lundi 13 avril 2009

Olibrius a raison

Olibrius, un fidèle analyste de mes propos, me fait remarquer dans son commentaire sur mon billet "Nuit de la Résurrection", que je n'ai pas à m'inquiéter du nombre de mes lecteurs (que je qualifiais d'improbables) ni de la portée de mes billets. Il a raison. Et je le remercie, encore une fois, de pointer ma faiblesse - je la crois propre à tous ceux qui écrivent - qui n'est que la marque d'une fierté (orgueil ?) mal placée. Parfois, en effet, je me demande si c'est bien utile de faire vivre un Blog. Il y a peu de remarques, peu de commentaires à mes billets, comme s'ils étaient clos et se suffisaient à eux-mêmes. Et je m'en attriste.
Je m'efforce de dire le plus clairement possible ce qui me paraît juste. J'essaye d'étayer mes propos par des faits, une argumentation, un appel à des auteurs qui ont pensé ou qui pensent, et d'aller à contre-courant d'un monde qui me semble courir à sa perte en raison de son aveuglement et de son penser faux. Il m'arrive d'avoir la dent un peu dure. Mais je m'adresse alors à l'image que tel ou tel personnage renvoie de lui-même aux médias, et non pas à la personne elle-même. J'ai du reste eu l'occasion de signaler récemment ce décalage entre la personne réelle et le personnage public à propos de Martine AUBRY, femme fort sympathique en son particulier, insupportable dans l'espace public. Mais quand donc comprendront-ils qu'on leur demande de faire coïncider l'intérieur avec l'extérieur ?
Tout n'est pas perdu pour ce monde, loin s'en faut. Des actions merveilleuses se déploient dans le silence et dans l'ombre. Mais il faut s'armer de courage, annoncer la Parole à temps et à contre-temps. Car la lampe n'est pas faite pour être mise sous le boisseau ; elle est faite pour être sur un lampadaire. Mes lecteurs réguliers ont compris que je me situe comme un disciple de Jésus. Est-ce à dire que je me crois meilleur que les autres ? Certes pas ! Mais je ne veux pas rougir de Jésus devant les hommes, car je ne veux pas qu'au jour du Jugement, il rougisse de moi devant son Père. Une incroyable grâce de conversion m'a été donnée il y a près de 12 ans. Quand d'un seul coup la lumière fait irruption dans une demeure intérieure jusque-là enténébrée, vous avez envie de le dire, de le crier, de monter sur les toits pour le hurler. Je n'en dirai pas plus.
Mais tout de même, faites-moi la grâce de vos critiques et de vos commentaires. Et que la joie de Pâques continue d'habiter en votre coeur.

4 commentaires:

Eugénie a dit…

Surtout ne vous decouragez pas Mr poindron votre blog est remarquable et je suis sure qu'il est pour beaucoup comme un phare dans la tempete de ce monde , vous avez bien raison de ne pas laisser cette lumière sous le boisseau !!
bon courage et ne resterait il qu'une seule lectrice , vous ne semeriez pas en vain!!!

Hiver a dit…

Ah Philippe tu dois sans relâche continuer,
Utiliser tes talents au gré de l’actualité,
Avec tes billets bien torchés nous titiller
Eugénie l’a dit, avec affection je te le redit
Éclaire de tes réflexions nos pauvres vies
Elles ne pourront ainsi qu’en être embellies

fourmi a dit…

Quelques paroles venues d’horizons divers
- en particulier extraites d’un livre que je parcours en ce moment - au sujet de la parole transmise via ce blog et que je livre à son auteur pour libre réflexion >> peut-être contribueront-elles à raffermir sa confiance et en lui-même et dans sa propre parole et dans les destinataires - connus et dans l’immense majorité inconnus et qui le resteront - ainsi que dans l’outil de communication choisi. . Ca fait beaucoup mais le tout, comme j’aime à le répéter, c’est d’avancer.
Excusez la longueur de mon propos mais le pb posé demande un certain traitement et l’existence de ce blog me paraît importante.

& D’abord il me semble que ce « symptôme » de découragement est normal pour deux raisons d’ordre professionnel, pourrait-on dire : 1. un scientifique, comme cela a été souligné régulièrement dans les billets précédents, travaille sur des faits observables 2. un chercheur cherche mais en principe trouve et vérifie des hypothèses par une analyse objective – donc qu’il voit.
Or la démarche d’un blog échappe à ce style d’analyse car il y a x inconnues et qui souvent le restent. Ce n’est pas le même lieu d’expérience.
> Et de UN !

& < Ensuite : référence au Dieu qui est invoqué :
cf. Psaume 19 : Début
Les cieux racontent la gloire de Dieu,
le firmament proclame l’œuvre de ses mains.
Le jour en prodigue au jour le récit,
la nuit en donne connaissance à la nuit.

Ce n’est pas un récit, il n’y a pas de mots,
leur voix ne s’entend pas.
leur harmonie éclate sur toute la terre
et leur langage jusqu’au bout du monde.
……
Fin :
Que les paroles de ma bouche
et le murmure de mon cœur soient agréés en ta présence,
Seigneur, mon roc et mon défenseur !

>> Et de DEUX !

& Je vous propose donc le survol d’un recueil de textes de différentes personnes sous la direction d’Alain Houzieux avec pour titre : Apprendre à être heureux – Espaces libres – Albin Michel 2007.

* Introduction (A. Houzieux – Pasteur de l’Eglise réformée de France)
… « Les Béatitudes énoncent bien : « Heureux les pauvres, les handicapés, ceux qui pleurent… », mais il vaudrait mieux traduire, en se souvenant que les béatitudes ont d’abord été énoncées en hébreu et en araméen : « Debout et en avant, vous les handicapés, car le Royaume de Dieu est pour vous. »
Ce qui est dit, c’est que ceux qui se mettent en marche vers ce Royaume sont heureux. Ainsi le bonheur ne doit pas être considéré comme une béatitude, c'est-à-dire comme la satisfaction de tous les désirs, mais comme une dynamique et une activité : heureux êtes-vous si vous vous mettez debout et si vous vous mettez en marche. Ainsi, se mettre en marche, c’est déjà un bonheur. Le bonheur est donc dans le dynamisme et la vitalité, il n’est pas dans la quiétude béate, comblée, replète et satisfaite. »
>>>Et de TROIS ! : ce n’est pas le nombre de lecteurs qui compte etc.

** L’impossible solitude (Lytta Basset)
« ‘On ’» n’existe pas. Ce n’est pas on qui n’a plus d’espoir, mais moi, toi, elle ou lui. Et les amis de Job, bien décidés à le consoler, s’embourbent définitivement dans les « y a qu’à ». C’est qu’aucune foi en Dieu ou en l’humain n’est en soi une recette infaillible. Comme à Job, la parole ne me vient qu’à partir de mes pas chancelants sur le chemin qui me mène hors du désespoir… tant qu’il y a d’autres humains, leur présence peut tenir lieu d’espoir, au sens concret du terme : elle prend provisoirement la place de l’espoir. Car malgré la maladresse de leurs propos et leurs gestes, ils sont des repères au milieu de nos sables mouvants. Par leur simple présence corporelle, ils nous parlent de notre humanité…Même mutiques, (NDLR j’ajoute ce peut être le cas de nombreux lecteurs de votre blog), ils ont le mérite d’être là à nos côtés…
Mais si rien ne vient ? (> tout une page à lire). Il arrive que l’espoir ne vienne pas de ceux qui en ont à revendre. ..Ce sont parfois ceux qui n’en ont plus qui nous en redonnent. C’est par leur manque qu’ils nous remplissent…. Pour Levinas, c’est le dénuement d’autrui que je lis sur son visage et perçois dans son corps (NDLR lisible même dans l’absence corporelle des internautes ‘ des marins ’ invisibles) qui me sollicite et réveille « ma responsabilité », au sens étymologique de « capacité de répondre ».
>>>> Et de QUATRE !

**** A.H. « Accepter les autres, c’est accepter qu’ils aient un mystère qu’on ne connaît pas et un avenir qui pourra les transformer. Les accepter, c’est donc un acte de foi et un acte d’espérance… Pour accepter l’autre, il nous faut découvrir qu’il est insaisissable. Il devient inconnu, il devient une énigme. Et c’est pourquoi nous pouvons l’accepter… »
(NDLR sans vouloir trop extrapoler, je dirais que, lorsqu’on se lance dans la démarche d’ouverture d’un blog, cette acceptation est d’autant plus incluse dans le pack – elle est totale ou bien c’est de la frime)
>>>>> Et de CINQ !

***** Daniel Sibony ( Psychanalyste et Mathématicien )
L’entre-deux, un espace de rencontre qui rend l’autre acceptable.
« … Va-t-on leur faire des petites injections d’altérité ? …»
( NDLR La production des réflexions du blog n’est-elle qu’une piqûre d’altérité pour produire un certain apaisement ? )
>>>>>> Et de SIX !

****** Marek Halter
(NDLR = Un récit que je vous transmets presque en entier car je ne désespère pas d’arriver à vous convaincre de poursuivre l’aventure de ce blog …)
« Au début, il y avait un jardin, où se baladait un couple nu. Ils se supportaient bien, n’avaient pas envie de se gifler. Ils pensaient être seuls, mais ils ne l’étaient pas. Hors de leur château, il y avait des banlieues, ce que la Bible appelle « les bêtes des champs ». Des Bougnouls, des étrangers, des métèques, des sans-papiers… le couple vivait, tranquille, puisqu’il n’y avait pas à affronter l’autre. Un jour, un de ces Bougnouls, « la plus maligne des bêtes des champs », dit la bible, s’aventure près de ce couple nu.

Le plus grand commentateur de la Bible, un vigneron de Troyes, Rachi, a fait le plus court des commentaires : » Et le serpent a désiré Eve. » Le serpent, c’était un beau garçon ; il marchait et parlait. Cette intrusion de l’autre différent, avec un parcours différent, perturbe l’histoire de l’humanité. Qu’il ait désiré Eve et fait l’amour avec elle, la Bible ne le dit pas. Il a suffi qu’il introduise autre chose, et voilà que nous sommes ce que nous sommes. Le serpent a cessé d’être un beau garçon ; il est devenu le serpent qui rampe. Et ce couple a perdu le paradis. Ainsi, c’est l’autre différent qui, en s’introduisant dans ma vie, génère la violence. Elle existe en nous.
S’il en est ainsi, quel est l’antidote ?

L’Ancien testament dit que l’antidote, c’est la Loi. Moi, je pense que c’est le langage. Parler.
Je ne suis jamais allé à l’école, parce que l’histoire ne me l’a pas permis. C’était en Ouzbékistan, là où, aujourd’hui, nos forces armées sont bloquées avec les aides humanitaires. J’étais un petit voleur – un très mauvais voleur, d’ailleurs, on m’attrapait souvent. Un jour, alors qu’on me tabassait, j’ai été libéré par une bande de vrais voleurs. J’avais dix ans, ils en avaient quatorze ou quinze. Je leur ai expliqué que je volais pour nourrir mes parents à l’hôpital, que ma petite sœur était morte de faim… Ils m’ont dit : Tu ne sais pas voler, que sais-tu faire ? ». Je ne sais pas pourquoi, j’ai répondu : « Raconter des histoires. »…

Le soir, ils m’ont conduit au rassemblement de toutes les bandes de la ville. Là, chacun à son tour, ils racontaient des histoires. Plus la blague était grosse et salée, plus ils riaient. Mon tour est arrivé. Je ne connaissais pas ce genre de blagues. Timidement, j’ai commencé à raconter les Trois Mousquetaires. Au bout d’une heure, ils écoutaient encore, j’ai raconté Vingt ans après, le Vicomte de Bragelonne. Ensuite j’ai inventé les aventures de D’Artagnan à Jérusalem. Alexandre Dumas aurait été fier de moi !

Ce fut ma première leçon : quelque chose nous unit tous, c’est le désir d’une société plus juste, plus fraternelle. Nous n’y sommes pas encore, puisque la violence et le rejet de l’autre sont notre pain quotidien. Même ceux qui étaient prêts à tuer facilement avaient ce même rêve. [Suit un développement consacré aux circonstances qui ont suscité un entretien en 69 avec Golda Meir puis Arafat.] »

(NDLR : La transmission de vos réflexions ne participe-t-elle pas, d’une certaine manière et à son échelle, même si elle est actuellement modeste, à cette grande entreprise de paix ?
Comme dit : une personne à elle seule compte et a du prix ! cf. QUI vous savez !)

>>>>>>> Et de SEPT !











Quelques paroles venues d’horizons divers
- en particulier extraites d’un livre que je parcours en ce moment - au sujet de la parole transmise via ce blog et que je livre à son auteur pour libre réflexion >> peut-être contribueront-elles à raffermir sa confiance et en lui-même et dans sa propre parole et dans les destinataires - connus et dans l’immense majorité inconnus et qui le resteront - ainsi que dans l’outil de communication choisi. . Ca fait beaucoup mais le tout, comme j’aime à le répéter, c’est d’avancer.
Excusez la longueur de mon propos mais le pb posé demande un certain traitement et l’existence de ce blog me paraît importante.

& D’abord il me semble que ce « symptôme » de découragement est normal pour deux raisons d’ordre professionnel, pourrait-on dire : 1. un scientifique, comme cela a été souligné régulièrement dans les billets précédents, travaille sur des faits observables 2. un chercheur cherche mais en principe trouve et vérifie des hypothèses par une analyse objective – donc qu’il voit.
Or la démarche d’un blog échappe à ce style d’analyse car il y a x inconnues et qui souvent le restent. Ce n’est pas le même lieu d’expérience.
> Et de UN !

& < Ensuite : référence au Dieu qui est invoqué :
cf. Psaume 19 : Début
Les cieux racontent la gloire de Dieu,
le firmament proclame l’œuvre de ses mains.
Le jour en prodigue au jour le récit,
la nuit en donne connaissance à la nuit.

Ce n’est pas un récit, il n’y a pas de mots,
leur voix ne s’entend pas.
leur harmonie éclate sur toute la terre
et leur langage jusqu’au bout du monde.
……
Fin :
Que les paroles de ma bouche
et le murmure de mon cœur soient agréés en ta présence,
Seigneur, mon roc et mon défenseur !

>> Et de DEUX !

& Je vous propose donc le survol d’un recueil de textes de différentes personnes sous la direction d’Alain Houzieux avec pour titre : Apprendre à être heureux – Espaces libres – Albin Michel 2007.

* Introduction (A. Houzieux – Pasteur de l’Eglise réformée de France)
… « Les Béatitudes énoncent bien : « Heureux les pauvres, les handicapés, ceux qui pleurent… », mais il vaudrait mieux traduire, en se souvenant que les béatitudes ont d’abord été énoncées en hébreu et en araméen : « Debout et en avant, vous les handicapés, car le Royaume de Dieu est pour vous. »
Ce qui est dit, c’est que ceux qui se mettent en marche vers ce Royaume sont heureux. Ainsi le bonheur ne doit pas être considéré comme une béatitude, c'est-à-dire comme la satisfaction de tous les désirs, mais comme une dynamique et une activité : heureux êtes-vous si vous vous mettez debout et si vous vous mettez en marche. Ainsi, se mettre en marche, c’est déjà un bonheur. Le bonheur est donc dans le dynamisme et la vitalité, il n’est pas dans la quiétude béate, comblée, replète et satisfaite. »
>>>Et de TROIS ! : ce n’est pas le nombre de lecteurs qui compte etc.

** L’impossible solitude (Lytta Basset)
« ‘On ’» n’existe pas. Ce n’est pas on qui n’a plus d’espoir, mais moi, toi, elle ou lui. Et les amis de Job, bien décidés à le consoler, s’embourbent définitivement dans les « y a qu’à ». C’est qu’aucune foi en Dieu ou en l’humain n’est en soi une recette infaillible. Comme à Job, la parole ne me vient qu’à partir de mes pas chancelants sur le chemin qui me mène hors du désespoir… tant qu’il y a d’autres humains, leur présence peut tenir lieu d’espoir, au sens concret du terme : elle prend provisoirement la place de l’espoir. Car malgré la maladresse de leurs propos et leurs gestes, ils sont des repères au milieu de nos sables mouvants. Par leur simple présence corporelle, ils nous parlent de notre humanité…Même mutiques, (NDLR j’ajoute ce peut être le cas de nombreux lecteurs de votre blog), ils ont le mérite d’être là à nos côtés…
Mais si rien ne vient ? (> tout une page à lire). Il arrive que l’espoir ne vienne pas de ceux qui en ont à revendre. ..Ce sont parfois ceux qui n’en ont plus qui nous en redonnent. C’est par leur manque qu’ils nous remplissent…. Pour Levinas, c’est le dénuement d’autrui que je lis sur son visage et perçois dans son corps (NDLR lisible même dans l’absence corporelle des internautes ‘ des marins ’ invisibles) qui me sollicite et réveille « ma responsabilité », au sens étymologique de « capacité de répondre ».
>>>> Et de QUATRE !

**** A.H. « Accepter les autres, c’est accepter qu’ils aient un mystère qu’on ne connaît pas et un avenir qui pourra les transformer. Les accepter, c’est donc un acte de foi et un acte d’espérance… Pour accepter l’autre, il nous faut découvrir qu’il est insaisissable. Il devient inconnu, il devient une énigme. Et c’est pourquoi nous pouvons l’accepter… »
(NDLR sans vouloir trop extrapoler, je dirais que, lorsqu’on se lance dans la démarche d’ouverture d’un blog, cette acceptation est d’autant plus incluse dans le pack – elle est totale ou bien c’est de la frime)
>>>>> Et de CINQ !

***** Daniel Sibony ( Psychanalyste et Mathématicien )
L’entre-deux, un espace de rencontre qui rend l’autre acceptable.
« … Va-t-on leur faire des petites injections d’altérité ? …»
( NDLR La production des réflexions du blog n’est-elle qu’une piqûre d’altérité pour produire un certain apaisement ? )
>>>>>> Et de SIX !

****** Marek Halter
(NDLR = Un récit que je vous transmets presque en entier car je ne désespère pas d’arriver à vous convaincre de poursuivre l’aventure de ce blog …)
« Au début, il y avait un jardin, où se baladait un couple nu. Ils se supportaient bien, n’avaient pas envie de se gifler. Ils pensaient être seuls, mais ils ne l’étaient pas. Hors de leur château, il y avait des banlieues, ce que la Bible appelle « les bêtes des champs ». Des Bougnouls, des étrangers, des métèques, des sans-papiers… le couple vivait, tranquille, puisqu’il n’y avait pas à affronter l’autre. Un jour, un de ces Bougnouls, « la plus maligne des bêtes des champs », dit la bible, s’aventure près de ce couple nu.

Le plus grand commentateur de la Bible, un vigneron de Troyes, Rachi, a fait le plus court des commentaires : » Et le serpent a désiré Eve. » Le serpent, c’était un beau garçon ; il marchait et parlait. Cette intrusion de l’autre différent, avec un parcours différent, perturbe l’histoire de l’humanité. Qu’il ait désiré Eve et fait l’amour avec elle, la Bible ne le dit pas. Il a suffi qu’il introduise autre chose, et voilà que nous sommes ce que nous sommes. Le serpent a cessé d’être un beau garçon ; il est devenu le serpent qui rampe. Et ce couple a perdu le paradis. Ainsi, c’est l’autre différent qui, en s’introduisant dans ma vie, génère la violence. Elle existe en nous.
S’il en est ainsi, quel est l’antidote ?

L’Ancien testament dit que l’antidote, c’est la Loi. Moi, je pense que c’est le langage. Parler.
Je ne suis jamais allé à l’école, parce que l’histoire ne me l’a pas permis. C’était en Ouzbékistan, là où, aujourd’hui, nos forces armées sont bloquées avec les aides humanitaires. J’étais un petit voleur – un très mauvais voleur, d’ailleurs, on m’attrapait souvent. Un jour, alors qu’on me tabassait, j’ai été libéré par une bande de vrais voleurs. J’avais dix ans, ils en avaient quatorze ou quinze. Je leur ai expliqué que je volais pour nourrir mes parents à l’hôpital, que ma petite sœur était morte de faim… Ils m’ont dit : Tu ne sais pas voler, que sais-tu faire ? ». Je ne sais pas pourquoi, j’ai répondu : « Raconter des histoires. »…

Le soir, ils m’ont conduit au rassemblement de toutes les bandes de la ville. Là, chacun à son tour, ils racontaient des histoires. Plus la blague était grosse et salée, plus ils riaient. Mon tour est arrivé. Je ne connaissais pas ce genre de blagues. Timidement, j’ai commencé à raconter les Trois Mousquetaires. Au bout d’une heure, ils écoutaient encore, j’ai raconté Vingt ans après, le Vicomte de Bragelonne. Ensuite j’ai inventé les aventures de D’Artagnan à Jérusalem. Alexandre Dumas aurait été fier de moi !

Ce fut ma première leçon : quelque chose nous unit tous, c’est le désir d’une société plus juste, plus fraternelle. Nous n’y sommes pas encore, puisque la violence et le rejet de l’autre sont notre pain quotidien. Même ceux qui étaient prêts à tuer facilement avaient ce même rêve. [Suit un développement consacré aux circonstances qui ont suscité un entretien en 69 avec Golda Meir puis Arafat.] »

(NDLR : La transmission de vos réflexions ne participe-t-elle pas, d’une certaine manière et à son échelle, même si elle est actuellement modeste, à cette grande entreprise de paix ?
Comme dit : une personne à elle seule compte et a du prix ! cf. QUI vous savez !)

>>>>>>> Et de SEPT !

fourmi a dit…

Le hasard des manipulations de cet instrument qui me restera toujours enrobé de mystère fait que mon commentaire est répété: un hasard pensez - vous. Vraiment un hasard ??