jeudi 2 avril 2009

Un message évangélique

Dom Marc AILLET, évêque de BAYONNE a publié une réflexion sur le lynchage médiatique dont Benoît XVI a fait l'objet. Cette réflexion, j'en conviens, s'adresse aux chrétiens. Mais elle me paraît intéressante car elle permet de situer la manière dont un disciple de Jésus, s'il est vraiment disciple, peut vivre les enseignements de son maître. J'ajoute que je n'entends pas faire de prosélytisme, mais donner un éclairage sur les réactions des chrétiens. Nous en avons eues beaucoup de la part des non chrétiens ou des agnostiques, ou des athées. Il est donc intellectuellement recevable de donner la parole à des croyants.
"Un message de Mgr Aillet à la lumière des écritures ; une manière de relire le "lynchage médiatique dont l’Eglise et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines".

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19). Écoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants … elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12).La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10), et il l’a prise en haine (cf Jn 15, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline … pour l’en précipiter. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 29-30).
Le lynchage médiatique dont l’Église et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jn 15, 20). Les juges ont besoin aujourd’hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf Mc 14, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n’a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l’Église soit traitée ainsi ? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l’on prétend lui imposer, l’Église ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N’appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n’est rien d’autre qu’un témoignage rendu à la Vérité.
Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d’une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l’opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l’Église ».
Fils et filles de l’Église, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d’Afrique et par les chefs d’État de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l’évidence des faits : selon les statistiques de l’OMS, les pays d’Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l’on prône en priorité l’abstinence et la fidélité - y compris dans les programmes gouvernementaux- , et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains médias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet.
Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s’étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
+ Marc Aillet,évêque de Bayonne, Lescar et Oloron."
Voyez-vous, cette réflexion me paraît très profonde et très juste. Et la question n'est pas de savoir si les chrétiens jouent aux martyrs. La question est de savoir s'ils ont des martyrs ou non. La réponse est oui, et il y en a tous les jours.

1 commentaire:

fourmi a dit…

Tout d’abord je tiens à dire combien j’apprécie l’introduction à cette prise de position d’un évêque ainsi que vos explications antérieures : j’ai trop eu le sentiment d’être submergé par des flots de critiques absolutistes, souvent sans beaucoup d’analyses objectives.
Je n’évoque pas les propos qui, même émanant de personnalités connues, ne parvenaient à exprimer un avis qu’en termes d’une vulgarité recherchée. C’est toujours une surprise pour moi de voir qu’il semble, dans ces occasions de réaction collective, qu’on ne peut exprimer une position contraire qu’en utilisant un style passant par toutes les variations du mépris, de la dérision, d’un niveau vraiment de bas étage voire ordurier. Ca paraît être un signe d’intelligence.
Enfin la balle revient en rebond vers leurs auteurs.

Ensuite je vois réapparaître un mot oublié - en tout cas qu’on ne voit plus guère « martyr » : il fait partie de ces mots donc de ces réalités mises de côté - me semble-t-il.

N’en parle-t- on que dans un contexte religieux ?
Je souhaiterais mieux saisir le sens de cet état, son existence, sa portée aujourd’hui, ses relations avec notre bonheur.