mercredi 2 novembre 2011

Le retour du Catoblépas

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En demandant au peuple grec de donner son avis sur l'accord arraché à l'Europe et destiné à sauver la Grèce d'un désastre économique, social et financier, Georges PAPANDREOU déclenche des réactions unanimement réprobatrices, y compris au sein de son propre parti le PASOK.
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Il y a, selon moi, au moins trois manières de juger cette initiative.

(a) Le première est politique. Il est clair que cette décision surprise est déloyale au regard des concessions et des sacrifices demandées aux peuples européens, au travers de leurs banques. Car abandonner 50 % de ses créances sur la Grèce, ce n'est pas rien pour une banque. Songez-y, chers lecteurs, l'argent des banques, c'est d'abord le nôtre, celui des déposants. Et compte tenu de l'altruisme assez spécial de ces institutions, nous pouvions conjecturer que la facture aurait été ou sera payée par les déposants, car les banques, toujours en vertu de cet altruisme qui leur fait chérir les riches et abominer ceux qui n'alimentent leur compte courant que de leur salaire mensuel, ne vont pas manquer ou n'auraient pas manqué (le conditionnel est utilisé ici puisque nous ne savons pas ce que le peuple grec votera) de répercuter sur leur clients les douloureuses concessions faites au système. Monsieur PAPANDREOU avait, semble-t-il, donné son accord à cet accord. Il s'est dédit. Il peut paraître parjure, et en tout cas, le système étant ce qu'il est, il met l'Europe dans une situation impossible.
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(b) La seconde lecture est philosophique. En absence d'un système fédéral européen, de la persistance des États-Nations en Europe, et de la sacro-sainte référence à la démocratie, je ne vois aucune espèce de difficulté à demander à un peuple sur lequel pourrait s'abattre des contraintes lourdes, s'il est d'accord ou non pour souffrir (afin d'être beau ?). Le référendum est éminemment  démocratique. Conformément au théorème de CONDORCET (dont j'ai parlé plusieurs fois ici-même), il permet de connaître l'opinion majoritaire du peuple, en lui offrant deux choix, et deux seulement : oui ou non. C'est sûr que si l'on pouvait se passer de l'opinion  du peuple, semblent dire certains empêcheurs de tourner en rond, ce serait bien. Mais dans un pays qui a inventé la démocratie, il est d'assez bon ton de lancer cette initiative référendaire, dont nul ne peut connaître l'issue ni les conséquences. On ne peut pas vouloir la démocratie quand ça arrange, et ne pas la vouloir quand ça dérange.
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(c) La troisième est financière. A l'annonce du référendum grec, les valeurs bancaires cotées en bourse se sont effondrées : la véritable raison des décisions politiques européennes est d'ordre financier. Pour faire passer la pilule, on demande aux banques de banquer (après tout c'est un peu leur métier), en fait et in fine, aux déposants particuliers de payer la facture, puisque leur argent c'est notre argent, de façon à pérenniser un système de fou. Faire de l'argent une marchandise est moralement, intellectuellement, économiquement une monstruosité. Il se pourrait bien que le référendum grec marque le glas des idoles, le déboulonnage de MAMMON. Les Grecs auraient alors à supporter les conséquences des inconséquences de leurs gouvernements successifs, une certaine Europe irait à l'agonie, et ceux des peuples européens qui en ont la volonté et les moyens pourraient enfin s'unir pour le bien des leurs. L'Europe actuelle est une pétaudière à 27. Nous n'avions pas besoins de 27 membres. L'Europe des 6 suffisaient, et il y avait encore bien du travail à conduire pour harmoniser les politiques, les finances, la fiscalité, le commerce, la culture. Je suis désolé de les mettre ici dans le même sac, mais Arnaud MONTEBOURG et sa lutte contre la mondialisation et Marine LE PEN et son combat contre l'Europe financière et sans âme, risquent bien de trouver des adeptes, car tout n'est pas faux dans ce qu'ils disent.
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Je voudrais simplement conclure et justifier le titre de ce billet. Les mesures européennes étaient faites pour les financiers. Le référendum grec se moque des financiers. Les financiers se vengent à la bourse. Le Catoblépas se mord la queue. Tout est à reprendre. 
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mardi 1 novembre 2011

Les partis au crible de la Parole de Dieu (2)

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Je continue comme prévu et promis, d'extraire du discours des divers partis politiques, les propositions, opinions, manières de faire, qui me plaisent, et je m'efforce de les éclairer par des paroles puisées dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
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D'abord, le Mouvement des Démocrates ou MoDem. Je dois dire que j'aime dans ce parti le souci de coller à la réalité, le désir de réflexion, la modération pacifiante des propositions. A l'appui de cette appréciation, cette parabole de Jésus : "Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ?" (Luc 14, 28). Je trouve donc fort sages les remarques de François BAYROU sur la manière de conduire une politique qui ait des chances de réussir. Mais j'aimerais aussi que ses opinions sur certains sujets soient plus claires, et qu'un flou artistique savant ne vienne pas embrumer les positions de ce parti en matière d'innovations sociétales. A cet égard, Jésus est clair : "Que votre oui soit un oui, que votre non soit un non : ce qu'on dit de plus vient du mauvais." (Matthieu 5, 37).
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Union pour un mouvement populaire ou UMP. Ce que j'aime dans les propositions de ce parti, c'est le choix assumé de faire fructifier les talents des personnes, et de les responsabiliser : la création du statut d'auto-entrepreneur par exemple, celle des pôles de compétitivité, celle des appels à projets lancés aux universités, une réglementation sage du droit de grève. Je ne trouve pas, hélas, que monsieur COPE soit l'homme de la situation ; je le trouve trop sectaire. Mais, indépendamment des critiques que l'on peut faire à certains traits de personnalité du Président de la République, je considère qu'il a le courage de faire des choix qui desservent sa réélection (s'il est candidat, ce qui n'est pas acquis, figurez-vous) mais qui servent les intérêts à long terme de notre patrie. Et légitimement, j'applique à certains des responsables de ce parti, et à Nicolas SARKOZY entre autre, ce que Jésus dit d'un des trois serviteurs à qui le Maître parti en voyage avait confié un talent, et leur demande des comptes à son retour : "C'est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établierai." Hélas, je suis au regret de mettre au débit de ce parti une certaine frénésie à vouloir copier pour ne pas dire singer les pratiques étatsuniennes et celles de leurs hommes d'affaire ; et le prophète Amos vient lui dire : "Vous croyez reculer le jour du malheur et vous hatez  le règne de la violence ! Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leur divan, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux pris à l'étable ; ils braillent au son de la harpe..." (Amos 6, 3-5a). Les riches tiennent trop de place dans les analyses politiques de ce parti. Des riches, il en faut certes, mais il faut que leurs richesses servent les intérêts de leur patrie, et non pas l'économie des paradis fiscaux.
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Enfin le Front National. J'aime dans ce parti l'amour qu'il porte à la France et à ses traditions. Et je trouve dans l'Ancien Testament de nombreux passages où la possession par les Hébreux de la Terre Promise est célébrée, chantée, chérie, louée. Je trouve donc légitime la revendication de ce parti à vouloir que notre Patrie ne soit pas dénaturée par des pratiques, des comportements, des "valeurs" éloignés de son génie ou en contradiction flagrante avec lui. Et dans ce moment où beaucoup de Français se sentent, à tort ou à raison, étranger sur leur sol, il me revient en tête ce Psaume magnifique :

"Au bord des fleuves de Babylone,
Nous étions assis, nous pleurions,
Nous souvenant de Sion ;
Aux peupliers d'alentours,
Nous avions suspendu nos cithares.

Alors nos gardes nous demandèrent
De chanter des chants,
Nos ravisseurs, de la joie :
Chantez-nous, disaient-ils,
Un cantique de Sion."
Du Psaume 137, 1-3.

Mais je me souviens aussi de cette prescription impérative de l'Exode : Tu ne molesteras pas l'étranger ni ne l'opprimeras, car vous avez-vous-mêmes résidé comme étrangers dans le pays d'Egypte." (Exode, 22, 20), et je crois que la condamnation globale et indiscriminée de tout étranger vivant régulièrement sur notre sol est injuste et contraire à la volonté de Dieu.
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Vous voyez que quand on cherche, on trouve.

lundi 31 octobre 2011

Les Partis au crible de la Parole de Dieu (1)

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Je tiens pour acquis que parler c'est exprimer, toujours, une certaine vérité. Quand je prends connaissance des discours que tiennent les partis politiques, je ne puis m'empêcher de trouver que tel ou tel aspect de leurs analyses est justifié. Et cette justification est éclairée tout simplement par  la Parole de Dieu. Je vais me livrer à l'exercice qui consiste à extraire des propos des partis ces lumières qui scintillent comme les étoiles dans les ténèbres épaisses de la démagogie, de la mauvaise foi, de l'erreur, du mensonge. Je le ferai en deux ou trois contributions, pour ne pas alourdir des billets qui ont tendance à être trop longs. Aujourd'hui, je parlerai de la Nouvelle Gauche et du Parti Socialiste.
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Commençons par la Nouvelle Gauche et la Parti Communiste. Je trouve juste l'aspiration à vouloir un monde plus humain, plus juste et plus fraternel que met en avant ces partis.
En écho à cette aspiration violente et apparemment destructrice d'un certain ordre, il y a la Parole de Jésus : Je suis venu apporter le feu sur la terre et comme il me tarde qu'il soit allumé (Luc 12, 49). La suite du discours indique que ce feu purificateur, c'est celui que Jésus allume dans les coeurs en acceptant librement de mourir sur la croix.
Mais immédiatement me vient en tête la condamnation que Jésus fait de la violence et la béatitude qu'il envoie sur les doux : Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage (Matthieu 5, 4). Vous entendez bien : c'est la terre qui est l'héritage promis aux doux. Monsieur MELANCHON, lisez les Béatitudes.
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Le Parti Socialiste s'indigne avec raison du foisonnement de la pauvreté, et met la lutte contre ce fléau au premier plan de ses préoccupations. Dans son Epitre (que LUTHER qualifiait à tort d'Epitre de paille jusqu'à ce que dans un passé récent,  l'accord luthérocatholique vienne mettre fin à la querelle de la justification par la seule foi), Jacques dit avec justesse : Si un frère ou une soeur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne et que l'un de vous leur dise : "Allez en paix, chauffez-vous, rasasiez-vous", sans donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est tout  à fait morte (Jacques 2, 15-17). Il y a donc une ardente obligation à faire cesser ce scandale. Le Parti Socialiste a donc mille fois raisons. Mais en écho à cette obligation, Paul, le grand, l'immense Paul de TARSE affirme : Et puis, quand nous étions près de vous, nous vous donnions cette règle : si quelqu'un ne veut pas travailler qu'il ne mange pas non plus (2 Thessaloniciens 3, 10). Il est donc nécessaire de faire tout ce qu'il faut pour que chacun ait un emploi, mais il faut aussi prendre des mesures symboliques et des mesures concrètes pour obliger ceux qui le peuvent à travailler quand ils en ont l'opportunité. Il est inutile de faire faire par des travailleurs étrangers des tâches qu'un de nos concitoyens peut remplir. Je rappelle qu'il y a 200 000 postes non pourvus dans le secteur de la restauration et de l'hôtellerie...
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Ainsi je retiens deux idées-forces, deux idées positives, auxquelles j'adhère totalement : oui à un monde renouvelé par une révolution qui serait celle de l'amour combinée à la douceur, oui à un combat contre la pauvreté qui joindrait l'exigence de la fraternité à celle de la justice.
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La suite demain, avec le MoDem, l'UMP et le Front National

dimanche 30 octobre 2011

Réponse quantitative à un problème qualitatif

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Monsieur HOLLANDE persiste et signe. Il créera s'il est élu (dit-il)  60.000 postes d'enseignants. Avec cette proposition parfaitement irréaliste et démagogique, et indépendamment du coût de sa réalisation concrète, monsieur HOLLANDE finit de s'attacher, s'il en était besoin un, corps de fonctionnaires formaté (heureusement qu'il y a des rebelles)  par la soi-disant et prétendue République Française (attention, je précise que je suis un fervent défenseur de la démocratie, à condition que c'en soit une ; je dénie ce caractère à la forme actuelle de notre régime et à toutes les formes, encore davantage, que l'opposition entendrait lui donner) pour imposer aux jeunes les valeurs sociales, sociétales et éthiques élaborées dans les cercles très fermés de certaines sociétés de pensée que je ne nommerai pas. Je ne mets pas en doute la bonne foi de dites sociétés, mais leur bon sens, et leur amnésie me semble pathologique. Une bonne question serait pour un historien de l'éducation : comment les comportements des élèves, collégiens, lycéens et étudiants ont-ils évolué et pourquoi ?
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Il est assez visible, me semble-t-il, que répondre par de la quantité à un problème de qualité revient à tenter de vider la mer avec un coquillage (cette audacieuse entreprise, AUGUSTIN d'HIPPONE la tenta dans un rêve au terme duquel il comprit que comprendre le mystère de Dieu est du même calibre). La société dans laquelle nous vivons et que nous ne cessons de vouloir en reconduisant lors des élections des responsables qui ont la même vision de l'homme, veut des sujets économiques, des consommateurs de loisirs, de plaisirs, de biens et de confort. C'est-à-dire des homme seuls, des individus atomisés, et non point des personnes, des sujets sociaux par excellence. Les incivilités, irrespects, injures de tous genres qui explosent dans les établissements d'enseignement sont le fait de jeunes qui ne sont pas éduqués, qui ne supportent aucune contrainte, pas même celle de la loi, sans parler de la Loi. Et monsieur HOLLANDE feint de croire qu'il suffit de diviser par deux le nombre d'élèves par classe pour relever un tel défit ? Il  est minable dans l'aveu de son impuissance. C'est que la laïcité à la française a évacué de ses préoccupations la question des valeurs, lesquelles ne sont effectivement que "des quantités de QUALITE" (LANZA del VASTO), cadet des soucis de nos politiciens.
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Il se moque donc du monde, monsieur HOLLANDE. Et ceux qui le soutiennent avec lui. J'ai déjà expliqué la différence entre la sanction et la punition. La sanction met le jeune devant sa propre responsabilité, la punition n'est qu'une vengeance sociale sans portée éducative. Or non seulement il n'y a plus de punitions dans les établissements d'enseignement, mais on ne pense même pas à la sanction. Or, le seul moyen de prévenir le développement d'une société de gangsters, c'est la sanction immédiate de tout comportement qui offense directement (vols à l'arraché, rackets, bagarres, etc.) ou indirectement (dégradation d'équipements publics, trafics de drogue, etc.) l'autre. La solidarité, certes nécessaire et fort utile, réclamée par les responsables politiques n'est exercée, et encore y faut-il la contrainte de l'impôt, que par ceux de nos concitoyens qui ont une idée plus ou moins approximative, mais qui l'ont, de ce qu'est l'autre. Il faudrait éduquer nos jeunes au sens de l'altérité. Ceux à qui manquent l'idée même d'altérité sont très souvent ceux-là mêmes qui bénéficient de la solidarité ou de la mansuétude coupable ou de l'encensement idéologique des responsables, quel que soit leur niveau de responsabilité.
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Les enseignants que monsieur HOLLANDE recruterait, et s'ils l'étaient, devraient être formés à la philosophie de l'altérité, je dis bien à la philosophie. Le recrutement en serait alors un moindre mal et ce serait même un bien si mission leur était donnée d'éduquer à l'altérité et de sanctionner à la première transgression les comportements offensants pour autrui.
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C'est tout pour aujourd'hui.
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samedi 29 octobre 2011

Le décalogue à l'envers

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Grande discussion avec cet ami qui me faisait, il y a peu, le (gentil) reproche d'être conservateur. Il avançait la thèse, apparemment raisonnable (a) que dans un état laïc, la loi n'a pas à tenir compte du milieu existentiel transcendant et (b) que la définition du bien et du mal évolue avec les conditions historiques. Ainsi, et par exemple, l'esclavage a été toléré, y compris par des membres de l'Église, voire même de l'Église catholique(encore que d'assez nombreux théologiens et mystiques médiévaux, sans parler de MONTAIGNE (assez raisonnablement pieux pour n'en pas dire plus), ou de LAS CASES ou des Jésuites des Reduciones (orthographe non garantie) du PARAGUAY aient dénoncé ou combattu l'esclavage dont l'ignoble FOUCHER et les armateurs nantais réclamaient le maintien à la Convention (voir un petit billet consacré à cette ignominie).
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J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ici même la différence qu'il y a entre des obligations et règles morales purement casuistiques (qui relèvent - utilisons les mots adaptés - du comportement et donc de l'éthique) et des obligations et règles à caractère apodictique (qui relèvent de la morale et de la réponse à la question : que dois-je faire pour avoir la vie bonne ?). Je dis et je maintiens qu'il est impossible d'avoir une société politique pacifiée - ce qui n'exclue pas les conflits en matière de problèmes casuistiques - qui dans ses lois ne tiendrait pas compte du droit et de la morale naturels.
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Pour bien faire comprendre ce que je veux dire, je me propose de vous donner ici une version antinomique du Décalogue, et de vous laisser conclure vous-mêmes, étant entendu que j'ai exclu des commandements biblique tout ce qui a trait à leur aspect religieux :

-N'honore pas ton père et ta mère.
-Tue (ou il n'est pas interdit de tuer ou encore tu as le droit de tuer).
-Commets l'adultère (ou il n'est pas interdit de commettre l'adultère ou tu as le droit de commettre l'adultère).
-Vole (ou il n'est pas interdit de voler ou tu as le droit de voler).
-Porte de faux témoignages (ou il n'est pas interdit de porter de faux témoignages ou tu as le droit de porter de faux témoignage).
-Convoite la femme son prochain, convoite sa maison, son champ, son serviteur (ou il n'est pas interdit de... ou tu as le droit de... )
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Je suis prêt à parier que l'antinomie qui hérisserait le plus nos compatriotes est celle qui autoriserait le vol, ou la convoitise des biens du prochain. L'autorisation de l'adultère, ma fois, ne gênerait sans doute pas beaucoup de monde, un peu plus peut-être celui de l'abandon de ses parents, et l'autorisation du faux témoignage laisserait perplexe. Bien entendu, l'idée d'avoir le droit de tuer son prochain serait repoussée avec horreur. Puis à y réfléchir un peu plus profondément, et à condition de le vouloir, on conviendrait qu'il y a un  étroit rapport entre ces divers commandements, la convoitise entraînant la violence et le meurtre, le vol pouvant conduire à ne pas honorer ses parents mais à les dépouiller, ne pas honorer ses parents pouvant conduire à leur mort (ah ! cette fameuse canicule pendant laquelle des milliers de vieillards ont été abandonnés par leur enfants, sont morts et ont vu leur mort imputée à l'inertie des pouvoirs publics. J'ai trouvé ça abject... ).
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J'ai bien conscience de ne répondre que très partiellement à Yves. Et je lui accorde absolument que les droits de la conscience éclairée sont supérieurs à ceux des Etats. Il y a des hommes qui sont morts pour suivre les obligations que leur dictait leur conscience, et avoir refuser d'obéir à des lois injustes, suivant en cela le fameux exemple d'ANTIGONE. Mais une conscience peut-elle être éclairée par les seuls mouvements de l'histoire et de la société ? C'est un problème trop grave pour qu'on le traite - ce qui n'est pas le cas de cet ami - à l'aune des intérêts électoraux et de l'idéologie, d'autant plus que la norme positive indépendante de la morale naturelle (revendication des laïcards, de ces groupes  que l'historien Augustin COCHIN (trop tôt disparu) appelle les sociétés de pensée, et de la majorité en place) donne des pouvoirs exorbitants et totalitaires à ceux qui sont chargés de la définir, tout en y échappant en tant que législateurs réunis en corps (toujours au-dessus de la loi, paraît-il ! Ça semble assez vrai !).
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C'est tout pour aujourd'hui

vendredi 28 octobre 2011

Ils n'en sont pas à ça près

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Les responsables du PS ont émis des barrissements indignés à l'annonce de l'entretien télévisé que le Président de la République avait l'intention de donner et qu'il a donné hier soir à messieurs CALVI et PERNAULT. Ils oublient que le CSA s'est vu dans l'obligation d'envoyer des avertissements à plusieurs chaînes télévisées en raison de l'inégalité des traitements accordés à l'opposition et à la majorité, la première s'étant vu considérablement favorisée lors des élections primaires au PS, traitées par elles comme une élection nationale. Ils n'en sont pas à ça près dans leurs approximatifs jugements.
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Les responsables du PS et du PC défendent les chômeurs. C'est très bien. Jusqu'ici, ils le font avec des mots. Monsieur BARRE, s'il était encore de ce monde leur aurait dit avec raison : "Vous gérez le ministère de la parole". Depuis 5 ans, cinq cent mille Français ont dû renoncer à un emploi stable faute d'avoir un logement. Fort justement, monsieur Laurent WAUQUIEZ propose de réserver une partie des logements sociaux à ceux de nos compatriotes qui travaillent ou à qui l'attribution d'un tel logement permettrait d'obtenir un emploi. C'est, me semble-t-il une bonne mesure. Mais ces imbéciles critiquent la proposition en arguant que "l'UMP a déclaré la guerre aux pauvres", alors que c'est très exactement le contraire. Mais ils préfèrent avoir des chômeurs que des travailleurs. Tout leur est bon pour tenter de s'emparer du pouvoir. L'approximation, le mensonge, la contradiction, la décontextualisation. Ils n'ont pas le moindre gramme, le moindre atome de propositions crédibles pour lutter contre la crise, et donc contre le chômage et la pauvreté qui se développe et qui, effectivement, est inacceptable. Or, et je l'ai déjà dit souvent ici, il nous faut produire plus de richesses pour pouvoir en distribuer plus. C'est sûr qu'avec le retour de la retraite à 60 ans et les 35 heures on va dans le bon sens !
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Les responsables du PS n'ont pas eu de mots assez durs pour critiquer, il y a quelques années l'achat ou la vente (je ne sais plus) d'un appartement par le Président Nicolas SARKOZY  à NEUILLY. Or avant de procéder à cette opération, ce dernier avait pris soin de demander aux services fiscaux leur avis et leur accord sur le montant de la transaction. Voilà une précaution que DSK n'a pas prise quand il s'est fait payer - ce qui était légitime - par la défunte MNEF des honoraires faramineux dans des conditions acrobatiques puisque la pièce justificative de ces honoraires a été dactylographiée après versement pour régulariser une situation périlleuse.
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Fort justement, le Président de la République s'est posée la question ; "Que se serait-il passé dans la presse si l'affaire du Carlton n'avait pas eu lieu à LILLE mais dans les Hauts-de-Seine ?" On en aurait eu des gloses, des insinuations, des accusations. Rien de tout cela pour notre bon département du Nord. On sait bien que tous les élus départementaux et régionaux font partie de la Légion de Marie et portent pieusement un scapulaire. Il est tout de même curieux que dans une agglomération de plus d'un million d'habitants, les édiles municipaux et leurs chefs aient ignoré les déviances de très hauts responsables de la police régionale dans des affaires de proxénétisme où il apparaît - à tort ou à raison, nous n'en savons rien - le nom de DSK.
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Ils brament à l'unisson des magistrats, avocats, élus de toutes sortes contre la demande de désaissement des instances judiciaires du Nord par le Parquet.  Ces messieurs doivent avoir des raisons de le faire. Se pourraient-ils qu'ils eûssent - horresco referens - dans le corps des juges lillois des accointances et des amitiés susceptibles d'atténuer les désastreux effets qu'aurait une implication de quelques uns des leurs ? C'est une question, pas une accusation, ni même une insinuation. Il est vrai que dans le Nord, on emprisonne beaucoup les innocents (affaire d'Outreau) et l'on absout assez passablement les coupables (affaire Jacques Mellik/Bernard Tapie).
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Tant d'incohérence de la part de personnalités qui aspirent aux plus hautes charges de l'Etat ne laisse augurer rien de bon. Mais les incohérences, ils n'en sont pas à ça près, et les médias se font les bienveillants auxiliaires de leurs légèreté. Ils vivent tous dans le milieu existentiel utilitaire. J'ose dire qu'en prenant des mesures impopulaires, le Président de la République s'est placé dans le milieu existentiel moral. Cela ne le blanchit pas des erreurs qu'il a commises et dont j'ai parlé ici-même. Mais il me semble avoir pris de la hauteur, et - les choses étant ce qu'elles sont et le pas du monde ce que nous savons - il a très certainement pris les bonnes décisions pour juguler quelques effets désastreux de la crise économique et financière. Qu'il faille maintenir le système est une autre question dont la réponse, hélas, n'est pas entre nos mains.
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jeudi 27 octobre 2011

Conservateur n'est pas réactionnaire

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Nous avions fini de déjeuner. J'avais jeté un petit coup d'oeil sur le journal. Un article, assez court, faisait état de la possible suppression de la notation dans les écoles et j'exprimais devant cet ami ma totale désapprobation à l'annonce de la possible mise en oeuvre d'une telle proposition. "Qu'est-ce que tu peux être conservateur !", me dit-il. Je notais qu'avec sa finesse coutumière et sa bienveillance, il n'avait pas utilisé le mot "réactionnaire" ; c'est qu'il connaît le sens des mots, qu'il a la parole rare et pesée, et qu'il ne parle pas pour ne rien dire. Je sais qu'il me lit. Il se reconnaîtra.
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(1) D'abord une réaction du biologiste. Je note que le principe de conservation est inscrit au coeur même du vivant ; nos cellules renferment en leur noyau une enzyme (ou, plus exactement un groupe d'enzymes) dont la fonction est la reproduction conforme du patrimoine génétique. Ce dispositif permet la perpétuation conforme et stable des espèces. Je note aussi que la fécondation intergénérique est interdite ; un cheval ne peut s'accoupler avec un tigre. Il existe donc dans la nature des "barrières" destinées à protéger l'identité des espèces. Il existe des cas, très rares, d'interfécondation intragénérique : le mulet, le tigron sont des exemples d'hydrides intragénériques-interspécifiques ; mais ils sont stériles. Du reste la langue ne s'y est pas trompée qui donne le nom de reproduction à l'activité multiplicative, sexuelle et génésique des êtres vivants. Et ce mot s'étend aux êtres vivants les plus simples comme les bactéries, ainsi du reste qu'aux virus (qui ne sont pas "vivants" à proprement parler). Quelle que soit l'origine de la vie, que l'on soit en cette question matérialiste ou spiritualiste, il y a un fait d'observation qui ne peut être contesté. Bien entendu, je fais la part des erreurs de la reproduction conforme, à l'origine de mutations bien souvent mais non obligatoirement néfastes, ; il en est de neutres et il en est de bénéfiques. C'est sur ce constat que s'est appuyé DARWIN pour établir sa théorie de l'évolution par mutation et sélection naturelle. Il a notablement modifié ses interprétations initiales sur la fin de sa vie, mais le politiquement correct ne parle pas de ces remarques modificatives. Ainsi, il est possible d'être conservateur pour d'autres raisons que la fidélité stérile à un passé révolu.
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(2) Ensuite la réaction de l'homme qui essaye de penser. J'ai déjà parlé de la distinction très pertinente que FENG YOU LAN a établi entre les milieux existentiels : le milieu spontané, le milieu utilitaire, le milieu moral, le milieu transcendant. A la lumière de cette classification, j'avance qu'il y a quatre raisons possibles pour introduire des modifications dans l'ordonnancement du monde et le cours des événements. (a) Des raisons purement instinctuelles, impensées, qui n'ont pour but que la satisfaction immédiate de désirs ou de pulsions ; (b) des raisons intéressées qui ont pour but de satisfaire les besoins de personnes, de groupes de personnes ou de peuples, et qui sont pesées et pensées ; la mise en oeuvre des changements ainsi élaborés s'inscrit donc dans l'intérêt, le plaisir, ou la jouissance immédiats ou dans le but intéressé d'une congruence avec le maintien de l'ordre politique ou social ; (c) des raisons morales qui sont pensées et pesées et qui peuvent aller à l'encontre, et même vont souvent à l'encontre des intérêts de ceux qui les préconisent ; elles ont pour objet de répondre à la question centrale qui se pose à l'homme "assis sous le figuier", comme l'était Nathanaël avant d'être invité par Philippe à rencontrer Jésus : "que dois-je faire pour avoir la vie bonne ?" ; (d) des raisons transcendantes qui n'ont d'autres justifications que l'obéissance aux "décrets du ciel", un chrétien dirait "à la volonté divine" ; elles n'ont d'autres buts que le bonheur, ancrées qu'elles sont dans la certitude qu'obéir aux décrets du ciel ou à la volonté de Dieu, c'est le trouver à coup sûr.
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(3) Enfin la réaction du citoyen. J'avance à titre d'hypothèse qu'une grande partie des propositions faites par les différents partis politiques tendent à satisfaire ceux de nos concitoyens qui vivent dans le milieu existentiel utilitaire, faute d'en connaître un autre. J'avance une seconde hypothèse : les enseignants ont failli à leur responsabilité en n'osant pas aborder dans leur enseignement et leur comportement la question du domaine existentiel moral. Il y a deux sources à la morale : la morale naturelle, et la morale qu'enseignent des Maîtres à penser. Je considère, personnellement, que le Maître en humanité est Jésus, mais je n'ai aucun moyen de contraindre qui que ce soit à me suivre sur ce terrain. Je pense donc qu'il n'y aurait aucune entorse à la laïcité bien comprise, si dans les écoles primaires on enseignait la morale naturelle. Et je rappelle que l'homme politique a pour obligation "de conduire les hommes à la fin qui leur est due" (THOMAS d'AQUIN).
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Est réactionnaire, par conséquent, toute personne qui s'oppose à un changement au motif qu'il va à l'encontre de ses intérêts personnels. Est réactionnaire toute personne qui ne connaît comme milieu existentiel que le milieu utilitaire. Les Français sont essentiellement REACTIONNAIRES.
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J'attends de pied ferme les contradictions et les remarques sur un terrain qui occupe ma pensée depuis des années.
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Bonne journée.
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