dimanche 12 avril 2009

Nuit de la Résurrection

Les étoiles ne parlaient plus. La Lune était en pleurs, épaisses les ténèbres. La terre respirait à peine ; un morne silence planait sur le jardin. Les gardes eux-mêmes s'étaient assoupis aux portes du tombeau.
Soudain, une lumière plus vive que celle du soleil, plus blanche que l'éclat du soleil sur la neige, jaillit du sein de la grotte. La pierre du sépulcre roule. Il sort du tombeau, debout, l'Agneau, le Fils, l'Unique, l'Aimé du Père, le Glorifié. De son flanc transpercé coulent pour toujours l'eau et le sang qui font vivre. De la main droite il porte l'étendard de la victoire et son visage est resplendissant de douceur et de force.
L'aube pointait à peine. Elles marchaient à pas rapides vers le jardin, et elles abandonnaient dans leur sillage un vague parfum de myrrhe et d'aloès. Et elles se lamentaient et gémissaient : Qui changera ma tête en fontaine ? Et qui, mes yeux en sources de larmes ? disait l'une ; et l'autre répondait : Que les collines verdoyantes tombent sur nous ! Que les torrents d'eau vive se tarissent ! Ils ont tué le Juste, l'Innocent ! Malheur à nous !
Et l'autre reprenait : Qui nous roulera la pierre de devant le tombeau ?
Elles y arrivent là, le souffle. Plus de gardes. De pierre, il n'y en a plus ; le sépulcre bée. Deux hommes en blanc sont assis près de la banquettes où sont pliés les linges et les bandelettes qui servaient d'ultimes habits au corps du supplicié. Tremblantes, elles osent demander aux inconnus s'ils n'ont pas vu quelqu'un..., ou d'insatiables vautours peut-être, venir troubler le dernier repos du Maître, dérober son corps à la vénération des disciples.
"Il n'est plus là ! Il précède ses frères en Galilée. Allez le leur dire". Elles n'osent y croire. Elles ont peur. Puis se décident à tout raconter. Le disciple que Jésus aimait et Pierre le renégat se précipitent ; plus rapide, Jean arrive au tombeau, penche la tête, voit et croit !
Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
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Improbables lecteurs, cette nuit vous convoque. Puissiez-vous, loin des tumultes du monde et de l'agitation des plaisirs, saisir de l'intérieur ce que signifie la victoire sur la mort remportée par le Verbe de Dieu.

4 commentaires:

Christophe Coursières a dit…

Tous les jours je parcoure tes commentaires avec impatience
Ce matin du grand jour, rien du moins aux premières heures de la matinée.. et puis nous voilà récompensé. Merci cher Philippe . A+

Christophe Coursières a dit…

Erreur sur l'auteur du commentaire précédent. Je vais essayer de corriger . Georges

olibrius a dit…

cher monsieur
pourquoi "improbables" lecteurs? Qu'estce que cela peut-il vous faire que nous soyons peu ou trés nombreux.

Semez! Semez! Discernez aussi à n'être point trop "raide". Ce n'est pas votre problème que cela pousse ou "crève"!

Ecoutez aussi l'interview de Mgs André Vingt trois sur Europe 1 vendredi dernier chez Elkabach, notamment à la fin, que pensez-vous de ce sa Seigneurie dit sur la mort?

Philippe POINDRON a dit…

Cher, très cher Olibrius, vous avez raison. Cela n'a aucune importance, et je fais un billet sur ce point là. Il faut annoncer à temps et à contre-temps. Surtout, n'hésitez-pas à réagir. C'est toujours pertinent.
Amicalement.

Philippe POINDRON