samedi 19 décembre 2009

Une Fourmi antipapiste ?

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Fourmi est-elle antipapiste ? Certes non ! Mais il fallait bien que je trouve un titre percutant pour répondre aux objections qu'elle a émises dans le commentaire très pointu de mon dernier billet.
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Le reproche massif que fait Fourmi aux propos de Benoît XVI sur amour et vérité, est qu'il ne s'adresse qu'à des croyants, ou en tout cas - puisqu'il s'adresse aussi aux hommes de bonne volonté - à des esprits disposés à écouter ce qu'il a à dire.
Il m'apparaît qu'il est très difficile de demander au pontife une parole humaine qui puisse avoir valeur pour la totalité de l'humanité. Cela reviendrait à prendre une posture de tyran de la pensée. Benoît XVI parle au nom de Celui en qui il croit, et il indique qu'il n'est pas déraisonnable de suivre l'exemple de son Maître. Le propos est donc nuancé, même s'il est prononcé de manière un peu sèche et très "intellectuelle", ou plutôt abstraite.
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Si le recours à la raison n'est pas de nature à entraîner un début d'adhésion à cette parole, à quoi faut-il s'adresser ? Il me semble que c'est la position de Fourmi qui présuppose la foi en Jésus. Le seul recours à la raison est insuffisant, nous avons certes une intelligence qui en est le siège, mais nous avons aussi une sensibilité et une volonté. De plus, je l'ai dit souvent, la vérité n'est jamais au bout d'un raisonnement. C'est un chemin et une rencontre.
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S'il n'y a pas d'ordre dans la nature, à quoi sert le travail des chercheurs ? J'accepte tout à fait l'idée que c'est l'intelligence de l'homme qui l'y met ; mais je crois plus juste, et en tout cas plus conforme à mon expérience de chercheur, de dire que l'homme par son intelligence le découvre, et s'en émerveille : il faut avoir vu, comme je l'ai vu, des fibres musculaires en culture dans une boîte de Petri, innervées par de moelle épinière, se contracter rythmiquement pendant des mois, pour être en admiration devant l'ingéniosité que déploie la vie.
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Si la nature n'a rien à nous dire, à quoi sert la revendication écologique ? Bien entendu, la nature ne "pense" pas, mais elle est dans un équilibre fragile qui peut vaciller au moindre choc. Et le déséquilibre produit des effets nocifs. Nous le voyons bien avec la question de la déforestation, de la perte de la biodiversité, de la pollution de l'eau, de l'air et de la terre, dont nous sommes, nous les hommes, responsables et comptables. La question de la nature s'étend aussi à celle de la nature humaine. Qu'est-ce qu'un homme ? Une machine à produire ? Une machine à consommer ? Un être de parole ? Quelqu'un qui cherche du sens ? Un être de relation ? Peut-on penser qu'il existe de multiples réponses à ces questions ?
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Ainsi, il est juste de faire appel à l'ordre naturel comme fondement d'une politique juste et vraie. (C'est toute la raison du sommet de COPENHAGUE.) Il en découle que nos comportements doivent s'y adapter. Il ne s'agit pas seulement de nos comportements "animaux", mais aussi de nos comportements "moraux", notamment dans le domaine de la sexualité et du respect de la vie. Ainsi, les Chinois paieront très cher la politique l'enfant unique, et le déséquilibre du "sex ratio" qui fait naître dans certaines provinces 130 garçons pour 100 filles (en raison des avortements qui sont pratiqués quand la première grossesse d'une jeune femme prévoit la naissance d'une fille).
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Ainsi, il n'est pas d'ordre politique juste et moralement fondé qui viole les lois de la nature. C'est tout ce que Benoît XVI veut dire. J'ajoute qu'il est absolument indispensable de pouvoir justifier devant autrui les prémisses rationnelles de la foi, laquelle bien évidemment suppose autre chose. Je reviendrai un jour sur cette question si importante. Mais j'ai de nombreuses raisons de croire que Jésus est bien celui qu'il a dit être.
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1 commentaire:

Geneviève CRIDLIG a dit…

Bref, c’est bien ce que je pensais: le comité de lecture du pape, s’il existe, a besoin d’éclairages un peu plus étendus – quels que soient les textes produits : articles - discours –encycliques...

Une suggestion : ne voudriez-vous pas proposer vos services de chercheur scientifique dans ce qui serait vraiment un apostolat urgent et important ? Avec internet, ce ne serait même pas la peine de se déplacer au Vatican.

De mon côté, je continue à éveiller ma compréhension de ce texte à une lumière qui s’apparente à celle de Noël : naître à une idée.

NB. Au sujet de ma proposition qui n’est pas aussi loufoque qu’elle paraît : je suis persuadée que, si leurs services de communication ont un temps de réaction souvent plus que très lent, les papes eux sont accessibles au dialogue et qu’ils peuvent comprendre vite, très vite.

Exemple: une fois, il a quelques années, j’avais qqchose à dire à Jean-Paul II et, plus encore à recevoir une réponse.
Le genre de truc impossible.
Et bien, comme il venait à Strasbourg, je me suis dit :
« avec la chance que j’ai, je pourrai lui parler. Lorsqu’il entrera dans la cathédrale, je me serai déjà glissée - sans jouer des coudes évidemment - je serai tout de suite le long de l’allée et dès qu’il sera à deux mètres, je commencerai à lui parler : il aura le temps de me répondre quand il arrivera à ma hauteur ».
Une affaire de secondes à gérer.
La foule, elle, n’existait plus.
Et voilà : un dialogue fait d'une phrase aller et d'une phrase retour avec cette présence et ce regard que les témoins actuels ne cessent de relever.
J’emporte toujours sa parole comme un éclair.