mardi 16 janvier 2018

16 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. A propos de la triple bureaucratie !

Nous continuons la lecture de Simone WEIL. Car, comme promis, je reprends les billets ce mardi matin. Je vous rappelle qu’en 1934, date à laquelle l’ouvrage a été écrit. Simone WEIL a partagé la condition ouvrière (elle a écrit un livre qui porte ce titre). Et plutôt que d’appliquer la méthode qui consiste à repousser avec horreur tout ce qui n’entre pas dans nos schémas de pensée (et qui s’appelle idéologie), il est plus honnête de s’interroger sur la pertinence et le degré de profondeur du propos. Notre Simone est très critique vis-à-vis du stalinisme et des dévoiements du marxisme, mais, avec raison, elle juge que l’analyse économique du capitalisme, qu’il soit privé ou d’état, est juste.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Ce ne sont plus les possesseurs du capital, les propriétaires de l’outillage qui dirigent l’entreprise ; grâce aux actions, ces propriétaires sont fort nombreux, et les quelques gros actionnaires qui les dirigent se préoccupent surtout d’opérations financières. Ceux qui conduisent l’entreprise elle-même, administrateurs, ingénieurs, techniciens de toute espèce, ce sont, à part quelques exceptions, non des propriétaires mais des salariés ; c’est une bureaucratie. Parallèlement le pouvoir d’État, dans tous les pays, s’est concentré de plus en plus entre les mains d’un appareil bureaucratique. Enfin le mouvement ouvrier est au pouvoir d’une bureaucratie syndicale. « Aujourd’hui [dit un certain FRIED, cité par Simone WEIL] nous sommes pratiquement sous la domination de la bureaucratie syndicale, de la bureaucratie industrielle et de la bureaucratie d’État, et ces trois bureaucratie se ressemblent tant que l’on pourrait mettre l’une à la place de l’autre. » La conclusion est qu’il faut organiser une économie fermée, dirigée par cette triple bureaucratie unie en un même appareil. C’est le programme même du fascisme, avec cette différence que le fascisme brise l’appareil syndical et crée des syndicats placés sous sa domination. "
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2. COMMENTAIRES.
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Il me paraît d’évidence que cette analyse (qui risque de choquer nombre de belles âmes amoureuses de ce qu’elles appellent la liberté d’entreprendre, ou, alternativement, la défense de la classe ouvrière et des salariés) est parfaitement juste. La société post-moderne dans laquelle nous sommes en train de nous enliser, illustre tout à fait ce propos. Les syndicats (qu’ils soient patronaux, représentant alors la bureaucratie d’entreprise, ou bien ouvriers, représentant alors la bureaucratie syndicale) quand ils discutent avec les pouvoirs publics ont affaire le plus souvent à la bureaucratie d’État. Reconnaissant son pouvoir, à défaut de sa pertinence, ils légitiment son existence et ne font qu’en renforcer la domination, tout en réverbérant, amplifiée, la leur sur leurs troupes.
Tout est organisé, normalisé, normé, réglementé, et il n’y a plus aucune place pour la respiration sociale, c’est-à-dire l’expression de la subjectivité des groupes humains. Et c’est pourquoi il ne fallait pas couper la poire en deux avec la réforme du code du travail : il fallait le laisser en l’État et reconnaître le statut de relai mécanique de la bureaucratie d’État aux représentants patronaux et syndicaux, ou bien accepter l’idée que l’entreprise est une entité vivante, et lui laisser le soin d’organiser le travail en son sein, en créant le référendum d’entreprise, avec cette nuance, importante, que c’est l’entreprise concrète qui est maîtresse de son organisation, et que la réglementation de l’entreprise de la société A, installée sur le site Y, n’est pas la même que celle de la même entreprise installée sur le site Z. Voilà qui nous aurait épargné des montagnes de papiers, de circulaires, de décrets en tout genre. Et il fallait laisser à des tribunaux spécialisés (et non pas aux prud’hommes) composés de magistrats professionnels et de juges élus par les salariés, le soin de régler les litiges professionnels.
Enfin, dernier volet, il aurait fallu AUSSI, dans des cours d’instructions civiques, enseigner à nos écoliers, collégiens, lycéens et étudiants, que la recherche de son propre intérêt n’est pas la forme la plus adaptée à la conquête et au maintien de la paix sociale. Mais parler de vertu à nos jeunes, ça sent le cureton. Oh ! Sainte laïcité, que d’erreurs n’a-t-on pas commises en ton nom…
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3. REVUE DE PRESSE BAROQUE ET MULTIFORME.
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De notre chère Elvire DEBORD, du livre profane au livre sacré !

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La voix angélique d’un soprano norvégien.

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Le sang bleu (républicain) le seul qui compte pour les guerres de Vendée ?


C'est ce que pense un imbécile qui répond au patronyme de MARTIN. Il y a plus d'un âne qui l'ont aussi.
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Tu ne tueras point ou la révolte des âmes droites.

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L’État et ses bureaucrates n’aiment point la LIBERTE.

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L’élégance de monsieur LANG !

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Pas de peines planchers dit Manu le jupitérien.

Philippe BILGER n’est pas d’accord !

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À lire !




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