mercredi 12 octobre 2011

Mondialisation et primaires chez les socialistes, bis

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Je désire répondre ici au commentaire très judicieux que Pierre-Henri THOREUX a fait sur le billet que j'ai produit hier.
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Bien entendu, je n'adhère en aucune façon aux thèses économiques et à la vision de l'homme que prône Arnaud MONTEBOURG, alias XYLOGLOSSE. Mais, dans le prolongement du billet que j'ai consacré à l'esprit critique, je persiste à croire que sa dénonciation de la corruption politique en général et des agissements de monsieur GUERINI, en particulier, est juste. Je trouve aussi que sa dénonciation de la mondialisation "économique" est judicieuse. Je vais tâcher d'expliquer pourquoi.
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Toute la question que soulève Pierre-Henri peut être résumée sous la forme logique de la différence entre le genre et l'espèce. Je n'ai cessé dire ici même que tous les êtres humains sont du même genre, partagent la même nature, ont la même aspiration au bonheur ; mais chaque être humain est unique et irremplaçable. Il se trouve aussi que l'histoire de l'humanité a fait se regrouper les hommes d'abord par famille, puis par clan, tribu, horde, et enfin patrie. C'est un fait de société. En se regroupant en cercles de plus en plus larges, les hommes ont trouvé protection, identité et sens. Jusque-là, donc, l'analyse de Pierre-Henri est juste.
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La naissance de l'état-nation est récente. Elle s'accompagne d'une négation des différences d'abord linguistiques (la mort des langues régionales, en France, est l'oeuvre de ce bon abbé GREGOIRE) puis juridiques (suppression de certaines particularités ; il en subsiste chez nous un vestige, en Alsace avec le droit local que les jacobins laïcards voudraient bien supprimer), et enfin économiques. Il s'agit de créer dans l'état-nation un marché unique où la circulation des marchandises et l'investissement capitalistique permettent à une catégorie spécifique de citoyens de s'enrichir au détriment des artisans et de leurs employés, des agriculteurs et des éleveurs (ce fut là l'objet de la loi LE CHAPELIER sur la suppression des corporations, la suppression de la syndication, et sur celle du tarif minimum [un véritable SMIC avant la lettre, dont les canuts de LYON réprimés par les soldats de PARIS réclamaient le rétablissement !] qui en fut  la conséquence).
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La "mondialisation" économique consiste à étendre au monde entier la loi de fer de l'argent. La mondialisation économique consiste à permettre aux consommateurs des pays soi-disant développés d'acheter à très bon compte des produits fabriqués en CHINE, en INDE ou en TURQUIE, dans des conditions scandaleuses d'exploitation des ouvriers qui les fabriquent. Ces produits  pourraient être fabriqués sur place et non pas dans ces contrées lointaines. Mais ils reviendraient plus chers. Nous y voilà. Je croirai à la mondialisation économique le jour où nous achèterons à l'étranger des produits au prix que nous voudrions les vendre si nous en étions les producteurs.
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Je constate aussi un phénomène très curieux. Tous les pays totalitaires, l'Allemagne nazie et l'URSS jadis, la Chine communiste ou la Corée du Nord aujourd'hui, ont organisé des rassemblements "de masses" (ah ! les masses populaires du jargon communiste) et des défilés militaires, où l'on voit des milliers d'hommes en uniforme (notez le mot), interchangeables, identiques. Des pions. Tous les pays totalitaires et certains autres qui ne paraissent pas l'être, ont exigé de leurs citoyens le sacrifice de leur vie en les mobilisant pour faire la guerre. La Vendée s'est soulevée d'abord pour protester contre le circonscription instaurée par la Convention. Les paysans vendéens estimaient qu'il n'y avait aucune raison de rentrer dans une activité qui jusqu'alors était réservée à des volontaires lesquels en faisaient leur métier. Il y avait là une certaine logique. Il y a dans ces processus étatiques une indifférenciation progressive et insidieuse. Tous pareils ? Alors tous la même chose. C'est le phénomène du "double monstrueux" si bien analysé par René GIRARD que l'on met en place, sans mesurer les conséquences de cette initiative : la violence à cause du désir mimétique de désirer ce que désire mon double.
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Je constate aussi qu'avec le développement du nationalisme et de l'étatisme, est venue l'instauration du passeport. Au début du XXe siècle, il était parfaitement possible de se rendre d'un bout à l'autre de l'Europe sans ce document. Aujourd'hui, il y des passeports biométriques, des portiques électroniques à l'entrée des salles d'embarquement, des contrôles à la sortie. Curieuse mondialisation qui consiste à créer des barrières là où jadis il n'y en avait pas. Car la mondialisation et son cortège inévitable de frustrations exigent un contrôle de plus en plus tyrannique des comportements individuels, pour éviter les dérapages mimétiques.
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La vraie mondialisation est celle des coeurs : à lire les discours de ces messieurs de la Troisième République naissante, on ne demande si on ne rêve pas. J'en ai déjà parlé. Apporter la civilisation aux races inférieures ! Voilà ce que des Jules FERRY et autres éminentes personnalités de la gauche radicale- ou sociale-cassoulet disaient en envoyant des troupes en Afrique et ailleurs pour piller les richesses de ces contrées, au profit de quelques-uns et au détriment de la Patrie. Je le redis ici : nous payons cher notre incohérence et la seule manière de mondialiser est de respecter les modes de vie et de développement de ces pays aujourd'hui indépendants, sans leur imposer nos vues, mais en refusant aussi qu'ils nous imposent les leurs. Alors il nous sera loisible d'aller vers cette unité de la race humaine dans le respect de l'altérité et l'amour de la différence.
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1 commentaire:

tippel a dit…

Cher Ami , j'avoue que j'ai bien du mal à suivre "la mondialisation" bien que pris séparement ce que vous écrivez est souvent juste car beaucoup de nous le constatent chaque jour.
Un livre sur l'histoire de la mondialisation il s'agit de "Power and Plenty de Findlay et O'Rourke". N'attendez pas qu'il soit traduit en français, non! les éditeurs français sont trop occupées à publier des ouvrages essentiels sur les aventures de François, Nicolas, Martine,ou de Ségolène !