vendredi 10 décembre 2010

Censure au Journal Vingt minutes

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Depuis plus de 150 ans, les Lyonnais ont coutume d'allumer des bougies qu'ils placent sur leurs balcons ou derrière leurs fenêtres, au soir du 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception. La tradition est d'origine religieuse par conséquent, et elle a pour but de célébrer Marie, la mère de Jésus, dont les catholiques croient qu'elle est née sans être marquée du péché originel, par anticipation du salut apporté aux hommes par le sang de son Fils. L'origine de cette fête des lumières est parfaitement repérable historiquement. Que la sécularisation galopante de la Fille aînée de l'Église ait pu faire perdre aux habitants de Lyon le sens profond de cette fête est une chose ; qu'elle ait un caractère religieux en est une autre, avérée par l'usage quasi séculaire.
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Philippe BARBARIN, le cardinal de Lyon, (sportif et intellectuel de haut niveau, incidemment), désirait faire paraître dans l'édition lyonnaise du journal gratuit Vingt minutes, quatre page de publicité destinée à rappeler le sens de cette manifestation. Il avait recueilli les fonds nécessaisres pour en régler la dépense. Patatrac ! Le journal refuse de faire paraître cette publicité. Pourtant, le texte en avait été déposé dans les locaux du journal le 4 décembre. Le mardi 7 décembre dans la soirée, le diocèse de Lyon se voyait notifier par le journal un refus de le faire paraître. Il semblerait que ce fût la présence d'un "Je vous salue Marie" dans le corps de la publicité qui ait choqué les délicates oreilles laïques des rédacteurs, plumitifs et autres polygraphes de ce journal, qui annonce du reste qu'il n'est pas tenu de justifier son refus.
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Pendant ce temps, on projette sur la façade de l'hôtel de ville, des images grimaçantes représentant je ne sais quoi (ça ressemble à Baphomet), on sécularise ; on vend des crêpes, des sandwiches, des bibelots, place Bellecour. Et la belle fête instaurée le 8 décembre 1852 pour célébrer l'installation de la statue de Marie au sommet de Notre-Dame de Fourvière, est en train de devenir un Capharnaüm, un grand bordel de bouffe et d'ivresse, un culte rendu à Mammon, tandis que sur la Croix, Jésus perd son sang goutte à goutte pour le salut de tous, y compris des journalistes renégats.
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Mais de grâce, que les journalistes en général, et ceux de Vingt Minutes en particulier cessent de crier à la censure toutes les fois que des responsables, soucieux de bien commun, désirent empêcher la publication d'informations sensibles. On censure Jésus mais on encense ASSANGE dont les scandaleuses révélations mettent en péril la vie des militaires envoyés en AFGHANISTAN et celles des civils qui, partout dans le monde travaillent dans des lieux dits "sensibles", les désignant à la haine des activistes islamistes. Décidément, vienne le Royaume du Prince de la Paix. Il me faudrait la plume enflammée de mon cher Léon BLOY pour dire merde à tous ces imbéciles (au sens de BERNANOS) qui se croient courageux, mais ne sont que des toutous à la remorque du politiquement correct.
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mercredi 8 décembre 2010

Education nationale : le naufrage

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Quand, il y a trois jours, je vous faisais part du jugement de Léon BLOY sur le Bien et Mieux, en terminant mon billet par un constat désabusé sur le peu d'exigences que nous imposons à nos jeunes dans les écoles, collèges, lycées et universités, je ne pensais pas que les événements viendraient illustrer mes propos d'une manière si éclatante.
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Le programme international pour le suivi des acquis des élèves [PISA] vient de faire paraître les résultats de son étude. Elle porte sur l'évaluation des connaissances d'adolescents de 15 ans dans les 34 pays de l'OCDE et les 31 pays ou économies partenaires. On note ces jeunes sur leur compréhension de l'écrit, des mathématiques et des sciences. La France n'arrive qu'en 22e position, très loin derrière les pays de l'Asie du Sud-Est (Chine, Corée du Sud, Singapour, Hong-Kong, lesquels sont devant la Finlande, premier pays européen).
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Voici les commentaires du ministre ; il y a de quoi se taper le derrière par terre.
"Nous sommes dans la moyenne, nos résultats sont stables et comparables à ceux des grands pays développés comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et le Danemark". Notant toutefois que le nombre d'élèves en difficulté est passé de 15 % en l'an 2000 à 20 % aujourd'hui, le ministre confesse : "C'est un point d'alerte pour nous". Ah ! Quelle belle phrase ! Quelle superbe litote ! Un point d'alerte ? Vous vous rendez compte ? Dans le pays développé qui dépense le plus au monde pour son enseignement, il y a 20 % des jeunes de 15 ans qui sont en difficulté, un élève sur 5, et c'est ce jugement dormitif, lénitif et tiède que le ministre porte sur ce désastre ?
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Comment en sommes-nous arrivés là ? A mon avis, pour plusieurs raisons. (a) La première est l'invasion des pratiques éprouvées par des Cosinus prétentieux qui prétendent mettre en système les méthodes et les contenus éducatifs. On ne dira jamais assez le mal que les spécialistes en "Science de l'éducation" ont fait à l'éducation ; comme si l'on pouvait mettre en équation ce qui relève de la relation interpersonnelle entre un enseignant bienveillant, maître de ses savoirs, exigeant et ferme et ses élèves. (b) La seconde relève d'une fausse idée de l'égalité. Tout le monde pareil. C'est idiot. Un garçon de 15 ans qui fait 1,75 m de taille n'aura jamais les mêmes aptitudes pour le basket qu'un garçon du même âge qui fait 1,95 m. Un rêveur et un actif n'ont pas les mêmes centres d'intérêt ni les mêmes méthodes d'apprentissage. La véritable égalité consiste à donner les mêmes moyens et chances à ceux qui ont les mêmes aptitudes. (c) La troisième raison tient à une conception erronée de l'enseignement : qu'on le veuille ou non, la relation enseignant-enseigné est dissymétrique. L'un sait (ou est censé savoir), l'autre non. La fonction de l'enseignant est de transmettre des savoirs constitués, non pas de permettre à l'enseigné de construire lui-même son savoir. Il faut être fou pour croire à la pertinence d'une telle utopie. (d) La dernière raison tient à l'absence totale de sanctions (au nom de l'égalité, toujours) que ce soit par des mentions (depuis les félicitations jusqu'au blâme) ou des punitions (de la consigne aux devoirs supplémentaires). Le rapport PISA indique que le niveau de discipline dans les établissements français est un des plus bas de l'échantillon étudié. Et il est avéré que ce sont "les pédagogies les plus coercitives qui fournissent les meilleurs résultats" (dixit Jean-Paul BRIGHELLI, enseignant et essayiste).
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Bien entendu, dans la même ligne que BOURDIEU et PASSERON, Philippe MEIRIEU, "spécialiste de l'éducation" implique, de la manière la plus idéologique qui soit "le fantasme de faire des économies sur l'éducation", et dément catégoriquement que le niveau baisse. Il affirme que "le système français est une machine à fabriquer des inégalités" mais que "les écarts se creusent entre ceux qui ont accès aux bonnes études et ceux qui sont condamnés à la ghettoïsation". Tiens, tiens ! Mais Philippe MEIRIEU ne fut-il pas un ardent défenseur de la sectorisation (c'est-à-dire de l'obligation d'inscrire ses enfants dans l'établissement scolaire dont relève la résidence des parents des enfants) ? Il semble me souvenir que oui. Si pas de sectorisation, possibilité d'avoir accès aux bonnes études ? Y-aurait-il de mauvaises études ? quelles en sont les caractéristiques ? Et de mauvais établissements ? Même question.
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Il me semble que ce qui est juste serait de détecter ceux de nos enfants qui ont les meilleures aptitudes dans tel ou tel domaine, en offrant un très large éventail d'aptitudes à évaluer. Une excellente aptitude manuelle - qui n'est pas l'aptitude de tout le monde - peut faire un excellent artisan ; et des passerelles doivent permettre de se former dans de nouveaux domaines quand on se découvre de nouveaux goûts, qualités et désirs.
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Je vais vous faire une confidence. Quand j'étais assistant à ce qui était encore l'Université de Paris, je donnais des cours à des jeunes gens et jeunes filles qui préparaient un BTS de Biologie. A l'époque, le baccalauréat n'était pas nécessaire pour passer ce diplôme. Je comptais parmi mes étudiants un jeune homme d'une exceptionnelle rapidité d'esprit mais qui avait été collé au Bac. J'ose dire que, grâce à moi, il a pu faire de superbes études, DEA, thèse de troisième cycle, thèse d'état, et qu'il est devenu en son temps le plus jeune Directeur de Recherche de l'INSERM. Je comptais parmi mes collaborateurs, un jeune homme qui avait commencé avec un CAP de mécanique automobile, et qui est aujourd'hui Maître de Conférence Hors Classe, après avoir soutenu sa thèse dans le laboratoire dont j'étais responsable. Et que dire de D..., aide-soignant dans un grand hôpital régional, qui a pu préparer une thèse d'Université chez nous, puis a passé brillamment une Maîtrise en économie de la santé, et est aujourd'hui Surveillant-chef, responsable de tout le personnel soignant d'un hôpital hyperspécialisé.
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Oui, le Mieux est mieux que le Bien. se contenter de la moyenne est indigne de notre pays. Et s'il faut, dans les banlieues, séparer les enfants issus de l'immigration, les intégrer dans des classes à petits effectifs pour mieux leur transmettre les savoirs, il faut le faire. Ils méritent mieux que le je-m'en-foutisme, l'à-quoi-bonisme et la politique du chien crevé au fil de l'eau. Ce ne sont pas les moyens qu'il faut abonder, ce sont les méthodes et les regards qu'il faut changer.
PS : je prie mes lecteurs de m'excuser pour les fautes que j'ai laissées dans la première version de ce billet, la plus drôle étant sans doute BLOIS au lieu de BLOY.
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lundi 6 décembre 2010

Un bel exemple de réflexion idéologique pour un drôle de vol

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Madame ROYAL s'est fait cambrioler à trois reprises, dont deux dans des délais qui ont suivi de peu sa candidature aux élections présidentielles ou sa candidature aux élection primaires organisées par le PS pour désigner celui ou celle qui le représentera aux élections présidentielles de 2012.
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Dans le premier cas, il semble bien que l'on a identifié l'auteur du cambriolage, une jeune serbe. dans le second aussi. Le rapports que font les médias de ce dernier incident est pour le moins brumeux. Dans un quotidien, je lis que l'on a identifié et arrêté l'auteur de l'effraction, une adolescente qui répondrait aux prénoms de NATACHA ou de LAURA et ne parlerait que le serbe et l'italien. Elle aurait avoué être l'auteur du forfait. Un autre journal dit qu'elles sont deux adolescent(e)s, une parlant serbe, l'autre italien. Pour ce que j'ai cru comprendre, au moins l'une des adolescentes a avoué être l'auteur de ce vol.
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Dans les trois cas, madame ROYAL et ses amis ont embouché les trompettes de l'indignation politique : ça ne se passerait pas comme ça, on ne la déstabiliserait pas, elle irait jusqu'au bout, ce serait une affaire d'état. Bien entendu, rien ne venait appuyer cette accusation ; c'était une interprétation hasardeuse. Quand elle a appris que l'on avait arrêté ces deux adolescent(e)s voici ce qu'elle avait dit ce matin, qui relève de la plus pure idéologie :
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Ceux qui déclarent coupable une jeune adolescente de 14 ans [doivent] se calmer et [...] attendre la fin de l'enquête... Il faudra notamment savoir si des empreintes extérieures au domicile sont une preuve suffisante et si une adolescente de 14 ans, seule, a la force de fracturer une porte-fenêtre".
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Changement de ton ce soir. Patatrac en effet. Comme il s'avère que deux suspects (et non pas un), connus des services de police, sont très vraisemblablement les auteurs de ce vol - mais la justice tranchera - Madame ROYAL dit ce soir tout autre chose ; très curieusement je n'arrive plus à trouver le texte de sa nouvelle déclaration ni sur le site de France Info, ni sur celui de MSN hotmail, alors qu'il y a 45 minutes, elle y figurait : en gros elle admet que les suspects sont de vrais suspects.
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Sans aller jusqu'à accuser madame ROYAL d'avoir organisé ces cambriolages, ce qui me paraît être un procès indigne, on ne peut manquer de s'étonner d'une coïncidence dont je vais vous parler. Contrairement à ce que disent les ténors socialistes, l'un des vols a bien été élucidé, et la jeune serbe mise en cause dans celui-ci doit être jugée au mois de février. Il est tout de même curieux que l'un des deux auteurs du dernier vol soit lui aussi serbe, que rien n'ai été volé, que des empreintes digitales aient été laissées, ainsi qu'une écharpe. Voilà une action bien peu discrète. Qui a organisé ce vol ? Qui l'a commandité dans cette forme ? Je ne connais pas la réponse. Mais si le mobile de cet acte est politique, il n'est pas né dans la têtes de l'actuelle majorité.
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dimanche 5 décembre 2010

Marcherions-nous sur la tête ?

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Luc MONTAGNIER, prix Nobel de médecine pour sa découverte du virus du SIDA, va diriger une équipe de Recherche à l'Université JIAOTONG de SHANGHAI. Ainsi, celui que les idiotes réglementations régissant l'âge du départ à la retraite, avait poussé à s'exiler aux Etats Unis où il s'efforça, sans succès, de fonder une centre de recherche en Biologie Moléculaire et Cellulaire, va mettre aujourd'hui son talent aux services de l'Empire du Milieu.
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On se souvient que ce départ avait suscité des commentaires acides de la presse bien-pensante (je veux dire de la presse "Y-a qu'à-faut que", dont d'admirables spécimens pourraient être le Monde ou Libération) contre ces réglementations qui interrompaient en plein vol l'essor de très brillants cerveaux. Luc MONTAGNIER lui-même avait dénoncé, lors de son départ, je cite "une mesure scélérate, scandaleuse qui risque de provoquer une fuite de cerveaux français". Mais c'était la règle, n'est-ce pas...
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Les Chinois sont plus intelligents que nous, oh combien ! Ils ne dédaignent pas de recruter un homme de 78 ans qui n'a plus à faire les preuves de ses qualités intellectuelles. Mais les Chinois (je veux parler de la Chine traditionnelle) ont un très grand respect pour les personnes âgées tandis que nous, nous cherchons par la loi à autoriser leur suppression par - charmant euphémisme - "l'aide active à la mort". Bien entendu, il ne faut pas mélanger les genres et comparer un septuagénaire alerte et en pleine possession de ses moyens à un malade qui souffre male mort sur son lit d'hôpital. Mais il s'agit de constater que nous mettons hors du jeu social et scientifique d'éminentes personnalités au motif que la loi demande leur retrait de la vie active.
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Après ces semaines agitées où l'on a vu les arguments les plus éculés, les plus démagogiques brandis pour dénoncer la réforme absolument nécessaire du régime des retraites, il est intéressant de relever l'histoire du Pr MONTAGNIER, et d'en tirer les conclusions : la cessation d'activité professionnelle ne devrait pas être régie par une loi uniforme, mais par quelques repères faisant intervenir la durée de cotisation (qu'il faudrait fixer à un minimum pour les cas généraux), l'état de santé (pour les professions pénibles), le désir personnel, les compétences professionnelles et les besoins du pays. Oh ! Je sais. La République a guillotiné LAVOISIER, au motif qu'elle n'avait pas besoin de savants. Faudrait-il que l'on continuât dans cette voie là ? Je n'en suis pas certain, quoiqu'avec la République issue de la Révolution (j'insiste sur l'origine, non pas sur la forme démocratique du régime, bien entendu ; je me suis longtemps, longuement et souvent exprimé sur ce point), il faut s'attendre à tout. Quand il s'agit de mettre tout le monde sur le même pied en vertu de "l'égalité, la République, en effet, n'a pas besoin de savants.
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samedi 4 décembre 2010

Jubilation

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Nombre de mes lecteurs, qui sont aussi des amis, me disent que je vise l'excellence, que j'ai une mentalité d'aristo, que finalement vouloir le meilleur pour tous est impossible. Avant de vous livrer encore une réflexion de Léon BLOY, d'un humour féroce et irréductible, je voulais dire qu'en tant qu'enseignant, j'ai toujours voulu transmettre le plus degré de connaissances ; avec mes élèves, j'étais terrible au moment des corrections de thèse : pas la moindre virgule mal placée, pas la moindre approximation de raisonnement, pas d'interprétation hasardeuse, pas d'erreurs de bibliographie (je relativise ces exigences, car je ne voyais pas tout bien sûr, mais je m'efforçais de donner le meilleur ; si jamais certains d'entre eux me lisent, ils pourront confirmer que j'ai fait cet effort). Il me semble que l'éducation nationale a failli en n'exigeant pas de nos jeunes le meilleur d'eux-mêmes, en se contentant d'une honnête formation sans plus, en se faisant en quelque sorte les apôtres de l'expression pateline (voir plus bas) qui sous couvert de bienveillance détruit dans les âmes tout désir de dépassement. Vous allez comprendre par conséquent pourquoi j'ai jubilé en lisant, dans le livre d'occasion dont je vous parlais dans le précédent billet, ceci, qui est à hurler de rire, l'articulet de Léon BLOY intitulé "Le mieux est l'ennemi du bien", la pateline expression à laquelle je faisais allusion.
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"Ici, je l'avoue, mon titre m'accable et je suis furieusement tenté de descendre de ma chaire. Exégèse signifie, hélas ! explication, et voici un monstre de Lieu Commun qui vient au-devant de moi sur la route de Thèbes. Jamais, sans doute, une énigme plus difficile ne fut proposée à Oedipe.
Voyons cependant.
Si le Mieux est l'ennemi du Bien, il faut nécessairement que le Bien soit l'ennemi du Mieux, car ces abstraits philosophiques ne connaissent pas plus le pardon que l'humilité. Un homme peut répondre à la haine par l'amour, une idée jamais, et plus cette idée est excellente, plus elle récalcitre.
On affirme donc, implicitement, que le Bien a horreur du Mieux et qu'une haine farouche les divise. C'est à qui mangera l'autre, éternellement. Mais alors qui est le Bien et qui est le Mieux et quelle fut l'origine de leur conflit ? Que nous veut ce manichéisme grammatical ?
Est-il bien par exemple d'être un sot et mieux d'avoir du génie ? Quand on dit que Dieu a tout fait pour le Mieux, dois-je entendre qu'il n'a rien fait pour le Bien ? Dans quelle caverne métaphysique ce comparatif et ce positif se sont-ils déclaré la guerre ? C'est à en devenir fou.
Je me prends la tête à deux mains et je me donne à moi-même des noms très doux : - Voyons ! encore une fois, mon cher ami, mon trésor, mon petit lapin bleu ! un peu de calme, nous retrouverons peut-être le fil. Nous avons dit ou entendu dire que le Mieux est l'ennemi du Bien, n'est-ce pas ? Or qu'est-ce que l'ennemi du Bien sinon le le Mal ? Donc le Mieux et le Mal sont identiques. Voilà déjà un peu de lumière, semble-t-il.
Oui, mais si le Mieux est vraiment le Mal, nous allons être forcés de reconnaître que le Bien, à son tour, est aussi le Mal, d'une façon très-incontestable [trait d'union, sic ; vieille graphie, mais correcte], puisque tous les hommes avouent qu'il est lui-même mieux que le Mal qui est le Mieux et que, par conséquent, il est mieux que le Mieux qui serait alors le Pire !!!???
Zut ! Ariane me lâche et j'entends mugir le vieux Minotaure."
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Je dois vous avouer que j'ai été et suis secoué de rire par ce raisonnement, que je suis ébloui par ce style flamboyant, et que j'ai pour cette âme ardente la plus grande admiration. Le Mieux est bien le but que nous devons assigner à notre vie et à nos choix, à ceux de nos enfants, de nos proches, et à notre patrie. Tout le reste relève de la démagogie.
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Jubilation, intense jubilation ! Je commence bien la période de l'Avent.

jeudi 2 décembre 2010

Joindre les deux bouts ou l'argent trompeur

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A-t-on jamais si bien polémiqué contre une certaine conception de la richesse et de la possession que Léon BLOY ? Le hasard, que dis-je, la Providence m'a fait tomber pas plus tard qu'hier sur un vieux bouquin d'occasion qui présente les pages les plus flambantes, les plus terribles, les plus prophétiques de ce catholique intransigeant et pur. Oh ! certes, on peut ici et là critiquer l'outrance des propos tenus. Mais ces pages ont été choisies par Raïssa MARITAIN et présentées par Jacques, son époux. Ce n'est pas rien. (Je signale au passage que l'un et l'autre ont vécu plusieurs années dans un village alsacien, et que les meilleurs spécialistes de la correspondance qu'ils ont échangée des années durant, quand Jacques s'absentait, continuent de dépouiller et archiver cette masse de documents, souvent inédits et habitent à STRASBOURG. J'ai l'honneur de les connaître).
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Voici un petit exemple de ce que Léon BLOY dit de l'argent :
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"[...]
On possède une fortune quelconque, cent mille francs ou cent millions, si vous le préférez . Le Capital ne devant jamais être entamé, il s'agit d'aller d'un bout de l'année à l'autre avec le seul revenu auquel on suppose une suffisante élasticité. C'est un véritable tour de force dont très peu d'hommes sont capables. Proposez-le à un imaginatif, à un rêveur, à un magnifique, à un charitable. Les plus hardis vous répondront qu'ils ne répondent de rien. Quelques uns que le blasphème n'épouvante pas iront jusqu'à vous dire que la richesse doit être répandue comme du fumier et que l'intangibilité du Capital produisant toujours, comme Dieu, et ne s'épuisant jamais, est une abomination.
Si le Bourgeois suffisamment occupé à filer la quenouille d'argent de son année, avait du temps à perdre, il répliquerait fort tranquillement que ce Dieu qu'on a l'audace d'opposer au Capital est un pauvre Dieu s'il inspire à ses adorateurs de tels sentiments ; que lui, bourgeois honorable et capitaliste, ne craint pas de mettre au défit ce prétendu Tout-Puissant de savoir par quel bout le prendre... [sous-entendu : lui le bourgeois ; notre du transcripteur].
Et tout de suite, inexplicablement devenu vociférateur furieux et écumant, il gueulera : - je joins les deux bouts, je tiens les deux bouts, ma queue d'argent est dans ma gueule d'argent et votre Bon Dieu est crucifié par mon Capital. Je suis un honnête homme et je me fous de la religion.
Vous penserez alors au cimetière situé au bout de cette belle avenue de sapins qui commence au cabanon."
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Bien entendu, j'imagine que les anticapitalistes de toutes origines, plumes et poils pourraient se saisir de ce texte pour dire : "Vous voyez, le Capital, le capitalisme, même les chrétiens convaincus le condamne". J'en conviens et ça ne me gêne pas. Car ce que démolit Léon BLOY c'est un système qui utilise la cupidité humaine pour y trouver la justification de son existence, un système qui n'a pas compris que les biens de la terre ont une destination universelle. Reprenez tous les billets que j'ai consacrés à la richesse, vous ne trouverez aucune opinion qui aille à l'encontre de celle de ce maître incomparable que fut Léon BLOY. L'argent fut, est et demeurera trompeur jusqu'à l'accomplissement des temps. Il est temps d'entendre la parole de Jésus : "Faites-vous des amis avec l'argent trompeur". Et si je ne crois pas à l'économie planifiée qui a tué des millions d'hommes en organisant la famine, je ne crois pas davantage aux MADOFF, MESSIER et autres grossiums qui n'entendent pas la clameur des pauvres.
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mercredi 1 décembre 2010

Quand la science bouscule les vieux préjugés

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Les MONOD, CHANGEUX, CRICK et autres grands savants, matérialistes, réductionnistes et antireligieux sont désormais scientifiquement hors jeu. Leurs théories, leurs hypothèses sont tout simplement mises à bas par les découvertes les plus récentes de le neurologie.
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Voici ce que dit Roger SPERRY, prix Nobel de médecine :
"Quand je me prétends mentaliste, je soutiens que les phénomènes mentaux subjectifs, tels qu'on en fait l'expérience subjective, représentent une réalité primordiale exerçant un effet causal et qu'ils sont distincts de leurs éléments physico-chimiques, auxquels ils ne peuvent être ramenés" (In Science and moral priority, Columbia University Press, 1982). Voilà qui mérite d'être commenté. SPERRY affirme qu'il y a une réalité non physico-chimique qui précède et détermine nos pensées et nos actions, quand bien même celles-ci laissent des traces détectables par divers moyens dans notre cerveau. Exit l'homme neuronal et le paquet de neurones de Jean-Pierre CHANGEUX, ; fini le hasard et la nécessité de Jacques MONOD.
SPERRY va encore plus loin : "Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l'esprit humain, conception issue semble-t-il de l'attitude objective et analytique aujourd'hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement [...]. Je soupçonne que nous avons été dupés, qu'à la société et à elle-même la science n'a fourgué que de la camelote." (Ibidem).
Ainsi, pour SPERRY, l'esprit conscient n'est pas de nature physico-chimique est replacé "dans une position de commandement suprême".
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Je vous reparlerai des expériences de Benjamin LIBET qui remisent définitivement aux oubliettes les conceptions matérialistes de l'esprit humain. Mais déjà, je vous signale le livre décisif auquel j'ai fait récemment allusion. "Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique", de Jean STAUNE, publié aux Presses de la Renaissance, Paris 2007, dans lequel j'ai puisé ces citations. Difficile d'accès, ce livre, qui est l'oeuvre d'un mathématicien, diplômé aussi en paléontologie, informatique, gestion, sciences politiques et économiques, est tout simplement percutant. J'en recommande la lecture à toute personne soucieuse de se tenir au courant des progrès de la science. J'en exigerais bien volontiers la lecture de la part de nos hommes politiques, de tous les responsables économiques ou syndicaux, de tous les artistes, de tous les hommes de bonne volonté. La conscience n'est pas le fruit du fonctionnement du cerveau ; elle le surplombe, même si elle en exige l'existence pour se manifester. Il n'échappe à personne que, dans ces conditions, c'est elle qui juge de la valeur moral des actes, et qui les classe sur une échelle de valeur. Tout ne se vaut pas... Avis aux amateurs qui veulent chambouler par la loi ce que toute conscience droite réprouve. Avis aux amateurs encore qui se permettent de juger de l'intention et de la responsabilité morale d'autrui. Ce n'est pas pour rien que SPERRY a intitulé son livre "Science and moral priority."
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Décidemment, nous avons encore beaucoup à apprendre.