mardi 15 mars 2011

Un curieux article

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J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre ce que madame Caroline FOUREST veut dire dans son articulet intitulé Un débat sur l'Islam saturé, publié par Le Monde daté du 12 mars, à la rubrique nommée (heureusement) Controverse et (insidieusement, comme toujours dans ce journal) Décryptage. Vous conviendrez avec moi, je suppose, que le poulet dont je vais parler peut être mis au compte soit de la controverse soit du décryptage, et que ce mélange des genre est tout simplement une escroquerie intellectuelle. Je prends donc le billet de cette dame pour ce qu'il est vraiment, un billet de controverse, et non de décryptage.
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Que dit donc madame FOUREST, essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue ProChoix, auteur (et non auteure comme l'écrit ridiculement Le Monde, décidément à la pointe du massacre de la langue française) de La Tentation obscurantiste et de La Dernière Utopie. Oui que dit-elle qui justifie une forte montée de moutarde dans les appendices nasaux des lecteurs sourcilleux de justice ?
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Après avoir salué la laïcité, comme il se doit, et conformément aux idées reçues, mais après avoir aussi noté avec justesse que ce principe a permis de régler quelques contentieux, madame FOUREST déclare dans une belle envolée, tenez-vous bien :
"On nous reparle de vouloir couper l'Islam de "ses influences étrangères" en interdisant les financements étrangers, les prêches en arabe, et en formant les imams. Au nom de quel principe ? Et les autres religions ? Allons-nous interdire au Vatican (état étranger) de financer des églises traditionalistes qui prient en latin ? Mettre sous tutelle les temples évangéliques financés par les Etats-Unis dont les pasteurs chantent en anglais ? Sanctionner les prêtres dont le catéchisme bafoue les lois de la République sur le PACS ?"
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Un peu plus loin, elle en rajoute une couche :
"Il existe deux sujets, majeurs, à débattre si on veut vraiment parler de laïcité. Tracer une ligne de conduite pour que les élus locaux cessent de contenter toutes les demandes religieuses [note personnelle : c'est le maire de LILLE qui va être contente, non ?] au détriment de la loi et de l'intérêt général [note personnelle : qui semble furieusement se confondre avec l'intérêt idéologique et philosophique de madame FOUREST]. Une consigne de chaque parti suffit. Puis se pencher sur l'école. Plus exactement sur l'explosion [note personnelle : la menace nucléaire qui pèse sur le malheureux JAPON lui donne des idées ?] d'écoles privées à tendance intégriste, principalement catholique, qui défont la citoyenneté [laquelle, note personnelle, ne saurait s'épanouir que dans l'athéisme, le relativisme moral, le n'importe quoi, pourvu qu'il s'inscrive dans des valeurs de gauche. Le nain sectaire (i.e. monsieur André LAIGNEL) n'est pas mort].
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Je vais commenter.
Il est bien connu que l'introduction de prières en latin, dans un pays qui a chassé cette langue en quasi totalité de son cursus des études secondaires, constitue un danger mortel. Le nombre d'êtres humains qui parlent couramment cette langue (ils doivent bien au moins 2.543 et même 2.544) est considérable. Il faut arrêter tout ça. De plus le financement des églises intégristes grâce à un trafic d'eau bénite, venue tout droit de la fontaine de TREVI est intolérable. Plus sérieusement, sur quoi, sur quelle information madame FOUREST s'appuie-t-elle pour avancer une telle bêtise ? Plus sérieusement encore, madame FOUREST entend bien soustraire les enfants à l'influence éducatrice des parents. Et je ne vois pas pourquoi on qualifierait d'intégristes des écoles catholiques qui expliqueraient à leurs élèves ce qu'est un avortement, ce que signifie la sexualité pour l'homme, ce qu'est la courtoisie, la bonne éducation, l'amour de la famille, les valeurs de fidélité. Pour ce qui est de l'anglais, j'avoue que chanter en anglais dans un temple évangélique ressemble en effet à des prêches en langue arabe. Tout le monde chante en anglais et en arabe, non ? J'aimerais aussi que madame FOUREST m'expliquât en quoi c'est bafouer les règles de la République que d'émettre une opinion négative sur le PACS ? Se gêne-t-elle pour critiquer, elle, des lois votées par la représentation nationale ?
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Au fait, madame FOUREST, êtes-vous vraiment rédactrice en chef du journal ProChoix. A vous entendre, à vous lire, il semble bien que le choix par vous proposé est le suivant : voulez-vous suivre mes conseils, ou préférez-vous qu'on vous les impose ?
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Sur l'Islam, ma position est très claire : dans un pays qui a établi en principe constitutionnel la liberté de culte, il est normal que les musulmans puissent pratiquer le leur ; il est non moins normal qu'ils obéissent aux règles qui régissent l'usage de l'espace public : pas de prières dans les rues, sauf en des occasions exceptionnelles et après accord des autorités locales ou préfectorales, comme dans le cas des processions. Enfin il n'y a aucune raison de financer leurs édifices cultuels, si les églises chrétiennes ne le sont pas. Quand des catholiques veulent construire une église, ils se la financent ; et pas sur les deniers du Vatican.
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Merci madame FOUREST. Votre prose démontre et démasque très exactement vos intentions. Mais souvenez-vous : ANTIGONE a combattu les ukases iniques de CREON. Elle a peut-être perdu la vie, mais elle a pu enterrer son frère contre l'avis du tyran. Continuez ainsi, et vous achèverez de dégoûter vos concitoyens de votre pathos radical-cassoulet.
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C'est tout pour le moment.

lundi 14 mars 2011

Et si Pascal avait raison ?

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Notre grand Blaise PASCAL a produit un écrit peu connu et qui ne semble pas figurer dans ses Pensées. Il est intitulé Comparaison des anciens chrétiens avec ceux d'aujourd'hui. Selon moi, ce texte n'a pas pris une ride. Et comme nous avons quitté une société de chrétienté et un christianisme sociologique, comme il n'y a plus de lutte entre la laïcité et l'Église institution, celle-ci ayant rendu les armes devant celle-là et que nous avons quitté (heureusement) le temps du christianisme idéologique, il est bon de revenir aux premières heures de l'aube, celles qui vit naître de nombreux disciples.
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"On ne voyait, à la naissance de l'église, dit PASCAL, que des chrétiens parfaitement instruits dans tous les points nécessaires au salut : au lieu que l'on voit aujourd'hui une ignorance si grossière, qu'elle fait gémir tous ceux qui ont des sentiments de tendresse pour l'église. On n'entrait alors dans l'église qu'après de grands travaux et de longs désirs : on s'y trouve maintenant sans aucune peine, sans soin et sans travail. On n'y était admis qu'après un examen très exact ; on y est reçu maintenant avant qu'on soit en état d'être examiné. On n'y était reçu qu'après avoir abjuré sa vie passée, qu'après avoir renoncé au monde, et à la chair et au diable : on y entre maintenant avant qu'on soit en état de faire aucune de ces choses. [...]"
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Sans doute y a-t-il à redire sur quelques points de ce constat. PASCAL était austère. Il était janséniste. Mais tout de même, il me semble que nous en sommes revenus à ces temps d'idolâtrie et de décadence, aussi bien dans les moeurs que dans la culture, pour ne rien dire de la politique, et qu'il revient aux disciples de Jésus de suivre vraiment ce qu'enseignait leur Maîtrre. Car si le sel s'affadit, avec quoi salera-t-on ?
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La première des obligations consiste à mettre en accord ses actes avec ses paroles ; la seconde, à dénoncer les attaques sournoises, ridicules, sordides, ou inconséquentes dont l'Église fait l'objet. Dans le second billet de ce jour, je vais vous donner un bel exemple d'esprit faux, dont les propos ont été hébergés récemment par le journal Le Monde et qui sont proprement intolérables pour tout estrpit droit.
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dimanche 13 mars 2011

Le réel, le possible et le souhaitable

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Les lecteurs qui me font l'honneur de consulter régulièrement ce Blog sont en droit de se demander si ma pensée est cohérente. Je voudrais donner ici quelques précisions sur la manière dont je m'efforce de présenter mon opinion. Il y a en effet un élément dont je n'ai jamais fait état ici et qui est celui de la nature du sujet qui est en débat. Il y a, selon moi, trois manières d'aborder un problème de nature politique (ou autre, d'ailleurs) : sous l'angle du réel, sous celui du possible, sous celui du souhaitable. Aussi curieux qu'il puisse paraître, c'est en lisant un passage d'Isaïe que j'ai pris conscience clairement de ce qui m'apparaît maintenant comme une évidence. J'y reviendrai.
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Le réel, souvent je l'ai dit, est ce qui nous résiste. Dans l'état actuel de l'opinion, il apparaît qu'une partie des Français s'opposent avec virulence à l'immigration en général, et aux immigrants musulmans en particulier. Par ailleurs, il est certain que les finances de notre pays ne sont pas très brillantes. Enfin, il est non moins certain qu'un nombre croissant de nos compatriotes a de plus en plus de mal à vivre décemment. Autre réalité absolument incontournable, la montée en puissance de grands pays, comme l'Inde, la Chine ou le Brésil, met a mal les positions commerciales, industrielles et financières des pays occidentaux, Europe en tête (à l'exception de l'Allemagne) et Etats-Unis ensuite. Enfin la mondialisation du commerce et des échanges d'information, les développements techniques tendent à uniformiser les désirs, les modes de vie, les aspirations, la culture et même les langues : l'anglais ayant tendance à supplanter, non seulement dans les échanges internationaux, mais au sein même des nations, la langue nationale (ah! les "buzz", le "shopping", le "George, we recycle", le "sponsor", le "surbooké", etc. sur nos écrans d'ordinateur ou de télévision, dans nos journaux, dans nos conversations). C'est ainsi. Il ne sert à rien de se lamenter. Dès lors deux questions : (a) Faut-il s'accomoder de cette uniformisation des modes de vie, des rivalités mimétiques violentes qui naissent entre des groupes humains que ne distinguent plus le mode de vie, la culture, la langue ? (b) Si l'on ne s'en n'accommode pas, que faut-il faire ?
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Voilà la question du possible qui est soulevée et qui inspire très diversement les hommes politiques. La grande difficulté vient de ce que les solutions proposées par les uns ou les autres ne sont tirées que de l'idéologie, d'un système de pensée tout fait, et qui est censé être absolu, y compris dans ses développement et contradictions, puisqu'il s'inscrit dans une philosophie très particulière, celle de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse. Il n'y a plus de repères stables ; toutes les options s'ouvrent à nos fantaisies, et d'autant plus facilement qu'elles n'auront de sanctions qu'après un long délai de mise en oeuvre. Même sur ce point, du reste, la dialectique de papa HEGEL et de papa MARX continue de faire merveille : dans ses deux versions, spiritualiste ou matérialiste, elle a D'AVANCE réponse à tout. Une nouvelle antithèse, suivi d'une nouvelle synthèse aura raison des catastrophes sociales ou politiques qu'entraîne son triomphe dans l'esprit des hommes. C'est ce qu'on appelle le sens de l'histoire, laquelle souvent s'écrit avec le sang des pauvres et avec celui des innocents.
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Quel est donc ce souhaitable ? Comment l'imaginer, lui qui seul peut sauver l'humanité du terrible destin qui l'attend si elle persiste dans ses erreurs. C'est alors qu'intervient ISAÏE. Que dit-il ?
"Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. [...] Quel est donc le jeune qui plaît [dit Dieu] ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser TOUS LES JOUGS ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra : si tu cries, il dira : "Me voici".
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Le grand tort des hommes politiques français, des principes politiques français, de l'enseignement français, est d'avoir confondu le christianisme avec une idéologie, et de s'être heurté à lui en le mettant sur le même plan que cette plaie de la pensée. Or le christianisme n'est pas une idéologie. Le disciples de Jésus a fait une rencontre, la rencontre d'un homme dont les paroles et les actes prouvent qu'il ne pouvait pas être autre chose que ce qu'il disait être : le Fils de Dieu. Dès lors, pour un disciple, le possible et le souhaitable se confondent dans le respect du réel. Il est toujours possible, en effet, de pratiquer un véritable jeûne - et ce n'est pas celui que l'on croit. Il nous est toujours possible de manifester du respect à l'étranger, de l'éduquer, de l'évangéliser, de l'aimer, de l'aider, chacun pour ce qui nous concerne, en écoutant la voix de notre conscience, sans pathos ni sensiblerie, en tenant compte des lois quand elles ne heurtent pas cette intime et fragile petite voix. Concrètement, j'y reviendrai, il y a des solutions à tous les problèmes qui se posent à nous, les petits, les quotidiens, comme les grands, les mondiaux. Elles supposent un changement de regard sur l'autre (sur les "riches" comme sur les "plus démunis", expressions toutes faites et pour moi insupportables ; sur les français "de souche", comme sur les "immigrés", expressions toutes faites et semblablement inacceptables dans leur généralisation abusive), et certainement une conversion du coeur. Car la charité supporte tout, mais elle peut tout.
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vendredi 11 mars 2011

Incohérence de la pensée

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Madame AUBRY a reproché à Michèle ALLIOT-MARIE de n'avoir pas compris l'aspiration du peuple tunisien à la démocratie, et son désir de secouer la pesante tutelle d'un tyran. Et sur ce point, il faut lui donner raison. Fort bien. Il me semble logique par conséquent de considérer que madame AUBRY confère le caractère démocratique au nouveau régime en train de se mettre en place au pays des Carthaginois. Fort bien encore.
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Il se trouve que des milliers de Tunisiens fuient ce paradis démocratique nouvellement apparu pour tenter de gagner la France, en qui ils voient leur seul salut. Madame BRUNEL, utilisant l'expression maladroite de "remettre dans les [ou "dans des", qui ne dit pas la même chose que "dans les"] bateaux ceux de ces clandestins qui viendraient à aborder les côtes de notre pays suscite un tollé général de la classe politique. Quoi ! Comment ? Est-ce possible ? Une honte. Effets de manche, mouvements mussoliniens du menton, et tutti quanti.
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Je reprends donc ma méthode des questions.
(a) La Tunisie actuelle est-elle oui ou non démocratique ?
(b) Pourquoi tant de Tunisiens fuient-ils leur pays ?
(c) Avons-nous les moyens de les accueillir décemment et si oui, comment et à quel prix ?
(d) Est-il possible tout à la fois de vouloir recruter des fonctionnaires, augmenter le pouvoir d'achat, accueillir des immigrés clandestins, en faisant payer les riches et seulement les riches ? Ne faudrait-il pas mettre à contribution d'autres citoyens pour appliquer cette politique, et qui ?
(e) Serait-il possible de demander leur avis aux Français (indépendamment de leur couleur de peau ; un compatriote est un compatriote ; il n'y a aucune concession à faire là-dessus).
(f) Est-il possible de reconnaître l'autre en son identité profonde quand on ne sait pas soi-même qui l'on est ?
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Questions subsidiaires.
(a) Pourquoi monsieur Laurent HENART, numéro 2 du Parti Radical, s'est-il félicité publiquement de la reculade du Gouvernement sur la déchéance de la nationalité, et l'attribue-t-il à l'influence du Centre ?
(b) Serait-il judicieux, puisque cette mesure, probablement anticonstitutionnelle, n'a point passé la rampe du Législateur, de lui substituer la déchéance des droits civiques ?
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La véritable faiblesse de l'opposition est sa pensée : creuse, contradictoire, incohérente, elle est ballottée au gré des influences diverses qui l'agitent. Je conçois parfaitement que l'on pratique une politique d'accueil des clandestins. Mais alors il faut dire comment on va s'y prendre et ne pas mentir aux Français sur les sacrifices qui leur seraient demandés au cas où elle développerait. Il faudrait d'autres références et un autre Credo pour qu'elle fût un succès. Sinon, mensonge, duperie, tromperie.
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jeudi 10 mars 2011

Grands caractères

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Joseph de MAISTRE a magistralement traduit l'ouvrage de PLUTARQUE intitulé Sur les délais de la Justice divine. Je jetais un coup d'oeil négligent sur cette traduction, cherchant de quoi vous parler aujourd'hui. J'aurais eu beaucoup à dire sur l'actualité, mais la passion n'est jamais bonne conseillère. Il est préférable d'attendre un peu avant de donner un avis qui, prononcé dans la chaleur de l'événement, ne peut être pondéré, juste et sage. Je cherchais donc, disais-je, et je trouve ceci qui me paraît très juste :
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"Les grands caractères ne sauraient produire rien de médiocre ; et comme l'énergie qui est en eux ne peut demeurer oiseuse, toujours ils sont en branle comme des vaisseaux battus par les flots et par la tempête, jusqu'à ce qu'enfin ils soient parvenus à des habitudes fixes. Or, comme il peut arriver qu'un homme sans expérience dans l'agriculture, méprise une terre qu'il verra couverte de broussailles, de plantes sauvages, d'eaux extravasées, de fange et de reptiles ; tandis que le connaisseur tirera de ces signes mêmes et d'autres semblables, des preuves de l'excellence de cette terre ; de même les grands caractères sont sujets dans leurs commencemens (sic), à pousser des fruits mauvais et désordonnés ; et nous qui ne pouvons supporter ce que ces fruits ont d'épineux et d'offensants, nous imaginons qu'il n'y a rien de plus pressé que de réprimer par le fer cette fausse végétation ; mais celui qui en sait plus que nous, voyant déjà ce qu'il y a dans ces esprits de bons et de généreux, attend l'époque de la raison et de la vertu, où ces tempéramens (resic) robustes seront en état de produire des fruits dignes d'eux."
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Il me semble que cette analyse s'applique assez bien à un Président honni, moqué, vilipendé, souvent maladroit, parfois dans l'erreur, et que la versatile opinion publique, manipulée par les médias en quête de "polémiques", de "scoops", de révélations "fracassantes", désire vouer au gémonies. Comme PLUTARQUE le fait dire à BIAS (à travers un discours rapporté par THUCYDIDE) à propos d'un méchant homme, j'ose dire à tous ces médiocres qui prennent leurs discours pour le réel, leurs passions pour du désintéressement, leurs insultes pour des prophéties : Je ne crains pas que vous échappiez à la peine ; je crains seulement de pas vivre assez pour en être le témoin.
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mercredi 9 mars 2011

A messieurs les indignés

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Ils sont vos enfants naturels, ces électeurs que vous traînez dans la boue. Depuis plus de deux siècles, les penseurs qui vous soutiennent et une partie de vos responsables n'ont cessé de pratiquer en paroles et en actes une politique violemment antichrétienne. Et cela continue. Il y deux ou trois ans, des enseignants de l'école publique de la région du Nord ont protesté car on fêtait la saint Nicolas avec les enfants des écoles maternelles. Votre fanatisme est tel que vous avez fait supprimer des éphémérides de la télévision publique la mention saint qui précède le prénom que l'on célèbre. Un présentatrice décontractée vous dira, sourire guimauveux aux lèvres, que "demain on fête les Félicités". Vous ignorez ou voulez que le peuple ignore qui était cette jeune femme martyrisée avec sa coreligionnaire Perpétue, par exemple, tout comme ces hommes et ces femmes donnés aux malades, aux pauvres, à tous les laissés pour compte, aux orphelins.
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Depuis plus de trente ans, vous ne cessez de prôner des valeurs matérialistes, pouvoir d'achat, confort, loisirs, plaisirs. Et votre idéologie s'est répandue dans les médias avec une vitesse confondante. Vous ne parlez que de droit, jamais de devoirs. Vous faites parler ceux à qui vous vous adressez à la première personne du singulier : J'ai droit à... Vous avez critiqué l'éventualité d'un retour au cours de morale à l'école primaire. Vous avez supprimé l'obligation de porter un prénom tiré du martyrologe au point que l'on peut s'appeler Prune, Cerise, Frigidaire, Mahmadou ou Mohammed. Or le prénom est un élément fondamental de l'identification de la personne, dans une culture donnée. Vous ne connaissez que les individus, pas les personnes. Vous parlez de solidarité, jamais de générosité, et bien entendu de charité, cette vertu théologale qui plonge ses racines dans l'amour que le Créateur a pour ses créatures.
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Vous avez contribué en grande partie à effacer de l'esprit de nos concitoyens la conscience morale, de celle qui nous fait discerner et peser nos choix avant que les actualiser. Vous êtes une église, avec des croyances, mais vous êtes une église sans foi. Et s'il faut parfaitement admettre que le poids de l'Eglise catholique institution dans la vie politique et personnelle était devenu intolérable, en France, à un moment donné de l'histoire des hommes, à ce moment crucial où le choix de la charité et du don aurait contribué au véritable progrès humain, vous avez choisi la haine et la violence, le mépris et l'insulte, la destruction et la dérision. Et vous n'avez cessé d'intervenir dans la vie personnelle de vos concitoyens. Les électeurs que vous méprisez sont vos enfants naturels. Vous n'avez que ce que vous méritez. Vous êtes des fauteurs de guerre civile, car vous prétendez imposer au peuple ce que vous jugez bon pour lui, mais vous vous gardez bien de lui demander s'il est d'accord. Et ce que vous voulez imposer n'est jamais clairement exprimé.
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Si vraiment vous croyez à ce que vous dites, annoncez dans votre programme politique que vous augmenterez les impôts pour transformer les banlieues dites sensibles (suppression des ghettos "ethniques", destruction des barres d'immeubles inhumaines, création de commerces de proximité et de services, parcours scolaires adaptés, poste de police, équipements collectifs), que vous mettrez sur pied des programmes obligatoires d'alphabétisation pour les immigrés clandestins, que vous leur procurerez un toit et un travail décent. Mais de grâce, ne versez pas des larmes de crocodiles devant les misères du monde. Il y a longtemps que vous avez anesthésié le sens de la compassion et du partage dans le peuple. Il est votre enfant. Et vous le rejetez. Savez-vous qu'il existe des tests de recherche en paternité ?
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mardi 8 mars 2011

L'europe et l'Asie pour le millième billet

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C'est aujourd'hui le millième billet de ce Blog. Je voudrais combiner aujourd'hui les deux centres d'intérêt autour desquels j'ai tourné depuis mon premier billet : la politique, non point dans ses aspects politiciens, mais comme l'art de gouverner les peuples et les hommes en leur rendant ce qui leur est dû parce qu'ils sont des hommes ; et la Chine, ma deuxième passion.
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Gilbert Keith CHESTERTON, homme de lettre et journaliste anglais, a publié dans le journal londonien Illustrated London News, quarante-deux propos, au cours de l'année 1927. Ces propos ont été rassemblés en un ouvrage qui, dans sa traduction française, porte un titre très évocateur : A bâtons rompus. Il parle de toutes sortes de choses avec profondeur et en même temps légèreté, comme vous pourrez le constater dans ce qui suit (il suffit de se rappeler que nous sommes dans le premier tiers de XXe siècle quand ces lignes ont été écrites ; elles sont extraites du quatrième article intitulé A propos de l'Europe et de l'Asie).
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"Pour ce qui est de l'opinion exprimée par un capitaliste de tout premier plan selon laquelle tout eût été bien en Chine si nous avions retiré les missionnaires et sans doute laissé seulement les marchands, je dirai personnellement (pour corriger légèrement le propos) que tout eût été bien si nous avions retiré les marchands et laissé les missionnaires. Mais sous réserve de cette différence, je serais tout à fait prêt à accepter en bloc le fond et la forme de sa phrase.
[...] Si notre civilisation a quoi que ce soit à donner aux autres population de la planète, ce doit sûrement être de leur apporter des idées d'homme et pas seulement de leur vendre des pantalons, des chaussures et des chapeaux melons. [...] Notre tournure d'esprit concernant l'expansion des méthodes européennes en Asie a toujours été d'une inconséquence des plus confuses et immorales. Nous avons insisté pour qu'ils aient des machines et nous nous sommes opposés à ce qu'ils aient des mitrailleuses ; nous leur avons souvent permis d'entrer dans nos académies et interdit de prendre place à leurs propres assemblées nationales ; nous nous sommes moqués d'eux parce qu'ils portaient leur propre costume, puis moqués d'eux parce qu'ils portaient le nôtre. [...] La question chinoise est vraiment sérieuse et il est temps que le Chinois nous apparaissent sérieusement pour ce qu'il est en soi et non pour ce qu'il nous apparaît à nous, [je veux dire] l'incarnation de quelque chose d'extravagant et d'extrême, aux extrémités de la terre."
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Et un peu plus loin, ceci :
"Bref, l'Européen prend un air supérieur, mais pas dans le domaine où il est vraiment supérieur. A cet égard, il y a une ironie très étrange et une contradiction, voire même un renversement de situation. Non seulement l'Asie a emprunté tout ce que l'Europe a de mauvais, mais l'Europe elle aussi a très largement puisé dans tout ce que l'Asie a de mauvais. [...] Nous n'avons pas réussi à faire que le lointain Asiatique se sente chrétien, mais nous avons réussi à lui donner l'allure d'un malotru [CHESTERTON fait ici allusion à la laideur et la vulgarité des vêtements des Occidentaux]. Ceci me paraît l'une des plus étranges et des plus sinistres de toutes les contradictions historiques, lorsque nous considérons ce que la chrétienté avait à donner et ce qu'elle a donné."
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Tout le développement qui suit est d'une profondeur incroyable. Je n'ai pas pour le moment le loisir de le détailler. Je dirai simplement que pour CHESTERTON, le meilleur de l'Europe ("l'esprit de libre arbitre, d'engagement personnel chevaleresque et charitable, ce vent frais d'espoir", "les idées courageuses et vivifiantes, de celles qui rendent possible la vie en commun, la chrétienté en a infiniment plus que n'importe quelle culture") nous n'avons pas su, ou surtout pas voulu le transmettre. Révolution Française oblige, rationalisme des Lumières et sociétés de pensée qui le soutenaient, de même. Et c'est ainsi que HEGEL s'est payé le luxe ridicule de refuser à CONFUCIUS le statut de philosophe que les Jésuites européens lui avaient pourtant accordé vers la fin du XVIIe siècle, en publiant leur Confucius sinarum philosophus. Chercher l'erreur ; considérez les résultats ; regardez qui a honoré et compris l'esprit de la Chine, et qui a rêvé de "pendre le dernier prêtre avec les tripes du dernier roi". Oui, cherchez l'erreur. Soyez honnête, et dites si nous avons gagné à mettre MARX et LENINE au coeur de cet immense pays, au lieu et place de JESUS.
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