dimanche 15 novembre 2009

Amour de la vérité

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Un ami très cher m'a prêté un livre intitulé "L'Esprit de Vérité", écrit par Arthur KATZ et Paul VOLK, deux pasteurs américains (Editions Emmaüs). Le livre est absolument passionnant, et il m'interroge très profondément. Vous n'êtes pas obligé de me croire, mais son contenu m'a empêché de dormir cette nuit. En voici, par exemple, un petit extrait :
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"Recevoir l'amour de la vérité et de l'Esprit qui nous conduit dans la vérité, c'est inévitablement nous ouvrir à une certaine souffrance, car la désillusion, l'incertitude et l'humiliation sont des formes de souffrance, et la souffrance, c'est ce que je tiens à éviter de toute force ; en effet, j'en ferai l'économie à n'importe quel prix, au prix de la vérité elle-même s'il le faut, à moins que je n'aime la vérité encore plus que je ne la crains.
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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté."
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L'Esprit de Vérité ! Est-ce que je sais le recevoir ? C'est une vraie question. Elle s'impose avec d'autant plus de force mon horizon proche est celui du grand passage et du face à face. Arrivé à ce point, je voudrais répondre à Olibrius qui me dit que mon absolutisme produit l'effet contraire de celui que je recherche. Je ne cherche aucun effet, en tout cas pas au sens où l'entendent les "communicants", les hommes politiques, les écrivains, les médias. Je cherche obstinément, et parfois au prix de durs efforts, ce qui me paraît juste, et vrai, au regard de Celui en qui je crois. Bien entendu, je puis me tromper. Et emporté par le désir du bien écrire, il m'arrive de faire quelques bons mots, souvent un peu cruels. Mais il n'y a aucune intention maligne contre les personnes. En revanche, je peste contre les esprits faux, et hélas, ils sont nombreux.
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La thèse centrale du livre que j'évoque ici est la suivante il n'y a pas d'amour possible sans vérité. Voilà une affirmation qui permet de donner un autre éclairage à toutes les discussions, parfois vives, qui animent ce Blog, quand il s'agit d'identité nationale. Je ne crois pas qu'on puisse nier la nécessité pour l'homme d'avoir une patrie, je ne crois pas que toutes les patries doivent avoir les mêmes lois, cultures, modes de vie, je ne crois pas qu'il soit possible de les faire coexister paisiblement en un même lieu si l'on n'est pas prêt à renoncer à nombre d'avantages, et si l'on ne veut pas partager en acceptant la différence. Ces conditions me paraissent vraies. Elles ne sont pas remplies, et je doute fort qu'elles puissent l'être jamais complètement. Ce simple constat m'amène à penser qu'il est préférable d'aider les peuples émergents sur place que d'aspirer chez nous des milliers de miséreux que personne ne veut loger, employer, soigner, et traiter humainement.
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Et pour terminer, voici ce que dit l'Apocalypse, Chapitre 21, versets 7 et 8 : "Tel sera l'héritage du vainqueur ; je serai son Dieu et il sera mon fils. Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les débauchés, les magiciens, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang brûlant de feu et de soufre : cela c'est la seconde mort."
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Voilà de bonnes raisons, me semble-t-il, pour dénoncer le mensonge partout où il se tapit, pour rechercher les faits, pour reconnaître ses erreurs, et son propre mensonge quand on l'a débusqué en soi.

samedi 14 novembre 2009

Le Journal Libération, un spécialiste de la propagande

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Les journaux de gauche sont décidément et définitivement disqualifiés. Le Journal Libération d'hier fait un titre sur l'intervention d'Eric RAOULT dans l'affaire Marie N'DIAYE que nous n'aurions sans doute jamais connue sans lui. Et c'est de cette intervention qu'il veut faire polémique.
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L'intervention de monsieur RAOULT est maladroite, je le dis tout net. Madame N'DIAYE n'est tenue à aucun devoir de réserve. Elle écrit et dit ce qu'elle veut. Et de plus, les propos infamants qu'elle a tenus en août 2009 l'ont été bien avant qu'elle ne reçoive le Prix Goncourt. Il faut incriminer les membres du jury ; ils ont trouvé bon de distinguer un écrivain qui dénigre son pays, un pays qui l'a accueilli et qui lui a donné des chances et des outils qu'il aurait eu beaucoup de difficultés à avoir en Afrique, dont elle est, me semble-t-il, originaire. Ce qui est inacceptable, ce n'est pas son jugement ; c'est que ce jugement n'est fondé sur aucune argumentation, sur aucun fait, mais sur des impressions parfaitement subjectives, et sur ce que NIETZSCHE appelait le ressentiment, dont il faut trouver sans doute la racine dans un inexplicable sentiment d'infériorité.
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Madame N'DIAYE est libre de critiquer monsieur SARKOZY. Elle ne l'est pas de critiquer la France en la jugeant monstrueuse. Monsieur PUJADAS, curieusement, a prétendu en donnant les titres de son Journal Télévisé, que madame N'DIAYE avait dit "détestable". Elle n'a pas dit "détestable", elle a dit "monstrueuse". Et elle persiste. Quant à monsieur PIVOT, il crie que c'est ne rien comprendre au monde de la culture que de protester contre le choix du jury. Mais il ne dit rien des propos insultants de la lauréate. Ainsi, dans ce déni de la réalité, se creuse un infranchissable fossé entre ces privilégiés de la notoriété, de la fortune et du savoir, et les humbles.
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Vous me direz que Victor HUGO a vilipendé Napoléon Le Petit, et Alphonse de LAMARTINE, Louis-Philippe (dans son "Nouveau voyage en Orient"). Mais si madame N'DIAYE était Victor HUGO ou LAMARTINE, il me semble que ça se saurait.
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Quand le Journal Libération détourne l'objet de la polémique sur monsieur RAOULT, en le disqualifiant, alors que celui-ci exprime l'opinion d'une énorme majorité de nos concitoyens, il commet, une fois de plus une mauvaise action. Il le fait en utilisant toutes les ficelles bien connues de la propagande, celle de l'agit-prop, comme celle de GOEBBELS. Nous sommes en droit d'attendre de lui qu'il explique pourquoi il approuve les propos de madame N'DIAYE et en quoi il trouve que notre pays est monstrueux. Une chose est de dire ; une autre d'argumenter et de prouver. L'ayant prouvé, il doit alors déménager ses bureaux à l'étranger, à LA HAVANE, à PYONG YANG, ou à PEKIN. Son comité de rédaction trouvera dans l'une ou l'autre de ces villes l'atmosphère idyllique qu'il appelle de ses voeux ; la liberté de dire, de faire, de se mouvoir, de se réunir, de critiquer, de participer à des élections pluralistes. Tandis que nous, nous continuerons de courber l'échine sous les prestations sociales, les avantages de toutes sortes dont nous sommes les cibles malheureuses.
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Je vais vous dire ce que je pense de ces journalistes : il gagne leur vie grâce à l'approximation de leurs idées, et en vertu d'une immense malhonnêteté intellectuelle.
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Ite missa est.
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vendredi 13 novembre 2009

Identité nationale : Henri Hude donne son avis

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Henri HUDE est un philosophe politique qui enseigne à Saint-Cyr Coetquidan. Il est chrétien et ne cherche pas le cacher. Dans son remarquable livre "Ethique et politique" publié aux Éditions Universitaires, en 1992, dans la collection Philosophie Européenne, il expose les principes de philosophie politique d'inspiration chrétienne. Je donne quelques extraits de cet ouvrage, en vous demandant instamment de ne pas vous lasser de l'apparent longueur de mon billet, et en vous invitant à acheter ce livre essentiel.
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Son chapitre VI est intitulé : Immigration et identité. A la section 2 de ce chapitre, il dit ceci :
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"La nation n'a pas pour fin de devenir un égoïsme collectif. Elle doit pouvoir accueillir ceux qui frappent à sa porte, rendre service à ceux qui sont au dehors. Mais pour que la valeur d'hospitalité ne soit pas rejetée, il faut la distinguer de ce qui n'en est qu'une imitation caricaturale. L'hospitalité qui est une valeur, c'est l'hospitalité responsable.
L'hospitalité responsable est juste envers tous : envers ceux qui sont reçus et envers ceux qui reçoivent.
A l'égard de ceux qui sont reçus. Dès lors qu'une personne est admise chez nous, il faut la traiter convenablement. Nous avons énormément à faire à cet égard. Mais ce n'est pas faire preuve d'hospitalité que de dire à des personnes : entrez donc chez nous, vous coucherez dans des galetas et vous travaillerez pour nous comme des esclaves dans des entresols et des arrière-cours. Ou bien nous avons le besoin d'employer quelqu'un et les moyens de le faire vivre convenablement, et nous le payons bien [...], ou bien nous avons l'intention de l'exploiter et aucun souci de lui assurer une condition décente, et dans ce cas le thème de l'hospitalité devient une couverture pour l'exploitation d'un sous-prolétariat.
A l'égard de ceux qui reçoivent. Un homme qui se laisse tyranniser par les pique-assiette et les casse-pieds n'est pas un être hospitalier, mais un faible et un gogo. [...] Une nation n'est pas une gamelle. Il faut savoir faire preuve de fermeté. Bonté n'est pas sensiblerie. La fermeté ne doit pas être inspirée par la peur d'être envahi, submergé, étouffé par le monde extérieur. La fermeté doit être avant tout inspirée par le sentiment de la responsabilité, et sans cette fermeté, il n'y a pas d'hospitalité responsable."
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Dans la section 3 de ce chapitre, notre philosophe poursuit :
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"Si la morale publique n'avait pas été abaissée par le matérialisme et le cynisme, on aurait pu espérer des citoyens un niveau de compréhension, d'ouverture et d'hospitalité qu'il est aujourd'hui inconcevable de leur proposer, et qu'on ne peut prétendre leur imposer qu'en provoquant l'inverse de ce qu'on voudrait obtenir. Les démolisseurs de la culture et des moeurs de nos nations, ceux qui jettent le pays dans le scepticisme et la jeunesse dans le désespoir sont les derniers à avoir le droit de crier au fascisme car s'ils en savaient la définition, ils verraient qu'ils en sont les premiers fauteurs.
Le peuple, déculturé par le progressisme, et faute de retrouver son identité perdue, se rabattra forcément sur une réidentification à base de simple opposition aux autres. Il n'y a pas d'autre manière d'éviter la haine raciale que de rendre au peuple sa culture profonde, qui est si belle et si universelle, à la place de cette anti-culture dérisoire et misérable dont il est ridiculement affublé. Mais entre-temps, pour éviter le pire, on sera bien obligé de tarir le flot d'immigrants, puisque sa continuation nous ferait glisser du progressisme déjà cynique à une réaction fasciste.
Compte tenu de la perte relative d'identité, due à la déculturation progressiste, et compte tenu du besoin d'identité chez tout homme, le risque est de voir survenir la réidentification la plus pauvre, c'est-à-dire celle qui consiste, pour un homme, à s'identifier par le simple fait de ne pas être l'autre considéré dans son apparence."
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Il faut être aveugle et de mauvaise foi pour ne pas voir la justesse de cette analyse. En favorisant l'émergence du Front National, le Président MITTERRAND a commis une mauvaise action contre son pays. Et je crains fort que les défenseurs de Marie N'DIAYE, et le chèvre-choutant Ministre de la Culture rendent un bien triste service à la cause qu'ils prétendent défendre. Je reviendrai sur ce point.

jeudi 12 novembre 2009

Identité nationale : l'exemple de Mère Térésa

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Un ami très cher me transmet ce texte de Mère Térésa. Dans le débat actuel sur l'identité nationale et sur le traitement de l'immigration clandestine qui lui est lié, ce texte donne un éclairage tout à fait intéressant sur ce qu'il convient que chacun d'entre nous fasse.
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"Ne vous souciez pas de chercher la cause des grands problèmes de l'humanité ; contentez-vous de faire ce que vous pouvez faire pour les résoudre en apportant votre aide à ceux qui en ont besoin.
Certains me disent qu'en faisant la charité aux autres, nous dédouanons les États de leurs responsabilités envers les nécessiteux et les pauvres. Je ne me tracasse pas pour autant, car ce n'est généralement pas l'amour qu'offrent les États. Je fais simplement tout ce que je peux faire, le reste n'est pas de mon ressort.
Dieu a été si bon avec nous ! Travailler dans l'amour est toujours un moyen de se rapprocher de lui. Regardez ce que le Christ a fait durant sa vie sur terre ! Il l'a passée à faire le bien (Ac 10,38). Je rappelle à mes soeurs qu'il a passé les trois ans de sa vie publique à soigner les malades, les lépreux, les enfants et d'autres encore. C'est exactement ce que nous faisons en prêchant l'Evangile par nos actions.
Nous considérons que servir les autres est un privilège et nous essayons à chaque instant de le faire de tout notre coeur. Nous savons bien que notre action n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan, mais sans notre action cette goutte manquerait. "
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Les approximatifs diront : "vous voyez bien, Mère Térésa nous invite à aider les pauvres sans nous soucier de leur origine, ni de ce que font les États". Les réalistes et les amoureux diront que Mère Térésa a été servir les pauvres chez eux, en Inde, tout comme Soeur Emmanuelle l'a fait en Egypte, sans chercher, ni l'une ni l'autre, à transposer l'immense problème de la pauvreté dans le chant de la politique politicienne. Elles n'ont pas réclamé l'aide des États, de l'ONU, des ONG, des comités Hippolyte ou Théodule. Elles y ont été, armées de leur courage, de leur foi, et de la certitude que faire un petit quelque chose, c'était mieux que de pérorer sur la Place du Trocadéro ou l'Esplanade des Droits de l'Homme.
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Je fais donc une suggestion à mes lecteurs. Qu'ils prennent comme filleul un jeune indien de BOMBAY, orphelin ou abandonné par ses parents, qu'accueille en ses foyers un jésuite indien. Ils peuvent adhérer pour cela à l'Association pour l'Enfance Abandonnée, dont le siège est à NANTES. Je donnerai l'adresse dans un prochain billet. Ils correspondront avec leur filleul, pourront lui rendre visite, ou même l'accueillir pour quelques jours chez eux.
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Ni monsieur SARKOZY, ni madame N'DIAYE ne peuvent nous empêcher de le faire. Et ça c'est concret.

mercredi 11 novembre 2009

Identité nationale et l'opinion inacceptable de madame Marie N'Diaye sur son pays d'accueil

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Je ne sait plus quel critique a dit MONTAIGNE a mis vingt ans pour pousser son fameux cri du coeur "Parce que c'était lui, parce que c'était moi", à propos de LA BOETIE. Il n'aura fallu que quatre mois à peine à madame Marie N'Diaye pour regretter les propos qu'elle a tenue sur la France, et sur l'élection de monsieur SARKOZY à la Présidence de la Républiquele 18 août, dans les Inrockuptibles (ou un nom comme ça). Encore a-t-elle formulé ces regrets mezzo voce en qualifiant ses propos d'alors "d'excessifs".
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Madame N'Diaye ne dédaigne pas qu'un jury français lui décerne le prix Goncourt, et elle ne renverra pas à ses compatriotes les droits d'auteur qu'elle en a reçus, (je dis compatriotes puisqu'elle est française). Et pourtant, elle n'a pas hésité à qualifier de "monstrueuse" la France de monsieur SARKOZY. Pour montrer le mépris dans lequel elle tenait ce dernier, elle est partie habiter BERLIN immédiatement après l'élection présidentielle. Elle confondait ainsi un homme et un pays. Comment est-il possible de se dire Français dans ces conditions ? Elle peut ne pas apprécier le Président de la République et le dire, en argumentant. Elle préfère l'invective à l'explication et surtout elle dénie toute légitimité à une élection démocratiquement tenue. Peut-être préfère-t-elle les élections à la GBAGBO, à la BONGO ou à la BEN ALI ?
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Le plus étonnant encore est qu'un jury français, désirant honorer un écrivain français de langue française ait cru bon choisir madame N'Diaye comme lauréate, alors qu'elle méprise un pays auquel elle doit beaucoup, sinon tout. Ces gens participent au déclin de notre pays. Ils ne méritent pas les honneurs dont la presse les entourent et avec eux leurs travaux. Ils n'ont pas l'excuse de l'ignorance. Les propos de Marie N'Diaye ont été tenus en août ; l'élection du lauréat du Goncourt, en octobre.
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Paris est morose, dit-elle, et Berlin exaltant ? Un bon conseil, quelle y reste le plus longtemps possible. Du reste, BERLIN, de l'avis de tous ceux qui l'ont visité, est une ville superbe. L'exil n'est donc pas trop rude. Oui qu'elle y reste. Car ce n'est pas avec des gens de son acabit que l'on trouvera un consensus sur ce qui fonde l'identité nationale. Elle prétend qu'elle n'a pas eu l'idée d'un exil politique. Aurait-elle envie de se promener sur les quais de Seine et de prendre un café au Flore ou Aux deux Magots, qu'elle adoucisse son ton aujourd'hui ?
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Identité nationale : les vues de René Girard

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Il est impossible d'extraire d'une oeuvre aussi riche et foisonnante que celle de René GIRARD une citation étroitement applicable à la notion d'identité nationale. René GIRARD - qui s'est opposé à plusieurs reprises à LEVI-STRAUSS dans ses livres - a un autre point de vue que l'ethnologue. Il se place plus en anthropologue et philosophe qu'en observateur des sociétés humaines, même s'il utilise abondamment les travaux de ceux qui font profession d'étudier les peuples.
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J'en suis donc réduit à résumer ce qui dans la théorie lumineusement exposée (entre autre) dans Des choses cachées depuis la fondation du monde peut éclairer le propos du jour.
Pour René GIRARD, notre désir n'est jamais autonome ; nous désirons ce qui est proposé à notre désir. Il en découle que nous désirons d'autant plus le désir de l'autre que nous lui sommes proche. Qu'y-a-t-il de plus proche que des frères ? Caïn tue Abel ; Etéocle et Polynice s'entretuent ; il s'en est fallu de peu que les fils de Charlemagne ne s'étripent, à la mort de leur père qui sagement pourtant, avait procédé au partage équitable de son Empire entre eux. Il s'agit là d'exemples que l'on peut étendre à d'autres ressemblances : ainsi plus près de nous, la rivalité mimétique entre "deux amis de trente ans", messieurs BALLADUR et CHIRAC. En somme, plus nous nous ressemblons, et plus nous faisons bouillir en nous la marmite des violences. René GIRARD observe que dans les périodes de crises, les distinctions sont abolies, les rôles eux-mêmes parfois inversés ; il en est ainsi dans les bacchanales ou le carnaval ; il en a été ainsi pendant la Révolution Française, et ce n'est pas pour rien que le Duc d'Orléans a pris le nom de Philippe Egalité, lui qui a péri finalement sur l'échafaud. La seule situation attestée où une telle rivalité mimétique n'explose pas est celle de Jean-Baptiste et Jésus, et elle est dans l'Evangile : Jean est le cousin de Jésus ; il baptise et Jésus aussi. Les disciples de Jean vont lui rapporter que Jésus l'imite, et ils s'en offusquent. La réponse du Baptiste est tranchante : "Il importe qu'il croisse et que je diminue ; opportet eum crescere, me autem minui".
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On voit par ces quelques explications très sommaires que la rivalité mimétique explose quand la ressemblance, ou plus exactement l'indifférenciation, l'indistinction des personnes est à son paroxysme. Voilà pourquoi le concept d'égalité est imbécile dans la manière dont il est présenté et surtout compris par nos concitoyens.
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Sommes-nous si loin de la question de l'identité nationale ? Certes non. Nous vivons sur un sol, nous avons un paysage, une histoire que chacun peut s'approprier. Mais en même temps, nous savons qu'il est nécessaire qu'il y ait de la différenciation, pour exister tout simplement. A mon avis, il ne faut pas voir ailleurs que dans cet effort de différenciation la création et la prolifération des bandes ethniques dans les banlieues. Mais d'un autre côté, en vertu de la cohabitation et du partage non pas d'une même culture, mais des mêmes besoins, biens et habitudes de confort, nous rentrons dans cette violence mimétique : lui, il a une Porsche, moi pas. J'en veux une.
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Où est l'issue de ce qui se présente comme une impasse politique ? Je n'en vois pas d'autre que le maintien d'une différenciation par le retour dans leur pays d'origine des étrangers clandestins, et par une assimilation (et non pas une intégration) des Français d'origine étrangère dans le respect de la spécificité d'origine tant qu'elle ne prétend pas s'imposer aux autres. Cela porte un nom et même plusieurs : fraternité, respect, amour.

mardi 10 novembre 2009

Identité nationale : une réflexion de Levi-Strauss

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Dans une réponse au commentaire de l'un de mes lecteurs, je faisais allusion à trois penseurs qui me paraissent éclairer puissamment le débat sur l'identité nationale. Avant de citer le premier des trois, je voulais simplement souligner que l'intensité des échanges (euphémisme) et le nombre de contributions montrent bien que le sujet est important, qu'il fait réagir les hommes concrets que nous sommes, en fonction de nos expériences personnelles : la patrie, le sentiment d'identité et de participation active à une communauté humaine sont inscrits dans le coeur de l'homme, en relief - pour ceux qui en vivent - en creux pour ceux qui, en étant dépourvus -cherchent dans le désespoir un port ou jeter l'ancre.
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Le premier des trois, dans l'ordre logique (vous verrez pourquoi ce mot dans trois jours) est Claude LEVI-STRAUSS, le célèbre ethnologue qui vient de nous quitter, alors qu'il avait plus de cent ans. J'ai trouvé ce texte dans le dernier numéro du Figaro Magazine et n'ai pas lu l'ouvrage dont il provient, et je subodore que le choix n'est pas innocent qu'en a fait le Comité de Rédaction du journal. Voici de quoi il s'agit :
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"La contribution que l'ethnologue peut apporter au problème racial se révélerait dérisoire et il n'est pas certain que celle qu'on irait demander aux psychologues et aux éducateurs se montrerait plus féconde, tant il est vrai que, comme nous l'enseigne l'exemple des peuples dits primitifs, la tolérance réciproque suppose réalisée deux conditions que les sociétés contemporaines sont plus éloignées que jamais de connaître : d'une part, une égalité relative, de l'autre, une distance physique suffisante. [...] (les caractères en gras sont de votre serviteur).
Sans doute nous berçons-nous du rêve que l'égalité et la fraternité régneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité. Mais si l'humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu'elle a su créer dans le passé [...], elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs, pouvant aller jusqu'à leur refus, sinon même leur négation.
Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l'autre, s'identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l'autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l'originalité de sa et de ma création. Les grandes époques créatrices furent celles où la communication était devenue suffisante pour que des partenaires éloignés se stimulent, sans être cependant assez fréquente et rapide pour que les obstacles indispensables entre les individus comme entre les groupes s'amenuisent au point que des échanges trop faciles égalisent et confondent leur diversité."
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Il me semble que beaucoup de choses importantes sont dites dans ce texte magistral. Le père du structuralisme appliqué à l'ethnologie, celui qui sous les diverses modalités des cultures, découvre les éléments sous-jacents communs à toutes les sociétés humaines, plaide, ô paradoxe, pour le maintien de la diversité. Vous comprendrez encore mieux si je vous rappelle la définition que mon collègue et ami, le Pr Michel TARDY, donnait de la structure : "une structure est un ensemble de relations non quelconques entre des objets quelconques". Je réclame, nous réclamons que le côté "quelconque" des éléments constituants la structure demeurent variés, riches et foisonnant pour maintenir à la fois la bonne distance et la bonne communion entre les groupes humains. Dans une structure, deux objets différents ne peuvent occuper la même place. Et c'est pourtant ce que les utopistes de la fraternité universelle imposée veulent instaurer chez nous en acceptant tout et n'importe quoi. LEVI-STRAUSS a parlé avec raison de "négation de certaines valeurs". Je partage ce pont de vue, l'ai déjà dit maintes fois (moins bien), mais tout aussi clairement. Voilà un bon point de départ.
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Demain, contribution du deuxième penseur René GIRARD, sur l'indifférenciation et la violence mimétique.
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