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vendredi 11 mars 2011

Incohérence de la pensée

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Madame AUBRY a reproché à Michèle ALLIOT-MARIE de n'avoir pas compris l'aspiration du peuple tunisien à la démocratie, et son désir de secouer la pesante tutelle d'un tyran. Et sur ce point, il faut lui donner raison. Fort bien. Il me semble logique par conséquent de considérer que madame AUBRY confère le caractère démocratique au nouveau régime en train de se mettre en place au pays des Carthaginois. Fort bien encore.
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Il se trouve que des milliers de Tunisiens fuient ce paradis démocratique nouvellement apparu pour tenter de gagner la France, en qui ils voient leur seul salut. Madame BRUNEL, utilisant l'expression maladroite de "remettre dans les [ou "dans des", qui ne dit pas la même chose que "dans les"] bateaux ceux de ces clandestins qui viendraient à aborder les côtes de notre pays suscite un tollé général de la classe politique. Quoi ! Comment ? Est-ce possible ? Une honte. Effets de manche, mouvements mussoliniens du menton, et tutti quanti.
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Je reprends donc ma méthode des questions.
(a) La Tunisie actuelle est-elle oui ou non démocratique ?
(b) Pourquoi tant de Tunisiens fuient-ils leur pays ?
(c) Avons-nous les moyens de les accueillir décemment et si oui, comment et à quel prix ?
(d) Est-il possible tout à la fois de vouloir recruter des fonctionnaires, augmenter le pouvoir d'achat, accueillir des immigrés clandestins, en faisant payer les riches et seulement les riches ? Ne faudrait-il pas mettre à contribution d'autres citoyens pour appliquer cette politique, et qui ?
(e) Serait-il possible de demander leur avis aux Français (indépendamment de leur couleur de peau ; un compatriote est un compatriote ; il n'y a aucune concession à faire là-dessus).
(f) Est-il possible de reconnaître l'autre en son identité profonde quand on ne sait pas soi-même qui l'on est ?
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Questions subsidiaires.
(a) Pourquoi monsieur Laurent HENART, numéro 2 du Parti Radical, s'est-il félicité publiquement de la reculade du Gouvernement sur la déchéance de la nationalité, et l'attribue-t-il à l'influence du Centre ?
(b) Serait-il judicieux, puisque cette mesure, probablement anticonstitutionnelle, n'a point passé la rampe du Législateur, de lui substituer la déchéance des droits civiques ?
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La véritable faiblesse de l'opposition est sa pensée : creuse, contradictoire, incohérente, elle est ballottée au gré des influences diverses qui l'agitent. Je conçois parfaitement que l'on pratique une politique d'accueil des clandestins. Mais alors il faut dire comment on va s'y prendre et ne pas mentir aux Français sur les sacrifices qui leur seraient demandés au cas où elle développerait. Il faudrait d'autres références et un autre Credo pour qu'elle fût un succès. Sinon, mensonge, duperie, tromperie.
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lundi 21 février 2011

Mise en garde

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Nos hommes politiques devraient faire très attention. Les courriels que je reçois de divers lecteurs de ces billets, les remarques - souvent trop partiales ou partielles, mais toujours très documentées, de TIPPEL- me font soupçonner qu'un puissant courant d'opinion contre l'islam en général, et les maghrébins en particulier est en train de naître chez nous. Je ne dis pas qu'il est justifié. Je me borne à constater.
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Je vous ai parlé de cette vidéo horrible où des taliban (pas de s à taliban, pluriel de taleb) afghans égorgent et décapitent des compatriotes, tandis que l'on entend des psalmodies que je suppose être à la gloire d'Allah, chantés par des spectateurs parfaitement impassibles. Une autre vidéo m'a été envoyé par le même ami ; on y voit un gamin de 8 ans, sur le sol, contraint de d'allonger son bras droit sous la roue arrière droite d'une voiture, laquelle s'apprête à rouler dessus et roule effectivement. Son crime ? Il a volé un pain à l'éventaire d'un boulanger. Les voleurs, fussent-ils des enfants, on leur coupe la main, ou on leur ôte l'usage du membre qui a commis le vol ! Qu'un peuple aussi ancien, aussi évolué que le peuple iranien - la scène en effet se passe dans une ville iranienne que je n'ai pas pu identifier - en vienne-là indique à quel point de bassesse l'humanité est descendue. Mais enfin jusqu'ici, il s'agit d'actes commis par des musulmans fanatiques (et tous ne le sont pas, j'insiste bien sur ce point).
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Et puis il y a d'autres faits qui me paraissent plus inquiétants pour la préservation de la paix civile dans notre patrie, des faits dont nous sommes les responsables, les acteurs, les complices ou les spectateurs impuissants. (a) L'occupation de l'espace public pour la prière du vendredi par exemple ; on voit se presser dans des rues, fermées pour l'occasion à la circulation, des centaines de pratiquants, se prosternant vers la MECQUE ; et la solution qui se profile pour faire cesser cette sorte de prise de possession temporaire de la rue, le financement public de mosquées ne convient pas à l'opinion publique qui voit les églises de village tomber en ruine dans l'indifférence des pouvoirs publics lesquels en sont propriétaires, faut-il le rappeler. (b) Il y a ces invraisemblables excuses de l'ambassadeur de France à TUNIS. La réaction qu'il avait eue en face de la journaliste qui l'interviewait n'était nullement arrogante ; je l'ai entendue ; [PS : pour dire la vérité, je n'avais pas vu la chute : "votre question est débile", et je nuancerais volontiers mon opinion sur l'habileté du diplomate]. Elle était d'abord digne, elle était celle d'un homme qui n'accepte pas que l'on mette son pays en accusation devant les caméras, pendant que des milliers de Tunisiens fuient leur pays pour venir dans celui que conspue une foule tunisienne délirante. Cela est impensable, inacceptable, injustifié. Et notre ambassadeur a sur les Tunisiens une grande supériorité, celle de parler leur langue, alors que nombre d'entre eux qui postulent à l'asile maternel, bienveillant et nourricier d'un pays qu'ils sont censés détester, ne connaissent pas même la langue française ni même ses rudiments. Il est loin le temps où pour un coup d'éventail donné par le Dey d'Alger à notre ambassadeur, la France faisait guerre à l'Algérie. (c) Il y a ce calendrier publié par une branche du syndicat FO (métaux, Val de Seine), moitié en français, moitié en arabe. Les dates y sont données selon le calendrier musulman (ère de l'hégire). On y présente les heures de prière dans les lieux de culte musulmans. Trois photos de mosquées, des photos de femmes voilées, figurent en tête du document. Le calendrier est distribué dans les entreprises.
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Eh bien ce sont là de mauvaises actions. Pas de prières dans l'espace public ; il est très difficile en France d'organiser des processions dans les rues, il y faut une autorisation officielle, et l'on accepterait qu'il soit envahi temporairement et illégalement à des fins religieuses par d'autres cultes que celui des chrétiens ? La construction des édifices religieux ne peut être financée par l'argent public, et il faudrait que le contribuable paie celle des mosquées ? Le Français est la langue officielle, le calendrier est celui de l'ère chrétienne. La France est un pays laïc, et le syndicat de monsieur MAILLY recrute ses adhérents dans la masse des salariés arabo-musulmans, faute de pouvoir recruter nos compatriotes ? Faudrait-il, par le jeu des scrutins majoritaires, qu'une minorité apportant ses voix à un parti donne à celui-ci le pouvoir aux seules fins de profiter de ses largesses ? Ce sont des questions. Mais un nombre croissant de Français se les pose, et il pourrait y avoir des surprises douloureuses au soir du premier tour des élections présidentielles. La position la plus sage consiste à exiger de tous les fidèles - quelle que soit leur religion - qu'ils se conforment à la loi ; elle exige aussi le respect de toutes les croyances ; elle accepte qu'en des circonstances exceptionnelles, l'espace public soit mis à disposition des croyants, elle exige la réciprocité : ne rien accorder chez nous qui ne soit accordé dans les pays musulmans à nos propres religions ; enfin elle exige un sérieux contrôle des prêches de certains imams radicaux et une interdiction absolue de financements venus de l'étranger. Elle demande aussi que nous soutenions fermement nos diplomates, surtout quand ils n'ont rien à se reprocher. Nos amis tunisiens sont chatouilleux, très chatouilleux sur leur honneur (ils ont quand même supporté longtemps leur dictateur), ils se trouve que beaucoup de Français le sont aussi.
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Prenez garde, messieurs qui quêtez nos suffrages ! Prenez garde ! Il se pourrait qu'un jour proche les plus sages de vos concitoyens s'abstiennent d'aller voter, et que les plus exaspérés donnent leurs voix aux extrêmes. Est-ce ce que vous recherchez ? Je ne crois pas que l'on se nourrit de pétrole !

lundi 24 janvier 2011

A propos de la Tunisie

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Du même ami alsacien, qui est un fidèle lecteur de ces billets, cette appréciation que porte un universitaire, spécialiste des affaires africaines et enseignant à l'Université de Lyon ainsi qu'à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale et au Collège Interarmé de Défense (ancienne École de Guerre), Bernard LUGAN.
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"Les graves événements de Tunisie m'inspirent les réflexions suivantes :
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1) Certes le Président BEN ALI n'était pas l'illustration de la démocratie telle que la connaissent une trentaine de pays sur les 192 représentés à l'ONU, certes, encore, de fortes disparités sociales existaient en Tunisie, mais en vingt ans, il avait réussi à transformer un État du tiers monde en un pays moderne attirant capitaux et industries, en un pôle de stabilité et de tolérance dans un univers souvent chaotique. Des centaines de milliers de touristes venaient rechercher en Tunisie un exotisme tempéré par une grande modernité, des milliers de patients s'y faisaient opérer à des coûts inférieurs et pour une même qualité de soins qu'en Europe, la jeunesse était scolarisée à 100 %, les femmes étaient libres et les filles ne portaient pas le voile.
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2) Aujourd'hui tout cela est détruit. Le capital image que la Tunisie avait eu tant de mal à constituer est parti en fumée, les touristes attendent d'être évacués et le pays a sombré dans le chaos. Les journalistes français, encore émoustillés à la seule évocation de la "Révolution des jasmins", cachent aux robots qui les lisent ou qui les écoutent que le pays est en quasi guerre civile, que les pillages y sont systématiques, que des voyous défoncent les portes des maisons pour piller et violer, que les honnêtes citoyens vivent dans la terreur et qu'ils doivent se former en milices pour défendre leurs biens et assurer la sécurité de leurs familles. Les mêmes nous disent que le danger islamiste n'existe pas. De fait, les seuls leaders politiques qui s'expriment dans les médias français semblent être les responsables du Parti Communiste Tunisien. Nous voilà donc rassurés.
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3) La cécité du monde journalistique français laisse pantois. Comment peuvent-ils oublier, ces perroquets incultes, ces lecteurs de prompteurs formatés, que les mêmes trémolos de joie indécente furent poussés par leurs aînés lors du départ du Shah [d']Iran, et quand ils annonçaient alors sérieusement que la relève démocratique allait contenir les mollahs ?
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4) Le prochain pays qui basculera sera l'Egypte, et les conséquences seront alors incalculables. Le scénario est connu d'avance tant il est immuable : un président vieillissant, des émeutes populaires inévitables en raison de l'augmentation du prix des denrées alimentaires et de la suicidaire démographie, une forte réaction policière montée en épingle par les éternels donneurs de leçons et enfin le harcèlement du pouvoir par une campagne de la presse occidentale dirigée contre la famille Moubarak accusée d'enrichissement. Et la route sera ouverte pour une république islamique de plus, tout cela au nom de l'impératif démocratique.
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Ces tragiques événements m'inspirent enfin un mépris renouvelé pour la "classe politique" française. Ceux qui il y a encore quelques semaines regardaient le Président Ben Ali avec "les yeux de Chimène", sont en effet les premiers à l'accabler aujourd'hui. Nos dignitaires en sont venus jusqu'à expulser de France les dignitaires de l'ancien régime tunisien, qu'ils recevaient hier en leur déroulant le tapis rouge. La France a une nouvelle fois montré qu'elle ne soutient ses "amis" que quand ils sont forts. L'on peut être certain que la leçon sera retenue, tant au Maghreb qu'au sud du Sahara... A l'occasion de ces événements, nous avons appris que 600.000 tunisiens vivaient en France, certains médias avançant même le chiffre de 1 million. Pour mémoire, en 1955, avant la fin du protectorat français sur la Tunisie, 250.000 Européens, essentiellement Français et Italiens y étaient installés, ce qui était considéré comme insupportable par les anti-colonialistes."
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Bernard LUGAN,
16 janvier 2011.
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A ce billet, deux remarques. (a) Vous noterez qu'il ressemble étrangement à celui que j'avais écrit il y a quelques jours. Bernard LUGAN est un spécialiste du Maghreb (il est né à MEKNES), et il a de par ses fonctions, des informations de première main. Je parlais d'intuition, lui parle en connaissance de cause.
(b) Le Président BEN ALI a été contraint de quitter la TUNISIE sous la pression du Président OBAMA qui a téléphoné au chef d'Etat-major de l'armée tunisienne et à un ministre ; il a obtenu que cet officier général refuse de tirer sur la foule (ce qui est tout à fait louable). Pensez-vous que ce soit sans contrepartie ? Comment peut-on se réjouir de voir que les États Unis entendent prendre pied en Méditerranée occidentale, au détriment des intérêts français ? Nous avons vu ce qu'a donné leur intervention au Vietnam. Ils en ont été chassés honteusement, mais ont repris pied dans un pays unifié par la France, et dont quasiment plus aucun habitant ne parle français. C'est que l'anglo-américain a la délicieuse odeur du dollar.

mercredi 19 janvier 2011

Le domino

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Tout le monde connaît le jeu fascinant qui consiste à aligner, posés sur la petite tranche, un grand nombre de dominos et à provoquer l'écroulement de toute une longue file en faisant tomber le premier de la série sur le second dont la chute se répercute sur le troisième et ainsi du reste.
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Les événements de TUNISIE sont d'une extrême gravité. On feint de découvrir que monsieur BEN ALI, ancien membre de l'internationale socialiste, longtemps classé à gauche, n'était qu'un affreux dictateur. C'est vrai, sans aucun doute ; sa famille a vécu sur le dos du pays ; les siens ont accumulé des fortunes considérables au prix d'une corruption inimaginable. Tout cela est avéré. Il n'empêche. Qui, de nos hommes politiques, nous a déconseillé de passer des vacances dans l'un des luxueux hôtels de DJERBA ? Qui nous nous a mis en garde contre ce régime despotique ? Pas grand monde, pas même monsieur BARTOLONE, membre éminent du PS, né au pays des Carthaginois, ni feu Philippe SEGUIN, lui aussi natif de ce pays.
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Tout de même, il convient de rappeler que le taux de scolarisation en TUNISIE est l'un des plus élevé d'Afrique du Nord, que l'Université de MONASTIR recrute ses professeurs selon le mode en vigueur dans notre pays et que son enseignement y est très honorable, que l'un des spécialistes mondiaux des maladies neuromusculaires et musculaires héréditaires travaille en TUNISIE. J'ai accueilli dans notre laboratoire une étudiante tunisienne très bien formée, et nous avons publié, avec son patron tunisien, des résultats fort intéressants sur la culture de certains virus, réputés incultivables, dans des cellules musculaires embryonnaires. La TUNISIE est tout sauf un pays arriéré. Et c'est sans doute cette excellente scolarisation jointe à un sous-emploi chronique des jeunes diplômés qui a été l'un des moteurs d'une juste révolte.
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Personne ne semble avoir relevé que le leader des islamistes tunisiens, Rached GHANNOUCHI, fut longtemps en exil à LONDRES (ville où la propagande islamiste est une des plus virulentes au monde), que ce leader a vécu dans une ambiance de haine contre les infidèles, sans doute au contact de la diaspora pakistanaise, afghane, proche-orientale extrémiste, et qu'il projette de rentrer dans son pays, même si son parti (le parti Ennahdha) reste interdit et que lui-même n'a pas intégré le gouvernement. Compte tenu des tensions apparues après la constitution d'un gouvernement d'Union Nationale qui ne semble pas avoir l'assentiment du peuple tunisien, compte tenu des moyens que le mouvement wahabbite saoudien tient à sa disposition pour répandre la plus sectaire des idéologies prétendues musulmanes, il y a fort à parier qu'un mouvement de réaction religieuse va se développer là-bas, d'autant plus facilement que se déverseront sur le pays les flots d'argent venus d'Arabie saoudite.
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C'est alors qu'il faut craindre la contagion de l'islamisme en Algérie. Il ne faut pas oublier que la rébellion islamiste et son cortège d'horreurs et d'assassinats ont fait son apparition après la suspension d'un processus électoral démocratique qui avait fait du parti islamiste le parti majoritaire. Les responsables politiques et militaires sont corrompus, et l'on a du mal à comprendre comment le premier exportateur de gaz naturel du monde voit son peuple réduit au chômage, sa jeunesse privée d'espoir, et la misère se répandre comme une lèpre.
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Si cela devait arriver, il faut craindre qu'à son tour le Maroc ne soit entraîné dans la tourmente pour des raisons analogues : concussion, corruption, inégalités sociales intolérables, confiscation des richesses nationales par un petit nombre de grossiums.
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Craignons alors pour notre pays ; nous avons colonisé l'Afrique du Nord et la présence de la France, quoi qu'en dise les nombreux imbéciles qui regardent dans leur cerveau plutôt que dans la réalité, est regrettée. Oh, certes, il n'entre pas que de la nostalgie dans ce regret. Mais les jours ordinaires étaient meilleurs et nous risquons de voir affluer des milliers d'exilés qui ne voudront pas supporter la tutelle des imams et des fanatiques et se souviendront que notre patrie ne fut pas qu'oppressive.
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