vendredi 13 novembre 2009

Identité nationale : Henri Hude donne son avis

-
Henri HUDE est un philosophe politique qui enseigne à Saint-Cyr Coetquidan. Il est chrétien et ne cherche pas le cacher. Dans son remarquable livre "Ethique et politique" publié aux Éditions Universitaires, en 1992, dans la collection Philosophie Européenne, il expose les principes de philosophie politique d'inspiration chrétienne. Je donne quelques extraits de cet ouvrage, en vous demandant instamment de ne pas vous lasser de l'apparent longueur de mon billet, et en vous invitant à acheter ce livre essentiel.
-
Son chapitre VI est intitulé : Immigration et identité. A la section 2 de ce chapitre, il dit ceci :
-
"La nation n'a pas pour fin de devenir un égoïsme collectif. Elle doit pouvoir accueillir ceux qui frappent à sa porte, rendre service à ceux qui sont au dehors. Mais pour que la valeur d'hospitalité ne soit pas rejetée, il faut la distinguer de ce qui n'en est qu'une imitation caricaturale. L'hospitalité qui est une valeur, c'est l'hospitalité responsable.
L'hospitalité responsable est juste envers tous : envers ceux qui sont reçus et envers ceux qui reçoivent.
A l'égard de ceux qui sont reçus. Dès lors qu'une personne est admise chez nous, il faut la traiter convenablement. Nous avons énormément à faire à cet égard. Mais ce n'est pas faire preuve d'hospitalité que de dire à des personnes : entrez donc chez nous, vous coucherez dans des galetas et vous travaillerez pour nous comme des esclaves dans des entresols et des arrière-cours. Ou bien nous avons le besoin d'employer quelqu'un et les moyens de le faire vivre convenablement, et nous le payons bien [...], ou bien nous avons l'intention de l'exploiter et aucun souci de lui assurer une condition décente, et dans ce cas le thème de l'hospitalité devient une couverture pour l'exploitation d'un sous-prolétariat.
A l'égard de ceux qui reçoivent. Un homme qui se laisse tyranniser par les pique-assiette et les casse-pieds n'est pas un être hospitalier, mais un faible et un gogo. [...] Une nation n'est pas une gamelle. Il faut savoir faire preuve de fermeté. Bonté n'est pas sensiblerie. La fermeté ne doit pas être inspirée par la peur d'être envahi, submergé, étouffé par le monde extérieur. La fermeté doit être avant tout inspirée par le sentiment de la responsabilité, et sans cette fermeté, il n'y a pas d'hospitalité responsable."
-
Dans la section 3 de ce chapitre, notre philosophe poursuit :
-
"Si la morale publique n'avait pas été abaissée par le matérialisme et le cynisme, on aurait pu espérer des citoyens un niveau de compréhension, d'ouverture et d'hospitalité qu'il est aujourd'hui inconcevable de leur proposer, et qu'on ne peut prétendre leur imposer qu'en provoquant l'inverse de ce qu'on voudrait obtenir. Les démolisseurs de la culture et des moeurs de nos nations, ceux qui jettent le pays dans le scepticisme et la jeunesse dans le désespoir sont les derniers à avoir le droit de crier au fascisme car s'ils en savaient la définition, ils verraient qu'ils en sont les premiers fauteurs.
Le peuple, déculturé par le progressisme, et faute de retrouver son identité perdue, se rabattra forcément sur une réidentification à base de simple opposition aux autres. Il n'y a pas d'autre manière d'éviter la haine raciale que de rendre au peuple sa culture profonde, qui est si belle et si universelle, à la place de cette anti-culture dérisoire et misérable dont il est ridiculement affublé. Mais entre-temps, pour éviter le pire, on sera bien obligé de tarir le flot d'immigrants, puisque sa continuation nous ferait glisser du progressisme déjà cynique à une réaction fasciste.
Compte tenu de la perte relative d'identité, due à la déculturation progressiste, et compte tenu du besoin d'identité chez tout homme, le risque est de voir survenir la réidentification la plus pauvre, c'est-à-dire celle qui consiste, pour un homme, à s'identifier par le simple fait de ne pas être l'autre considéré dans son apparence."
-
Il faut être aveugle et de mauvaise foi pour ne pas voir la justesse de cette analyse. En favorisant l'émergence du Front National, le Président MITTERRAND a commis une mauvaise action contre son pays. Et je crains fort que les défenseurs de Marie N'DIAYE, et le chèvre-choutant Ministre de la Culture rendent un bien triste service à la cause qu'ils prétendent défendre. Je reviendrai sur ce point.

2 commentaires:

tippel a dit…

Et bien voilà une autre vérité que nos contemporains ignorent, le front national n'est pas un parti de facistes.

Philippe POINDRON a dit…

Non, je ne le crois pas. Mais ses solutions me paraissent simplistes. HUDE en explique très bien les raisons. Puissent nos responsables politiques se rappeler la formule de JAURES que j'ai déjà dite dans un commentaire : La patrie est le seul bien qui reste au pauvre.