vendredi 6 septembre 2013

Nouvelles et esprit de la Résistance : Soljénitsyne au Luc-sur-Boulogne, troisième billet du 6 septembre 2013

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Le 28 février 1794, plus de 500 personnes, dont plus de 100  enfants (le plus jeune avait 15 jours)  étaient massacrés par les armées  de la république au Luc-sur-Boulogne en Vendée. Vous trouverez le nom l'âge des jeunes victimes dans mon billet du 14 septembre 2008. Je vous disais dans un récent articulet, que monsieur BRAESCH, un obscur universitaire de la fin du XIXe siècle qualifiait d'anecdotiques ces massacres... On a oublié monsieur BRAESCH, fort heureusement ; il aurait été prince, roi, empereur, chancelier, grand amiral, et chef d'état-major au Royaume de l'impudence et de la honte réunies. Paix à ses cendres. Mais on n'a pas oublié le massacre du Luc-sur-Boulogne et l'on doit à l'abbé BARBEDETTE d'avoir pu dresser la liste des victimes innocentes suppliciées par ces monstres.
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On l'a tellement peu oublié ce massacre que, le samedi 25 septembre 1995, on a demandé à Alexandre SOLJENITSYNE de prononcer une allocution à l'occasion de l'inauguration du monument érigé en mémoire de ces pauvres martyrs.  SOLJENITSYNE, ce géant de la littérature russe, est l'un des trop rares auteurs à avoir vu le lien entre la Révolution française et toutes les autres révolutions, de la russe à la chinoise. Voici quelques extraits du remarquable discours qu'il prononça à cette occasion.
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"Vingt décennies se sont écoulées depuis [ce massacre] ; des décennies diverses selon les divers pays, et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen, et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les événements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l'incandescence des passions qui les accompagnent, mais à une bonne distance, une fois refroidis par le temps. Longtemps on a refusé d'entendre et d'accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, que l'on brûlait vifs : les paysans d'une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait faite, mais que cette même Révolution opprima et humilia jusqu'à la dernière extrémité, eh ! bien oui, ces paysans se révoltèrent contre elle.
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[...]
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Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de "grande révolution". Si la Révolution du XVIIIe siècle n'a pas entraîné la ruine de la France, c'est seulement parce qu'a eu lieu Thermidor. La révolution russe n'a pas connu de Thermidor qui ait su l'arrêter, et sans dévier, elle a entraîné notre peuple jusqu'au bout, jusqu'au gouffre, jusqu'à l'abîme de la perdition. Je regrette qu'il n'y ait pas ici d'orateurs qui puissent ajouter ce que l'expérience leur a appris au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payé, eux, pour la révolution.
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L'expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du "bonheur du peuple" en tirent les leçons. Mais non ! En Russie, tout s'est déroulé de façon pire encore, et à une échelle incomparable. De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement réappliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les spécialistes internationalistes, seuls leur degré d'organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des Jacobins.
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[...].
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Nous avons traversé ensemble avec vous le vingtième siècle, de part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce Progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, je le, pense, les Français seront de plus en nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée."
 
(Extrait des Nouvelles de l'Eglise universelle, Conférence Colbert, 23 rue du Cherche-Midi, 75006 PARIS).
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Vous comprendrez pourquoi il est indispensable de dénoncer les déclarations de monsieur PEILLON, qui affirme et proclame qu'avant la Révolution il n'y a rien et que l'histoire de notre patrie commence avec ce sanglant bouleversement. Une chose est sûre, elle ne commence pas avec monsieur PEILLON, un homme sectaire, dangereux, utopique, dépourvu de toute compassion pour tous ceux qui n'ont pas l'heur de penser comme lui et ses frères. Que voulez-vous, je préfère SOLJENITSYNE non seulement parce que c'est un écrivain hors pair, mais parce que c'est un homme qui a vécu de l'esprit et a éprouvé dans sa chair les méfaits de l'idéologie socialo-communiste.
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Marianne, une veilleuse, le soir du 31 août, nous disait Place de la Concorde que Mémoire et Souvenir ne se confondent pas. La mémoire sélectionne. La République n'a pas su faire mémoire de ce qui entache sa naissance ; elle a déformé, dissimulé, maquillé tout ce qui pouvait porter ombrage à la prétendue légitimité de sa naissance et elle en a exalté des épisodes choisis en les présentant sous des jours délicats, alors qu'il plane sur eux les ténèbres de la mort et de la terreur. Elle est née dans le sang. Un point c'est tout. Si encore elle le reconnaissait, on pourrait se réconcilier avec elle ; mais non, elle glorifie des faits ignobles, et tait les sanies et les purulences de ses chefs, les assassinats sans procès ou après des "procès" conduits par ses "juges" corrompus, les destructions patrimoniales, l'anéantissement de nombreuses familles aristocratiques, bourgeoises et ouvrières, tout cela au bénéfice d'une fraternité pour le moins illusoire, d'une liberté constamment opprimée par un nombre croissant de lois et de règlements, et d'une égalité très problématique (notamment devant les médias, la justice, ou les sinécures de l'énarchie).
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Il faut bien comprendre que les gens qui nous gouvernent (et d'autres avant eux) avaient, ont et auront tout intérêt à nous mentir. Les places sont bonnes, les retraites confortables, les émoluments assez fournis. Tous ces gens, en réalité, mériteraient d'aller un peu plus au contact du réel, et un peu moins à celui de leur idéologie, tels monsieur VALLS, monsieur BOUCAULT, madame TAUBIRA, monsieur HOLLANDE, monsieur AYRAULT et tant d'autres, y compris "à droite" (?).
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Autre vidéo de la veillée du 31 août, réalisée par Anne-RAULOT-LAPOINTE, consultable sur le site du Journal des Veilleurs ou par le lien ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ThcZ0traqvQ

Vous y entendrez l'intervention remarquable de GAULTIER, l'un des animateurs de la Marche des Veilleurs.

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