mercredi 3 octobre 2018

Mercredi 03 octobre 2018. On entend chanter la Rossignol ! Méfiance ! Méfiance !

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Madame Laurence ROSSIGNOL est un drôle d’oiseau. Elle est devenue socialiste après un passage assez long par la Ligue communiste révolutionnaire. Il semble qu’elle soit aujourd’hui quelque chose comme sénateur (très) socialiste, et que l’une de ses activités principales en tant qu’ancien ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes consiste à rendre inopérant et inutile l’existence du susdit ministère. Il n’y a pas de meilleur moyen de défendre les enfants, en effet, que de les empêcher de venir au monde, et, de son passage éclair à ce ministère, elle aura arraché la possibilité d’élargir le délit d’entrave à l’avortement. Mais cette activité hautement humanitaire ne lui suffit pas, et bien qu’elle ait déserté les ors miteux des palais de la gueuse, toujours dans l’optique de défendre la famille, l’enfance et les femmes, elle entend supprimer la clause de conscience pour les médecins qui ne veulent point procéder à des avortements.
En vérité, je vois très bien madame ROSSIGNOL endosser le rôle qu’en son temps le célèbre MILGRAM fit jouer à "l’expérimentateur", celui qui dans son expérience jouait le rôle de représentant de l’autorité. Il convient de rappeler ici en quoi consistait cette expérience. Des acteurs (appelés élèves) devaient apprendre des listes de mots et les réciter par cœur à des "enseignants", des enseignants (il s’agissait de volontaires, payés, qui croyaient participer à une expérience sur la mémorisation et le rôle de la décharge électrique) devaient en effet les leur faire répéter et leur envoyer à chaque erreur une décharge électrique de plus en plus forte. Bien entendu, l’expérimentateur était dans la confidence, et les "élèves" devaient simuler des réactions de plus en plus violentes au fur et à mesure que les décharges électriques étaient accrues. L’"expérimentateur" demandait aux "enseignants" avec insistance et autorité d’augmenter à chaque erreur la force de la décharge électrique (jusqu’à 450 volts) et les "élèves" simulaient des douleurs de plus en plus fortes, au point d’émettre des cris et de supplier qu’on arrêtât l’expérience. Il s’est trouvé 65 % des "enseignants" pour obéir à l’ordre de l’"expérimentateur"et envoyer à plusieurs reprises des décharges de 450 volts aux "élèves".
L’expérience avait pour but de prouver que les êtres humains ont tendance à obéir à des ordres, fussent-ils immoraux, s’ils leur sont demandés, même sans contrainte.
Le bel oiseau croit donc qu’il est possible de menacer des foudres de la loi ceux des médecins qui sont rebelles à ses ordres, en l’occurrence tuer un fœtus, et d'interdire qu’ils opposent de la résistance. Il est intéressant de noter, pour autant qu’il m’en souvienne, que ce fut un pasteur qui, en entendant la "plainte" d’un élèves, refusa de poursuivre l’expérience au nom des exigences de sa conscience et que ce fut le seul à les invoquer, même si d’autres "enseignants" arrêtèrent leur participation avant d’atteindre les 450 volts fatidiques.
Nous y sommes. Madame ROSSIGNOL croit qu’il est possible d’obliger des médecins à pratiquer des avortements, c’est-à-dire à les faire condamner par la loi, non pas à les pratiquer je pense, mais à payer d’une lourde amende leur refus.
Sombre et sinistre oiseau, madame ROSSIGNOL. Et il est bien dommage que son patronyme si beau soit associé à une initiative mortifère. Un jour pourrait bien venir où, après avoir détruit l’héritage d’HIPPOCRATE, on le remplace par celui des eugénistes nazis qui trouvèrent des complices complaisants pour éliminer environ 20 000 handicapés lesquels faisaient vraiment désordre dans le beau théâtre des vrais aryens. Il se trouva alors un évêque, Mgr Von GALLEN, pour s'opposer avec une incroyable audace à ces horreurs qui cessèrent après son intervention.
Quand on entend chanter la ROSSIGNOL, il convient de se méfier. Car ce n’est pas, comme dans la belle chanson, la brume qui monte du sol quand il module ses trilles, ce sont les vapeurs de soufre qui s’échappent du cratère homicide que l’on appelle le progrès.


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