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mardi 20 septembre 2022

BILLET DU 20 SEPTEMBRE 2022. QU'EST-CE QU'UNE CONSTITUTION ?

 Dans ses  Considérations sur la France, Joseph de MAISTRE, qui, contrairement à des idées reçues, n'est pas Français, mais sujet du roi de Piémont-Sardaigne, est un vrai Savoyard, a écrit ceci qui me paraît plein de bon sens :

"Qu'est-ce qu'une constitution ? n'est-ce pas la solution du problème suivant ?

Etant données la population, les moeurs, la religion, la situation géographique, les relations politiques, les richesses, les bonnes et les mauvaises qualités d'une certaine nation, trouver les lois qui lui conviennent."

La définition est lumineuse : le peuple français est de souche indo-européenne, son territoire géographique est l'extrême occident de cette immense territoire qu'est l'Eurasie, il a entretenu des relations amicales ou orageuses avec les puissances germaniques, néerlandaises, anglaises, espagnoles, et, par le moyen d'une construction artificielle et bancale, appelée Union Européenne, s'est trouvé contraint de nouer d'étroites alliances avec l'Allemagne dont la partie orientale a été et demeure peu amicale pour notre patrie, et qui s'est échinée depuis des années à détruire notre industrie nucléaire, dans laquelle nous étions les champions mondiaux. Les choses changent, heureusement, au gré du vent, ou plus exactement du gaz russe qui tend a rentrer dans la catégorie des gaz rares. Il ne vous a pas échappé que le chancelier allemand a déclaré qu'il ferait de l'armée allemande "la force armée la mieux équipée d'Europe". Bon, je veux bien. Mais ce disant, il parle bien de son pays. La France est un pays de tradition chrétienne. Il est donc incroyable, impossible et inacceptable d'installer des colonies de peuplement étrangers dans nos provinces (je pense à CALLAC).

Un peu plus loin dans son raisonnement, Joseph de MAISTRE a cette remarque succulente :

"On peut dire que, dans ce moment, l'expérience est faire; car le manque d'attention, lorsqu'on dit la constitution française marche : on prend la constitution pour le gouvernement. Celui-ci, qui est un despotisme fort avancé, ne marche que trop (sic) ; mais la constitution n'existe que sur le papier. On l'observe; et les outrages que ses maîtres lui adressent sous les formes du respect, sont bien propres à le guérir de ses erreurs".

Je crains que nous ne soyons arrivés à ce point où la violence faite au bon sens (réformer les retraites par amendements, créer par l'arbitraire du prince un Conseil de la Refondation dont le caractère pseudo constituant est transparent, éjecter les médecins, les infirmières, les pompiers non vaccinés, sans traitements, sans droits de travailler sont des atteintes incroyables aux libertés les plus fondamentales. Et je mets au défi les plus savants médecins de plateaux de prouver quoi que ce soit sur l'efficacité réelle de la vaxxination contre le Sars-Cov2.


Enfin, détail piquant, mais en juste retour des choses. le Royaume-Uni et les Etats-Unis ne sont pas en mesure de fournir à l'Australie les fameux sous-marins atomiques. La coalition de ces trois pays "amis" est un fiasco et en 2030, l'Australie n'aura plus de sous-marins opérationnels... à moins que par un revirement inattendu, la susdite se retourne vers nous qui sommes à même de lui fournir dans les délais les sous-marins classiques, voire à propulsion nucléaire. Il n'est jamais bon de tromper des prétendus amis et de leur mentir.




samedi 4 janvier 2014

Nouvelles de la Résistance : que nos représentants ne représentent qu'eux-mêmes et autres remarques...

Et d'abord la devise des résistants non violents mais déterminés :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche d'être vrai, c'est la lâcheté.

1. La citation du jour.

La citation du jour est empruntée à Josephe de MAISTRE. Je sais, Léon BLOY n'a pas dit que du bien de ce penseur politique. Sans doute l'ambassadeur de sa majesté le Roi de Sardaigne près de sa majesté l'Empereur de Russie, regardait-il un peu trop vers le passé. Mais il a des fulgurances et surtout des intuitions profondes sur la vraie nature du pouvoir jacobin qui n'a cessé, hormis quelques années, d'étouffer notre patrie depuis la Révolution. Sujet sarde, le comte de MAISTRE voyait la situation française d'un oeil étranger, et c'est ce qui rend son analyse très instructive. Que dit-il  ?

"Ce qu'il y a de sûr, c'est que le système représentatif exclut directement l'exercice de la souveraineté, surtout dans le système français, où les droits du peuple se bornent à nommer ceux qui nomment ; où non seulement il ne peut donner de mandats spéciaux à ses représentants, mais où la loi prend soin de briser toute relation entr'eux (sic) et leurs provinces respectives, en les avertissant qu'ils ne sont point envoyés par ceux qui les ont envoyés, mais par la nation ; grand mot infiniment commode, parce qu'on en fait ce qu'on en veut. En un mot, il n'est pas possible d'imaginer une législation mieux calculée pour anéantir les droits du peuple." (In Considérations sur la France. Nouvelle édition revue et corrigée par l'auteur. Chez Rusand, libraire, imprimeur du Roi, Lyon, 1822 ; j'ai le bonheur de posséder ce livre et quelques autres du même auteur, publiés chez le même éditeur dans les mêmes années.)
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2. Commentaires.

Je n'ai, bien sûr, aucune illusion sur la portée de mes propos car, TIPPEL dût-il en disconvenir, ce Blog reste confidentiel et d'audience limitée. Voilà qui doit rassurer ceux qui, aux Renseignements Généraux, sont chargés de surveiller les citoyens récalcitrants. Je les salue au passage et leur signale que je les défends contre un système qui peut les broyer sans qu'ils puissent réagir. Je les défends, eux, leur famille, leurs enfants, et l'avenir de notre patrie. Et je leur souhaite une bonne année, une année où, rentrant en eux-même, ils s'interrogeront en conscience sur l'éventuelle nécessité de désobéir à ce pouvoir devenu fou.
Le texte de MAISTRE se suffit à lui-même. Mais je vais quand même ajouter quelques mots. Le problème qui se pose aux citoyens français est très clair : un pouvoir, au motif qu'il a le pouvoir de par la bénédiction des urnes et qu'il devrait représenter non pas la nation (idée idiote) ni même la patrie (noble idée), mais tout simplement ceux qui les ont élus, a-t-il tous les droits ? En somme, il y a une autre manière de poser la question : un pouvoir qui se prétend majoritaire, alors qu'il est contesté comme jamais aucun pouvoir ne l'a été sous la cinquième République, mai 1968 inclus, a-t-il le droit de faire n'importe quoi parce son chef (en l'occurrence monsieur HOLLANDE) en a ainsi décidé ainsi. Monsieur HOLLANDE se moque du quart comme du tiers de l'économie, de l'éducation, de la sécurité, des relations avec les pays étrangers. Ce qui l'intéresse, c'est d'être l'auteur, le père, l'inspirateur, d'une nouvelle civilisation, et de laisser ainsi un nom dans l'histoire : la destruction systématique de la famille, la manière dont ses ministres traitent de la sexualité des Français (du préservatif à la PMA et à la GPA en passant par le gender et la sexualité des tout-petits), par exemple à pour but de couper l'être humain dans sa singularité, de tous liens avec les corps intermédiaires, avec les siens, avec les autres, pour le laisser, entièrement nu, entre les mains de l'Etat. Les Français commencent à prendre conscience de ce plan diabolique et ils auront l'occasion de le dire, de le redire, jusqu'à ce que ces démiurges comiques en reviennent de leurs folies ou bien s'en aillent, de gré ou (ce que je ne souhaite pas) de force. Monsieur HOLLANDE n'est pas un despote. C'est un tyran qui sait ce qu'il fait, et le veut sans faille, sauf à s'occuper de l'essentiel. Exeat !
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3. Quelques actes de résistance (du Salon beige).

6 janvier : accueil de Jean-Marc Ayrault à 

Versailles

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, se rendra lundi après-midi au château de Versailles (Yvelines). Accompagné de Michel Sapin, ministre du Travail et de l’Emploi, de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits de la femme et de Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’Etat, il visitera le chantier de restauration et d’adaptation du pavillon Dufour.
A cette occasion, il présentera les actions que le gouvernement entend engager au cours de cette année pour les droits des femmes.
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Veilleurs à genoux à NANTUA.

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Les sentinelles de RAMBOUILLET participent 
au Jour de colère.
Noter la présence d'une sentinelle coiffée d'un bonnet rouge.




mardi 6 août 2013

Nouvelles de la Résistance : pensées de sages, premier billet du 6 août

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Avant que ne commence la marche des Veilleurs dont je m'efforcerai de vous parler, à partir de la Newsletter qu'ils diffuseront chaque jour, et avant de les rejoindre à NANTES, je relis les dizaines de pages de notes dactylographiées que j'ai accumulées depuis des années, histoire de me rafraîchir la mémoire. J'ai trouvé ceci que je livre à votre réflexion, et qui fixe la tonalité dans laquelle nous devons baigner pour réveiller les consciences. Il s'agit de quelques constats fait par Marcel LEGAUT et Karl POPPER. Les voici :
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De Marcel LEGAUT
 
A propos de la sécularisation de notre société :
                "Ce qui caractérise notre époque au point de vue religieux, c'est incontestablement que pour la très grande majorité des esprits le christianisme a perdu son sens, que pour un nombre immense d'âmes dès lors errantes et dispersées, il n'est plus la parole de vie, le principe suprême de la lumière et de la force. Et cela n'est pas vrai seulement de la foule inculte qui ignore, c'est vrai aussi et surtout de ceux qui savent de ceux qui peuplent les Académies, les Universités, les Écoles. Et même, si la masse ne comprend plus le christianisme et s'en détourne systématiquement, c'est avant tout que les différents foyers où s'élaborent la science et la philosophie rayonnent en elle, par les journaux, les romans, les discours et la législation, des idées qui la dirigent en sens contraire.
            Voilà le fait. Sachons, nous chrétiens, le reconnaître humblement et sincèrement. Un monde intellectuel s'est constitué en dehors du christianisme et contre lui. Et c'est ce monde-là qui règne sur les esprits, c'est ce monde-là qui parle haut, qui écrit, qui enseigne, qui est écouté."
 
Nous savons par qui ces mondes de la culture, de la politique et des médias sont peuplés. Il ne s'agit pas de vilipender ou de mépriser leurs habitants, mais il y a lieu, chaque fois que cela nous est possible, de leur faire connaître notre opposition, nos points de vue, nos opinions. Elles valent bien les leurs, et il n'y a aucune raison qu'ils utilisent leur puissance pour ridiculiser leurs adversaires ; c'est alors, en effet, que cette puissance se transforme en violence, à quoi nous devons résister avec des armes qui ne sont pas les leurs.
 
 A propos des chrétiens, objet d'une persécution molle, et qui ne dit pas son nom
               "Si nous sommes faibles aujourd'hui et méprisés, c'est justement parce que nous sommes de l'avenir, parce que nous avons bâti notre vie sur les valeurs de l'avenir, sur celles qui ne cotent pas au cours d'aujourd'hui, parce que nous sommes des espérants dans un monde d'installés. L'avenir, timide comme un jeune homme, en face des possesseurs bien établis qui le méprisent et le haïssent d'une crainte secrète, inavouée ; l'avenir, candide et sans défense, sans organisation, sans moyens puisque justement il est l'avenir, l'avenir qu'ils voudraient bien empêcher de naître mais qui pourtant sera et qui, un jour, les sauvera s'ils ne veulent pas périr.
               Oh ! la dure vie qu'il nous faut vivre dans ce monde en voie de remontée vers la lumière, mais qui se cramponne et veut s'établir à chacune des étapes où il parvient, hait tous ceux qui l'appellent plus loin, renie chaque fois l'élan spirituel qui l'a porté là où il est, et à qui ils doivent tout, leur confort, leur sécurité, leurs idées, leur morale. Les pharisiens d'aujourd'hui bâtissent des tombent aux prophètes que leurs pères ont tués et ils lapident eux-mêmes les descendants des prophètes."
Voilà une parole qui nous établit dans l'espérance et dans la certitude de posséder déjà ce que nous espérons, même si nous sommes peu nombreux, démunis, montrés du doigt. Ne pas céder, demeurer dans la paix intérieure. Courage ! Nous ne lâcherons rien et ce sera une résistance résolue et pacifique, inattendue en notre patrie où tout semble devoir se résoudre dans des tremblements de terre sociaux, des révolutions, des barricades, des conflits. Cette résistance-là aura raison du mensonge.
 
A propos des intellectuels qui méconnaissent les travailleurs manuels
 "[…]. L'une des plus profondes et présentes cases de la dégradation humaine actuelle est que les clercs ne sont pas ouvriers – que les uns font et les autres disent, que les uns travaillent de leurs mains et que les autres se spécialisent dans la spéculation, que les uns portent péniblement le lourd fardeau de la fatigue humaine et que les autres, sans ignorer les malsaines fourbures de l'esprit, ne savent pas que la sueur du visage, que la souffrance des mains, que les risques de l'accident, que les menaces de la misère, sont les altières compagnes d'une pensée authentique et d'une recherche vraie qui ne soit pas l'éternel rabâchage et la sempiternelle reprise sur des tons différents des propos à la mode.» (Inédit, 1949 ?)
De Karl POPPER.
[In La Quête inachevée. Traduction française de René BOUVERESSE. Calmann-Lévy, Paris, 1981.]. "Je suis resté socialiste pendant plusieurs années encore, même après mon refus du marxisme. Et si la confrontation du socialisme et de la liberté individuelle était réalisable, je serais socialiste aujourd'hui encore. Car rien de mieux que de vivre une vie modeste, simple et libre dans une société égalitaire. Il me fallut du temps avant de réaliser que ce n'était qu'un beau rêve ; que la liberté importe davantage que l'égalité ; que la tentative d'instaurer l'égalité met la liberté en danger ; et que, à sacrifier la liberté, on ne fait même pas régner l'égalité parmi ceux qu'on a asservis."
C'est clair. Nous n'avons pas besoin des socialistes pour mener une vie modeste, simple et fraternelle dans une société égalitaire. Nous avons besoin de liberté ; or, chacune des initiatives que prennent les représentants de ce parti tendent à encadrer, interdire, limiter, empêcher. Je vous rappelle que la Convention, du premier jour de la république jusqu'au 4 brumaire an I (26 octobre 1795) a pondu 11 210 lois ! Elle a donc réglementé plus de 11 000 activités humaines qui se déployaient jusqu'alors dans la plus grande liberté, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de réglementation. Il y en avait. Et comme le note Joseph de MAISTRE, à qui j'emprunte ces données numériques, voici une parole qu'il met dans la bouche des grands chefs révolutionnaires, mais qui pourrait tout aussi bien être prononcée par monsieur HOLLANDE, ses sbires, ses sicaires et ses séides :
 "Vous croyez ne pas vouloir cette loi, mais soyez sûrs que vous la voulez. Si vous osez la refuser, nous tirerons sur vous, pour vous punir de ne pas vouloir ce que vous voulez". Et Joseph de MAISTRE dit de ces tyrans : "Et ils l'ont fait".
 
Nous n'avons pas encore eu droit à la mitraille, mais nous avons eu les gaz lacrymogènes, des gardes à vues, les rétentions dans des paniers à salade, sans compter l'emprisonnement de Nicolas BERNARD-BUSSE pour qui il semble bien que les prisons parisienne n'aient point été trop surchargées ; ce n'est pas le cas de celle de DREUX : elle n'a pas pu accueillir trois malfrats condamnés à de la prison ferme pour des faits autrement plus graves. Ils ont été remis en liberté sans suite judiciaire, oui, vous entendez, sans suite judiciaire ! Merci qui ? Merci madame TAUBIRA !

mercredi 4 janvier 2012

Foule au portillon

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A considérer les luttes féroces qui, au sein même des partis, déchirent les prétendants à un siège de député, on s'étonne, comme on s'étonne de ce curieux phénomène qui consiste à représenter le Pas-de-Calais après avoir député de BLOIS, puis à chercher un autre point de chute après avoir été rebuté par les adhérents du parti dont on se faisait le champion pour le prochain scrutin. Les élections législatives approchent et elles exhalent le délicieux fumet du pouvoir, rétribué largement en argent, en nature et en notoriété, avec notre sous à nous et la complicité des médias.
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Tout de même, il y a des remarques qui méritent d'être portées à la connaissance des citoyens. Dans ses Considérations sur la France, le très savoyard Joseph de MAISTRE s'étonne : "C'est peu-être une illusion de ma part, mais ce salaire qu'un néologisme vaniteux appelle indemnité, me semble un préjugé contre la représentation française. L'anglais, libre par la loi, et indépendant par sa fortune, qui vient à LONDRES représenter la nation à ses frais, a quelque chose d'imposant. Mais ces législateurs français qui lèvent cinq ou six millions tournois sur la nation pour lui faire des lois ; ces facteurs de décrets, qui exercent la souveraineté nationale, moyennant huit myriagrammes de froment par jour, et qui vivent de leur puissance législative ; ces hommes-là, en vérité, font bien peu d'impression sur l'esprit ; et lorsqu'on vient à se demander ce qu'ils valent, l'imagination ne peut s'empêcher de les évaluer en froment."
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Le coût  de l'entretien des députés français est ici évalué en froment et en  tournois. Remplacez ces mots par euros (en ajustant les dépenses à la valeur de cette monnaie), imaginez que vous êtes en 2012, et non point en 1822, date de l'édition que je possède de cet ouvrage, écrit plus tôt, vers les années 1800, et vous aurez une exacte idée de ce que sont un grand nombre de nos représentants. Il serait injuste de les fourrer tous dans le sac de l'intérêt personnel et de la bouffissure de l'ego, mais enfin on peut en nommer certains, avec l'assurance qu'ils sont les incarnations de ce portrait général. On comprend qu'il y ait foule au portillon ; un siège où manger à sa faim, c'est mieux qu'un picotin rempli des (souvent maigres) fruits de son travail.
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C'est tout pour aujourd'hui.
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jeudi 10 mars 2011

Grands caractères

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Joseph de MAISTRE a magistralement traduit l'ouvrage de PLUTARQUE intitulé Sur les délais de la Justice divine. Je jetais un coup d'oeil négligent sur cette traduction, cherchant de quoi vous parler aujourd'hui. J'aurais eu beaucoup à dire sur l'actualité, mais la passion n'est jamais bonne conseillère. Il est préférable d'attendre un peu avant de donner un avis qui, prononcé dans la chaleur de l'événement, ne peut être pondéré, juste et sage. Je cherchais donc, disais-je, et je trouve ceci qui me paraît très juste :
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"Les grands caractères ne sauraient produire rien de médiocre ; et comme l'énergie qui est en eux ne peut demeurer oiseuse, toujours ils sont en branle comme des vaisseaux battus par les flots et par la tempête, jusqu'à ce qu'enfin ils soient parvenus à des habitudes fixes. Or, comme il peut arriver qu'un homme sans expérience dans l'agriculture, méprise une terre qu'il verra couverte de broussailles, de plantes sauvages, d'eaux extravasées, de fange et de reptiles ; tandis que le connaisseur tirera de ces signes mêmes et d'autres semblables, des preuves de l'excellence de cette terre ; de même les grands caractères sont sujets dans leurs commencemens (sic), à pousser des fruits mauvais et désordonnés ; et nous qui ne pouvons supporter ce que ces fruits ont d'épineux et d'offensants, nous imaginons qu'il n'y a rien de plus pressé que de réprimer par le fer cette fausse végétation ; mais celui qui en sait plus que nous, voyant déjà ce qu'il y a dans ces esprits de bons et de généreux, attend l'époque de la raison et de la vertu, où ces tempéramens (resic) robustes seront en état de produire des fruits dignes d'eux."
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Il me semble que cette analyse s'applique assez bien à un Président honni, moqué, vilipendé, souvent maladroit, parfois dans l'erreur, et que la versatile opinion publique, manipulée par les médias en quête de "polémiques", de "scoops", de révélations "fracassantes", désire vouer au gémonies. Comme PLUTARQUE le fait dire à BIAS (à travers un discours rapporté par THUCYDIDE) à propos d'un méchant homme, j'ose dire à tous ces médiocres qui prennent leurs discours pour le réel, leurs passions pour du désintéressement, leurs insultes pour des prophéties : Je ne crains pas que vous échappiez à la peine ; je crains seulement de pas vivre assez pour en être le témoin.
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vendredi 2 juillet 2010

A l'intention des tentés...

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Le premier Empereur QIN SHIHUANGDI, fondateur de l'éphémère dynastie des QIN, cet Empereur qui fit édifier pour lui une tombe somptueuse gardée par des milliers de soldats grandeur nature en terre cuite, fut un véritable tyran. Pour unifier l'Empire, il n'hésita pas à combattre impitoyablement les Lettrés confucéens (on raconte qu'il en fit enterrer vivants plus de 400 !), ordonna de brûler tous les Livres, autres que de médecine, d'agriculture et de technique, et s'entoura, pour gouverner, de conseillers de l'école des Légistes. Ces derniers prirent des mesures exclusivement fondées sur la répression, le châtiment et la récompense, et le contrôle. Quiconque, par exemple, était pris en possession d'un des Classiques confucéens, était mis à mort.
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De tout temps, les détenteurs du pouvoir ont eu à coeur d'étendre leur puissance par le moyen des Lois et des Règlements. Nos actuels régimes n'échappent pas à la tendance : contrôles, fiscaux, contrôles de la vitesse, contrôle du travail (inspecteurs du travail), contrôle douanier, contrôle de toutes sortes d'activités (inspecteurs de la répression des fraudes), contrôle des activités de téléchargement d'oeuvres protégées, etc. Il n'est pas question de nier que certains de ces contrôles soient nécessaires. Il est tout à fait possible de s'interroger sur leurs modalités et sur l'état d'esprit dans lequel les fonctionnaires chargés de les opérer agissent.
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LANZA del VASTO (j'en ai déjà tellement parlé !) dans cet ouvrage décapant (je l'ai si souvent cité), Les quatre fléaux, dit ceci à propos des contrôles.
"D'aucuns pensent que par un contrôle sévère et complet, on peut coordonner l'économie, supprimer les abus. De fait, le Régime Libéral peut guérir de sa fièvre en mourant. On peut écraser l'actif, inventif, astucieux Commerçant sous le poids du Fonctionnaire inerte, inepte et soucieux de conserver sa place : préférer au parasite sautillant, du type de la puce, le parasite planté à même la chair, de l'espèce de la tique. C'est alors que le permis, la patente, le certificat, le ticket, la fiche, le timbre, le visa, la montagne des papiers, barrent tous les chemins et bouchent l'horizon. C'est alors que petits et grands, à la queue, vont mendier, à la grille des guichets, la permission de vivre. C'est alors que les bateaux s'encroûtent dans les ports, que les stocks pourrissent dans les gares, que le gâchis public remplace tous les excès passés du profit personnel et l'incurie des bureaux l'injustice des tyrans."
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Je me demande (a) si ce n'est pas cette société-là que les hommes politiques, de droite comme de gauche, nous préparent, au nom de l'utopie de l'égalité ; (b) si nous ne préférons pas la servitude du confort administré à la liberté de vivre en assumant les risques de la vie ; (c) si nous arriverons un jour à sortir de ce faux dilemme : liberté ou égalité.
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En matière de contrôle, je crois que le socialisme a une longueur d'avance sur le soi-disant libéralisme. Rien n'indique cependant que celui-ci ne rattrapera pas celui-là. La tyrannie réglementaire des bureaucrates de BRUXELLES met effectivement de l'ordre dans ce décalage des distances. Comment ne pas évoquer de nouveau Joseph de MAISTRE : "Étant données la population, les moeurs, la religion, la situation géographique, les relations politiques, les richesses et les bonnes et les mauvaises qualités d'une certaine nation, trouver les lois QUI LUI CONVIENNENT." Ces messieurs de BRUXELLES concoctent leurs potions pour un Européen idéal, un Européen qui n'existe pas. Et de cela, moi je ne veux pas, car je suis Français.
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Alors, à l'intention des tentés par la réglementation, le contrôle, l'encadrement de la société, à la manière du totalitaire PLATON (voir mon billet "J'aime pas PLATON"), je suggère la lecture des Quatre Fléaux de LANZA del VASTO, né Prince LANZA di TRABIA, qui n'a point dédaigné travailler de ses mains, cultiver la terre, élever des moutons, jeûner, vivre pauvrement, mais toujours dans les cimes de la pensée (pas des idées !), d'une pensée nourrie de méditation, de prière, de bienveillance. S'ils ont du temps, et s'ils en trouvent les l'oeuvres, ils liront avec profit les Considérations sur la France du Comte Joseph de MAISTRE.
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vendredi 16 octobre 2009

Un portrait au vitriol

Joseph de MAISTRE dont nous avons beaucoup parlé ces temps-ci sur ce Blog a été ambassadeur du Roi de Sardaigne auprès de l'Empereur de Russie. C'est pourquoi, parmi ses oeuvres, il en est une qui est intitulée "Les soirées de Saint-Pétersbourg". Il semble bien que le palais de l'Ermitage hébergeait le portrait de VOLTAIRE du temps ou le Comte habitait la capitale de la Russie. Joseph de MAISTRE, avec raison et je m'en expliquerai, détestait - à la mesure même du talent qu'il lui prêtait et qu'il jugeait immense mais prostitué - le "Philosophe" de FERNEY. La vue du tableau de l'Ermitage lui inspira ce portrait au vitriol.
"N'avez-vous jamais remarqué que l'anathème divin fût écrit sur son visage ? Allez contempler sa figure au palais de l'Ermitage. Voyez son front abject, que la pudeur ne colora jamais, ces deux cratères éteints où semble bouillonner encore la luxure et la haine, ce rictus épouvantable courant d'une oreille à l'autre, et ces lèvres pincées par la cruelle malice, comme un ressort prêt à se détendre pour lancer le blasphème ou le sarcasme.
Semblable à cet insecte, le fléau des jardins, qui n'adresse ses morsures qu'à la racine des plantes les plus précieuses, Voltaire, avec son aiguillon, ne cesse de piquer les deux racines de la société, les femmes et les jeunes gens; il les imbibe de son poison, qu'il transmet ainsi de génération en génération.
D'autres cyniques étonnèrent la vertu ; Voltaire étonne le vice. Il se plonge dans la fange, il s'y roule, il s'en abreuve. Quand je vois ce qu'il pouvait faire et ce qu'il a fait, ses inimitables talents ne m'inspirent plus qu'une espèce de rage sainte. Paris le couronne, Sodome l'eût banni."
J'ai découvert avec stupeur, dans un livre dont je reparlerai, que VOLTAIRE détestait sa mère, que ses malversations avaient ruiné une famille qui lui avait confié ses biens, et qu'il est mort dans la folie, absorbant peu avant son dernier soupir, le contenu de son vase de nuit. Je mets sur ce dernier détail un doute légitime, car l'auteur ne donne pas de source vérifiable à l'information, et je déteste les on-dit, même si l'ouvrage est extrêmement crédible. Je vais sur ce point me renseigner. En revanche, il est avéré que VOLTAIRE était rongé par l'angoisse, la culpabilité, le remord, surtout sur la fin de sa vie, comme en témoignent les lettres qu'il écrivit à divers correspondants. On sait le rôle que ce littérateur exceptionnel par son talent de plume eut dans l'avènement de la Révolution, dans la germination de cette convulsion au profond du corps des élites intellectuelles et aristocratiques de son temps. Il est mort trop tôt pour voir les fruits empoisonnés de ses pensées viciées et vicieuses. Nul ne peut préjuger de ce qu'il en aurait dit et s'il aurait pu voir la part qu'il avait prise dans les persécutions de ses compatriotes par une poignée de fous. Paix à ses cendres et yeux grands ouverts sur ses écrits.

mercredi 14 octobre 2009

Que sont devenus les députés régicides de la Convention ?

Si vous avez du temps et le goût des textes anciens ou antiques, lisez l'ouvrage de PLUTARQUE Sur les délais de la justice divine dans la punition des coupables (traduction de Joseph de MAISTRE), publié bien longtemps avant par AMYOT sous le titre Pourquoy (sic) la justice divine diffère quelquefois la punition des maléfices.

J'utilise ici la version de Joseph de MAISTRE. Au chapitre XIII, PLUTARQUE note :

"Considérons maintenant si quelques nations grecques n'ont pas adopté avec beaucoup de raison la loi égyptienne qui ordonne que 'si une femme enceinte est condamnée à mort, on suspende le supplice jusqu'à sa délivrance' ; maintenant, au lieu d'une femme qui a conçu matériellement, imaginons un coupable qui porte dans le fond de son âme une bonne action, une grande pensée, un conseil salutaire, une invention utile : ne préfèrera-t-on pas, d'une commune voix, la clémence qui laisse mûrir et naître ces fruits de l'intelligence, à la justice précipitée qui les aurait fait avorter ? Jusqu'ici la comparaison est exacte : elle devient fausse ensuite, mais c'est au profit de la vérité ; car cet enfant que la mère condamnée doit mettre au monde, ne peut lui-même sauver sa mère dont le sort est décidé ; au lieu que cette bonne action que Dieu voit dans l'avenir, sera pour le coupable un mérite qui aura la force d'adoucir le supplice, peut-être même de le prévenir. Comment donc la suprême bonté pourrait-elle annuller (sic) ce mérite en le prévenant par une punition précipitée ?"

Le hasard a voulu que je trouve récemment un livre sur le "Châtiment des Révolutionnaires". Vous trouverez ci-dessous, classés par ordre des départements d'origine le sort des députés régicides de la Convention ; quelquefois, les noms sont suivis d'une autre mention comme "bannissement" ou "réclusion". Dans ce cas ces députés n'ont pas voté en faveur de la mort de Louis XVI. Si je vous donne cette liste, c'est pour montrer comment une Révolution, la française en particulier, dévore ses enfants. Dans un premier mouvement, on ne peut s'empêcher de penser que ces fanatiques ont reçu le juste châtiment de leur iniquité. Mais en vérité, on ne peut que pleurer tant de sang versé au nom de la démocratie et de la liberté. Je la donne pour que vous ayez une documentation irréfutable et factuelle, et non pas une vague idée de ce fut la terreur qui régnait aussi sur la Convention. Il est assez étonnant qu'aucune réflexion n'ait été faite et enseigné à nos collégiens et lycéens sur cet aspect universel de toutes les révolutions.

Sort de quelques députés ayant voté la mort de Louis XVI et de quelques autres ayant voté le bannissement ou la réclusion. La liste ne semble pas exhaustive. Elle est donnée par ordre alphabétique des départements desquels provenaient ces élus. Vous constaterez que 31 départements ont vu leur représentant condamné à mort. Les plus gros contingents de victimes étaient les élus de la Gironde, de Paris, des Bouches-du-Rhône, puis l'Eure-et-Loir et le Puy-de-Dôme.

Saint-Just (Aisne). — Guillotiné le 28 juillet 1794.
Condorcet (Aisne). — S'est empoisonné dans la prison du
Bourg-la-Reine, près Paris.
Rabaud Saint-Etienne (Aube). — Guillotiné le 15 décembre 1793.
Jean Duprat (Bouches-du-Rhône). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Rebecquy (Bouches-du-Rhône). — S'est noyé à Marseille en 1793.
Barbaroux (Bouches-du-Rhône). — Guillotiné à Bordeaux le 7 messidor an II.
Gasparin (Bouches-du-Rhône). — Ce martyr de la liberté est mort d'indigestion à Toulon.
Rovère (Bouches-du-Rhône). — Mort à Cayenne en 1798.
Deperret (Bouches-du-Rhône) : la réclusion. — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Fauchet (Calvados) : la détention. — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Cussy(Calvados). — Guillotiné le 15 novembre 1793.
Bazire (Côte d'Or). — Guillotiné le 15 avril 1794.
Hugyes (Creuse). — Guillotiné le 6 octobre 1796.
Buzot (Eure). — Trouvé dans un champ, dévoré par des oiseaux de proie (suicide, mort à saint-Magne [Gironde] en 1794).
Duroy (Eure). — Condamné à mort par une commission militaire le 16 juin 1795. Il s'est poignardé après la lecture de son jugement ; n'étant pas mort de ses blessures il a été exécuté le même jour.
Lacroix (Eure-et-Loir) — Guillotiné le 5 avril 1794.
Brissot (Eure-et-Loir) — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Pétion (Eure-et-Loir) — Trouvé dans un champ, dévoré par des oiseaux de proie (suicide, mort à Saint-Émilion en 1794).
Rabaut-Pommier (Gard). — Guillotiné le 16 décembre 1793.
Desazy (Haute-Garonne). — Guillotiné le 5 avril 1793.
Vergniaud (Gironde). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Guadet (Gironde). — Guillotiné le 23 juin 1794.
Gensonné (Gironde). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Grangeneuve (Gironde) : La réclusion — Guillotiné le 20 décembre 1793.
Ducos (Gironde). — Guillotiné le 30 octobre 1793.
Boyer-Fonfrède (Gironde). — Guillotiné le 31A octobre 1793.
Lacaze (Gironde) : La réclusion. — Guillotiné le 30 octobre 1793.
Duval (Hérault). — S'est tué.
Fabre (Hérault). Tué le 12 janvier 1794.
Chabot (Loir-et-Cher). — Guillotiné le 5 avril 1794.
Coustard (Loire-Inférieure) : La réclusion. — Guillotiné le 7 novembre 1793.
Delaunay (Maine-et-Loire). — Exécuté en l'an II.
Charles Charlier (Maine-et-Loire). — S'est suicidé en 1797.
Sallès (Meurthe) : La détention. — Guillotiné à Bordeaux le 19 juin 1794.
Lehardy (Morbihan) : La détention. — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Gillet (Morbihan) : La détention. — Tué par Le Cat.
Anacharsis Clootz (Oise). — Guillotiné le 24 mars 1794.
Dufriche-Valazé (Orne). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Robespierre (Paris). — Guillotiné le 28 juillet 1794.
Danton (Paris). — Guillotiné le 5 avril 1794.
Collot d'Herbois (Paris) — Déporté en Guyane. Mort là-bas dans des affreuses angoisses, torturé par le remord. Pour aller plus vite dans sa besogne de tueur à Lyon, il utilisait des canons de marine contre les condamnés.
Manuel (Paris) : La détention. — Guillotiné le 14 novembre 1793.
Camille Desmoulins (Paris). — Guillotiné le 5 avril 1794 (en même temps que Danton).
Billaud-Varennes (Paris). — Déporté en Guyane. Refuse l'amnistie de Bonaparte (!). Passe en Haïti au retour des Bourbons. Meurt à Port-au-Prince (!) en 1819.
Marat (Paris). — Tué par Charlotte Corday le 14 juillet (eh oui !) 1793.
Fabre d'Églantine (Paris). — Guillotiné le 5 avril 1794 (l'inventeur du calendrier républicain était un concussionnaire notoire).
Osselin (Paris). — Guillotiné le 27 juin 1794.
Robespierre le jeune (Paris). — Guillotiné le 28 juillet 1794.
Louis-Philippe dit Égalité, duc d'Orléans (Paris). — Guillotiné le 7 novembre 1793.
Duquesnoy (Pas-de-Calais) — S'est suicidé par le poignard.
Lebas (Pas-de-Calais) — S'est suicidé.
Couthon (Puy-de-Dôme). — Guillotiné le 28 juillet 1794.
Romme (Puy-de-Dôme). — Condamné à mort par la Convention thermidorienne, se suicide en 1795.
Soubrany (Puy-de-Dôme). — Guillotine en 1795, après une tentative de suicide pour échapper à l'exécution voulue par la Convention thermidorienne.
Féraud (Hautes-Pyrénées). — Assassiné dans la Convention le 20 mars 1793.
Biroteau (Pyrénées-Orientales). — Guillotiné à Bordeaux le 14 octobre 1793.
Cusset (Rhône-et-Loire). — Fusillé le 10 octobre 1796.
Javogue fils (Rhône et-Loire) . — Fusillé le 9 octobre 1796.
Phélipeaux (Sarthe). — Guillotiné le 5 avril 1794.
Gorsas (Oise). — Guillotiné le 5 avril 1794.
Héraut de Séchelles (Seine-et-Oise). — Guillotiné le 5 avril 1794.
Teillier (Seine-et-Marne). — S'est tué le 17 septembre 1795.
Duchastel (Deux-Sèvres) : Le bannissement — Guillotiné le 30 octobre 1793.
Sillery (Somme) : La détention — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Lasource (Tarn). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Lesterpt-Beauvais (Haute-Vienne). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Maure aîné (Yonne). — S'est tué.
Lepelletier Saint-Fargeau (Yonne). — Tué le 20 janvier 1793 au Palais Royal.
Boileau (Yonne). — Guillotiné le 31 octobre 1793.
Bourbotte (Yonne). — Guillotiné le 15 juin 1795.

jeudi 1 octobre 2009

Emporté par mon élan

Emporté par mon élan, je continue de vous dire ce que j'ai sur le coeur quant à la manière dont fonctionne notre soi-disant (je ne dis pas prétendue) démocratie. Cette fois-ci j'appellerai à mon secours le Comte de MAISTRE dont les vues politiques sont très profondes, à un point tel du reste, que pour n'avoir pas à battre le fer contre lui, on a préféré, dans les chaumières de la philosophie politique académique, l'oublier, le ringardiser, le mettre au rancart, le ridiculiser. Peu de ses détracteurs arrivent cependant à hauteur du petit orteil de cet auteur. Certes tout n'est pas fait du même bois dans l'ouvrage intitulé Considérations sur la France. On est fondé à réfuter certaines vues qui ne semblent plus adaptées au monde contemporain. Il n'empêche, monsieur de MAISTRE dit des choses qui méritent d'être dites, répétées, diffusées. Et par exemple ceci :
"La philosophie moderne est tout à la fois trop matérielle et trop présomptueuse pour apercevoir les véritables ressorts du monde politique. Une de ses folies est de croire qu'une assemblée peut constituer une nation : qu'une constitution, c'est-à-dire, l'ensemble des lois fondamentales qui conviennent à une nation, et qui doivent lui donner telle ou telle forme de gouvernement, est un ouvrage comme un autre, qui n'exige que de l'esprit, des connaissances et de l'exercice ; qu'on peut apprendre son métier de constituant, et que les hommes, le jour qu'ils y pensent, peuvent dire à d'autres hommes : Faites-nous un gouvernement, comme on dit à un ouvrier : Faites-nous une pompe à feu ou un métier à bas.
Cependant il est une vérité aussi certaine, dans son genre, qu'une proposition de mathématiques ; c'est que nulle grande institution ne résulte d'une délibération, et que les ouvrages humains sont fragiles en proportion du nombre d'hommes qui s'en mêlent, et de l'appareil de science et de raisonnement qu'on y emploie A PRIORI (majuscules, de votre serviteur).
Je ne sais si mon oncle, qui disait préférer "un grand con à cent petits", avait lu monsieur de MAISTRE. Mais en tout cas il semblait bien s'en être inspiré, avec une vigueur toute campagnarde, il est vrai. Attention, quand je dis cela, je n'entends pas ridiculiser la délibération, les discussions, ni les compromis qui doivent présider à l'élaboration des lois. Je dis simplement qu'elles doivent s'appuyer sur les faits, l'expérience et la tradition éprouvée par la durée. TAINE concluait du reste son ouvrage sur Les origines de la France contemporaine en déplorant que le régime, sous le joug napoléonien duquel nous ployons toujours, ait tout simplement rendu impossible les grandes oeuvres héréditaires.
Voir les grandes pensées éléphantesques, éléphanticulesques, et droitiques aujourd'hui (et hélas), s'attaquer à des institutions sorties de la nuit des temps, comme le mariage - avec le PACS, et la ridicule cérémonie de mariage homosexuel organisée par monsieur MAMERE il y a quelques années - ou la manière pour une mère de porter en son sein, et conformément à l'ordre de la Nature (si cher à mes chers Chinois), son enfant - ou encore la famille, donne l'impression d'une folie rare. Mais JUPITER aveugle ceux qu'ils veut perdre.
Je signale à mes lecteurs que je m'absente pour faire les vendanges à BORDEAUX. Je reprendrai mes billets mardi prochain.

mardi 5 mai 2009

Que la Révolution fut d'abord liberticide

A de multiples reprises, j'ai eu l'occasion de dire que, faute de morale publique, les gouvernements devaient avoir recours à la loi, et que la loi, par essence est contraignante et qu'un excès de loi est liberticide. J'ai dit et je redis que la Révolution française, à cet égard, fut la plus grande destructrice des libertés individuelles et collectives que notre Patrie ait jamais connue.
En voici la preuve, trouvée justement dans les Considérations su la France du Comte Joseph de MAISTRE. Notre auteur indique qu'entre le 1er juillet 1789 et le 26 octobre 1795, la Constituante, puis la Législative, puis la Convention, ont produit 15.479 lois. Vous entendez bien quinze mille quatre cent soixante dix-neuf lois. Si vous voulez bien y réfléchir, cela revient à dire que ces diverses Assemblées ont jugé utile de régler par la loi plus de 15.000 activités humaines qui jusque là y échappaient. Que certaines de ces lois aient été nécessaires, c'est l'évidence. Qu'il en eut fallu quinze mille et quelque indique assez quelle volonté de puissance, quel esprit de domination régnaient dans la tête de ces hommes médiocres et vils, qui voulait tout régenter et qui ont tout régenté, y compris des activités humaines traditionnelles et paisibles, réglées jusque là par le cours ordinaire de la vie, l'expérience et la tradition, ce que BERNANOS explique si bien dans La France contre les robots en commentant le mot privilège et son étymologie : privata lex.
Et le Comte de MAISTRE d'introduire le tableau du nombre des lois par ce commentaire : Si la perfection était l'apanage de la nature humaine, chaque législateur ne parlerait qu'une fois mais, quoique toutes nos oeuvres soient imparfaites, et qu'à mesure que les institutions politiques se vicient, le souverain soit obligé de venir à leur secours par de nouvelles lois, cependant, la législation humaine se rapproche de son modèle par cette intermittence [il s'agit de l'intermittence dans la production des lois, du sabbat législatif nécessaire et inévitable quand le législateur est légitime et fondé]. Son repos l'honore autant que son action primitive ; plus elle agit, et plus son oeuvre est humaine, c'est-à-dire fragile.
Et il dira quelques pages plus loin :
Il n'y a [...] pas de souveraineté en France ; tout est factice, toute est violent, tout annonce qu'un tel ordre de choses de peut durer.
Hélas, ses prédictions ne se sont point réalisées. Par la violence des idéologies, en effet, par le viol des particularités régionales et des langues des peuples qui faisaient la France, par l'ignorance délibérée du passé, des traditions, des moeurs séculaires, des habitudes polies par le temps et adoucies par lui, les soi-disants amoureux de la Liberté ont réduit la France à cette énorme Caserne Philosophique dont TAINE parle si bien dans la conclusion de ses Origines de la France contemporaine. On étouffe, on a envie de crier, et pourtant l'on crève d'amour pour une Patrie qui traite si mal ses enfants et qu'elle a conduit par millions au massacre dans des guerres folles et inutiles.

La providence fait bien les choses...

Je rentre après avoir passé six jours à Strasbourg. J'en ramène quelques livres que j'avais commandés à un libraire absolument délicieux de gentillesse et de science. Il s'agit de quatre ouvrages publiés à Lyon en 1822, chez Rusand, Imprimeur du Roi, consacrés aux oeuvres du Comte Joseph de MAISTRE. Contrairement à ce que nous enseignent les idées reçues, il nous faut savoir que monsieur de MAISTRE n'était pas français, mais sujet du Roi de PIEMONT-SARDAIGNE et qu'il est de souche savoyarde. Il fut ministre plénipotentiaire de ce monarque auprès de l'Empereur de RUSSIE et c'est pourquoi nous lui devons un ouvrage appelé Les Soirées de Saint Petersbourg. Ces soirées ne figurent pas, malheureusement, dans les quatre tomes en ma possession. En revanche, j'y trouve ceci que je trouve très propre à la réflexion :
Nos idées sur le bien et sur le mal, sur l'innocent et le coupable, sont trop souvent altérées par nos préjugés. Nous déclarons coupables et infâmes deux hommes qui se battent avec un fer long de trois pouce [comprenons ici le poignard d'un sicaire ou d'un assassin des ruelles] ; mais si le fer a trois pieds, le combat devient honorable [comprenons ici le duel à l'épée]. Nous flétrissons celui qui vole un centime dans la poche de son ami ; s'il ne lui prend que sa femme, ce n'est rien. Tous les crimes brillans [orthographe sic] qui supposent un développement de qualités grandes ou aimables ; tous ceux surtout qui sont honorés par le succès, nous les pardonnons, si même nous n'en faisons pas de vertus ; tandis que les qualités brillantes qui environnent le coupable, le noircissent aux yeux de la véritable justice, pour qui le plus grand crime est l'abus de ces dons (Considérations sur la France).
Le constat est plus vrai que jamais. Et c'est ainsi que l'on voit des hommes politiques comprendre la séquestration de cadres ou de dirigeants d'entreprise (quand des plans sociaux ne conviennent pas à ceux qu'ils concernent), et des cadres ou dirigeants d'entreprise comprendre des plans sociaux injustes (quand ils ne les concernent pas) et les mettre en oeuvre sans état d'âme.
Monsieur de MAISTRE est jugé ringard ; sa philosophie politique dépassée, parce qu'il a démontré de manière irréfutable l'erreur intellectuelle et morale que fut la Révolution ; mais il ne fait que dérouler implacablement les conséquences d'une pensée totalitaire, inhumaine, et radicalement liberticide. J'aurai donc souvent l'occasion de parler de monsieur de MAISTRE. Et je signale qu'un de mes lecteurs a fait un commentaire de mon billet du 27 avril en citant justement Joseph de MAISTRE, commentaire que je vous invite à lire. J'en reparlerai.