres révolutions, de la russe à la chinoise. Voici quelques extraits du remarquable discours qu'il prononça à cette occasion.
-
"Vingt décennies se sont écoulées depuis [ce massacre] ; des décennies diverses selon les divers pays, et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen, et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les événements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l'incandescence des passions qui les accompagnent, mais à une bonne distance, une fois refroidis par le temps. Longtemps on a refusé d'entendre et d'accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, que l'on brûlait vifs : les paysans d'une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait faite, mais que cette même Révolution opprima et humilia jusqu'à la dernière extrémité, eh ! bien oui, ces paysans se révoltèrent contre elle.
-
[...]
-
Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de "grande révolution". Si la Révolution du XVIIIe siècle n'a pas entraîné la ruine de la France, c'est seulement parce qu'a eu lieu Thermidor. La révolution russe n'a pas connu de Thermidor qui ait su l'arrêter, et sans dévier, elle a entraîné notre peuple jusqu'au bout, jusqu'au gouffre, jusqu'à l'abîme de la perdition. Je regrette qu'il n'y ait pas ici d'orateurs qui puissent ajouter ce que l'expérience leur a appris au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payé, eux, pour la révolution.
-
L'expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du "bonheur du peuple" en tirent les leçons. Mais non ! En Russie, tout s'est déroulé de façon pire encore, et à une échelle incomparable. De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement réappliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les spécialistes internationalistes, seuls leur degré d'organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des Jacobins.
-
[...].
-
Nous avons traversé ensemble avec vous le vingtième siècle, de part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce Progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, je le, pense, les Français seront de plus en nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée."
 
(Extrait des Nouvelles de l'Eglise universelle, Conférence Colbert, 23 rue du Cherche-Midi, 75006 PARIS).
-
Vous comprendrez pourquoi il est indispensable de dénoncer les déclarations de monsieur PEILLON, qui affirme et proclame qu'avant la Révolution il n'y a rien et que l'histoire de notre patrie commence avec ce sanglant bouleversement. Une chose est sûre, elle ne commence pas avec monsieur PEILLON, un homme sectaire, dangereux, utopique, dépourvu de toute compassion pour tous ceux qui n'ont pas l'heur de penser comme lui et ses frères. Que voulez-vous, je préfère SOLJENITSYNE non seulement parce que c'est un écrivain hors pair, mais parce que c'est un homme qui a vécu de l'esprit et a éprouvé dans sa chair les méfaits de l'idéologie socialo-communiste.
-
Marianne, une veilleuse, le soir du 31 août, nous disait Place de la Concorde que Mémoire et Souvenir ne se confondent pas. La mémoire sélectionne. La République n'a pas su faire mémoire de ce qui entache sa naissance ; elle a déformé, dissimulé, maquillé tout ce qui pouvait porter ombrage à la prétendue légitimité de sa naissance et elle en a exalté des épisodes choisis en les présentant sous des jours délicats, alors qu'il plane sur eux les ténèbres de la mort et de la terreur. Elle est née dans le sang. Un point c'est tout. Si encore elle le reconnaissait, on pourrait se réconcilier avec elle ; mais non, elle glorifie des faits ignobles, et tait les sanies et les purulences de ses chefs, les assassinats sans procès ou après des "procès" conduits par ses "juges" corrompus, les destructions patrimoniales, l'anéantissement de nombreuses familles aristocratiques, bourgeoises et ouvrières, tout cela au bénéfice d'une fraternité pour le moins illusoire, d'une liberté constamment opprimée par un nombre croissant de lois et de règlements, et d'une égalité très problématique (notamment devant les médias, la justice, ou les sinécures de l'énarchie).
-
Il faut bien comprendre que les gens qui nous gouvernent (et d'autres avant eux) avaient, ont et auront tout intérêt à nous mentir. Les places sont bonnes, les retraites confortables, les émoluments assez fournis. Tous ces gens, en réalité, mériteraient d'aller un peu plus au contact du réel, et un peu moins à celui de leur idéologie, tels monsieur VALLS, monsieur BOUCAULT, madame TAUBIRA, monsieur HOLLANDE, monsieur AYRAULT et tant d'autres, y compris "à droite" (?).
-
Autre vidéo de la veillée du 31 août, réalisée par Anne-RAULOT-LAPOINTE, consultable sur le site du Journal des Veilleurs ou par le lien ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ThcZ0traqvQ

Vous y entendrez l'intervention remarquable de GAULTIER, l'un des animateurs de la Marche des Veilleurs.

dimanche 20 juin 2010

Comment on écrit l'histoire

-
J'achève la lecture d'un petit livre dérangeant et qui me semble devoir être critiqué sur plusieurs points, mais qui donne des éclairages très intéressants sur la fonction éthique du roman, présenté comme une fiction volontaire, et qui ne prend jamais le parti de définir le bien ou le mal, mais simplement révèle la vérité de l'homme.
-
Nancy HUSTON, puisqu'il s'agit d'elle, dans son ouvrage de réflexion L'espèce fabulatrice dit ceci qui me paraît devoir être gravé en lettres d'or sur le fronton de toutes les cheminées, privées ou publiques, spécialement celles des palais nationaux :
-
"Chaque pays raconte, de son Histoire comme de toutes les histoires, la version qui l'arrange, et qui le montre sous la lumière la plus flatteuse. Certains faits marquants seront à jamais engloutis dans le silence ; d'autres, au contraire, deviendront fictions officielles et seront inlassablement soulignés, commémorés, enseignés."
-
Voilà qui est vrai et qui a déjà été analysé avec une acuité remarquable par Simone WEIL, au fil de ses Ecrits historiques et politiques. Dans un texte qu'elle a intitulé Quelques réflexions sur les origines de l'Hitlérisme, elle montre que des formules comme La France éternelle ou L'éternelle Allemagne n'ont strictement aucun sens. Il faut voir comment elle explique, avec une érudition extraordinaire, la manière dont HITLER s'est inspiré de la politique extérieur de Rome. Il n'y a pas de France éternelle, au moins en ce qui concerne la paix et la liberté. Napoléon a inspiré au monde autant de terreur et d'horreur qu'HITLER. Quant aux Germains, ils étaient bien plus fidèles à leurs engagements et à leurs serments que les Romains qui n'ont cessé de les violer et d'exercer sur ces peuples une tyrannie et une cruauté dont nous n'avons pas la moindre idée. Pourtant (et TACITE le confirme : il dit de l'un de ces peuples germains qu'il choisit de défendre sa grandeur par la justice. Il est dépourvu d'avidité, de cruauté, tranquille, se tenant à part) les Germains ont été longtemps des modèles de vie politique bonne. C'est du cynisme romain qu'HITLER s'est inspiré, pas de l'Eternelle Allemagne ! Et nous avons commis l'irréparable erreur, en 1938, de confondre les nazis et les allemands. Voilà qui arrangeait bien les hommes politiques.
-
Si nous n'étions pas prisonniers du mythe de la Révolution française, obsédé par une égalité qui est supposée nous conduire au bonheur, nous comprendrions, entre autre, que si l'égalité est mariée à la fraternité (au moins dans notre devise), nous devrions accepter de faire un effort pour régler au mieux de tous les intérêts de nos concitoyens l'épineux problème des retraites. Le mythe historique a la vie dure, les syndicats aussi. Et, continuant de nous raconter des fables sur la France éternelle, nous allons tout droit dans le mur.

vendredi 18 septembre 2009

Justice pour l'histoire

On a relégué monsieur LE PEN au canton de l'infamie après qu'il eut déclaré que les chambres à gaz étaient "un détail de l'histoire". Et la France a eu raison de le faire. Que n'a-t-elle la même lucidité sur sa propre histoire ! Il semble bien en effet que soient détails les massacres de septembre, l'affreux traitement réservé aux Gardes suisses de Louis XVI, les 2.000 prêtres torturés, affamés, maltraités, déportés des pontons de Rochefort, les 70.000 guillotinés, les 182.000 morts des guerres de Vendée (souvenons-nous des femmes et des enfants brûlés vifs dans des fours à pain, car "c'est ainsi que l'on cuit le pain de la République" déclarait le monstre qui a commandé ces crimes ; souvenons-nous des quelques 500 morts du LUC-SUR-BOULOGNE dont plus de 100 enfants - le plus jeune avait 15 jours - massacrés par une troupe populacière et avinée), les centaines de milliers de morts des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, la destruction totale ou partielle de plus de 90 % des édifices religieux, les injustices, les vols, l'installation d'une bourgeoisie avide aux commandes de notre pays, et l'inauguration d'un capitalisme exploiteur et sauvage (car figurez-vous, ce n'est pas l'aristocratie qui est responsable du phénomène ; un noble ne pouvait exercer de profession industrielle ou commerciale sans déroger), édifié de toute pièce sur des "biens nationaux" mis à l'encan. Détails que toutes ces horreurs.
La République Française est née dans jun flot de sang et elle s'est édifiée sur des millions de cadavres . Mais il n'est pas bon de le rappeler. L'histoire officielle passe pudiquement sur les violences faites à tout un peuple par les fous de Paris. Il fallait bien cet oubli pour faire briller aux frontons de nos édifices publics une belle devise toute abstraite : "Liberté, Égalité, Fraternité".
Et ça continue. Faire voter une loi pour condamner le négationisme et le révisionisme est d'une rare stupidité. Elle donne à ces théories fumeuses, contredites par les faits, les documents écrits et filmés, une importance inouïe. Il suffit de s'y reporter pour juger que les négationistes et les révisionistes sont des imbéciles.
Et ça continue. Matthieu KASSOWITZ s'est fait et continue de se faire allumer par les médias, alors qu'il a simplement déclaré que les explications officielles des attentats du 11 septembre ne le satisfaisaient pas. Il a parfaitement le droit de se poser ces questions. Il ne nie pas les faits. Il se contente d'en chercher une interprétation plus satisfaisante. Personnellement, je ne pense pas qu'il y ait eu une explication officielle. Il y a eu une version médiatique des événements qui n'a jamais été démentie par les autorités américaines. Il y a des points d'ombre. C'est absolument certain. Le plus intrigant est l'effondrement du bâtiment qui hébergeait les archives de la CIA. Coïncidence ? Relation de cause à effet entre les effondrements des Twin Towers et celui de cet édifice ? Acte terroriste ? Acte prémédité par les pouvoirs publics qui ont tiré parti de l'affolement général pour faire disparaître des témoignages accablants ? Nous ne le saurons jamais.
Mais il me semble que le propre d'un esprit scientifique et honnête est d'abord de s'assurer de la matérialité des faits, et d'en rechercher toutes les causes possibles, y compris les plus invraisemblables, avant de conclure à la plus plausible.
On s'est beaucoup moqué de l'Encyclopédie soviétique dont les colonnes consacrées aux biographies des hommes politiques grossissaient, diminuaient de volume, disparaissaient, réapparaissaient, au gré des fortunes publiques des célébrités en vogue, et qui mettaient en exergue des faits flatteurs pour le Prince ou ignoraient délibérément des événements et des faits gênants pour le pouvoir.
Je ne suis pas certain que nous agissions différemment. De nouveau, je vous conseille la lecture du livre de Jaques HEERS, L'histoire assassinée. Les pièges de la mémoire. Editions de Paris, Versailles, 2006. Vous serez absolument stupéfiés de voir comment l'histoire officielle nous ment. Merci à Jules FERRY et à tous ces grands esprits manipulateurs qui ont préféré leurs idées à la vérité. Ils nous invitent par leur malhonnêté intellectuelle à exercer notre esprit critique et à prendre un peu de recul.

mercredi 8 avril 2009

Précisions supplémentaires

Je ne critique pas madame ROYAL parce qu'elle est socialiste. Je la critique par ce qu'elle dit n'importe quoi, et qu'elle pense qu'il suffit d'être dans le registre de l'émotionnel, fût-il faux, pour emporter la conviction de ses auditeurs, alors qu'elle n'en entraîne que l'adhésion irraisonnée.

Madame ROYAL est le représentant le plus achevé des adeptes de l'esprit de système. Il faut bien qu'elle comprenne que son antidiscours de DAKAR instille dans l'esprit de ses auditeurs les manières de penser des Occidentaux, et que c'est elle qui fait preuve de colonialisme culturel. L'un de mes lecteurs me le fait remarquer très justement ; mon billet "Exercices d'observation" fait état de l'article d'un journaliste camerounais qui pointe merveilleusement bien l'arrogance intellectuelle et culturelle des Français.
Je ne connais pas l'Afrique directement. Ce que j'en pressens me vient des récits d'un ami qui a vécu au BENIN pendant plus de trente ans, et d'un médecin togolais qui vit à LOME. Le premier a écrit un livre absolument extraordinaire, un ensemble de récits, de faits, d'expériences vécues quand il était missionnaire dans la région d'ALLADA. Le second a fait ses études à STRASBOURG. J'ai très longuement écouté l'un et l'autre, et je n'en tire aucune conclusion générale. Mon impression est que le sens très réel que les Africains ont du passé n'est pas le sens que nous attribuons à l'histoire. Et le même lecteur qui remarquait l'intérêt de mon billet "Exercices d'observation", ajoute cette citation que je fais mienne : il s'agit d'un mot d'Olavo de Carvalho : "La déesse Histoire, cette vieille prostituée qui change de clients à chaque nouvelle génération, et qui se vend au plus offrant".
Nous avons vu comment la République traite l'histoire de la Révolution. Madame ROYAL poursuit, en moins brillant, la tradition des MICHELET, AULARD, SOBOUL, MATTHIEZ et consorts : la considération non point des faits, mais de l'interprétation que les uns et les autres en donnent en fonction de leur affinité intellectuelle, politique, philosophique ou religieuse. Or l'établissement des faits, dans la mesure où ceux-ci nous sont accessibles par des textes écrits, ou des monuments, demande beaucoup d'esprit critique, de probité intellectuelle, de détachement de sa propre personne, de recoupements. Rien de tout cela n'apparaît chez madame ROYAL, qui ne lui en déplaise, parle en son nom personnel tout en prétendant qu'elle représente l'opinion de la France et des Français ("je vous le dis en confidence - [devant 500 personnes et de nombreux journalistes...] - ce n'est pas l'avis de la France et des Français").
Les militants ont eu la sagesse de porter madame AUBRY à la tête du Parti Socialiste. Heureusement pour lui. (Je dois dire qu'à l'émission de "Vivement dimanche" où elle était conviée il y a un peu plus d'une semaine, Martine AUBRY m'a paru humaine, sympathique, et sans doute plus nuancée que ne l'exige le nécessaire durcissement de propos destinés à son public.) Madame ROYAL est un fléau public, non pas par sa personne, mais par les idées qu'elle incarne et qu'elle véhicule. Elle est d'une suffisance et d'une arrogance qui devraient effrayer même ses amis (j'aime en tout cas à le supposer).

mardi 10 juin 2008

Mensonge d'état et tyrannie ! Non à l'histoire officielle

Lisez, je vous en supplie, un ouvrage très remarquable, qui nous explique, comment depuis Jules FERRY l'histoire est la principale arme d'assaut de la propagande d'état. Par les manuels et les leçons, l'école républicaine n'a cessé de truquer et de tronquer ce que l'honnête citoyen pouvait écrire. La mise en condition et le "formatage" du citoyen se poursuivent tout au long de sa vie par le commun des journaux.[...] De tout temps, l'Etat veut, en France, soumettre la démarche historique à une étroite surveillance et laisse de moins en moins de libertés aux centres de recherche qui n'ont même plus le loisir de choisir en toute indépendance leurs sujets d'enquête et leurs programmes. (Quatrième de couverture de l'ouvrage en question).
Je ne cesse, depuis que j'ai ouvert ce Blog dont le succès me semble, hélas, très limité, de traquer quelques uns des mensonges les plus criants, répandus par l'histoire officielle. Mais je ne suis pas historien. C'est pourquoi il est bon qu'un spécialiste de l'histoire, un professionnel de la recherche historique, dénonce, preuves, documents, sources, à l'appui, comment l'histoire a été confisquée par la République, pour le plus grand profit de certains courants de pensée, essentiellement anticléricaux, antichrétiens, libertins, et de gôôôôôche.
Jacques HEERS écrit ceci :
Seul, un État capable de faire accepter toutes manières de terrorisme intellectuel peut interdire les déviances politiques et prendre complètement en charge l'étude du passé. Ses agents préposés à la culture refont l'Histoire, détruisent ou brûlent ce qui a été construit avant eux, rayent les noms de héros déchus dans les manuels d'enseignement, les livres et les journaux. Bien évidemment, ils interdisent d'entreprendre des recherches hors du cadre d'instituts surveillés, où les historiens, toujours menacés d'un contrôle et de suppression des crédits, ne sont assurés de rien. [...]
Les murs de la honte sont tombés à l'Est. Où en sommes-nous dans nos démocraties occidentales, plus particulièrement en France, pays de la Liberté haut proclamée et d'une cinquième République affirmée modèle ? Le terrorisme intellectuel, dénoncé depuis une dizaine d'années, s'applique aux enquêtes, à toutes les formes d'investigation et à chaque discours livré au commun des citoyens. L'Histoire n'est pas à l'abri, tout au contraire.
J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer les mensonges d'Etat (a) sur l'absence d'écoles sous l'ancien régime, (b) sur le rôle déterminant du clergé et des évêques d'avant la Révolution dans les innovations sociales dont AUCUNE, sauf les congés payés, n'a été inventée par la République, (c) sur les horreurs des guerres de Vendée où l'on a brûlé vif dans des fours, aux grands rires des soudards, des femmes et des enfants "pour faire cuire le pain de la République". (d) Sur Marie-Antoinette. Jacques HEERS multiplie les exemples, prouve combien l'introduction de l'économisme marxiste dans l'histoire rend impossible la compréhension de notre passé, dénonce l'imposture et le ridicule de certains Maîtres qui n'ont cherché que l'intérêt de leur carrière en suivant le sens des vents politiques.
Je dis non, non et non à l'histoire officielle, aux mensonges d'Etat, au Ministère de la Culture, aux Commissions du CNRS, ou de l'INSERM, aux manifestations culturelles des cultureux, à tous ces carcans qu'impose une administration impotente et inculte, à la vie intellectuelle. Si vous êtes d'accord, dites-le.
Référence du Livre.
Jacques HEERS.
L'Histoire assassinée. Les pièges de la mémoire.
Éditions de Paris, Versailles, 2006.

vendredi 21 mars 2008

Enseignement, mensonge d'Etat et Révolution française

Dernier billet consacré aux conséquences désastreuses de la Révolution, un billet qui a trait aux mensonges que nous distillent les professeurs d'histoire quand ils nous enseignent la Révolution. Vous remarquerez tout d'abord la manière dont on périodise l'histoire de France. On découpe arbitrairement le XVIIIe siècle lequel est censé prendre fin en 1789, et l'on fait émerger la France des brumes de l'enfance à cette date. Pour que la chose soit crédible, il faut bien expliquer la périodisation, et justifier la folie collective révolutionnaire par un préalable état des lieux, honteusement noirci, et un inventaire des nouveautés remarquables qu'ont introduit dans la vie publique les prétendues "grandes figures" que sont les Robespierre, Marat, Danton, Hébert, et autres Carnot (oui, oui, Carnot, qui signait en blanc des décrets d'accusation et qui faillit perdre ainsi un de ses fidèles secrétaires).
Ainsi, on parlera de l'ignorance dans laquelle on maintient le peuple, mais l'on passera sous silence l'existence de près de 20.000 petites écoles paroissiales où l'on dispensait aux enfants, garçons et filles, un enseignement primaire élémentaire tout au long du XVIIIe siècle. On insistera sur l'exploitation des paysans par les nobles, mais on passera sous silence deux faits de première importance : la première est que les aristocrates ne pouvaient pas exercer de professions dites serviles sans déroger, ce qui leur interdisait de rentrer dans le processus industriel, le capitalisme sauvage et l'exploitation d'une classe ouvrière qui n'existait pas (pas encore) et que des bourgeois opportunistes et sans scrupules ont opprimée au cours du XIXe siècle ; la seconde est qu'ils se sentaient obligés de porter les armes pour défendre leur pays, et qu'ils n'obligeaient pas les paysans ou les artisans à la conscription, laquelle a fait le nombre de morts que vous savez, aussi bien pendant les guerres révolutionnaires, ou napoléoniennes, qu'en 1914-1918. La conscription est une invention révolutionnaire. Enfin, on oublie de mentionner que nombre d'aristocrates résidaient effectivement en province, dirigeaient avec sagesse leur exploitation agricole (le seul "métier" qui leur fut autorisé), et ont souvent dépensé jusqu'à leur dernier sous pour secourir la misère des pauvres. On fait donc semblant de confondre la noblesse fréquentant la cour (une minorité de nobles, souvent libertins, anticléricaux, areligieux, et pour tout dire scandaleux) avec les nobles administrant leurs domaines. Dans un précédent billet, je vous ai aussi décrit le zèle de nombreux évêques, et leur inventivité dans le domaine social avant la Révolution. Avez-vous aussi remarqué que nombres d'artistes ou de savants de premier plan n'ont point de particules et qu'il a bien fallu qu'un système d'enseignement supérieur existât pour les amener à cette perfection.
Bref, on noircit à loisir le tableau, pour justifier le sang versé. Et l'on installe dans l'esprit des enfants une sorte de flou sur la naissance de la république DANS LE SANG.
Comme le mécanisme victimaire ne fonctionne plus, et que malgré tout la violence doit se résoudre dans le sacré, comme l'on n'a pas pu inventer une nouvelle religion, alors on va lui fabriquer un substitut, qui n'est qu'une violence supplémentaire faite à la nature humaine ; on va inventer la religion de la laïcité. Mais d'un point de vue structural, l'imposer dans l'espace public, c'est strictement la même chose qu'imposer une religion particulière. (D'ailleurs il faut noter que Louis XVI, fort sagement, avait pris des mesures très importantes pour réintroduire dans la vie publique les Protestants, et qu'il s'apprêtait à faire de même pour les Français de confession juive.) Il faut bien comprendre que l'occultation des crimes révolutionnaires va de pair avec l'instauration de la laïcité à la française. Celle-ci justifie ceux-là.
En essayant de dégager les grands traits qui sous-tendent la pensée publique actuelle, fondée sur une abstraction qui n'a jamais existé, celle d'une France régénérée par la Révolution, je n'entends pas justifier les injustices ou les disparités de conditions qui existaient réellement avant qu'elle n'éclate : je dis qu'il y avait en France suffisamment d'esprits sages et compatissants, en ce fatal XVIIIe siècle, pour introduire dans la vie publique une régulation sociale pacifiante, au lieu que depuis ce temps, et parce que l'on nous ment, en vain, sur le sort des innocents exécutés, massacrés, exilés, ou déportés (mais oui : cherchez du côté des Pontons de Rochefort, et vous trouverez), les Français ne peuvent pas trouver la concorde civile qui leur permettraient de faire face aux problèmes du temps.
Qui aura le courage de faire repentance pour tant d'injustice ? Voilà ce qui serait un nouveau départ pour une République réconciliée.

jeudi 13 mars 2008

Les légendes ont la vie dure

Dans l'édition de C'est dans l'air d'hier soir, un petit reportage filmé et un commentaire tendancieux donne de l'aristocratie du XIXe S. une bien curieuse et fausse idée. (D'entrée de jeu, je dirais que j'aime énormément cette émission qui me semble honnête, très informée, équilibrée.) A entendre le commentateur, ce sont exclusivement des familles d'aristocrates qui ont crée le Comité des Forges et qui (sous-entendu), par leur manière de conduire leurs affaires ont exploité les ouvriers. Il faut tout d'abord rappeler que dans les années 1820-1830, début d'une industrie métallurgique évoluée, l'Ancien Régime était encore un passé relativement récent ; il fallait ne remonter le temps que de 40 à 50 ans pour le faire revivre dans les mémoires des anciens. (Le général de GAULLE pour nous aujourd'hui). Il faut ensuite rappeler que l'aristocratie française ne pouvait s'adonner à des métiers industriels ou manufacturiers sans déroger (avec une petite exception pour les nobles du Languedoc). Et à cette époque encore, cette interdiction, que beaucoup appellent aujourd'hui un préjugé, mais que j'appelle une belle coutume, avait cours dans les familles aristocratiques, rescapées de la Révolution. Peut être y avait-il parmi les Maîtres de Forges quelques noms à particules ; quant à savoir si la particule était authentique... c'est une autre affaire. Disons qu'en cette circonstance, la partie tête l'emportait sur la particule.
C'est ainsi que le vicomte Alban de VILLENEUVE-BARGEMONT, dès 1829 dans un rapport qu'il envoie, comme Préfet du Nord au ministre de l'intérieur, définit une doctrine "d'intervention de l'état pour garantir la vie et la dignité des ouvriers". Le même posera le problème ouvrier dans toute son ampleur dans une intervention qu'il fait à la chambre le 22 décembre 1840. C'est lui qui avec le baron de GERANDO et le comte de MONTALEMBERT faut voter la première loi sociale en France, celle qui réglemente le travail des enfants. Le vicomte Armand de MELUN consacre sa vie, quarante ans, à la défense du peuple. Il dira : "L'Etat peut seul atteindre l'ensemble des misères et améliorer d'une façon permanente et générale le sort de ceux qui souffrent". Très à gauche pour son temps, il fait voter sous la Seconde République, en 1850 et 1851 un ensemble de Lois sociales, sur les logements insalubres, sur les caisses de retraite vieillesse, sur les sociétés de secours mutuels, sur le mariage des indigents, sur le délit d'usure, sur l'assistance judiciaire, sur les bains et lavoirs gratuits, sur les contrats d'apprentissage, sur les caisses d'épargne, sur les hospices et les hôpitaux. Ce ne sont pas messieurs FOURIER, SANT-SIMON, ENFANTIN, Victor HUGO (qui l'aurait pu), les promoteurs de ces lois. C'est un aristocrate, profondément catholique ; des chefs de la gauche (ARAGO notamment) lui marquent estime et amitié.
Même phénomène dans les pays germaniques, Autriche, Suisse, et états allemand, avec le baron von KETTELER, le baron von SCHORLEMER (états allemands), le prince de LICHTENSTEIN, le baron von VOGELSANG, le comte von BLOME, le comte von KÜFSTEIN (Autriche), le baron von MYER (Suisse). Si ces hommes n'avaient pas pris la défense des ouvriers dans leurs pays respectifs, ceux-ci eussent été impitoyablement exploités par toute une classe de nouveaux riches enfortunés sortis tout droit de la Révolution et de l'accaparement des Biens dits Nationaux, dans ces trafics en tous genres qui prolifèrent comme des chancres empoisonnés en temps de guerre. Ces nobles étaient profondément catholiques. Après 1870, on verra rentrer dans le cercle de ces généreux engagés pour les pauvres le comte von GALEN (un ancêtre du Lion de Munster, très probablement), le baron von HERTLING, le prince de LÖWENSTEIN. Aujourd'hui encore, la famille des TOURS et TAXIS (THURN und TAXIS) nourrit tous les jours à sa table des dizaines de nécessiteux dans la région de REGENSBURG.
Hélas, il y a eu aussi des aristocrates qui ont fleurté, concubiné, forniqué, avec l'ignominie : ils sont peu nombreux, et je tairai leurs noms par respect pour leur hypothétique descendance.
Je dois ces précisions à Jean DUMONT, dont je recommande de nouveau l'ouvrage inestimable qui tord le cou à l'histoire officielle des MICHELET, et autres chantres d'une France idéelle, idéale, irréelle. Ce livre a pour titre La Révolution Française ou les prodiges du sacrilège. Editions Criterion, Paris, 1984. A vrai dire, si j'en avais les moyens j'en achèterais des milliers que j'offrirais aux journalistes et aux hommes politiques. Je ne les ai pas. Mais ils ont toujours le droit de l'acheter.

jeudi 24 mai 2007

Qu'est ce que le totalitarisme ?

Voici une bonne définition du totalitarisme
"Je prends le mot totalitarisme dans son sens communément reçu, signifiant un système politique dans lequel tous les liens sociaux ont été entièrement remplacés par des organisations imposées par l'Etat, et où, conséquemment, tous les groupes et les individus sont censés poursuivre seulement des buts, qui, à la fois, sont ceux de l'Etat, et sont définis comme tels par l'Etat. Autrement dit, un système totalitaire idéal consisterait dans la destruction complète de la société civile, cependant que les seules formes de la vie sociale qui subsisterait seraient l'Etat et ses instruments organisés. Toutes les diverses formes d'activité humaine - dans l'ordre économique, politique, culturel - ne seraient permises ou obligatoires (la distinction entre ce qui est permis ou obligatoire tendrait à disparaître) que dans la mesure où elles serviraient les buts de l'Etat, tels que l'Etat les aurait définis. Chaque individu (y compris les dirigeants eux-mêmes) seraient considérés comme propriété de l'Etat." [Leszek KOLAKOWSKY. Marxist root of stalinism, (R.C. TUCKER, Ed.), New York, 1977.]
Je prétends que la façon dont les hommes politiques français dirigent notre pays depuis la Révolution est d'inspiration totalitaire, à défaut d'être totalitaire. La destuction des corps intermédiaires et des communautés naturelles (dont la famille, et les communautés locales transformées dans notre jargon technocratique en "collectivités territoriales - tout un programme, toute une inspiration), laisse le citoyen sans défense devant l'Etat. La suppression des coutumes et des cultures locales (langue et folklore), le mépris pour la morale, laissent au pouvoir politique le soin de définir ce qui est légal et ce qui ne l'est pas, ce qui est autorisé et ne l'est. La multiplication des structures étatiques aboutit à l'encadrement minutieux des actes privés les plus simples (Agences diverses dont l'énumération serait fastidieuse, mais qui règlent les dimensions et l'équipement de nos piscines, le diamètre des pommes offertes aux chalands des marchés, la nature des semences qui peuvent être ou non être vendues aux jardiniers, impose la couleur des façades de votre maison; comité qui décide de ce qui est "éthique" ou ne l'est pas, etc.) Il en résulte que les citoyens complètement déresponsablisés, ne trouvent d'espace d'indépendance - je ne parle pas de liberté, car la liberté est d'abord intérieure - que dans l'individualisme et la transgression de la loi, véritables caractéristiques nationales.
Mais c'est probablement dans le domaine de l'enseignement que la tyrannie est la plus pesante : il y a en France une histoire officielle, et une histoire réelle si (vous ne me croyez pas, expliquez-moi pourquoi nous avons réuni une commission d'historiens français et allemands pour écrire un récit commun des relations entre nos deux nations), il y a en France une pensée unique qui ne peut être remise en cause sans que les vierges effarouchées qui veillent sur nos médias crient au scandale fasciste (Il est acquis comme vérité de nature qu'il y a trois pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire ; mais personne ne se demande s'il existe des peuples heureux et sages chez qui ces trois pouvoirs se confondent - il en existe pourtant ; personne ne s'interroge sur l'existence d'autres pouvoirs, occultes ou occultés, ceux de la presse, de l'argent, de la publicité, entre autres. Il est acquis dans nos cours d'histoire que la République a délivré le peuple de l'ignorance dans laquelle le tenait les aristocrates et les curés sous l'Ancien Régime. C'est une contre-vérité : il y avait 18.000 petites écoles en France, à l'aube de la Révolution. Je ne parle même pas du SMIC et du droit d'Association que nous aurait si généreusement octroyé la République : voir la Loi Le Chapelier qui a interdit les corporations et syndicats, et abrogé les tarifs minimaux). On ne finirait pas de montrer comment l'Etat s'insinue dans les replis les plus cachés de nos vies. Il est un domaine du reste qui fait l'objet d'âpres combats dans les souterrains de la République : celui de la culture. A-t-on besoin d'un ministère de la Culture vraiment ? Que vient faire l'Etat dans ce qui relève du goût et du mécénat ? Faut-il avoir du mépris vis-àvis du peuple pour le croire incapable de discerner ce qui est beau et ce qui ne l'est pas, pour lui indiquer ce qui mérite d'être vu, lu, écouté, admiré, un mépris que distillent des élites formées dans des écoles réservées à des happy fews, membres de la nomenklatura. C'est que les cultureux dévôts des ministres de la Culture sont, dans la République qui est la nôtre, les fabricants de la symbolique sociale. Les hommes politiques se les arrachent dans leurs meetings, et croient s'attacher les admirateurs de ces "vedettes" par une misérable combine.
Autre exemple encore, le sport. Si vous voulez pratiquer un sport comme le tennis, le football, le basket ball, etc., vous devez prendre une licence, vous inscrire dans un système organisé, et accepter que les fédérations nationales engrangent le fruit de ce petit trafic.
Evidemment si je critique ces institutions comme je le fais, on va me taxer de néo-libéral. Bien au contraire. Le propre du libéralisme, comme du marxisme, c'est de détruire tout ce qui s'interpose entre la puissance publique et les citoyens, pour laisser la champ libre aux puissances d'argent privées dans un cas, étatiques dans l'autre. Le libéralisme est une forme de totalitarisme. Je plaide pour la reconstruction d'une société plus humaine, plus juste, plus consensuelle, dans laquelle, en vertu du principe de subsidiarité, on ne règlerait pas à un échelon supérieur ce qui peut l'être à un inférieur, et on laisserait jouer les solidarités naturelles. Dans toutes les sociétés dites "primitives", ces solidarités sont très puissantes, et il n'y a pas d'exemple qu'elles aient jamais failli. Pourquoi faudrait-il que chez nous, nous occupions de nos anciens par temps de canicule, puisque l'Etat est censé tout faire, y compris se substituer aux enfants qui ne veulent pas interrompre leurs vacances pour s'occuper de leurs parents ? C'est tellement facile d'évacuer l'obligation morale, d'accabler un ministre qui ne sait pas faire littéralement la pluie et le beau temps, tout en sirotant son pastis pendant que son père, sa mère, un vieil oncle, ou un voisin âgé attendent en vain que leurs proches ou leurs voisins s'occupent (un peu) d'eux.
Laissons à l'Etat ses fonctions régaliennes : justice, monnaie, défense, finances. C'est déjà beaucoup. Pour le reste, qu'il nous lâche les baskets ! Nous ne voulons pas d'un Etat à prétention totalitaire.