mercredi 3 octobre 2012

Non au mariage homosexuel, non et non !

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Une très chère amie qui habite maintenant en Bourgogne, me fait parvenir l'argumentaire non confessionnel, purement juridique et laïc, élaboré par le Diocèse de Paris et qui démontre l'erreur absolue qu'est le mariage homosexuel. Je vous le livre.
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1. Le mariage : une forme de vie précise mais pas exclusive

Le mariage est une forme particulière de vie commune. C’est le nom et l’institution juridique correspondant à l’engagement durable d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder une famille. Mais le mariage n’est pas un modèle universel. Il y a des célibataires, des concubins. Respecter vraiment les personnes homosexuelles, c’est les respecter aussi dans le fait de ne pas se plier au seul modèle du mariage, présenté ou perçu comme universel ou dominant.

2. Le mariage n'est pas la reconnaissance publique des sentiments
C’est se tromper sur la nature et la définition du mariage que de le considérer comme la reconnaissance sociale de l’amour, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. Le mariage est en fait l’inscription de la filiation dans une institution stable, notamment pour protéger la mère (matri-monium) : il est en effet présumé que l’enfant d’une femme mariée a son mari pour père, avec les droits et les devoirs qui en découlent.


3. Le statut économique du mariage est lié à sa fonction sociale
Si le mariage est perçu comme un modèle attractif, c’est en particulier en raison des facilités économiques qui y sont liées. Mais celles-ci ne sont justifiées que par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif.Il ne s’agit pas d’une « niche » fiscale et sociale, mais d’une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif. Détachées de cette justification, les contours économiques du mariage n’ont plus de raison d’être. Les célibataires devraient alors avoir exactement les mêmes droits que les « mariés ».

4. Le mariage entre personnes de même sexe entraînerait en fait la fin du mariage civil
L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil.

5. Conséquences logiques d’une déstructuration du mariage
Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? C’est ainsi qu’un mariage à trois a été célébré au Danemark récemment. Dans le contexte français, la polygamie est devenue une question sociale sensible. Elle fait partie de l’expérience culturelle de certaines populations immigrées. Mais elle est aussi paradoxalement, certes sous une forme non juridique, le mode de vie assumé d’une frange de la population qui revendique ce droit aux partenaires multiples et simultanés. Le cas échéant, quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un « mariage » désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles.

6. Le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme
Le tout nouveau « code de la laïcité et de la liberté religieuse » justifie l’obligation de ne marier religieusement que ceux qui se sont mariés civilement par un souci d’ « intégration dans l’espace public ». Si le mariage civil devenait totalement équivoque par rapport à ce que l’ensemble des religions entendent par mariage, cette lourde obligation du code pénal leur deviendrait inacceptable et elles demanderaient vraisemblablement sa suppression. Dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale.

7. Privilégier les droits « de » l'enfant plutôt que le droit « à » l'enfant
L’adoption consiste fondamentalement à donner des parents à des enfants qui en sont dépourvus et non l’inverse. Ce qui est premier dans ce processus n’est donc pas le désir des parents mais le besoin des enfants. Faire en sorte que leurs parents adoptifs remplacent au plus près leurs parents biologiques est donc une priorité.

8. L'adoption par les célibataires : un faux argument
La possibilité de l’adoption par des célibataires remonte aux lendemains de la guerre et s’explique au départ par un déficit de partenaires masculins pour les femmes et par une recrudescence du nombre des orphelins. On dira aujourd’hui que permettre l’adoption par le partenaire de même sexe d’un parent adoptif, c’est « sortir de l’hypocrisie ». En réalité, même si un parent adoptif a un partenaire de même sexe, le désigner comme un deuxième père ou une deuxième mère ne correspond pas à la réalité et constitue donc un mensonge. Il peut être légitime et opératoire en revanche d’établir un dispositif circonscrit de « délégation de l’autorité parentale pour les actes de la vie courante ».

9. Le mariage entre personnes de même sexe fragiliserait l'adoption internationale
On dira souvent qu’il vaut mieux qu’un enfant soit adopté par des partenaires de même sexe plutôt que de ne pas être adopté de tout. Chacun sait qu’en réalité cette question ne se pose pas puisque le nombre d’enfants adoptables est moins important que les demandes de parents adoptifs. En revanche, comme l’évoque un film récent, un certain nombre de pays refusent que leurs ressortissants soient adoptés par des parents provenant de pays où l’adoption par des partenaires de même sexe est autorisée. S'il y avait une légalisation en France, un grand nombre de pays interrompraient l'adoption internationale vers notre pays, ce qui diminuerait considérablement les possibilités d’adoption pour les familles françaises.

10. Le recours à la GPA largement identifié comme une atteinte à la dignité des femmes
L’aide médicale à la procréation peut sembler changer les règles de la parenté. Mais qu’on le veuille ou non, tout enfant, même s’il est né grâce à une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, n’a pas deux pères ou deux mères : il a un père et une mère biologiques. Certains hommes vivant avec un partenaire de même sexe souhaiteraient, pour adopter des enfants, recourir à la gestation pour autrui. Celle-ci est actuellement rejetée et par la majorité (position du Gouvernement pendant la révision de la loi de bioéthique) et par l’opposition (vote du Conseil National du PS en décembre 2010) comme gravement attentatoire à la dignité des femmes. La coïncidence des revendications appelle en retour une cohérence du discernement."
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Cette analyse est assez remarquable, et je demande à ceux de mes lecteurs qui la partagent, de la diffuser et de la faire connaître. Nous sommes gouvernés par des esprits faux pour ne pas dire tordus, et nous n'avons pas à obéir à des lois qui heurtent le sens commun, la dignité humaine et qui violent les droits de la conscience. J'expliquerai tout à l'heure en quoi l'idéologie socialiste (et maçonnique) est mortifère et grosse de violence. Nous demandons aux maires de refuser de marier des homosexuels au nom des droits inviolables de la conscience !

5 commentaires:

elisseievna a dit…

Le mariage n’est pas la reconnaissance de sentiments ? Mais bien sûr que si, ou plus précisément, il est la reconnaissance de l’engagement qu’un homme et une femme prennent l’un envers l’autre au nom de ce sentiment, et dans la plupart des cas envers leurs futurs éventuels enfants. Comme je ne pense pas en termes de péché, je trouve que cette reconnaissance et cet engagement sont importants, légitimes, aussi pour ceux et celles qui aiment une personne de leur sexe, je ne pense pas que le comportement de cette petite minorité de la population, qui restera toujours une petite minorité, un « accident » par rapport à la majorité des gens qui peuvent avoir des enfants « de l’amour », change quoi que ce soit à la destinée des peuples.
Cette minorité minime sert en fait de prétexte à, pas exactement à l’hédonisme, mais au refus de tout engagement . A mon avis, le PACS et sa répudiation ont été voulu par des hétéros, les gays ont servi de prétexte. Ce n’est pas parce que le mariage homo serait permis que les hétéros ne se marient pas ou divorcent : ils ne se marient pas ou divorcent, parce qu’ils ne veulent plus d’engagement voilà tout, parce qu’ils n’y croient plus. Le danger est la destruction des liens, le fait de désapprendre ce qui les construit et les développe. Des individus isolés, précarisés en tout. Ce qui détruit encore réellement les familles, c’est la lourde taxation des successions, ce qui produit aujourd’hui une destruction des entreprises familiales et un véritable transfert du patrimoine des familles françaises à des enfants originaires d’autres familles.
Le mariage homo si on le traite pour ce qu’il est, alliance de deux personnes qui ne sont pas faites physiquement pour avoir des enfants ensemble, pouvait au contraire renforcer l’idée de mariage, l’idée d’engagement. Mais effectivement, il n’est pas traité ainsi, il est utilisé comme moyen de se faire passer à bon compte pour défenseur des libertés.

Philippe POINDRON a dit…

Chère lectrice, je vous renvoie au billet de ce jour pour trouver une réponse à vos remarques.

elisseievna a dit…

(suite)

De cette affirmation tout de même énorme sur le mariage, découlent deux autres affirmations graves basées sur une vision purement « utilitariste » du mariage, qui à mon sens le dénature complètement.
SI le mariage n’a pour objet que de favoriser le renouvellement de l a société par la fabrication d’enfants bien éduqués, c’est-à-dire de bons producteurs, alors on peut tout autant défendre l’idée qu’une société peut aussi bien choisir d’aller se fournir en producteurs ailleurs en important des immigrés plus jeunes. Cette utilisation de matériel humain déplacée, pour l’usage de certains, peut aussi être qualifiée de « fonction sociale », puisqu’elle permet qu’une société poursuive son mode de fonctionnement économique. Parce que s’il n’y a plus l’idée de la valeur d’une transmission basée sur l’amour, sur les liens affectifs, alors il n’y a aucune raison de ne pas aller au bout de la logique purement utilitariste et économique. Une société qui ne croit plus à l’amour ne peut pas le transmettre, pour sur.
Affirmer que le mariage est l’inscription de la filiation dans une institution fiable, c’est confirmer la critique féministe du mariage comme institution patriarcale, c’est à dire comme institution au service du pouvoir des mâles de s’approprier de façon fiable des femmes ( ces mères-là étant en effet protégées) qui leur donneront « leurs » enfants, et d’exclure de façon tout aussi fiable les femmes et les enfants non sélectionnés, les séduites les catins les répudiées, sorties du système comme putes et bâtards bons pour servir de chair à canon …
Parce que historiquement, la famille, le mariage « civil » « coutumier » ont servi à cela, à ce que des hommes puissent transmettre leurs gènes et donner force à sa cette transmission par la reconnaissance sociale de la filiation, tout en écrasant d’autres femmes réduites à servir à leurs menus plaisir, et les enfants de ces femmes, réduits à servir tout court. Il faut ajouter pour être juste avec les hommes, que dans ce système, les femmes « reconnues » jouent aussi un rôle dans la défense du « patrimoine » familial, dont elles bénéficient, et le défendent, jusque et y compris parfois en défendant le droit pour leurs maris de se défouler avec les femmes perdues ...
Ce sont des idéalistes divers, féministes ou humanistes ou religieux, qui ont bataillé pour rendre le mariage moins inégalitaire, au nom de valeurs comme l’égale dignité des personnes, l’amour ... ou bien qui au nom de ces mêmes valeurs ont demandé l’abolition du mariage et la protection de toute mère, sans passer par l’aval d’un homme, sans donner à des hommes le pouvoir de refuser cette protection à certaines, directement par la société.

elisseievna a dit…

fin

Non le mariage n’est pas fait pour que les filiations soient reconnues socialement, il est fait pour les adultes protègent les enfants, ce qui n’est pas du tout la même chose. Le mariage « coutumier » (« manger et coucher ensemble c’est mariage ce me semble … ») est même plutôt le contraire du mariage « sacre », si je ne m’abuse. C’est heureusement parce que cette idée de protection des enfants est défendue par des idéalistes, que les filiations légitimes et naturelles sont de plus en plus égalisées par le droit. Certes cette égalisation n’est qu’un pis aller par rapport à l’idéal de couples qui agiraient de façon tout à fait responsable envers les enfants, mais elle se fait, et effectivement, elle se fait contre le mariage patriarcal, contre le mariage « appropriation ».
« On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. » Il est bien étrange et dommage ne pas la voir quand on veut défendre la valeur de l’amour et de l’amour conjugal ! Qu’une réalité soit intime est contraire au fait qu’elle soit montrée, exhibée, mais n’a rien de contraire au fait que sa valeur et son existence soit reconnues publiquement.
Le hic de ce texte c’est qu’il se veut « juridique et laic » et du coup, ne dit rien du choix fondamental des valeurs, choix sous-jacent aux choix juridiques. On tourne alors en rond, en tentant de justifier l’immobilisme par le droit antérieur, dans une logique positiviste. Mais que viennent donc faire des évêques là dedans ? En rentrant dans ce jeu rhétorique là, ils ne sont ni laïques (puisqu’ils s’immmiscent finalement dans le droit), ni utiles puisqu’ils n’apportent rien au sujet : les juristes sont parfaitement aptes à évaluer la cohérence (ou non) de réformes par rapport au droit antérieur et à ses principes …
Si des religieux ont quelque chose à apporter au débat public, ce sont leurs idées au sujet des valeurs qui fondent le droit. Le clivage est là mais la vision des religieux et celle de nombre d’homosexuels est moins éloignée qu’il ne parait, parce que justement si le mariage est voulu par beaucoup d’homosexuels qui le défendent c’est parce qu’ils veulent « se plier au seul modèle du mariage », c’est parce qu’ils trouvent l’amour «sacré », c’est parce qu’ils veulent que cette valeur de leur amour soit reconnue. « Respecter vraiment les personnes homosexuelles » c’est peut-être d’abord les écouter, écouter pourquoi elles défendent le mariage … Effectivement, certains homosexuels rejettent le modèle, mais d’autres au contraire valorisent l’amour et la fidélité.
Le clivage est entre les ceux (dont les catholiques) qui pensent que seul l’amour entre deux personnes qui ensemble peuvent transmettre la vie, ( ou par assimilation le mariage entre deux personnes qui auraient pu la transmettre s’ils s’étaient marié plus jeunes) a de la valeur, n’est pas un péché, et d’autre part, les homosexuel-les qui pensent que l’amour entre deux personnes est une valeur en soi et pour certaines (plus chez les lesbiennes peut-être), l’idée que la fidélité fait partie de l’amour est bien présente aussi. Ce clivage, qui concerne la situation d’une petite minorité, vivant une réalité toujours mystérieuse ( pourquoi cet amour non aligné sur l’instinct de reproduction ?) apparait bien moins grand que celui qui existe entre ceux qui croient à l’amour-engagement et ceux qui n’y croient pas.

tippel a dit…

Mais ou donc fini l'égalité des droits, ou a-t-elle aucune limite ?