lundi 21 mars 2011

L'esprit du mal

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Ce n'est pas pour rien que le Malin est appelé l'accusateur des frères, l'esprit de confusion, l'esprit de division (diabolos). Nous le voyons quotidiennement à l'oeuvre cet Ange des Ténèbres travesti en Ange et Porteur de lumière (Lucifer).
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L'accusateur des frères est à l'oeuvre quand il met dans la bouche de l'homme des paroles de condamnation, d'expulsion, d'exclusion. Et afin d'être très clair, je dirai que c'est un comportement partagé par tous les hommes ; les uns accusent leurs concitoyens d'être racistes ou xénophobes alors que c'est la manifestation d'une souffrance sociale et personnelle dont il serait utile de trouver les motifs ; les autres condamnent les opinions idéalistes ou utopiques ou généreuses sans se soucier de qui elles défendent la cause ; d'autres ostracisent les riches ; d'autres les chômeurs. Notre vie politique est un immense tribunal où l'on ne cesse de s'accuser mutuellement des pires déviations, au nom d'une morale dépourvue de tout fondement. L'Accusateur est à l'oeuvre en effet.
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L'esprit de confusion est à l'oeuvre quand il met dans la bouche d'une actrice, invitée par Michel DRUCKER à son émission "Vivement dimanche prochain", une parole terrible : "Moi je ne suis pas pour la charité; je ne sais pas ce que c'est ; je suis pour la solidarité" [Ariane ASCARI - orthographe du nom non garantie ; citation de mémoire]. Mais il n'y a rien de commun entre la vertu théologale de charité, "qui supporte tout, est patiente, ne se gonfle pas d'orgueil, etc.", et la solidarité qui consiste à prendre aux uns, de gré ou de force, pour donner aux autres. Comme j'aurais préféré qu'Ariane utilisât le beau mot de partage. C'est un exemple pris sur le vif du quotidien. Il m'a frappé. Mais on pourrait les multiplier.
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L'Ange des Ténèbres est à l'oeuvre quand il fait appeler "Bien" ce qui est "Mal", convainc l'opinion qu'il est juste de voir une mère, madame HUMBERT, supprimer son fils, au motif qu'il est infirme et paralysé pour le restant de ses jours et qu'il aurait demandé à mourir, qu'elle ne trouve rien à dire quand les médias parlent de l'avortement comme d'un moyen normal de contraception et de confort, ne proteste pas contre l'instrumentalisation de la procréation médicalement assistée et s'amuse ou s'émerveille du bébé médicament. Toutes ces questions mériteraient un discernement, une délicatesse de jugement, une absence de condamnation des personnes certes - et il faut bien l'affirmer - mais un jugement négatif sur l'acte. L'Ange des Ténèbres nous fait appeler Lumière ce qui est Ténèbres. Il parle de Liberté alors qu'Il ne cesse de nous réduire en esclavage. "Vous serez comme des dieux" avait-il dit à Eve et Adam. On voit le résultat.
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Depuis deux siècles, la France s'enfonce dans le matérialisme le plus grossier, l'esprit de jouissance le plus vulgaire. Les responsables politiques ont utilisé la laïcité - très judicieuse notion, je l'affirme très haut - comme un moyen de destruction du catholicisme. Dieu et son Fils ont déserté l'esprit de notre Patrie ; elle n'entend plus la voix de l'Esprit Saint. Je maintiens que la séparation des domaines politiques et religieux aurait pu être une bonne chose pour la survie de l'Eglise qui est en France. Mais l'usage fanatique et revanchard qui a été fait de cette séparation a conduit notre peuple à une véritable dégringolade morale, spirituelle et culturelle. Arriverons-nous à nous remettre de cette catastrophe ?
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dimanche 20 mars 2011

Quand un magistrat dérape

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Monsieur Serge PORTELLI est magistrat. Il vice-préside le Tribunal de Grande Instance de Paris, et préside la douzième chambre. On pourrait donc imaginer qu'il observe une certaine discrétion dans l'expression de ses opinions politiques. Nul ne lui conteste le droit d'en avoir et même de dire qu'il en a. Là où les choses ne vont plus, c'est quand il critique violemment un pouvoir qui ne lui convient pas, en de termes dont je vous laisse juge :

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"Comment distinguer les propos d'un ministre de l'Intérieur de ceux d'un dirigeant du Front National et inversement ?" dit notre homme. "[...] Même s'il subsiste quelques divergences, l'essentiel est partagé. Leur ennemi commun est le même : l'Etranger. Toutes les peurs, toutes les angoisses - et elles ne sont pas moins nombreuses en 2011 qu'à n'importe quel autre siècle - se coagulent et se focalisent sur la cible la plus facile : l'autre, par sa nationalité, par la couleur de sa peau, ou par sa religion.
Misant sur la facilité, l'ignorance, l'intolérance et la bêtise, ce pouvoir essaie de nous entraîner dans un repli suicidaire sur une illusoire identité nationale, quand la seule identité réelle est l'identité humaine.
L'urgence n'est plus seulement de réagir, mais d'agir. De proclamer haut et fort les valeurs qui sont les nôtres : la nécessité de l'accueil des étrangers, le devoir de solidarité, l'amour de la différence, la volonté de partage, la passion de comprendre, l'absolu de la tolérance, la sauvegarde scrupuleuse des libertés, le respect intransigeant des droits fondamentaux pour tous."
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Comment ne pas réagir à ce texte qui finalement n'est qu'un tissu de bêtises et de contradictions. Comment dire que l'identité nationale est illusoire pour affirmer deux phrases plus loin qu'il faut proclamer les "valeurs qui sont les nôtres" : les valeurs de qui ? les valeurs de quoi ? de la France ? Mais alors elle a une identité ! De certains courants de pensée occultes qui veulent nous imposer et nous imposent avec un certain succès des modes de pensée, des lois, des opinions qui vont à l'encontre de notre héritage ? Voilà une piste intéressante à suivre.
Comment proclamer qu'il convient de respecter l'autre dans sa différence (et je suis absolument d'accord avec cette obligation) quand on impute à la bêtise, à l'ignorance, l'intolérance le fait qu'un grand nombre de nos concitoyens ne pensent pas comme monsieur PORTELLI. S'il mettait en oeuvre les valeurs qu'il prétend être "les nôtres", il commencerait par se demander pourquoi une partie du peuple français rechigne à se voir imposer des comportements, des idées, des pratiques qu'il ne comprend pas, et dont il souffre.
Si monsieur PORTELLI était cultivé, il saurait qu'il y a une grande différence entre le fait d'appartenir au genre humain (ce que Paul RICOEUR appelait la mêmeté) et le fait d'appartenir à un groupe humain particulier (ce que le même philosophe appelait l'ipséité). Mais monsieur PORTELLI est inculte, intolérant, incohérent. Le premier des respects consiste à dialoguer avec ceux qui ne pensent pas comme nous. Je connais d'avance la réponse de ce monsieur : la position de l'extrême droite est immorale. Soit. Et celle de l'extrême gauche qui a soutenu STALINE, MAO, CHE GUEVARA (il fumait le cigare en souriant pendant que l'on fusillait sous ses yeux des opposants), elle était morale peut-être ?
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La vérité, la charité, la tolérance ne se divisent pas. J'ai toujours prêché le respect de l'autre et l'accueil de l'étranger, mais pas à n'importe quel prix. Et il me semble qu'en ce domaine la réciprocité des intentions et des regards est indispensable au maintien de la paix civile.
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Adieu monsieur PORTELLI. Vous avez un bel avenir comme "garde des sots", soit dit sans méchanceté, mais avec un brin d'ironie.

vendredi 18 mars 2011

Déjà au XVIIIe siècle

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Déjà, au XVIIe et XVIIIe siècles, des voyageurs européens, et des missionnaires, racontent les tremblements qui ravageaient le JAPON. Dans son Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du christianisme au Japon, paru en 1829, à PARIS, le père de CHARLEVOIE décrit ainsi le tremblement de terre qui ravagea OSAKA (Tome II, Livre VII, pages 81 à 83, passim), en une période que je n'ai pu retrouver dans ce livre, que je possède, mais qui doit se situer au XVIIe siècle car on y mentionne la présence du père VALEGNAN(O) :
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"Le trentième d'août sur les huit heures du soir, il y eut à OZAKA (sic) un tremblement de terre qui causa de furieux ravages ; il recommença le quatrième de septembre et redoubla d'une si étrange manière, qu'encore qu'il n'eût duré que demi-heure (sic), on ne voyait dans toute la ville que ruine de temples, de maisons et de palais, et que plus de six cents personnes furent écrasées.
[...]
Le lendemain, à onze heures de nuit, le ciel étant fort serein, il survint un troisième tremblement, dont les deux premiers n'avaient été que comme de légers préludes. [...] A SACAI et à FACATA, la mer franchit les bornes, renversa et entraîna avec elle tout ce qu'elle rencontra : et ce qui fut remarqué avec étonnement, aucun chrétien ne souffrit la moindre perte parmi tant de désastres. Leurs maisons ayant été conservées au milieu de quantité d'autres, que l'agitation de la terre, ou la violence des eaux avaient renversées."
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Ce texte présente un double intérêt : il décrit assez bien la survenue des répliques et celle d'un raz-de-marée, et il signale - je ne sais sur les fondements de quels documents ou témoignages - que les maisons des chrétiens avaient été épargnées. Il y avait alors beaucoup de chrétiens au Japon. Ils furent pourchassés, martyrisés, tués, contraints à l'exil pour certains, et la chrétienté japonaise fut réduite à quelques disciples fervents et courageux.
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Pensons à ce malheureux pays et voyons comment il nous est possible très concrètement d'aider des japonais (et non pas "les", formule creuse et dépourvue de sens) à surmonter cette catastrophe. Ce peut être en paraînant un orphelin de là-bas, ou en soutenant un lycéen, un écolier, un collégien d'origine japonaise et qui vit en France. Le Japon est suffisamment développé pour n'avoir pas besoin d'aide matérielle, autre que très technique et hors de nos modestes moyens d'action. A cet égard, je trouve très belle l'intitiative des lycéens chrétiens de secondes, premières et terminales des Lycées La Fontaine et Claude Bernard : ils invitent ce soir à une veillée de recueillement et de prières, sans considérer leur religion, tous leurs camarades d'origine japonaise. Certes, c'est peu, mais c'est à la mesure de ce qu'ils peuvent faire.
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Délire

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Monsieur ATTALI déclare ceci qui mérite d'être diffusé et connu : "A quoi sert-il de parler des 'racines' d'un pays comme le fait le Président de la République et toute la droite, sinon à donner implicitement ou explicitement à ceux qui s'y rattachent, un droit de propriété sur le pays, ou au moins une priorité sur les autres ? (...) C'est une dérisoire manigance pour minimiser le formidable héritage des Lumières, qui commencent d'ailleurs en France au 12ème siècle, avec l'arrivée par des traducteurs juifs, de textes musulmans, porteurs de la pensée grecque. C'est de tout cela qu'il faut être fier. C'est cela qui fait la grandeur de la France."
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Questions :
(a) Les pieds-noirs chassés d'Algérie avaient-ils ou non un droit de propriété sur le pays au même titre que monsieur ATTALI semble le conférer à tous ceux qui, venus de pays étrangers, lointains ou proches, sont installés chez nous ?
(b) Cette proposition ne reviendrait-elle pas à justifier l'affirmation selon laquelle la terre appartient à celui qui l'occupe, que ce soit pacifiquement ou par la force, et par conséquent à donner des fondements idéologiques au colonialisme ? Que diraient les Algériens si les pieds-noirs émigraient en masse en Algérie ?
(c) Monsieur ATTALI connaît-il vraiment l'histoire de la pensée médiévale dans les pays du Moyen et du Proche Orient ? Sait-il que de très nombreux philosophes arabes étaient chrétiens et qu'ils ont été les maîtres de philosophes musulmans ?
(d) Connaît-il les travaux de Sylvain GUGGENHEIM qui prouve l'existence d'une tradition monastique dans la transmission des principaux ouvrages de philosophes grecs ? GUGGENHEIM a été persécuté pour l'avoir dit, écrit et publié. (Les relations entre les Carolingiens et les Empereurs byzantins étaient étroites et souvent s'accompagnaient d'alliance matrimoniale.)
(e) Monsieur ATTALI qui vante l'héritage des Lumières (lesquelles du reste ? L'Aufklärung, l'Enlightment ou les Lumières à la Voltaire ?) en perçoit-il l'arrogance et les désastreuses conséquences pour l'histoire du monde ? Penser l'Universel ne lui paraît-il pas être une revendication un peu exagérée au regard de ce que d'autres cultures ont pensé du monde ?
(f) Monsieur ATTALI dénie-t-il aux Français du passé la moindre responsabilité dans ce qui fait le reste de grandeur de notre Patrie ?
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Monsieur ATTALI délire. Monsieur ATTALI prend ses utopies et son penser faux pour des prophéties. Si ! Les Français ont des droits de propriété sur leur sol. Ils ne les dénient pas à ceux qui venus les y rejoindre ; ils acceptent l'héritage, lourd ou brillant, du passé de la Patrie. Une telle certitude a poussé des centaines de milliers de jeunes Français à se battre pied à pied dans les tranchés lors de la première guerre mondiale. C'était une guerre stupide et fratricide, au regard de nos actuelles connaissances, mais ce ne l'était pas à l'époque. Une telle certitude a lancé dans la résistance bien des Français encore, dans les années 1940. Ils ne l'eussent pas fait sans le sentiment qu'ils avaient à défendre un héritage, pas seulement géographique ou économique, mais culturel et moral, contre la barbarie et la folie d'HITLER.
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Monsieur ATTALI, que je croyais plus intelligent et plus au fait de la sensibilité du peuple français, a commis une mauvaise action ; il l'a fait sciemment afin de précipiter dans les bras des "extrêmes" tous les naïfs, tous ceux qui croient encore à la Patrie. Monsieur ATTALI, lui, n'y croit pas. C'est un mondialiste, un apatride en puissance. Il m'a déçu, car j'appréciais certains aspects de ses analyses.
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jeudi 17 mars 2011

Un paysan du Danube s'interroge

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Le séisme et le raz-de-marée qui ont secoué le Japon, les bouillonnements politiques qui agitent nombre de pays arabes interrogent le paysan du Danube, celui qui n'a que son bon sens et sa naïveté pour tout bagage. Il se dit que l'on aurait tort de ne pas lier les deux événements.
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Les écologistes s'appuient sur les explosions de deux réacteurs de la centrale de FUKUSHIMA pour exiger que la France, deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, pour le nombre de centrales nucléaires, "sorte du nucléaire". Ils ne disent pas comment il faudrait stocker la matière fissile actuellement logée dans le coeur des réacteurs, et évoquent assez vaguement le développement d'énergie de substitution, dont l'énergie éolienne. Or c'est cela qu'il faut envisager avant de se précipiter.
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La paysan du Danube réfléchit (un peu) : entre le risque peu probable mais terrible que représente l'emballement d'un réacteur et son explosion, et le risque beaucoup moins probable, mais tout aussi dangereux, de marées noires consécutives au naufrage de pétroliers (Exon Valdez, Amocco Cadiz, Torrey Canyon, pour ne citer que les plus célèbres), que faut-il choisir ? Et s'il est souhaitable et bénéfique de "sortir du nucléaire", ne faudrait-il pas exiger que l'on sorte aussi du pétrole ? Voilà qui semblerait logique, et cohérent avec la doctrine écologique. En tout cas, pas une goutte de pétrole de KHADAFI dans nos citernes.
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Supposons donc que l'on sorte et de l'énergie nucléaire et de l'énergie pétrolière. Il nous reste le charbon (mais les mines britanniques et françaises sont fermées depuis longtemps, et les mines de lignite de l'ex-Europe de l'Est sont en cours de fermeture ; je ne parle pas du charbon importé de Chine ou d'Afrique du Sud ou d'ailleurs, dont le transport par bateau consommerait des quantités pharamineuses de fuel et donc de pétrole). Bon ! Remettons-nous au charbon. Rouvrons nos mines et brûlons hardiment ce qui reste de ce combustible fossile. Mais là, je dis halte ! Et le gaz carbonique, hein ? Que dites-vous du gaz carbonique ? Impossible. La voie du charbon est une voie en impasse ; c'est une voie fumeuse. Qu'on me pardonne cette pauvre plaisanterie.
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Il y a le vent. Mais les éoliennes consomment beaucoup de béton et de fer pour leur construction, leur rendement est très faible, et il en faudrait un nombre considérable pour avoir une production inférieure de plus de dix fois à celle que nous assurent les centrales nucléaires. En outre elles sont bruyantes et affreuses, et dénaturent le paysage. Il s'agit là d'une pollution sonore et visuelle permanente. Les protestations des riverains français, et pas seulement des marins-pêcheurs, de la mer du Nord contre la construction d'un parc marin d'éoliennes en disent long sur l'acceptabilité sociale de ce moyen s'il venait à être répandu.
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Il y a l'hydraulique. La France a construit tous les barrages qu'il lui était possible. Mais ces barrages font peser un risque considérable, quoique peu probable, sur les habitants des villages, bourgs et villes sis en leur aval. L'accident du barrage de MALPASSET, près de FREJUS vient nous le rappeler fort à propos. Et je ne voudrais pas habiter sur les rives du Fleuve Bleu, en aval du barrage des Trois Gorges. Il y a la micro-hydraulique. Là c'est déjà plus sérieux. Il serait possible d'équiper les nombreux cours d'eau qui parcourent la France avec des mini-turbines. Mais cette micro-production échapperait au contrôle d'EDF dont ni les syndicats ni les dirigeants de l'entreprise ne veulent. Et la micro-hydraulique dans le désert de GOBI, du SAHARA ou du TAKLA-MAKAN ne semble pas être une voie très sérieuse...
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Il y a l'énergie solaire. Mais produire des panneaux solaires exigent aussi beaucoup d'énergie et de matières premières. Et de l'ensoleillement qui n'est pas toujours et partout assuré. Je n'aurais pas l'inélégance de citer les provinces qui en France sont légèrement pluvieuses, non plus que les pays d'Europe que le soleil ne brûle point. Cette énergie serait très envisageable en Arabie saoudite. Mais que ferait-elle de son pétrole, si elle promeut l'énergie solaire ?
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Il y a bien sûr la trotinette et la bicyclette (je ne parle pas de voitures, motocyclettes, scooters, etc.) qui ne font appel qu'à l'énergie humaine. On a pu voir très récemment à la télévision cette prodigieuse invention qui permet de recharger son portable tout en pédalant. On peut multiplier l'usage des tandems pour augmenter la production. Le paysan du Danube dérive et galège. En vérité, il voit que le problème est d'une effroyable complexité et que ce que l'humanité appelle progrès est étroitement associé à sa folie des grandeurs et à sa démesure, cette hubris dont les Grecs ont si bien parlé, sans vraiment nous dire d'ailleurs comment la combattre. La solution réside probablement par l'adoption simultanée de ces divers modes de production d'énergie.
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Voilà pour aujourd'hui.
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mercredi 16 mars 2011

Honte à nous !

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Les 29 et 30 septembre 1938, HITLER, MUSSOLINI, CHAMBERLAIN et DALADIER signaient les accords de MÜNICH qui contraignaient la TCHECOSLOVAQUIE à rétrocéder à l'ALLEMAGNE les territoires dits des SUDÈTES, attribués pourtant par les Traités de VERSAILLES et de SAINT-GERMAIN à la toute nouvelle (et très artificielle, il faut le reconnaître) nation. La FRANCE et l'ANGLETERRE lui avaient donné l'assurance qu'elles garantiraient ses frontières. Sous la menace d'un Reich qui n'était pas encore surarmé, les nations tutélaires de l'Europe abandonnaient leur enfant. Le même jour, Winston CHURCHILL déclaraient "Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre". Hormis Parti Communiste, un député de droite et un socialiste, la totalité de la représentation nationale approuva avec enthousiasme (et un "lâche soulagement" [Léon BLUM ?]) cet abandon qui devaient avoir de terribles conséquences.
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Nous hébergions à NEAUPHLE-LE CHÂTEAU, l'imam KHOMEINY, un fou de la plus belle eau, un fanatique comme on n'en fait plus. Nous avons trouvé bon de le renvoyer en IRAN où, il est vrai, la Révolution avait commencé, alors qu'il aurait fallu tout simplement le faire taire, en l'assignant à résidence et en l'isolant. Moyennant quoi, nous avons un autre illuminé à la tête de l'IRAN, et un illuminé qui menace la paix et l'équilibre du Proche et du Moyen Orient. Nous payons très cher aujourd'hui le lâche abandon du Shah d'IRAN, qui fut pourtant un fidèle ami de la FRANCE.
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Un autre fou écrase son peuple sous les bombes. Que fait le G8 ? Il pérore. Il tergiverse. Alors qu'il aurait suffi de déclarer une zone d'exclusion aérienne pour stopper son avance. Nous ne pouvons accepter cela. On a bêtement rigolé quand le Président de la République a pris l'initiative de rompre avec KADHAFI. Il n'a pas été suivi notamment par la très pétocharde Angela MERKEL. Tout cela est minable. Et si nous avons encore un peu d'honneur, nous ne pouvons accepter d'être les complices d'un crime contre l'humanité.
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Concrètement :
Vous pouvez et devez signer la pétition exigeant l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne. Voici l'adresse : http://avaaz.org/fr/lybia_no_fly_zone_fr/?slideshow (_ comme il suit, entre les mots lybia _ no_fly_zone_fr.
Vous pouvez et devez contacter le responsable politique de votre choix (monsieur HOLLANDE pour le PS ; monsieur JUPPE pour l'UMP) soit par mail soit par courrier pour exiger cette mesure.
Vous pouvez et vous devez écrire à votre député.
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Souvenez-vous : quand monsieur DALADIER descendit d'avion à son retour de MÜNICH, il croyait être hué par la foule ; elle l'acclama au contraire. La petite histoire prétend que devant cet inattendu spectacle, il dit à un de ses collaborateurs : "Ah les cons ! S'ils savaient".
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Oh ! certes, du pétrole émanent les effluves de l'argent, et bien des cupides craignent pour leur cher or ! Mais si nous ne faisons rien, alors nous aurons choisi le déshonneur et la honte, nous aurons les réfugiés, et nous n'aurons pas ce pétrole idolâtré qui jusqu'ici accouchaient de dollars tachés de sang.
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Honte à nous ! Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
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mardi 15 mars 2011

Avant que vous n'alliez dormir

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François CHENG, de l'Académie Française, vient de publier un livre remarquable. Il y commente des calligraphies superbes dont il est l'auteur et il y ajoute quelques citations de poètes chinois anciens, qui me paraissent confondantes de profondeur et de beauté. Je vais vous en livrer quelques unes. Elles berceront votre nuit, rempliront vos yeux d'étoiles, et - en ces moments où l'on aurait toutes sortes de raison de désespérer le l'homme - elles vous rendront un peu d'espoir.
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Du grand poète (et peintre) WANG WEI :
"Sur le tard, je n'aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De hanter encore ma forêt ancienne."
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De AI TS'ING :
"Pour avoir trop aimé cette terre,
J'ai souvent les yeux emplis de larmes."
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De CHUANGTSEU :
"Tout le monde connaît
l'utilité
de ce qui est utile ;
Personne ne connaît celle
de ce qui est inutile."
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De CHUANGTSEU toujours :
"Il n'y a pas de plus grande tristesse,
que la mort du coeur."
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Ah, comme je voudrais que vous comprissiez la force de caractère, la justesse du ton, la beauté des sentiments de cet homme qui "sans diplômes valables, sans métier" était en perdition quand il arriva en France. "Métaphysiquement, je traversais une période d'interrogation intense. Arraché à un milieu familier, affrontant l'inconnu, j'ai dû réapprendre à vivre. Petit à petit, immergé dans cette terre d'accueil et initié à cette nouvelle langue [François CHENG parle ici du français], j'ai réussi à me réenraciner dans l'être. J'ai éprouvé maintes fois l'ivresse de renommer les choses à neuf, comme au matin du monde. Habité aujourd'hui PAR UN SENTIMENT DE RECONNAISSANCE [majuscules de votre serviteur], je fais mienne cette phrase de KEATS qui assurait que "la terre est une vallée où pousse les âmes."
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Cher monsieur, vous pratiquez une langue superbe. Vous n'avez jamais renié vos origines et pourtant vous êtes le plus français des français qui se puissent imaginer. Nous sommes honorés de vous compter au nombre de nos compatriotes, vous qui venez de cet Orient lointain et fascinant. Votre culture, vos talents, vos écrits rehaussent l'éclat de nos lettres. Merci, du fond du coeur, merci.
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