samedi 24 novembre 2018

Samedi 24 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Sur les promesses de l'aube !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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LES PROMESSES DE L’AUBE.
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"En Charente, la porte-fenêtre de mon bureau est tournée vers l’est. Plein est, disait mon père. Chaque matin à l’aube, j’ai sous les yeux un grand hêtre et le coin d’une grange. C’est là que je guette l’arrivée du jour. Dès qu’apparaît derrière les branches la blancheur timide de l’aube, puis le rose poudreux de l’aurore, je m’arrête d’écrire ou de lire. Je suis suspendu à ce doux recommencement. J’essaie d’en goûter chaque minute en regrettant qu’elle soit si brève. Je ne me suis jamais « habitué » à cette puissance renouvelée qui blanchira bientôt le ciel."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Pae 205.)
L’iconoclaste, Paris, 2017
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CONTREPOINT DE SAINT RAPHAËL ARNAIZ BARON. (1911-1938 ; moine trappiste)
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"Je me suis penché à la fenêtre… Le soleil commençait à se lever. Une paix très grande régnait sur la nature. Tout commençait à s’éveiller, la terre, le ciel, les oiseaux. Tout, petit à petit, commençait à s’éveiller sous l’ordre de Dieu. Tout obéissait à ses divines lois, sans plaintes ni sursauts, doucement, avec mansuétude, aussi bien la lumière que les ténèbres, aussi bien le ciel bleu que la terre dure couverte de la rosée de l’aube. Que Dieu est bon, pensais-je. Il y a la paix partout, sauf dans le cœur humain.
Et délicatement, doucement, Dieu m’enseigna aussi, par cette aube douce et tranquille à obéir ; une très grande paix remplit mon âme. J’ai pensé que Dieu seul est bon, que tout est ordonné par lui, que rien n’a de l’importance dans ce que les hommes font ou disent, et que, pour moi, il ne dit y avoir dans le monde qu’une chose : Dieu. […]."
In
Écrits spirituels.
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ET ENFIN, DE NOTRE TRÈS CHER BERNANOS.
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« Qui n’a pas vu la route, à l’aube, entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance » [BERNANOS dans Monsieur Ouine. Cité Par Jean-Claude GUILLEBAUD.]
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Tandis que la nuit tombe, tout au contraire des promesses de l’aube, je regarde de temps à autre les nouvelles terribles retransmises du site du Figaro, ou par la Télévision, à propos de la manifestation des Gilets jaunes. Il me paraît évident que nous vivons la fin d’un monde, un monde où l’état dit démocratique révèle son vrai visage, celui qu’avait entrevu TOCQUEVILLE, celui d’une tyrannie molle où quelques responsables politiques qui se drapent dans la légitimité d’une élection manipulée par les médias et les grands financiers imposent des vues, des impôts et des taxes, taillées à la mesure des intérêts des puissants. Je suis littéralement effaré par les mensonges, les approximations, l’arrogance de monsieur CASTANER. Finalement, je le plains : il est aveugle, sourd, paralysé.
Heureusement, il me reste l’aube, il me reste l’espérance, il me reste la certitude de l’amour que Dieu porte à toutes ses créatures, y inclus le ministre de l’intérieur. Il me faut faire un effort pour ne pas lui souhaiter de mal. Mais je n’en ai aucun à faire pour critiquer son discours. En vérité, je crois que nous devons vivre dans la tempérance, et une certaine frugalité ; nous n’avons aucune obligation d’obéir en conscience à des ordres injustes et à des mesures coercitives que rien ne  justifient si ce n’est la volonté de toute puissance de l’État.
Je désapprouve les violences et les barricades (et je doute que les porteurs de drapeaux au portrait de Guevara soient des sbires du Rassemblement National), mais j’approuve sans réserve la révolte populaire contre un régime qui se permet tant de mépris pour les humbles.
Car celui qui dit qu'il aime Dieu qu'il ne voit pas et n'aime pas ses frères qu'ils voient est un menteur.

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